Retour vers le Turfu : Le Podcast de la popculture, passé, présent et futur

Retour vers le Turfu : Le Podcast de la popculture, passé, présent et futur

Par Koreana_ Blog créé le 27/05/10 Mis à jour le 23/05/17 à 05h52

Le Podcast de la "Pop Culture" passé,présent et futur Animé par Koreana_ (Luc le Gonidec) & Pezzo (Maxime Pezzoni). Dispo sur Itunes/Soundcloud/Youtube

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(Jeu vidéo)

Si Final Fantasy X n'avait pas eu de suite, je pense que la haine des joueurs ne serait pas aussi virulente envers lui, parce que l'énorme problème de ce volet, c'est sa suite. Il y a eu plusieurs raisons pour débuter le développement de cette suite, pour la première fois dans la saga, un univers se voyait coller un 2 derrière son patronyme. L'idée de faire cette séquelle est venue de façon plutôt mercantile que créative, selon les dires de Yoshinori Kitase à l'époque, il disait que c'était un challenge plaisant de se lancer pour la première fois dans le développement d'une suite de la saga, quel pieux mensonge. 

Square en 2001 est dans la mouise suite au naufrage au Box-office du blockbuster à 180 millions de dollars appelé Final Fantay The Spirits Within de Hironobu Sakaguchi. Afin de trouver une solution financière plausible pour se stabiliser, les pontons voient en Final Fantasy X une manne d'argent qui pourrait sauver l'entreprise, grâce notamment aux chiffres de ventes du jeu original qui acquiesce une base solide d'acheteurs potentiels pour une suite. L'indicateur et le feu vert pour lancer le développement est venu grâce à l'effervescence pour l'épilogue l'Éternelle Félicité (inclus dans la compilation HD également) présente dans la version internationale de FFX qui montrait Yuna quelques mois après la mort de Sin. À cause d'une cutscene de 15 minutes mal fagotées et sans intérêt, le jeu se tire lui-même une belle balle dans le pied par rapport à sa fin tragique et maîtrisée. En se remettant dans le contexte, la suite n'a servit finalement pas à grand chose au niveau du chiffre d'affaire pour sauver la boîte, Square a finalement fusionné avec son rival de toujours la société Enix (responsable des Dragon Quest).

Je ne le cache pas, je l'avais attendu ce jeu à l'époque, presque autant que le dixième volet. J'étais encore jeune et insouciant sans penser ce qui allait m'arriver sur le coin de la tronche le 20 février 2004, c'est à mes 12 ans que j'ai arrêté de croire aveuglement à la hype des journaleux. Deux ans se sont écoulés depuis la défaite de Sin et, et... OUAH, MAIS PUTAIN. On se retrouve dès l'introduction dans le stade de Luca avec Yuna qui fait de la J-pop façon Space Channel, s'ensuit une baston sur scène où on apprend que la fille qui chante n'est que la sosie de Charlize Theron déguisé via une Vétisphère de Yuna. Le groupe YRP (Yuna, Rikku et Payne) poursuit Charlize et ses sbires sadomasochistes sur le port de Luca. Le Groupe se bat contre les deux bras droits de la méchante qui semble être les Laurel et Hardy asiatiques, mais en beaucoup moins charismatiques. Après la défaite des ennemis, le groupe embarque dans leur vaisseau volant tunné façon Need for Speed Underground 2 (la sommitude de la beauferie) conduit et commandé par le personnage le plus raté de l'histoire du jeu vidéo aka FRANGIN.

Après avoir avalé toutes vos dents et lavé la lame qui vous a crevé l'oeil gauche, Yuna vous apprend à vous, jeune joueur, qu'elle a enfilé son minishort, ses Santiags, troqué ses invocations et son bâton contre deux guns pour partir à la recherche de Tidus. Je ne développerai pas plus la narration, parce que c'est le plus gros point noir du jeu et que personnellement développer tout un circuit qui n'est acheminé que pour faire plaisir à une masse de fans en manque ne me plaît pas du tout. La question qu'on pourrait se poser après la première heure de jeu est pourquoi ? La suite oui, pourquoi pas, mais à quoi bon partir à l'aventure dans une ambiance aussi décalée que le Spira original ? On a des réponses suite aux interviews de l'équipe de développement qui annonçait vouloir se dégager de l'ambiance tragique du premier. Avoir une ambiance aussi rocambolesque et improbable était-il la bonne solution ? Certains nous diront que ça représente une sorte de Woodstock ou de Printemps 69 de Spira suite à l'écroulement des préceptes de Yevon. Oui, possible, sauf qu'il n' y a pas le talent d'un Jimi Hendrix sous coke ni la grâce de Bardot, que ce soit dans l'esthétique, le gameplay, la musique, la narration, les personnages, c'est du n'importe quoi.

À l'image du Final Fantasy XIII-2, ce volet est marqué : "Si vous avez aimé l'épisode original, vous allez forcément aimer celui-ci". Ça se ressent sur beaucoup de points, déjà au niveau du design des personnages. Testsuya Nomura s'est lâché en proposant des personnages tous plus pétés les uns que les autres, entre Yuna qui se retrouve entre un style Rihanna accouplé à la capuche de Tidus et une jupe asymétrique, Rikku à moitié à poil armée de ses converses et Paine qui fait office de Auron au féminin avec un style Gothique-Lolita-Darkouille. Nous avons rien qu'avec le trio principal une sexualisation certes modérée par rapport à d'autres jeux, mais cela reste une illustration du fantasme que certains se tapaient avec la Yuna coincée de l'opus précédent, une entourloupe qui empeste le "Pour vous les fans". Par contre oui c'est un design assez putassier qui ne veut pas dire grand-chose a par TENEZ VLA DES BELLES JAMBES POUR VOUS LES FANBOYS, mais il reste de bonne facture par rapport à tous les autres personnages du jeu qui sont honteux les uns par rapport aux autres, une énorme faute de goût, allez je vous donne dans le mille, de Testuya Nomura : Le Frangin, Shinra, LeBlanc, Omi, Logos, Baralai etc. C'est le carnaval au niveau de l'ambiance et de l'esthétique tout au long du jeu.

On est d'accord, une suite se doit de garder quelques notions de l'épisode dont il fait la continuité, certes, mais on aurait peut être préféré cette suite un peu moins borderline. Le développement de cet épisode s'est déroulé en seulement une année et demie avec seulement le tiers des effectifs du volet précédent. Toute l'équipe se concerte pour changer le look de Yuna & Rikku et d'ensuite caller le scénario suite à ce changement. Le Directeur Motomu Toryama qui bossait également sur l'épisode original a donné au jeu un côté matriarcat et féministe en s'inspirant de Tomb Raider et de Charlie's Angels (la crème de la crème niveau inspiration), pour mettre en avant un groupe d'héroïne plutôt que des héros. En effet dans FFX-2, aucun personnage masculin n'est jouable, ce qui donne toute la place aux trois héroïnes que sont Yuna, Rikku et Paine sur le scénario et laisser court à leurs actes pour sauver le monde une nouvelle fois. Les hommes quand à eux sont réduits en tant que secondes mains ou esclaves sexuels d'une des antagonistes de l'histoire. Oui dans ce jeu, les Bad Guys sont soit des femmes soit des machines, ce n’est pas un mal en soi, sauf que l'intention est faîtes pour dégueuler un maximum de Fan-Service.

Entre la sexualisation exacerbée de Yuna et Rikku, il y a plein de passages dans le jeu qui servent au fan service, mais mal implantés dans le jeu. Entre la phase où Yuna est déguisé en Mog pour distribuer des ballons aux gosses, les eaux thermales avec le groupe de fille au Mont Gagazet ou le massage de Leblanc sous forme de mini-jeu du dimanche, je ne sais plus où jeter ma Psvita pour le coup. Après, il y a des cutscenes obligatoires dont on doit manger avec les dialogues écrits par le dernier des scénaristes de l'échelle des écrivains, qui illustrent des retrouvailles, des engueulades et autre moment Rom-com abjecte. L'esthétique du jeu qui se colle à une ambiance pop ne plaira pas à tout le monde tant elle tranche avec le X, mais graphiquement, le jeu est beau pour un jeu sorti en 2004 sur console, les textures sont soignées, les visages sont plus vivants et mieux animés que pour son aîné grâce à l'optimisation des ressources du moteur graphique maison, les CG qui même si elles sont moins nombreuses que dans son aîné, prouvent toujours le talent du studio en imagerie 3D. C'était le minimum qu'on pouvait attendre vu que tout le processus de création n'a pas pris beaucoup de temps du fait que ce soit composé à 75 % des décors, des props, des effets spéciaux et du moteur graphique du dixième volet. Niveau musique, pour la première fois, Nobuo Uematsu ne participe pas au développement d'un Final Fantasy, il est remplacé par la compositrice Noriko Matsueda (Bahamut Lagoon, Tobal n°1). La musique s'accorde avec l'envie des développeurs de se dégager de l'ambiance du premier. On se retrouve avec des tracks plus festives et plus rythmées, mais malheureusement moins bien abouties que celles de Monsieur Uematsu.

La narration, quand bien même elle fouette le fan service, prend moins d'importance dans la direction du jeu et c'est un des avantages de ce volet. On ne progresse plus par l'Autoroute du Soleil, mais par le vaisseau de Frangin en choisissant sa destination comme avant le combat final contre Sin dans le X. Le système de combat quant à lui a changé également. On se retrouve avec un système hybride entre temps réel et tour par tour à l'image du Huitième volet, qui rend l'action beaucoup plus nerveuse, mais a contrario beaucoup moins stratégique qu'avant. On peut clairement finir le jeu en spammant la touche croix sur attaque, le système se veut stratégique, mais l'HUD n'est pas assez bien pensé pour faire des tactiques rapides et efficaces, c'est beaucoup trop confus et flou. Le jeu se dote aussi d'un système de classe comme le quatrième volet via les Vétisphères. Ces vêtements sont interchangeables autant pendant les combats que sur le menu en mode pantouflard. Elles permettent de changer de technique de combat à tout moment, changer de guerrier à mage blanc ou de mage noir à chanteuse...

Final Fantasy X-2 est un jeu très moyen parce qu'il continue dans la voie horripilante qu'est le fan service. Une décision de Square de se sauver, mais sauf que ça a été mal dosé, irréfléchi, fait à la va-vite et mal exécuté. En ne s'appuyant que sur du fan service et n'innovant en rien par rapport à l'épisode initial, il finit par lui faire perdre de sa crédibilité dans la Playhistoire. Une première suite qui n'aurait jamais eu de se faire ou du moins avoir l’appellation Final Fantasy, ça aurait permis au minimum de garder la licence digne et propre. Et c'est là où je me rends compte que cette suite aurait été un bon jeu si elle nous permettait de jouer avec des nouveaux personnages qui découvrent Spira et ses habitants après la défaite de Sin, des héros (hommes ou femmes n'importe) qui sont en décalage avec la vie et les coutumes de ce monde, un peu à l'image de Tidus dans le X. Imaginez des protagonistes comme nous, fouler cette terre et redécouvrir Spira avec un (vrai) ½il nouveau. Avouez-le,  il y a des tonnes de choses à faire en se dégageant de ce qu'il y avait déjà été établi et ça, ça aurait beaucoup plus de gueule que ce que nous avons eu.

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees

Ben il n'est pas beaucoup plus mauvais que le précédent, en fait : il pousse juste sa logique initiale un peu plus loin. Il n'ajoute pas de traits supplémentaires, il grossit juste les traits déjà présents dans le jeu originel... si bien que celles et ceux qui trouvent ce X-2 mauvais font l'expérience directe de ce que je trouve mauvais dans le X-tout-court. Simplement, dans le X-tout-court, c'était plus discret. MAIS PAS ENCORE ASSEZ POUR MOI. B)

Sans compter que scénaristiquement, ce volet est souvent à deux doigt d'être meilleur que son prédécesseur. Shuyin et Lenne sont quand même autrement plus intéressants que Tidus et Yuna, le plus beau couple de fiction depuis Brenda et Dylan.

Retromag
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Retromag
Encore un article qui sonne juste. :)