Test import, version CanadaDry.

C’est fait, j’ai terminé mon jeu de l’été (en même temps le combat n’était pas très difficile, Resonance of Fate est excellent mais le manque de scénario est une aberration pour moi dans un jRPG), à savoir le nouveau bijou d’Atlus - Catherine. Mes impressions très postives de la démo se sont confirmées, c’est un jeu à part, mature scénaristiquement et unique niveau gameplay, à mi chemin entre un Persona et un Heavy Rain. Un mélange explosif ou une bouse cosmique ?

Tout d'abord comment définir une expérience comme Catherine? Vous avez compris (ou pas, vu les ventes) c’est tout sauf un ecchi en tout cas, d’ailleurs suffit de voir la démo pour s’en rendre compte (mais bon Catherine défonce, c’est la perfection sur deux magnifiques jambes ^^), ce n’est pas non plus un jRPG comme la quasi totalité des jeux d’Atlus, pas vraiment un jeu d’horreur (quoique), c’est pas non plus un mindfuck pur et dur (bonjour les cauchemars de Vincent) car le jeu repose avant tout sur son scénario... non, pour moi Catherine est tout simplement une manière interactive et différente de raconter une histoire et un outil pour transmettre la vision et le message des développeurs. C’est vraiment un Heavy Rain à la sauce Atlus, un jeu qui fait réfléchir, un jeu frais, léger et à la fois mature car il permet aussi de vous... juger. Et autant vous dire que les situations et les questions posés par Catherine vont vous interpeller, d’autant plus si vous êtes un peu concernés par le sujet.

Parlons donc du scénario, un gros morceau, autant vous le dire tout de suite. Je me suis fais la réflexion pendant le jeu, si vous enlevez les phases de gameplay dans le jeu, Catherine pourrait faire un bon, voir un très très bon anime, franchement j’ai tout adoré dans ce jeu, vraiment tout. L’ambiance souvent lourde, un peu effrayante et malsaine (héritage Persona), mais aussi humoristique (la dernière scène dans les toilettes est absolument géniale ^^) et assez sérieuse de temps en temps (je ne peux pas vous en parler csans spoiler, mais Catherine touche aux sujets que je n’ai vu pratiquement jamais dans les jeux vidéo). Tout est rose, noir et déjanté dans ce titre, on plonge directement dans l’univers loufoque dès le menu principal absolument fantastique (avec Katherine et Vince version «rêve» attaché à un bloc), jusqu’à la fin du jeu avec le célèbre morceau Révolution de Frédéric Chopin lors du dernier niveau... remixé façon Atlus bien sûr. Du grand délire oui, mais pas que, on découvre aussi notamment le bar Stray Sheep, ambiance jazz, endroit beaucoup plus sérieux et posé, où on rencontre les pnj, on apprend un peu plus sur les personnages, amis (ou pas) de Vince, où on s’arrête pour réfléchir, boire ou jouer à un jeu arcade qui... reprend la mécanique du jeu! Mais Catherine c’est avant tout l’histoire de Vincent, un trentenaire insouciant et un jeune fiancé au passage, qui va devoir choisir entre la tentation de la belle, magnifique, mignonne Catherine et un changement radical de vie avec Katherine, sa fiancée. Tout cette histoire, relativement classique mais très bien racontée grâce aux personnages en chair et en os (que ce soit Vince, Katherine, Catherine, Erica, Orlando et cie, ils sont tous géniaux) est mélangée à une histoire de malédiction et des rêves étranges qui aboutissent aux morts suspects (encore une fois, comment ne pas parler de l'héritage Persona, d’autant plus qu’il y a une tour à monter bien sûr). Le réel qui mélange le rêve donc car très vite notre héros commence effectivement à avoir des cauchemars étranges dans lesquels il rencontre des moutons, qui font bizarrement penser aux gens qu’il rencontre dans le bar, et dans lesquels ils doit monter toujours plus haut grâce aux divers blocs, afin de se libérer de la malédiction et d'éviter la mort. L’histoire est vraiment prenante, les dialogues très bien écrits, les personnages très attachants (d’ailleurs petite inspiration Spike de Cowboy Bebop pour Vince je trouve, la manière dont il prend la cigarette au début, la coupe... je ne sais pas, il y a quelque chose). Mêmes les doublages anglais, très franchement je suis premier à critiquer quand on n'a pas le possibilité d’avoir les doublages japonais, mais là franchement c’est pas non plus un drame, il y a vraiment du travail derrière, Vince a une très bonne voix, le seule petit bémol c’est Catherine je trouve... enfin bon, c’est un détail, l'immersion est quand même très bonne. Puis bon, on a notre dose de révélations à la fin (façon Atlus, de l’inspiration cinéma aussi), un petit mindfuck façon MGS, Davcio aime ça. Un scénario bien écrit, mature et déjanté. J’adore.

En plus d’une excellente histoire on retrouve dans Catherine un jeu typiquement japonais dans l’âme, Atlus a réussi à faire avec ses contraintes financières un véritable festin visuel, c’est beau, voir très beau parfois, décors plutôt classiques avec des personnages détaillés en cell shading, tout ça avec un putain de style propre à la Team Persona, le chara design est absolument énorme (le côté bar et les amis de Vince m’ont fait penser à Nana aussi, excellent shôjo si vous avez du temps à tuer). Vu les développements délocalisés qui sont devenus à la mode chez nos amis japonais (Castlevania, Silent Hill) ça me fait plaisir de voir Atlus tenter une approche occidentale (faut dire que Shin Megami Tensei est une série de niches quand même, là on s'ouvre un peu vers l'occident), mais avec un jeu bien jap. Niveau musiques c’est comme d’habitude avec Atlus excellent aussi, des grands compositeurs remixés, du jazz, des morceaux d’ambiance de folie (le tout dernier morceau dans le bar, je le veux !), meilleure OST que j’ai entendu depuis Nier (là c’est encore un autre monde, cette BO de psychopathes !), sans aucun doute.
On retrouve dans Catherine, en plus de toutes ces qualités, une véritable réflexion sur plusieurs sujets (carrément sur la démographie japonaise, avec une véritable réponse des développeurs par Vincent, priceless) qui touchent à la vie du couple, l’amour, la fidélité, le mariage, la trahison... Autant vous dire que oui, c’est pas un jeu pour les ados, ceux qui s'endorment devant Heavy Rain ne vont pas trouver leur bonheur ici, il faut avoir un minimum de vécu... ou avoir une vie intérieure assez riche. Détail assez amusant, à la fin de chaque niveau une voix mystérieuse nous pose une question assez personnelle, en plus de toucher à notre jauge «de la liberté et de l’ordre» (en gros le bien et le mal) ces questions permettent de voir l’avis général des gens grâce aux fonctionnalités online de Catherine. Les résultats sont parfois curieux (pour deux ou trois questions je suis pas du tout de la même avis que la majorité), mais c’est amusant de voir que les gens sont quand même globalement des romantiques ;). Cette jauge est d’ailleurs au centre de l’intrigue car elle détermine la fin, mais aussi les pensées de Vincent tout au long du jeu. Elle évolue avec nos actions et nos réponses pendant toute la partie. En fonction de son évolution on va se tourner ainsi soit vers les bras de Catherine, soit vers la voie de la raison avec Katherine. Autant vous dire que je me suis fait charmer par la petite blonde aux yeux bleus (je suis faible) et finalement je me suis rendu compte que cette jauge n’influence finalement peut être pas tellement l’aventure, j’ai regardé un peu les avis sur le net et les vidéos, finalement ce qui change vraiment c’est juste la fin... conclusion? On doit se mettre plutôt à la place du personnage et non pas à la notre, même en se comportant comme un con avec Katherine, par textos notamment, Vince va toujours tenter de fuir Catherine et rejoindre Katherine... dommage.
Et comme je ne savais pas où est ce que je peux foutre ça - j’ai aimé le dosage des vibrations dans le jeu (ça colle super bien avec l’action), coïncidence? Je ne crois pas !

Parlons plus précisément du gameplay. On a ici un espèce de Persona 4.5, avec un découpage de gameplay entre les phases dans la vie réelle (surtout dans le Stray Sheep Bar, yeah) et les cauchemars de Vincent. Tout d’abord les phases de nuit. Après une petite déception (Atlus = rpg dans ma tête, tout ça...), on découvre un gameplay passionnant, exigeant et prenant, qui n’est certainement pas là pour «prouver que c’est un jeu» et combler l'histoire. Vincent, avec ses caleçons, son coussin et les cornes de mouton, doit, avec les autres moutons qui ont tous un équivalent dans le monde réel, traverser les niveaux dans lesquels il doit se confronter à ses démons. En effet en escaladant les blocs (attention, masturbation intellectuelle on) Vince affronte une métaphore de ses peurs et ses doutes, avec la matérialisation finale en tant que boss à la fin de chaque niveau (chara design d’Atlus, donc ça déboîte on va dire ^^). Cette escalade nous offre un puzzle game simple à comprendre, mais très vite - assez compliqué. En effet la difficulté (j’ai fais mon kiki mou, j’ai joué en facile) est assez élevé, pas au point d’utiliser Youtube, mais tout de même, on va mourir et voir le magnifique Game Over (Love is Over !) plusieurs dizaines de fois avant d'atteindre la fin du jeu, et pourtant on peut revenir en arrière en mode easy... Ceci dit à côté d’un Lucifer’s Call... bref on a vu pire avec Atlus (par contre je ne sais pas ce que ça donne en mode difficile par exemple). En effet pour monter un niveau il faut avoir quelques neurones qui marchent, des blocs glacés, piégés, qui explosent, qui vous aspirent, qui tombent et font tout s’écrouler... en plus on est limité niveau temps, autant vous dire - on ressent la pression. Les musiques classiques ultra rythmés vous mettent du punch, c'est la classe. Le pauvre Vincent doit éviter les moutons enragés (ça devient anxiogène vers la fin d'ailleurs, certains moutons deviennent complétement fous), pousser les blocs, s’y agripper, comprendre les différentes techniques (à apprendre grâce aux moutons qu’on rencontre avant le «confessionnal») et ramasser ou acheter les différents items (les continues, blocs à poser, potions qui permettent d’escalader deux blocs...) pour monter jusqu’à la sortie (avec un petit son des cloches et un alléluia qui va bien). C’est déjà difficile comme ça (mon cerveau a failli exploser pas mal de fois, raaaah ces blocs glacés), mais en plus pendant les combats de boss ça devient encore plus dur, petite dédicace à un boss qui inverse les commandes par exemple... Une fois arrivé au sommet une autre phase commence. Ici on discute avec les moutons (hommes rencontres dans le bar pour la plupart), on tente de les réconforter, on échange les techniques, on achète les items (génial le gros mouton, comme sa "fin" ^^). On termine ainsi le niveau on répondant à une question dans le confessionnal (déjà décrit plus haut). A noter peut être LE défaut du jeu, les angles de caméra, c’est pas dramatique, mais parfois on se perd, d’autant plus que la maniabilité est assez particulière. Si vous êtes vraiment maso vous pouvez essayer d’avoir les trophées d’or et essayer le mode Babel...

Une fois réveillé (après une nuit assez courte généralement), les cinématiques (in game ou en animation, petit souci du mixage au passage, le son est trop fort pendant les cinématiques anime) assurent la transition et animent l’histoire. On visite ainsi l’appartement de Vince, les chiotes et la cantine (resto?) au boulot, le cafétéria ultra rose, pour finir dans le bar Stray Sheep où on reprend le contrôle de Vincent. Car oui, contrairement à un Persona, on a pas le choix de lieux où on va. On contrôle Vincent que dans ses rêves et dans le bar, point. En plus niveau activités on est assez limité. On parle aux gens, on peut aller se laver les mains, voir les photos hot de Catherine, changer la musique dans le jukebox, jouer sur la borne d’arcade... et c’est tout. Pourtant c’est vraiment pas un défaut pour moi, cela permet de se concentrer sur l’histoire, ça permet aussi de fuir la répétivité je trouve qui était quand même assez présente, même dans un Persona 3... Et puis ces phases là sont quand même bien intéressantes, la gestion du temps, les dialogues, les petites histoires de la clientèle, les choix moraux, le système des textos et de l’alcool (carré, carré, carré, Erica SAKEEEEE <3; j’adore la petite encyclopédie sur les cocktails avec la voix off aussi ^^) sont super bien intégrés, c’est naturel, classe, super bien fait. Le système des sms (enfin... plutôt mails chez les japs il me semble) est d’ailleurs très bien pensé, on reçoit des textos pendant nos conversations auxquels on peut répondre (ou non) phrase par phrase (à chaque fois, deux ou trois possibilités) ce qui permet d'influencer notre jauge une fois de plus. Les dialogues avec les gens sont bien écrits et animés une fois de plus, les pnj sont plutôt bien trouvés et intéressants, en plus on peut changer leur avenir dans nos rêves, de façon négative ou positive (je suis sûr d'avoir sauvé le journaliste). Un petit plus sympathique c’est le jeu arcade «Rapunzel» qui est une mini copie, très difficile car limitée dans les mouvements, de nos cauchemars.

Au final, une fois la manette posée et le jeu terminé, on retient quoi? Et bien que Catherine est un jeu brillant, frais et intelligent qui surprend par son scénario adulte et son traitement déjanté et mature qui s’attaque aux sujet très peu utilisés dans le jeu vidéo. Une critique subtile de la société japonaise, une réflexion sur la vie de couple, une ambiance absolument extraordinaire, un chara design très réussi qui rend les personnages vraiment attachants et crédibles. Une petite dose de réflexion, un petit côté humoristique et presque burlesque, Catherine est définitivement un jeu à part, un titre soigné de bout en bout, un peu expérimental, certes, mais c’est un essai réussi d’Atlus qui annonce ainsi un grand, voir un très très grand Persona 5 par exemple. Le petit bug des trophées qui se mettent en japonais est vraiment sans aucune importance (mettez votre console en anglais avant l'installation) face à une telle merveille, un tel bijou. Catherine je t’aime. Mon petit GOTY avec Portal 2, en attendant que les monstres Uncharted 3 et Skyrim arrivent. En attendant - LOVE IS OVER !

Jeux :
Eternal Sonata,
Heavy Rain,
Persona 3,
Portal 2,
Resonance of Fate,
Persona 5,
Nier,
Uncharted 3 : L'illusion de Drake,
Catherine,
The Elder Scrolls V : Skyrim,
Shin Megami Tensei : Lucifer's Call,
Shin Megami Tensei : Persona 3 FesSociétés :
Atlus
22/08/2011, 14:57
22/08/2011, 21:43
23/08/2011, 00:39
23/08/2011, 00:57
23/08/2011, 01:55
23/08/2011, 10:48
Sinon vous me faites plaisir les gars avec vos commentaires, je me suis éclaté à l'écrire ce test, comme à faire le jeu, et vu le faible nombre de vues j'étais assez tristounet
23/08/2011, 10:51
24/08/2011, 00:27
Il a eu un succès monstrueux aux US apparemment, j'espère qu'il en sera de même en Europe. En tous les cas, je passerai pas à côté !
Critique bien sympathique qui me conforte dans mes attentes
09/02/2012, 16:45
10/02/2012, 22:08
10/02/2012, 22:15
10/02/2012, 22:22