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Parallaxe : Humeurs et réflexions

Parallaxe : Humeurs et réflexions

Par Dopamine Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 27/02/17 à 10h56

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Grâce aux joies de l'iPad, je bouquine désormais un peu plus. J'ai notamment découvert la série Walking Dead dont je vais vous parler aujourd'hui. Pour ce faire, j'ai besoin d'aborder certains points du scénario qui risquent de vous spoiler l'histoire. Si vous ne voulez pas prendre ce risque, passez votre chemin.

The Walking Dead est une série créée par Robert Kirkman au scénario, Charlie Adlard et Tony Moore au dessin. Elle comporte aujourd'hui seize volumes traduits en français et l'histoire n'est pas encore arrivée à son terme.

Une histoire plutôt sordide où un groupe de personnes vont devoir survivre dans un monde peuplé de zombies. Ces zombies ne sont que les autres humains qui se transforment à leur mort. Un humain « sain » peut également être « infecté » s'il est mordu par un zombie. Le principe de base est donc simple, mais ce n'est pas une série de zombies au sens traditionnel du terme. C'est à dire qu'il ne s'agit pas juste de survirvre en fauchant des hordes de cadavres ambulants.

C'est d'ailleurs ce qui fait tout l'intérêt de la chose. Les rapports humains changent dans cette ambiance stressante permanente. Des gens biens doivent prendre des décisions de vie ou de mort pour se protéger ou protéger leur famille. Tout cela donne un sens bien particulier à la vie, ou plutôt à la survie. Il est évident que dans ce type d'univers la mort est omniprésente et choquante. D'autant plus que les personnages dépeints dans cette histoire ne sont pas des héros. Ils sont tous fragiles comme vous et moi. On s'y identifie donc d'autant plus facilement. Le problème, c'est que l'auteur n'hésite pas à les sacrifier où à les mutiler au fil des volumes et que l'ennemi, c'est souvent un autre survivant qui pense à tuer avant d'être tué.

A l'instar de Game of Thrones, The Walking Dead est une série qui vous fait aimer ses personnages pour mieux vous les enlever ensuite. Plus vous pensez qu'un personnage ne peut pas disparaître avant la fin de l'histoire, plus vous serez choqués lorsqu'il sera tué et/ou mutilé. L'utilisation du noir et blanc et des traits vifs et incisifs sur les expressions des visages sont autant de catalyseurs qui magnifient ces sentiments.

C'est à l'épisode 15 que j'ai arrêté de le lire. Le moment où le fils du héros principal se fait mutiler au visage. J'ai lâché un « non ! » et je suis allé voir directement à la fin du volume si l'histoire se terminait enfin. Je me rends compte que je suis fatigué de ces histoires qui génèrent des sentiments de tristesse. Non pas qu'elles soient mauvaises -le fait de toucher prouve qu'elles sont efficaces- mais ce n'est pas ce que je recherche dans un divertissement. D'ailleurs pour autant que je me souvienne je crois ne jamais avoir trop apprécié cela.

Le fait que je sois père exacerbe probablement ce sentiment. Mais il y a aussi le fait que je n'ai pas besoin d'ouvrir un bouquin avec des morts vivants pour voir des choses assez immondes et toucher la noirceur de mes contemporains. Car j'ai retrouvé dans la BD des comportements humains bestiaux que j'ai déjà lu dans le regard de certaines personnes. Des souffrances que j'ai déjà vu sur certains visages. De la même manière que j'ai voulu arrêter de jouer à Heavy Rain lorsque le petit garçon se fait renverser (et tuer) par une voiture... Je n'ai malheureusement pas besoin de jouer à un jeu vidéo pour assister à ce genre de chose. C'est bien trop réel.

Aussi je m'interroge sur ce qui fait le succès de ce type d'histoire. Bien sûr qu'on va toucher les gens, et cela va probablement générer des émotions. Mais pourquoi chercher à générer des émotions liées à la perte et à des choses négatives ? On ne trouve l'espoir que pour mieux le détruire ensuite. On ne trouve le calme que pour mieux subir la tempête.

Qu'est ce qui fait que les gens apprécient tellement ces choses ? Je n'ai pas de réponse définitive. Mais je pense que s'ils en vivaient une partie ou avaient des expériences similaires ils n'apprécieraient pas non plus les retrouver dans des fictions.

J'adhère beaucoup plus aux jeux que l'on pourrait qualifier de mièvres comme Flower ou Journey qui proposent des expériences qui me semblent bien plus positives. S'il y a du gore, il faut qu'il soit exagéré et caricatural. Découper du locuste dans un Gears (surtout en ligne avec des potos) ne me pose aucun souci. Décimer des populations dans un FPS ne m'émeut pas non plus puisque cela reste totalement assumé dans le spectaculaire. En revanche lorsque la chose devient trop réaliste, trop proche d'expériences que l'on pourrait vivre ou que l'on a vécu le malaise s'installe. C'est d'ailleurs ce qui s'est passé avec les premières images de Battlefield l'année dernière.

C'est pourquoi je ne lirais plus The Walking Dead avant que la série ait atteint son terme. Et encore je n'irai lire que le dernier tome en espérant que cela n'aura été qu'un mauvais rêve. Reste à savoir si l'auteur a envie que l'histoire se termine bien, mal, ou en queue de poisson en la lassant ouverte (ce que je déteste dans ce genre de contexte).

Et vous, vous aimez « souffrir » en lisant ou en jouant à ce genre de choses ?

 

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Commentaires

Martinman
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Martinman
Comme beaucoup d'autre, j'aime Walking Dead pour son côté réaliste. Certaines choses ont beau être horribles, elles sont normales dans une monde comme celui là où la mort règne !

Ca peut en choquer beaucoup, j'ai d'ailleurs eu du mal avec la scène de torture du tome 6, mais c'est comme ça, c'est "réel", et j'aime beaucoup ce sentiment (même si il est parfois violent) !

C'est un peu la même chose avec le jeu d'ailleurs...
Samizo Kouhei
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Samizo Kouhei
J'ai tout rattrapé d'un coup cet été après avoir lu en dilettante les premiers tomes. Je comprends que tu ne veuilles plus lire la série, dans le sens où les sentiments négatifs et la "tristesse" sont parfois insoutenables. Pour autant, c'est une série fascinante, et le jeu par épisodes de Telltale a bien saisi l'essence du comic. Je n'ai pas encore vu la série télé.
Exa
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Exa
Hello, article agréable à lire. ;) Par contre pour info Kirkman a déclaré vouloir continuer le comic sur ... 15 ans si c'est possible.

Pour toi et les fans qui trainent ici, n'hésitez pas à venir discuter de la série sur le forum de Walking Dead France.
www.walkingdeadfrance.fr

Sinon, le n°103 annonce un renouveau de la série.. A voir quand il sortira d'ici quelques semaines aux USA. (Ca correspond au tome 18 en France)
inFy
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inFy
C'est un article très intéressant que tu pontes là, et tu soulèves des interrogations plutôt pertinente à savoir, est-ce qu'aimer lire Walking Dead fait de nous des êtres macabes ou à l'esprit malsain, ou à l'inverse, des lecteurs émotifs ?

J'ai beaucoup aimé The Walking Dead pour ce qu'il véhiculait au départ, c'est à dire la faiblesse de l'homme, mais aussi ses forces. Comment un groupe peut réussir à s'unir pour survivre, mais que malgré tout, nul n'est à l'abris, et la confiance reste quelques choses de très fragile.

Pour autant, je n'ai toujours pas lu le tome suivant le 15. Comme toi, je me suis dit "stop, s'en est trop". Le livre est tombé dans une spirale (sans fin ?) de tortures et de violences, à tel point que ça en est gratuit. Pour ma part, c'est devenu un peu une overdose. Overdose d'horreur, de tortures et de violences plus barbares les unes que les autres. J'avais envie de savoir ce qui arriverait à Rick, mais maintenant je me demande si il ne devrait pas finir comme les autres personnages: mort et laisser derrière ...

Sur ce, je commence Journey pour la première fois !
Dopamine
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Dopamine

Ca me rappelle toujours cette petite phrase qui sert de leitmotiv dans The Crow: "après la pluie vient l'éclaircie..." Parfois, il faut chercher l'émotion dans les recoins les plus obscurs avant de permettre à la lumière de reprendre le dessus. C'est le sens que je veux trouver dans l'oeuvre...


Mon souci, c'est que je le ressent à l'envers. L'éclaircie n'est qu'un prélude à la pluie. Et finalement il ne peut y avoir que de la pluie. C'est en tout cas ce qui ressort de ce que disent aussi les autre ils me semble. Si cela n'a pas de fin, à quoi bon survivre dans un monde pareil ?

Je rejoins tout à fait kokoro dans son analyse. Cela tourne en rond. On a bien compris maintenant les rapports humains que voulait traiter l'auteur. Mais au tome 15 c'était trop.
Sharn
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Sharn
Ils ont pas prévu de fin? Super ça sent le truc qui va perdre en qualité avec le temps (je peux me tromper).
Spades
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Spades

Je ne comprends pas où veut en venir l'auteur, quel chemin il prend et s'il a vraiment lui même une idée d'où il veut aller.

Du propre aveu de Kirkman, la finalité de Walking Dead est de ne pas en avoir justement de finalité, car pensé comme un film de zombie qui ne se finit pas... Donc oui, le seul but des survivnats est de survivre.

Sinon, concernant le comics, je reconnais des grandes qualités a celui-ci mais j'avoue avoir du mal avec... Et pourtant je suis un grand grand fan de Kirkman, mais entre un album d'Invincible et un de Walking Dead, mon choix se portes plus facilement sur le premier .
Game_and_Wiitch
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Game_and_Wiitch
Je ne connais pas encore très bien la saga en profondeur mais ce qui me pousse à attendre d'acheter la BD c'est d'attendre toujours que tous les tomes soient dispo malgré des années d'attente en général. Je l'ai fait pour la BD XIII que j'ai découvert quand le tome 10 fut sorti et finalement attendu que la saga s'achève. Souvent long et le risque d'épilogue décevant ou lacher le morceau en cours de route. Idem pour d'autre media à rallonge comme Naruto Shippudden que j'ai stoppé au coffret 4 alors que le volume 15 est sorti....j'attend de voir s'il y'aura enfin un final et que celui ci ne soit pas niais.
Kokoro
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Kokoro
J'aime bien Walking Dead justement pour son coté réaliste et le fait que ce soit un comics bien plus sur la nature humaine que sur les zombies. Après je peux comprendre que l'on finisse par en avoir assez de toute cette violence, ce désespoir, cette tristesse... Mais en ce qui me concerne ce n'est pas ce qui me dérange le plus. Pour moi l'histoire commence vraiment à tourner en rond, à se répéter. Je ne comprends pas où veut en venir l'auteur, quel chemin il prend et s'il a vraiment lui même une idée d'où il veut aller. Il n'y a aucun but pour les survivants (en dehors de survivre) et à ce rythme là on pourrait continuer sur au moins autant de tomes qu'il en existe déjà. Mais pourquoi? Juste pour les voir changer d'abris, perdre ou tuer des gens, les voir pleurer et faire face aux pires difficultés? On l'a vu depuis le début, et je commence à m'en lasser personnellement. J'aimerais donc que Walking Dead se termine (peu m'importe si la fin est ouverte ou non) ou que quelque chose vienne relancer son intérêt (une révélation scénaristique, un espoir pour les survivant, etc...). Parce que là j'ai juste l'impression qu'ils font continuer le plus longtemps possible pour bien profiter du succès et se remplir les poches =/
Noiraude
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Noiraude
Ca me rappelle toujours cette petite phrase qui sert de leitmotiv dans The Crow: "après la pluie vient l'éclaircie..." Parfois, il faut chercher l'émotion dans les recoins les plus obscurs avant de permettre à la lumière de reprendre le dessus. C'est le sens que je veux trouver dans l'oeuvre...
Dopamine
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Dopamine
Marrant le SNES ;)

J'ai aussi très bien compris pourquoi ça faisait mouche, mais ce que je comprend moins c'est pourquoi il faut toucher avec ce type de mécanisme que je ressent comme négatif. Le fond de la chose, c'est peut être l’expérience personnelle de chaque lecteur qui sera confrontée à cette lecture.
Noiraude
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Noiraude
Mais ? Cachez-moi ce snes que je ne saurais voir :lol:
Noiraude
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Noiraude
A mon snes, ce sentiment de malaise ets justement ce qui fait la force de WD. Jamais simple, pas manichéen, et finalement assez réaliste dans un contexte bien particulier, qu'on a du mal à imaginer depuis notre salon. La mort et la douleur sont partout, et WD ne fait qu'en restituer l'omniprésence, souhaitant proposer une oeuvre de réalisme dans un contexte de fiction. Personnellement, j'adore. Mais je peux comprendre que cela puisse choquer...

Édito

La parallaxe est l'’incidence du changement de position de l'’observateur sur l’'observation d'’un objet. En d'autres termes, la parallaxe est l'impact (ou l'effet) de changement de position de l'observateur sur un objet observé. 

 

Quoi de plus approprié pour vous parler de jeux vidéo que de titrer ce Blog Parallaxe ?

 

Pour ceux qui commencent à être des vieux clous du jeu vidéo (je ne suis pas aussi décrépi qu'AHL tout de même), la parallaxe c'était aussi le fait d'afficher plusieurs scrollings à des vitesses différentes dans le décor de fond d'un jeu. Cela donnait une impression de mouvement, de vitesse et surtout de profondeur. On s'extasiait devant le nombre de scrollings parallaxes qu'il pouvait y avoir (vive Thunderforce et autres shootings mythiques).

 

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