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Parallaxe : Humeurs et réflexions

Parallaxe : Humeurs et réflexions

Par Dopamine Blog créé le 28/12/09 Mis à jour le 22/04/17 à 18h09

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Lectures (Jeu vidéo)

Les expositions concernant le jeu vidéo se multiplient ces dernières années. Le média s'expose de plus en plus au grand public et s'explique. La dernière exposition temporaire en date s'appelle « Game » et elle est conçue en grande parte par Jean Zeid. Le catalogue de l'exposition est sorti sous forme d'un ouvrage d'un peu plus de 200 pages. En voici la présentation.

 

Il convient tout d'abord de planter quelque peu le décor. Je flâne régulièrement dans les rayons de mes libraires préférés et c'est un peu par hasard que je suis tombé sur ce bouquin. En amateur averti, j'avais entendu parler de l'exposition se tenant à l'espace fondation EDF, mais je n'ai pas pu, et je ne pourrais certainement pas m'y rendre. C'est bien dommage, mais cela sera sans doute le cas d'un certain nombre de lecteurs de ce livre.

 

Un joli pavé

Un mot d'abord du plaisir que l'on peut avoir à tenir l'objet dans ses mains. On peut difficilement rater le livre sur un étalage, sa couleur orange flashy le mettant immédiatement en avant. L'objet attire l’½il, même si l'esthétique en étonnera plus d'un. La croix verte sur ce fond presque rouge évoquant plus facilement un manuel de secourisme, de pharmacologie, plutôt qu'un propos dédié au jeu vidéo. La croix elle même est glacée et accroche légèrement sous le doigt.

Le format impose également une installation confortable pour le lire dans de bonnes conditions, nous sommes plus en présence d'un bel ouvrage (d'ailleurs les éditions du Seuil l'ont classé dans la catégorie « beaux livres ») que d'un livre de poche. Il faudra également se faire les muscles si vous comptez en faire lecture dans les transports en commun, avec un peu plus de 800 grammes sur la balance, vous ne risquez pas de l'oublier.

Le fort grammage du papier explique ces mensurations, mais aussi le plaisir que vous aurez à feuilleter les 240 pages qu'il comporte. Ces dernières sont souvent illustrées et parfois sur leur entièreté. Il faut noter à ce propos qu'il semble y avoir eu quelques « ratés » sur les illustrations, on sent clairement un manque d'équilibre dans la mise en page de certains textes par rapport à leurs illustrations. Un défaut qui n'aura pas échappé à l'auteur qui s'en excuse en préambule, certains éditeurs n'ayant pas permis la reproduction des images de leurs jeux. Une attitude regrettable.

Certaines pages sont richement illustrées voir prennent tout l'espace, d'autres semblent étrangement vides

 

Trois piliers pour expliquer le jeu vidéo

Le jeu vidéo se joue, se montre et change le monde. Voici les trois grands chapitres autour desquels est organisé le livre « Game ».

Dans le premier donc, Jean Zeid s'emploie à décrire de quelle manière le jeu vidéo s'impose dans nos quotidiens. Tout d'abord via l'Esport, Youtube puis en parlant de feu les salles d'arcade ou encore des publicités qui ont bercé l'enfance des quarantenaires que nous sommes aujourd'hui. Ce faisant, les questions classiques à propos du jeu vidéo émergent et sont également abordées. Le jeu vidéo est-il une drogue ? Est-ce la nouvelle décadence de la jeunesse ? Les avis sont partagés et l'auteur s'emploie à exposer les différents points de vue avec une posture neutre dans le ton journalistique qu'on lui connaît sur France Info.

Ce sera le cas tout au long du livre et certains pourraient le regretter. Il n'y a dans « Game » aucun point de vue, aucun avis de l'auteur. Il s'agit plus de témoigner et de rapporter ce qui se passe autour du média et d'en expliquer les causes et les conséquences. Cela donne déjà un indice sur le public qui est visé.

Quand le jeu vidéo se joue, c'est au tour de l'histoire du média et de ses débuts que les propos débutent. On y parle des grands classiques, du premier automate qui joua aux échecs, du Pong évidement, de Ralph Baer, d'Higinbotham… Des choses qui devraient parler aux joueurs qui se sont intéressés un jour à l'histoire de leur loisir préféré.

Il y a dans ce chapitre une partie dédiée aux mascottes qui pourrait en faire tiquer plus d'un. Les Lapins Crétins, Mario et Sonic en font évidement partie, mais Solid Snake, Prince of Persia, Sam Fisher, Nathan Drake ou encore le Super Scope (!) pourraient être plus considérés comme des emblèmes que comme des mascottes par certains. La différence est ténue et finalement insignifiante. Si les derniers nom cités ne sont pas des mascottes, ils auront contribué de façon significative à l'image d'une marque. En tout ce sont 22 personnages ou systèmes importants pour les marques qui ont été sélectionnés par Jean Zeid.

Enfin, pour ce qui est de changer le monde, il est ici principalement question de la réalité virtuelle ou augmentée ainsi que de serious gaming. Sur l'ensemble des textes, la lecture est agréable, le style propre et pour tout dire on a l'impression d'avoir une compilation des diverses chroniques qui ont déjà été abordées par Jean Zeid lorsque ses rendez-vous étaient encore plus nombreux sur France Info. C'est à la fois la force et la faiblesse de « Game » et ce qui va le destiner à un public qui correspond sans doute à l'audience de France Info.

 

Destiné à tous les joueurs

Ce sont un peu les 18 portraits (illustrés de très belle manière par Erwann Terrier) de personnalités notables du jeu vidéo qui confirment cette impression. Chaque sujet traité l'est avec un esprit de synthèse remarquable, mais forcément frustrant pour celui qui souhaite aller plus loin dans la découverte (de belles références de lectures se trouvent à la fin, elles auraient peut être gagnées à être mises en avant sur certains portraits). Un lecteur qui se sera déjà renseigné et aura dévoré des livres d'histoire du jeu vidéo y trouvera des carences, des oublis, des imprécisions. Nul doute que Jean Zeid est au courant de tout cela, mais à trop vouloir creuser ces sujets, le lecteur qui n'en est pas familier risquerait de rester au fond du trou.

C'est bien tout l'enjeu d'une exposition sur le jeu vidéo ; parvenir à intéresser tout le monde, à faire passer des informations qui permettent de mieux comprendre ce qui s'est joué, ce qui s'est passé et la façon dont a évolué le jeu vidéo. Le public susceptible de lire « Game » est celui qui passe des heures devant les jeux vidéo, mais aussi celui qui ne joue que sur son smartphone, la mère de famille qui a eu sa période Tetris, le fana de technologie qui ne jure que par la VR, celui qui trouve qu'il est suspect… Dans la centaine de jeux qui sont présentés en quelques lignes, il y en aura forcément un qui correspondra à quelqu'un.

Et comme l'a déjà déclaré Jean Zeid :

L'idée est de regarder avec l'esprit frais, un peu naïf

Si je devais offrir « Game » cela pourrait être à quelqu'un qui a envie de découvrir pourquoi j'aime le jeu vidéo. Parce qu'il est éclectique et pluriel. Parce qu’il relève autant de la communication, de la technologie, de l'industrie, du sport que de la passion. Parce qu'il a aujourd'hui une histoire qui peut se raconter et parce que j'ai envie qu'elle soit accessible et comprise.

L'exposition "Game, le jeu vidéo à travers le temps" se tient à la fondation EDF jusqu'au 27 Août
Entrée libre du mardi au dimanche de 12H à 19H


Cette présentation a été effectuée à partie d'un exemplaire acheté en librairie
"Game" Editions du Seuil 25¤.

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Commentaires

ClovisV
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ClovisV
Très bon article, j'ai moi aussi envie de le lire, merci ! ;)
Gunhed
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Gunhed
Hmmm tu me donnes envie de le lire !

Édito

La parallaxe est l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet. En d'autres termes, la parallaxe est l'impact (ou l'effet) de changement de position de l'observateur sur un objet observé. 

 

Quoi de plus approprié pour vous parler de jeux vidéo que de titrer ce Blog Parallaxe ?

 

Pour ceux qui commencent à être des vieux clous du jeu vidéo (je ne suis pas aussi décrépi qu'AHL tout de même), la parallaxe c'était aussi le fait d'afficher plusieurs scrollings à des vitesses différentes dans le décor de fond d'un jeu. Cela donnait une impression de mouvement, de vitesse et surtout de profondeur. On s'extasiait devant le nombre de scrollings parallaxes qu'il pouvait y avoir (vive Thunderforce et autres shootings mythiques).

 

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