L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

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Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Vu l'image de mon avatar, il serait peu judicieux de faire fi de la sortie de cette semaine, c'est-à-dire le premier volume de l'intégrale de Don Rosa! Après la commercialisation de la période Carl Barks encore en cours (9 volumes sorti sur 24 de prévu!), Glénat continue sur sa lancée et propose de découvrir les formidables histoires de Don Rosa. Le premier volume regroupe les douze épisodes principaux de la Jeunesse de Picsou, et le second proposera tous les épisodes annexes, avec entre autres les "ter" et les "bis", tout aussi géniaux.

L'édition est du même style que celle des Barks, histoire de faire bien dans la collection, et l'intégrale se composera de sept tomes (plus raisonnable). L'édition est franchement de qualité, avec des couleurs remis au goût du jour sans le côté criard des précédentes éditions et après une prise de becs avec l'auteur pour avoir lancé cette édition sans lui en avoir parlé, cela s'est plutôt bien fini et l'auteur a fini par collaborer avec Glénat histoire d'avoir des notes de l'auteur à chaque épisode, bonus fortement appréciable (on a quand même deux pages de notes de Rosa pour chaque épisode), avec d'autres bonus bien senties et un poster généalogique de la famille Picsou que l'on connaît tous si on est habitué au Picsou Magazine.

Je fais un peu de pub, mais ça le vaut bien. Ça vaut 30 euros pour environ 285 pages, l'édition est plus qu'honorable et devient la plus complète disponible en France sur la Jeunesse de Picsou. Si vous ne connaissez pas, foncez, vous ne le regretterez pas (probablement une des rares bande dessinée Disney mature, riche et passionnante qui existe).

> Aperçu de l'édition

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A lire

Pour clôturer cette semaine spéciale manga, voici une courte sélection d'autres mangas sur lesquels j'ai hésité à les ajouter à cette sélection, histoire de vous proposer des oeuvres supplémentaires que j'ai aussi apprécié. Il y a ceux qui sont terminés, et d'autres encore qui sont en cours ou viennent de débuter.

LE SOMMET DES DIEUX de Jiro Taniguchi

Le Sommet des Dieux est un manga de Taniguchi (déja abordé dans un billet), qui a déboulé comme une bombe en France ces dernières années alors que le bougre a quand même de la bouteille. Les mangas de Taniguchi sont beaucoup plus posés que le reste de la production et est presque plus proche d'un roman que d'une bande dessinée au niveau du rythme et de la construction de l'histoire. Mais ça reste un manga avant tout. L'histoire prend place dans les années 90 et met en avant un photographe, Fukamachi, de voyage au Tibet et qui tombe sur un appareil photo qui pourrait être celui de Mallory et d'Irvine, les deux alpinistes connus pour avoir été les premiers dans les années 20 à avoir grimpé tout le mont Everest.

Le Sommet des Dieux, c'est l'histoire de la rencontre entre Fukamachi et Habu, alpiniste chevronné qui ne vit que pour sa passion et sa rage de vaincre, un homme prêt à tout pour réaliser ses rêves. L'histoire débute principalement par des flashbacks pour connaître le passé de Habu puis revient dans le présent. C'est prenant, bien rythmé et mis en scène, une grande fresque d'aventure, d'homme à la conquête de la planète. L'histoire d'un homme voulant être au-dessus de tout, mais découvrant que dompter la montagne n'est pas qu'une histoire de force de caractère. Un manga en cinq tomes, récemment réedité par Kana dans une magnifique édition cartonnée, un peu chère mais ça vaut le coup.

FULL METAL ALCHEMIST de Hiromu Arakawa

Full Metal Alchemist conte l'histoire des frères alchimiste Elric, Alphonse et Edward. Les deux frangins ont eu la mauvaise idée de vouloir ressusciter leur mère en utilisant l'alchimie mais ça a eut des conséquences catastrophiques: Ed a perdu sa jambe et son bras, et Al a eu son âme prisonnier d'une armure de métal. Tous deux vont partir à la recherche de la pierre philosophale, seule solution pour qu'ils récupèrent leurs corps.

J'ai découvert la série avec la première série animée, celle qui commence un peu comme le manga mais se sépare nettement en gardant les mêmes personnages et en allant dans une autre direction, parce que le manga n'était pas terminé. Une fois celui-ci finie, une autre série animée, parfaite adaptation cette fois-ci, nommé Brotherhood, est sortie. Chaque alternative de l'histoire offre sa vision des évènements, avec des personnages plus nombreux dans le manga. Ça se veut comme un shonen mais les thèmes, l'histoire en général et même parfois certains évènements font que je le rapproche presque d'un seinen, vu que les quelques codes du shonen volent souvent en éclat: les héros ne veulent pas être les plus forts mais réparer leurs erreurs, il n'y a pas de progression de pouvoirs et la construction du récit reste étonnamment déstructuré. 

Full Metal Alchemist est clairement un manga atypique, avec des grosses touches d'humour qui casse avec des moments clairement dramatiques. Il suffit de voir tout ce qui concerne la guerre d'Ishbal pour voir qu'on est loin de la naïveté de nombre de shonens. Le premier volume n'est pas représentatif de la globalité, étant trop proche d'un vulgaire shonen classique, mais le manga a énormément de qualités et se révèle bien plus subtile qu'on peut le penser. Une valeur sûre en 27 volumes.

COQ DE COMBAT de Tanaka Akio et Hashimoto Izo

Coq de Combat raconte l'histoire de Ryo Narushima, jeune homme de seize ans qui poignarde ses parents et les tue dans une ultime forme de désespoir. Il se retrouve enfermé dans une prison pour mineurs impitoyable où il est la cible des forcenés. Mais il va rencontrer un maître d'arts martiaux qui va lui enseigner ce qui deviendra principalement sa force de motivation et de survie.

J'ai découvert Coq de Combat il y a peu grâce à la réedition de Delcourt. Manga réputé par beaucoup et qui a repris sa parution il y a peu, je ne suis donc qu'aux six premiers volumes et déja je perçois l'aura d'un grand manga, cru et violent, qui ne pardonne rien et n'hésite pas à ébranler les conviction du lecteur pour le faire réagir. Le héros est clairement détestable et la prison n'est qu'un simple décor parmi tant d'autres qui permettra au personnage principal d'évoluer et de se trouver un objectif. J'avais un peu peur que les situations ne soient là uniquement que pour choquer, gratuitement, mais la volonté de raconter une histoire réellement noire et de mettre en avant une véritable ordure fait qu'on comprend la violence de certaines scènes. 

Coq de Combat a l'aura d'une grande oeuvre et ceux qui ont déja lu les volumes dans l'ancienne édition confirmeront peut-être les grandes qualités de cette oeuvre. J'espère simplement que l'histoire ne se perde pas trop dans ce qu'il amène, parce que sa grande qualité est qu'il est placé sur le fil du rasoir au niveau de l'intérêt, il ne faudrait pas qu'il franchisse le pas et commence à faire de la violence pour faire de la violence, ce qui lui ferait perdre beaucoup de crédibilité et d'intérêt.

DRAGON BALL de Akira Toriyama

Comment ne pas citer celui qui est presque synonyme de manga? Même si le maître Toriyama a perdu de sa superbe ses dernières années en ne participant qu'au design de jeux sans vraiment avoir la maîtrise d'avant, Dragon Ball est une oeuvre majeure, que tout le monde connaît. Pour ma part, je n'ai toujours connu la série qu'à travers la série animée, et je profite de la parution de la Perfect Edition pour enfin découvrir la version papier du manga, que je n'ai jamais eu l'occasion de lire. Comme quoi, vaut mieux tard que jamais.

La Perfect Edition en est au tome 20, la saga de Freezer, et même si je préfère One Piece pour beaucoup de raisons (notamment dans Dragon Ball des combats qui s'éternisent quand même pas mal), il faut reconnaître que Dragon Ball est plein de surprises, surtout toute la partie "Dragon Ball" du dessin animé, lorsque Goku est tout jeune et qu'il affronte l'armée du Dragon Rouge et le démon Piccolo. Bien mieux fichu, varié et plaisant à lire, c'est crétin et ingénieux à la fois, avec un style graphique vraiment maîtrisé et lisible. Le reste est aussi sympa, mais voir juste des combats contre Freezer et ses sbires et des allers-retours entre différents endroits pendant trois-quatre tomes n'est pas aussi fun que le début. C'est simple, lorsque j'achète les volumes récemment sortis, j'ai l'impression de fermer le tome et d'être au même point que le volume précédent. 

Mais ça n'enlève pas l'aura de Dragon Ball, qui a certes un peu vieilli surtout sur la construction du récit (le style graphique reste excellent et moderne). C'est une oeuvre majeure, qui fait partie de la culture populaire et il serait criminel de s'en priver (même si la majorité des gens l'ont déja lu).

AKIRA de Katsuhiro Otomo

Autre manga que je voulais incorporer dans la sélection (mais il fallait que je fasse un choix), c'est le monument Akira. Découvert il y a peu, j'ai été pris dans l'histoire fantastique de ce manga futursto-punk qui dépeint un Japon en proie au totalitarisme et à la peur du nucléaire. Divisé clairement en deux parties, le manga montre le talent d'Otomo dans le récit de son histoire, de la mise en scène et de son découpage clairement sans faille. L'histoire met en avant la confrontation entre Kaneda et son ancien camarade Testuo qui, suite à des expériences douteuses, se retrouve doté de pouvoirs hallucinants et il va entrer en contact avec Akira, être au pouvoir divin.

Le manga est disponible en noir et blanc ou en couleur dans une édition cartonné, et a eu droit à une adaptation animée ultra-culte, moins riche que le manga (au vu du format), mais bénéficiant d'une technique somptueuse pour tous les fans d'animation qui se respecte et une richesse visuelle hallucinante, surtout comparé à l'époque de sa sortie. Le film reste toujours un monument de l'animation, rarement égalée, et le manga fait de même.

 

Autres mangas commencés et qui se suit avec plaisir:

- BLACK LAGOON de Rei Hiroe: les mésaventures d'un groupe de mercenaires en mer de Chine. Un peu fouillis mais fun et décalé, avec des petits pointes surprenantes en terme de scénario.
- FRONT MISSION: DOG LIFE & DOG STYLE de Yasuo Otagaki et C.H. Line: très violent et cru, un peu comme Coq de Combat, Front Missione est surprenant de réalisme et de ce côté "horreur de la guerre" assez peu présent dans les mangas.
- GTO de Tôru Fujisawa: commencé avec l'édition double. Gros délire avec cette caricature de la société japonaise et un humour typique de la culture nippone. 
- IPPO de George Morikawa: shonen très classique et carré, avec une construction prévisible. Mais c'est plaisant à suivre. 

 

Voilà, cette semaine spéciale se termine, j'espère que vous avez apprécié et découvert des mangas que je considère comme mes gros coups de coeur. J'essaierai dans un futur proche de vous concocter d'autres fil rouge comme ça, avec des comics plus indépendants par exemple, ou de la BD européenne qui compte quelques petites perles qui ne méritent que d'être découvert!

 

 

Semaine spéciale manga

 

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A lire

J'en profite pour placer une sorte de semaine spéciale, où vous aurez droit chaque jour à un billet sur une oeuvre qui m'a marqué et m'a fait rêver, pour de multiples raisons. J'espère faire découvrir à ceux qui veulent s'y mettre des petites perles qui leur parleront. La sélection a été délicate, et ce n'est pas dit que je place un petit billet supplémentaire pour parler de mangas supplémentaires que je recommande. Les liens vers les différentes parties (mis à jour au fur et à mesure) sont en bas de la page.

Gunnm fait partie, aux côtés d'Akira, d'un des premiers mangas à connaître un certain succès et une aura particulière en France dans la fin des années 90. J'ai découvert les deux il n'y a pas longtemps, et pour clore cette semaine, j'hésitais entre ces deux monstres que sont Akira et Gunnm. Malgré la richesse d'Akira, Gunnm n'est vraiment pas en reste et ma petite préférence va pour ce dernier, qui m'a complètement accroché par son univers sans pitié et ses thèmes cyberpunk passionnants.

L'histoire prend place sur une Terre dévastée par un météore qui a conduit l'humanité proche de son extinction. Zalem est une cité suspendue dans le ciel où vivent les habitants un tant soit peu élitiste, au-dessus d'une décharge, Kuzutetsu, où tombent les ordures de Zalem et vivent la lie de l'humanité et ceux qui n'ont pas les moyens ou le pouvoir de monter jusqu'à Zalem. Ido, génie cybernétique, découvre une tête de cyborg abandonné et utilise ses capacités pour lui redonner un nouveau corps, et la traiter comme sa fille. Encore innocente, Ido la nomme Gally, et va reprendre un boulot de chasseur de primes, "Hunter Warrior", pour pouvoir assurer le confort de Gally et sa réparation avec de nouvelles pièces. Parallèlement, Gally se découvre d'étonnants talents de combattante et va commencer à rechercher sa place dans le monde et son origine.

Gunnm était, à la base, un shonen crée par Yukito Kushiro mais est vite rentrée dans la case seinen en raison de ses thèmes abordés, sa violence sans pitié et son histoire très adulte. Pourtant, on y retrouve beaucoup de codes du shonen, notamment la mise en avant de la puissance de Gally, son évolution au combat, des grands méchants avec des arcs d'histoires bien précis et une montée en puissance. Tout ce mélange fait de Gunnm un manga vraiment atypique, très marquant à l'époque mais encore aujourd'hui. L'univers de Gunnm est très sombre, noire. Bien qu'il y ait plusieurs touches d'humour, notamment avec Gally et son innoncence touchante, le monde de la décharge est sans pitié, et les nombreux effets de gore parsèment allègrement le manga, notamment dans les scènes de destruciton de cyborg travaillés.

Le style graphique de Kushiro donne à l'oeuvre un cachet certain, et use à merveille de l'utilisation du noir et blanc. Bien que certaines cases d'actions soient parfois moins lisibles que d'autres, surtout au début où le découpage est plus approximatif, on prend plaisir à admirer le travail de l'oeuvre et on sent que Kushiro a mis tout son coeur pour développer un univers à la mesure de son talent. Les multiples croquis de travail, les notes sur l'univers et les recherches dans l'édition grand format du manga sont la preuve que le manga a été pensé dans ses moindres détails, et on se surprend lorsque l'histoire se complexifie en ajoutant le cycle culte du Motorball, sport extrême où Gally y participera, et tout le passage dans le désert en dehors de la décharge, qui sera l'occasion de développer l'univers autour de Zalem et d'introduire d'autres personnages intéressants, comme Desty Nova ou encore Kaos. Les personnages rencontrés ont toutes leur importance et joue un rôle dans la quête d'identité de Gally. Evidemment, on fait le parallèle avec l'histoire de Pinnocchio, le robot qui veut devenir humain.

C'est d'ailleurs l'un des thèmes importants du manga. Gally est en quête d'identité, et ne se souvient que de bribes de souvenirs, notamment le Panzer Krust, la technique de combat qu'elle connaît et qu'elle utilise abondamment dans les combats. Elle y rencontrera des hommes dont elle tombera amoureux, et se retrouvera à chercher la signification de ces sentiments, si les cyborgs sont capables d'avoir des sentiments et des émotions. L'histoire ne sera pas tendre avec Gally et elle sera face à beaucoup d'évènements tragiques, notamment concernant Ido ou encore le personnage de Yugo, au début de l'histoire, qui participe à l'un des évènements majeurs et émouvants de l'histoire de Gunnm. Chaque personnage qu'elle rencontre renforce sa motivation à découvrir ses origines et à aller de plus en plus loin. Le thème de la condition de l'homme vis-à-vis de la machine est grandement mis en avant, à travers de multiples personnages. Desty Nova représente l'antagoniste de Gally, un scientifique qui a oublié toute notion d'humanité en procédant à des expériences pour améliorer l'humanité en lui implantant des éléments cybernétiques, là où Gally, déja robotique, cherche à retrouver son humanité perdue.

L'histoire de Gunnm est sensiblement divisé en trois parties, plus ou mois longues (attention, SPOILER). La première partie est au début de Gunnm, lorsque Gally se réveille et découvre l'univers de la décharge et voit Zalem, au-dessus d'elle. Elle devient Hunter Warrior afin de retrouver ses origines, voyant que sa technique de combat particulière est lié à ce qu'elle était avant. Après la mort de Yugo, Gally sombre dans le désespoir et devient joueuse de Motorball dans une deuxième partie. Elle y retrouve d'autres sensations que le simple plaisir de combat et le duel avec le champion de ce sport la fera revenir à la réalité et à sa quête d'identité. Malheureusement, l'apparition de Desty Nova cause la mort accidentelle d'Ido. Condamnée à mort pour utilisation illégale d'armes, Gally accepte d'intégrer les Tunes. S'ensuit une troisième partie où elle quitte la décharge pour les Badlands pour retrouver Desty Nova.

Kushiro a eu des problèmes pour terminer l'histoire. Gunnm se termina de façon tragique, parce que Kushiro avait perdu toute motivation à l'époque et repris l'univers après plusieurs années de silence en modifiant cette fin histoire d'intégrer les éléments nécessaires à créer une suite. Cela a enlevé une bonne partie de l'épilogue originale qui racontait ce que devenait les personnages de l'histoire. Kushiro développa alors l'histoire de Gunnm Last Order, que je n'ai pas encore lu en entier, l'édition de la série étant très chaotique, surtout en ce moment (voir plus bas pour les précisions), mais les gens ayant lu la série (qui n'est pas fini d'ailleurs) la juge un cran en-dessous du Gunnm original.

Gunnm est une histoire prenante, dans un univers cyberpunk assez rare dans les mangas, ce qui en fait une oeuvre très atypique avec d'énormes qualités, des thèmes importants mettant en avant la relation homme-machine avec des propos directs et percutants. Mais Gunnm, c'est surtout l'histoire de Gally, jeune cyborg touchante dont on s'attache immédiatement et qu'on prend plaisir à suivre dans cette interminable quête d'identité. Une oeuvre majeure, à lire si ce n'est pas déja fait.

Note concernant l'édition du manga

Il y a peu, Kushiro a eu un clash avec l'éditeur habituel de ses histoires, Shueisha. Il a donc changé d'éditeur en la personne de Kodansha afin de continuer l'histoire de Last Order. Sauf que ça pose problème en ce qui concerne l'éditeur Glénat. En effet, maintenant que c'est Kodansha qui bénéficie des droits des histoires de Kushiro, y compris Gunnm. Ça n'empêche pas les grandes enseignes d'écouler les stocks accumulés. Les titres édités anciennement sous l'éditeur Shueisha n'appartiennent plus à l'éditeur japonais, je ne sais pas à quel point le manga original Gunnm est interdit à la vente, donc même si Glénat prévoit sûrement une réédition, les anciennes éditions vont être difficiles à trouver.

Pour résoudre le problème, Glénat a récemment réédité les Last Order sous une nouvelle couverture. C'est bien la seule chose qui change, la tradution et le sens de lecture français sont conservés. Glénat prévoit une réédition de luxe plus tard, j'attendrais peut-être à ce moment histoire de m'y mettre vraiment.

Autour du manga

L'édition de Gunnm est sous plusieurs formats, en petit format en neuf volumes, avec la fin original et en grand format en six volumes, avec la fin modifiée pour coller à Last Order. A noter que les grands formats bénéficient de couvertures 3D bien moches, c'est dommage au vu du riche contenu de cette édition remplie de bonus. Glénat prévoit aussi une réédition, mais pour une date inconnue.

Un OAV a été réalisé, divisé en deux et reprenant les deux volumes de la série original. Les fans et l'auteur lui-même ne considèrent pas cette adaptation comme particulièrement réussie. Elle est plus connu en Occident sous le nom de Battle Angel Alita. En plus de Last Order, Kushiro a réalisé un spin-off nommé Ashman, racontant l'histoire d'un joueur de Motorball dans un style beaucoup plus contrasté sur le noir et blanc.

 

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A lire

J'en profite pour placer une sorte de semaine spéciale, où vous aurez droit chaque jour à un billet sur une oeuvre qui m'a marqué et m'a fait rêver, pour de multiples raisons. J'espère faire découvrir à ceux qui veulent s'y mettre des petites perles qui leur parleront. La sélection a été délicate, et ce n'est pas dit que je place un petit billet supplémentaire pour parler de mangas supplémentaires que je recommande. Les liens vers les différentes parties (mis à jour au fur et à mesure) sont en bas de la page.

Planètes, c'est un peu ma bouffée d'air frais, le manga qui fait rêver, qui partage ses thèmes et ses rêves avec une incroyable facilité. Planètes raconte l'histoire de trois personnages, récupérateur de débris spatiaux: Yuri, membre russe de l'équipage, est calme et posé, c'est le personnage le plus sage du trio. C'est aussi celui qui a embarqué dans l'espace pour retrouver le seul souvenir de sa femme, morte dans un accident de navette plusieurs années auparavant. Fee est la femme du groupe. Américaine, elle est la pilote du Toy Box, le vaisseau récupérateur de débris, fume comme un pompier et est marié avec un enfant resté sur Terre. Très colérique, c'est elle qui possède les craquages les plus fous de la série. Enfin, Hachimaki, le héros de l'histoire, est japonais et rêve de posséder son propre vaisseau spatial, même si le salaire de misère font que la route sera longue. A défaut d'autre chose, la mise en place de la première expédition humaine vers Jupiter le motivera à se dépasser lui-même et tenter d'intégrer le voyage.

L'univers de Planètes est surprenant de réalisme. Même si c'est une histoire d'anticipation, le manga se veut crédible et proche de ce que les scientifiques voient dans plusieurs dizaines d'années pour la conquête de l'espace. Au moment du manga, Mars a été visité et Jupiter est la prochaine destination. La Lune est déja bien exploité, notamment grâce à une matière première qui alimente la Terre et les multiples bases spatiales sont présentes. La plus grande conséquence de cette prolifération d'éléments spatiaux et de satellites envoyés est la multiplication des débris autour de la Terre. L'auteur met en avant le fait qu'un petit débris de la taille d'une balle de tennis peut avoir des conséquences dramatiques vu la vitesse où ces débris se déplacent. Un groupe terroriste qui met en avant l'utilisation abusive de l'Hélium 3 sur la Lune fait tout pour rendre l'Espace impraticable. En effet, l'explosion d'une station provoquerait tellement de débris autour de la Terre qu'il serait impossible d'y voyager.

Makoto Yukimura, l'auteur, est un mangaka de talent qui rend l'histoire accrocheuse tout en apportant un réalisme et une crédiblité bienvenue, ce qu'on voit aussi dans son manga suivant, l'excellent Vinland Saga. Il n'hésite pas à apporter aussi des petites touches d'humour bienvenues et souvent drôles. Le dessin est posé et s'améliore au fur et à mesure du manga qui ne compte que quatre volumes (trois dans la dernière édition de Panini). Un manga court, donc, mais qui permet de ne pas se perdre dans l'histoire. Le découpage et la mise en scène des cases est excellente, et la représentation de l'Espace et des planètes est juste splendide, se permettant aussi quelques pages couleur du plus bel effet. Planètes se concentre d'abord sur l'équipage de vaisseau Toy Box en s'attardant par la suite sur Hachimaki et sa relation à l'Espace. Les autres personnages comme Fee ne seront néamoins pas en reste, comme ces chapitres dans le dernier volume qui met en avant la relation entre Fee et son fils. L'auteur aborde toujours l'espace comme un moyen de mettre en avant des thèmes importants qui lui sont chers.

Hachimaki est du coup l'un des persos les plus intéressants. Simple "éboueur de l'espace" au début, son envie de grandeur sera communicative, encore plus lorsqu'il rencontrera cette fille, Tanabe, celle qui le remplacera s'il réussit à décrocher un poste sur l'expédition de Jupiter. A partir de ce moment, Hachimaki se posera de plus en plus de questions, à travers des rencontres et des situations qui le forceront à revoir sa vision de l'espace et sa place dans cet océan de vide. Il va se rendre compte peu à peu de l'immensité de ce décor froid et sans pitié. L'auteur n'hésite pas à amener des caractéristiques de l'espace, comme un mal appelé "Bend", très similaire au mal des profondeurs des plongeurs dans les océans et qui se retrouvent face à une immensité et une hostilité imposante et dominante. Une approche intéressante, où l'homme se retrouve confronté à quelque chose dont il n'aura jamais le contrôle. Une personne comme Hachimaki qui fait tout pour gagner ses galons et rester maître de lui-même se sentira impuissant lorsqu'il découvrira que l'espace sera bien plus impitoyable que lui et fera tout pour se faire accepter et trouver une place dans cet univers.

Au-delà de la simple histoire d'aventure, Yukimura peint une oeuvre passionnante et emplie d'une certaine mélancolie envers l'espace. L'auteur n'oublie pas les thèmes récents, et n'hésitent pas à faire le rapprochement avec l'histoire des terroristes et ceux confrontés sur Terre aux américains et à leur conquête du pétrole. Le pessimisme y est assez légér, mais le simple fait de vouloir lancer la conquête spatiale pour trouver des nouvelles matières premières montre que l'humain est un cas désespéré et cherche toujours plus qu'il ne lui en faut. On reste toujours dans le réalisme (l'histoire se passe en 2075), et même les vaisseaux plus évolués mettront plusieurs années pour atteindre Jupiter. La relation entre Hachimaki et Tanabe évoluera aussi dans le bon sens et se trouvera magnifié par la quête de l'espace, avec une Tanabe craquante et vivante. Le manga permettra même quelques touches de SF, notamment avec cette jeune fille qui est une des premières à être née sur la Lune et qui atteint une taille plus qu'adulte alors qu'elle n'est qu'une enfant, à cause de la faible gravité de la planète.

Planètes met aussi en avant le brassage culturel cher à la conquête de l'espace, en multipliant les personnages aux nationalité diverses, même si le héros, Hachimaki, reste japonais. On aura de longs chapitres qui suit Fee et n'hésitera pas à faire quelques flashbacks dans son histoire et à revenir dans un contexte plus américain. Cette multiplicité des histoires et des situations est aussi un des gros points forts du manga, en délaissant parfois le héros pour s'attarder sur des personnages plus secondaires qui n'ont pas forcément eu leur heure de gloire. En fait, le seul défaut du manga est d'être trop court tellement l'histoire est densé et qu'on en demande plus après la dernière page de l'histoire.

Planètes est une oeuvre majeure, complète et passionnante, dont l'Espace est le véritable héros de l'histoire, celui qui change les humains et leur permet de se trouver une place au sein de leur univers. Au lieu de parler des aventures spatiales à la Armageddon, Planètes s'attarde sur la relation entre l'humain et l'espace, tellement peu abordé mais pourtant tellement intéressant. Ou comme une espèce vivante qui a toujours été dominante se retrouve dominé face à une immensité qui n'a absolument aucune limite. Hachimaki apprendra que pour y naviguer, il faut d'abord la comprendre et la respecter. Un chef d'oeuvre du manga, à lire de tout urgence.

Du même auteur

J'aurais pu mettre le manga en cours qu'il est en train d'écrire, parce que Vinland Saga mérite aussi tout votre intérêt. Abandonnant l'espace au profit de l'univers viking, Yukimura nous plonge en 1014, alors que l'Angleterre subit l'invasion des vikings. On y suit les aventures de Thorfinn, au service d'un mercenaire appelé Askelaad, qui le suit uniquement dans le but de se venger de lui, qui a tué son père des années auparavant. L'univers y est extrêmement riche, entre les vikings des danois de Sven 1er et les anglais qui défendent Londres contre l'invasion de l'Est. La série compte pour le moment 10 tomes, et la parution est relativement lente (un volume par an, et encore). Mais ça serait dommage de passer à côté d'une série aussi épique et grandiose, avec toujours ces petites touches d'humour et ces passages émouvants.

Autour du manga

Le manga Planètes a bénéficié d'une adaptation en animation de 26 épisodes que je n'ai pas vu, mais qui est disponible chez Beez. Il semble que l'univers soit plus développé, avec plus de personnages, et des intrigues inédites qui se mêlent à l'histoire originale du manga. Apparemment, la série a bénéficié des conseils de la NASA pour apporter un minimum de crédibilité. Selon ce que j'ai vu sur les critiques, la série est de qualité.

Panini a récemment réedité le manga, qui était introuvable en édition quatres volumes. Plus grand format, plus condensé et disponible en trois volumes, cette nouvelle édition est comme d'habitude un peu cher chez Panini (14 euros le volumes), mais si vous souhaitez découvrir ce manga génial, foncez!

 

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J'en profite pour placer une sorte de semaine spéciale, où vous aurez droit chaque jour à un billet sur une oeuvre qui m'a marqué et m'a fait rêver, pour de multiples raisons. J'espère faire découvrir à ceux qui veulent s'y mettre des petites perles qui leur parleront. La sélection a été délicate, et ce n'est pas dit que je place un petit billet supplémentaire pour parler de mangas supplémentaires que je recommande. Les liens vers les différentes parties (mis à jour au fur et à mesure) sont en bas de la page.

Etant un énorme fan d'Urasawa, j'ai longuement hésité pour choisir une oeuvre devant sa bibliographie qui force le respect. J'ai opté néamoins pour 20th Century Boys, l'un des mangas qui m'a le plus pris au tripes pour de multiples raisons, surtout personnelles. Le bonhomme est à l'origine de Monster, Pluto, Happy! et récemment Billy Bat, et confirme son statut d'auteur à thriller, où l'on se délecte de son découpage, de sa mise en scène et de ses histoires qui tiennent longuement en haleine.

20th Century Boys raconte l'histoire de Kenji Endo, jeune homme qui s'occupe du convini familial en s'occupant de sa nièce que sa soeur a abandonné voilà des années. Une vie tranquille où il retrouve ses amis d'enfance pour partager les souvenirs, jusqu'au jour où son ami Donkey se suicide. Il commence à s'apercevoir que cet évènement n'est pas sans conséquences, et que certains "accidents" ressemblent étrangemment à des phénomènes qu'il avait imaginé avec ses amis étant gamin lorsqu'ils jouaient aux super-héros. Parallèlement, un mysérieux "Ami", chef d'une étrange secte, a l'air d'être lié à tout ça... Bref, un concept original et passionnant: et si vos imaginations d'enfants prenaient vie lorsque vous devenez adulte? Et si les aventures que vous aviez imaginé étant gosse, vous commencez à les vivre en cet instant, dans la réalité? Partant d'un postulat universel (les jeux d'enfants), Urasawa nous plonge au coeur d'un thriller passionnant et haletant.

La magie de la mise en scène ne s'arrête pas là. L'histoire explore continuellement la jeunesse des héros dans les années 60, et n'hésitent pas à inclure beaucoup de flashbacks à travers le temps pour répondre aux questions ou pour en poser des nouvelles. Mieux encore, divisé en 22 tomes, 20th Century Boys se divise en trois cycles, chacun arrivant après une ellipse temporelle de plusieurs années. On dévoile alors chacun des personnages au fil du temps, de l'enfance à leur vieillesse, les personnages à la fin de l'histoire ayant pris un sacré coup de vieux. L'histoire entière sera donc racontée sur plus de cinquante ans, sans jamais oublier leur objectif: arrêter Ami. Car tout comme Monster, Urasawa joue à fond la carte du mystère, mais en y rajoutant une couche: Ami serait un des amis d'enfance de Kenji et les autres, et les suppositions fusent, surtout au début. Evidemment, la révélation finale arrivera bien, en décevra certains, et trouvera le dernier mot sur deux derniers tomes publiés peu après la fin de la série, 21st Century Boys, qui conclut l'histoire (suite à des problèmes de santé de l'auteur, qui n'aurait pas pu finir la série comme il voulait).

20th Century Boys, c'est avant tout des personnages. Les premiers tomes seront surtout l'occasion de découvrir tous les camarades de Kenji, notamment lors de la veillée funéraire de Donkey où se réunissent ses anciens amis. Au début de l'histoire, l'intrigue est surtout posé avec de l'humour et une pointe de mystère pour faire monter doucement la sauce. C'est au fur et à mesure que l'intrigue se dévoile, et c'est lors du premier bond dans le temps que l'histoire entre dans sa phase centrale, avec des personnages disparues (notamment une, assez culotté), et d'autres qui reviennent, avec de l'assurance en plus, comme Kanna Endo, la nièce qui était bébé dans le premier cycle et devient un personnage principal dans le second, ou encore Yoshitsune, jeune cadre timide et réservé au début de l'histoire et qui prend de plus en plus d'ampleur au fil du manga. On remarquera aussi Otcho dit Shogun, probablement le personnage le plus classe de l'histoire et celui qui ira au plus près de l'action pour découvrir l'identité d'Ami. Ami, qui sera au centre de toutes les préoccupations avec son cahier des prédictions, où son but est de détruire le monde pour le sauver. Son Partie de l'Amitié est considéré en tant que sauveur, et évoluera au fil des cycles pour devenir au final un régime totalitaire, digne d'un univers de science-fiction.

C'est là une force d'Urasawa dans son histoire. Le manga débute comme une enquête policière avec des relents de fantastiques, mais se termine sur un style très science-fiction, mais en gardant ce style vintage, sans aller dans la technologie facile. Le but d'Urasawa est d'imaginer un monde de science-fiction comme l'imaginerait un enfant, avec tout ce que ça comporte de robots géants et de soucoupe volante. Oubliez les Gundam, ici, la réalité est tout autre, et la technologie y reste limité. Mais ce côté dictatorial rend l'ambiance, surtout lors du troisième cycle, plus sombre qu'au début, et on se surprend à se rendre compte d'une telle évolution de l'histoire, de passé à la fin des années 90 et à la fameuse peur de l'an 2000 pour arriver sur une fiction de SF vraiment bien amenée. Sans compter le dessin d'Urasawa reconnaissable entre milles et qui permet de donner de vraies gueules aux personnages, dans un trait assuré et fouillé.

C'est d'ailleurs une autre force, celle de se servir de la culture japonaise. Dans tout le manga sont disséminés des allusions à d'autres mangas connus ou des séries télévisés qui ont fait rêver le jeune japonais. Enfant, Kenji et ses amis imaginaient leur histoire en citant allègrement les Goldorak pour les robots, ou voyaient un Ashita no Joe comme un héros qu'ils voudraient être. N'importe quel gamin s'imagine dans la peau de son héros préféré. Urasawa se sert de cette culture universelle pour donner de la substance à ses héros. Shogun est l'archétype du personnage un peu super-héros, alors qu'il a simplement vécu à Bangkok et s'est entraîné au combat. L'exemple le plus flagrant est sa rencontre avec un mangaka dans le deuxième cycle, emprisonné parce que les mangas deviennent interdits. Il rencontre alors Shogun et se prend d'affection pour l'homme, l'idôlatrant comme le ferait un enfant envers son héros, alors que celui-ci ne fait que tenter de sauver sa nièce en utilisant ses capacités.

Urasawa, comme d'habitude, maîtrise à la perfection le découpage des cases, la mise en scène et son intrigue. Au risque de perdre certains lecteurs qui regrettent qu'il se soit peut-être perdu en cours de route. Mais il suffit de jeter un coup d'oeil aux premières pages du manga qui présentent une scène du futur pour la retrouver dans les derniers tomes. Urasawa avait déja sa fin en tête, mais peut-être pas tous les tenants et les aboutissants. Qu'à cela ne tienne, le manga se dévore véritablement, parce que l'intrigue met constamment le lecteur dans l'attente des révélations de l'histoire, sans pour autant laisser tomber ses personnages et leur donner leurs moments de gloire. On suit l'histoire avec régal, Urasawa développant son découpage de manière beaucoup plus occidentale que les autres mangakas. Il suffit de voir ses autres histoires, qui ne se déroulent pas toujours au Japon, notamment un Monster qui ne quitte pas l'Europe de l'Est.

D'ailleurs, même les références cités dans le manga ne sont pas toutes du Japon, et Urasawa clame aussi son amour de la musique américaine, rien que dans le nom (20th Century Boys, chanson de T-Rex), qui représente aussi les premières pages du manga, où Kenji, fan de rock américain, diffuse la chanson du même nom dans tout son collège via les hauts-parleurs de l'école, sans que personne n'y fasse attention. Kenji y laisse même sa trace dans le manga et son histoire avec sa chanson Bob Lennon, hommage aux chanteurs Bob Dylan et John Lennon. Chanson d'ailleurs enregitrée pour de vrai, disponible uniquement au Japon mais trouvable sur le net. On assiste avec émotion aux découvertes des enfants de la cultue mondiale, des Rolling Stones ou autres groupes de musiques, jusqu'à la diffusion du premier homme sur la Lune et des enfants qui rêvent instantanément d'être Neil Armstrong, contraste avec un héros en apparence fictive mais donc les enfants l'admirent car il existe vraiment. L'histoire n'hésite pas à piocher dans la réalité pour beaucoup d'évènements, notamment l'Expo Universelle d'Osaka en 1970 et sa tour du Soleil, évènement très important dans la série puisqu'il est à l'origine de beaucoup de choses.

20th Century Boys est mon oeuvre préférée d'Urasawa. Riche de la culture japonaise et américaine, réussissant à développer une intrigue passionnante sur cinquante ans et développant des personnages tous plus attachants les uns que les autres, Urasawa propose une histoire captivante, et probablement la plus fouillée et recherché de ses mangas. La série n'est pas sans défauts, notamment sur certaines errance de scénarios et une fin un peu alambiquée, mais pour le coup, c'est vraiment une question de feeling et d'appréciation personnelle, l'ambiance de 20th Century Boys et l'atmosphère qui s'en dégage en fait l'une de mes oeuvres préférés de l'auteur.

Autour du manga

Le manga a fait l'objet d'une trilogie live au cinéma, avec chaque film correpondant à un cycle du manga. L'histoire est sensiblement la même, avec par contre une grosse différence de la fin qui change carrément l'approche d'Ami pour la simplifier, mais du coup rend le personnage plus clair que le manga. Les acteurs sont ressemblants, mais le film ressemble par moment plus à une série TV qu'à un vrai film de cinéma. Ayant aussi du mal avec le jeu d'acteurs japonais, ça m'a un peu bloqué, mais l'adaptation reste plutôt fidèle. Evidemment, le film utilise aussi la chanson de T-Rex, ce qui aurait été bien dommage dans le cas contraire.

Le manga compte 22 volumes, plus les deux tomes de 21st Century Boys qui conclut la série comme il se doit. Urasawa a aussi fait un volume spécial, nommé 20th Century Boys - Spin-off, où deux mangakas présents dans le manga montre leurs projets à Yukiji qui leur donne son avis. L'occasion à Urasawa d'imaginer ce que pouvait être ces projets en dessinant des petites histoires très codés et humoristiques du manga. Le spin-off est prévu pour la fin du mois chez Panini en France.

Le Japan Expo de cette année a aussi été l'occasion d'accueillir Urasawa en personne, où le monsieur s'est prêté au jeu du question/réponse, avec quelques dessins en prime et des chansons à la guitare, vu que l'auteur est aussi musicien à ses heures. La chanson Bob Lennon interprété en vrai est chanté par Urasawa himself! Le salon en a d'ailleurs profité pour faire une petite expo très sympathique proposant multiples artworks du maître, regroupé dans son artbook déja sorti, Manben (que je recommande).

Et le reste?

Monster est le deuxième que je recommande, et est même, objectivement, mieux construit que 20th Century Boys, notamment avec une histoire qui se tient et qui trouve une magnifique conclusion. La série est une des rares à se dérouler dans un passé véridique et confirme l'amour d'Urasawa pour ancrer ses histoires dans l'histoire du Monde. Monster raconte l'avant et l'après chute du mur de Berlin et tout ce que ça comporte, et fait voyager le héros en Europe de l'Est. Un thriller excellent et prenant.

Pluto est plus court, avec ses huit tomes, et est basé sur le personnage d'Astro de Tezuka, et en reprend beaucoup d'éléments, notamment certains personnages et autres robots. L'histoire raconte l'enquête d'un policier chargé de découvrir le meurtrier du robot MontBlanc, et qui commence à assassiner les robots les plus puissants du Monde. Encore une fois, le manga est excellent, et est plongé en vrai SF avec un côté K. Dick vraiment pas désagréable.

Happy! est en cours de parution chez Panini et correspond aux débuts d'Urasawa, qui surfe sur la vague des mangas sportifs. Plus légère, l'histoire suit le parcours d'Umino, désireuse de rembourser les dettes de son frère en participant à des tournois de tennis. L'édition de luxe est l'occasion pour Urasawa de redessiner les cases et ça donne un dessin plus moderne qui fait plaisir aux yeux.

Billy Bat vient de commencer en France et raconte l'histoire d'un jeune dessinateur d'un comics du même nom, qui se rend compte que son personnage de Billy a déja été inventé au Japon par quelqu'un d'autre. Il commence à mener son enquête et découvre que le personnage est un peu plus vieux que ça... Comme d'habitude, une histoire toujours aussi prenante, et là encore, Urasawa en profite pour planter son intrigue dans l'histoire de la Planète, en allant assez loin, peut-être même un peu trop. A voir sur la longueur.

Master Keaton suit les aventures de Keaton dans des enquêtes policières plus classiques. Pas encore lu, mais Kana prévoit l'édition deluxe en 2013, donc dans pas longtemps.

 

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A lire

J'en profite pour placer une sorte de semaine spéciale, où vous aurez droit chaque jour à un billet sur une oeuvre qui m'a marqué et m'a fait rêver, pour de multiples raisons. J'espère faire découvrir à ceux qui veulent s'y mettre des petites perles qui leur parleront. La sélection a été délicate, et ce n'est pas dit que je place un petit billet supplémentaire pour parler de mangas supplémentaires que je recommande. Les liens vers les différentes parties (mis à jour au fur et à mesure) sont en bas de la page.

Pour compenser avec l'ultra-connu One Piece, voici un manga beaucoup moins connu, que j'ai découvert il y a peu, mais qui mérite clairement l'attention tellement il est sous-exploité, Bakuon Rettô. Au Japon, le manga s'est terminé à son volume 18 en concluant définitivement l'histoire. En France, on en est au 15 et j'attends patiemment la fin, mais je peux d'ore et déja dire que ce manga est mon coup de coeur. Attention, il est difficile de le trouver, moi-même j'ai dû commander le reste sur le net, même les volumes récents ne sont malheureusement jamais mis en avant.

Bakuon Rettô, c'est l'histoire de Takashi Kase, 15 ans, qui change une nouvelle fois d'école. L'histoire se déroule dans les années 80, et c'est aussi l'époque des bosozokus, les gangs de motards japonais passionnés de belels bécanes. Takashi ne va pas tarder à tomber amoureux de la moto et va se retrouver embarqué dans un gang de motards, les Zeros, et participe à son premier rassemblement, une gigantesque réunion où les motards circulent dans la ville la nuit pour faire vrombir les moteurs et imposer le respect. Takashi va devenir très proche d'eux, se teindre en blond et découvrir la vie et ses déboires, entre les dangers de l'activité qu'il pratique, les filles ou ses parents avec qui il n'a pratiquement aucun lien, alors que son père, cadre classique, rentre tous les soirs à des heures impossibles. Il ne trouvera refuge qu'avec ses nouveaux amis où il grimpera les échelons du gang au fur et à mesure.

Le manga a débuté en 2003, et la parution au Japon a été chaotique, avec un rythme de parution de plus en plus lent et des décalages entre les volumes qui pouvaient aller jusqu'à un an. L'auteur, Tsutomu Takahashi, s'est fait un peu connaître avec un manga dans les années 90 nommé Jiraishin, et continuera avec des mangas courts, comme Blue Heaven ou plus longs comme Sidooh. Takahashi raconte dans les éditos des volumes de Bakuon Rettô son passé de bosozoku, et où il compare parfois ses propres souvenirs avec ceux de son personnage Takashi. On voit de quoi il parle, il a vécu les mêmes choses, et on sent que l'auteur privilégie des évènements qu'il a vécu, ce qui rend le manga presque autobiographique. C'est ce qui rend Bakuon Rettô si honnête, si vrai, c'est cette façon de raconter l'histoire, on est plongé dans les sentiments de Takashi, et les dialogues sont principalement celle de la voix off, celle du héros.

Les zokus, bande de motards sans vergogne, sont divisés en plusieurs gangs, tous plus ou moins ennemis. Pourquoi font-ils ça? Qui sont-ils réellement? C'est à travers Takashi qu'on aura notre réponse, où il évoluera au fur et à mesure dans ce monde de la nuit, qui change du tout au tout lorsque le gang est sur deux-roues. La nuit, c'est le seul moment où ils peuvent s'en donner à coeur joie, lorsque les rues sont désertes. Leur but n'est pas d'embêter les habitants directement, mais de montrer leur liberté, leur chaos organisé. Sur une moto, Takashi se sent invincible, libre et innébranlable. Même lorsque la police tente régulièrement de les arrêter. Rouler en bande, parcourir des kilomètres à travers la ville en faisant le maximum de bruit avec leur moteur, voilà le véritable plaisir des zokus. Ça ne les empêchera pas de ne pas être confronté à la mort. Takashi y fera face, et pas qu'une fois. Ce plaisir est un plaisir dangereux, et même dans les moments où tout paraît calme, la mort trouve toujours une place.

 

Le plus passionnant dans ce manga, c'est l'évolution de Takashi. Faire partie des Zeros, cela représentera son passage dans le monde adulte. Il n'y restera jamais toute sa vie, et il commence à le comprendre très vite. Au fur et à mesure des tomes, Takashi évoluera. Il passera du collégien timide à un pré-adulte avec de l'assurance et une fierté presque maladive. Plusieurs fois le lecteur aura envie de lui mettre des claques pour le faire réagir, mais Takashi va apprendre la vie. Les bosozokus représente cet apprentissage rude de la vie, mis en écho avec cette société  japonaise. Le fait que ça se passe dans les années 80 n'est pas un hasard non plus, et les pressions sociales n'ont pas changé de nos jours. On le voit surtout grâce au père de Takashi, qui a lâché prise avec le boulot et sa femme, lors de rares moments où on le croise, et surtout une touchante scène où il emmène son fils manger un morceau, les seules cases où on aura l'occasion de le croiser et de découvrir l'impitoyable monde du travail japonais. L'école y jouera aussi un rôle fort, insistant sur la dégingrolade de Takashi sur son parcours scolaire et son avenir qui devient de plus en plus flou.

Takashi va aussi connaître l'amour, plusieurs fois, et cela fera aussi partie de son apprentissage. A travers deux filles que tout oppose, Takashi pourra connaître plusieurs facettes de personnages et apprendre à jauger les gens. On aura la lycéenne au parcours sans faute, mais Takashi se dirigera vite vers une petite serveuse à la vie bien plus épanouie et dangereuse, et à la personnalité bien plus débridée. L'amitié entre ses amis joue aussi un rôle important, et Takashi croisera la route de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres, avec leurs petits moments de folies, leurs déboires et leurs victoires. Certains auront du mal à se faire accepter, d'autres feront découvrir au héros des choses dont il ne soupçonnait pas l'existence, comme l'arrivée en force du rock américain au travers d'un ami faisant partie d'un groupe de musique.

Mais Bakuon Rettô, c'est aussi le monde de la moto mis en avant. N'étant pas particulièrement fan de bécanes, j'ai quand même eu l'impression que l'auteur savait de quoi il parlait (surtout s'il a vécu ça), et on sent que l'auteur dévoile son amour de la mécanique et des grosses cylindrées. On prend plaisir à voir Takashi tomber amoureux d'une Honda CB 400 Four et fera tout pour arriver à en avoir une. Et surtout, une des grandes forces du manga, c'est son style graphique. Moins épurée que ces confrères, l'auteur n'hésite pas à faire vibrer les lignes pour avoir de la vie et du dynamisme. Le must c'est les magnifiques doubles pages qui jalonnent le récit, et qui sont souvent synonyme de virée de nuit. L'auteur n'hésite pas à magnifier différents points de vue d'un passage de plusieurs dizaines de motos sur une fresque plus brutale et tellement plus vivante et jouissive, jouant sur les constrastes de la nuit et la lumière des motos qui traversent la ville. Des dessins absolument somptueux où on reste quelques minutes à en admirer la force de caractère.


Bakuon Rettô est un manga très méconnu mais que je recommande chaudement. C'est l'histoire d'un gamin qui se prépare à passer à l'âge adulte, et c'est le monde des bosozokus qui l'aidera à franchir le cap. Il passera de l'enfant qui refuse de grandir à l'adolescent qui se demande ce qu'il fera une fois adulte. Il découvrira les dessous de la société japonaise. Bakuon Rettô n'est pas une ode à l'anarchie des belles mécaniques, mais n'oublie pas de magnifier ces gangs de motards sans oublier de montrer le côté moins rose de cet univers qui connaît ses limites et ses déboires. L'auteur, ayant vécu ça, n'hésitera pas à prendre du recul sur cette expérience et à en dévoiler le bon mais aussi le mauvais. L'apprentissage de la vie.

 

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A lire

Les mangas sont un genre particulier dans la bande dessinée, dans la mesure où les histoires que l'on trouve ne sont pas toujours incroyablement originales, et que 50% de la production prend place principalement dans un collège/lycée ou pas très loin. Mais ça serait dommage de résumer le manga à ça, parce que les oeuvres cultes et légendaires sont légion. J'en profite pour placer une sorte de semaine spéciale, où vous aurez droit chaque jour à un billet sur une oeuvre qui m'a marqué et m'a fait rêver, pour de multiples raisons. Il y a des choses connues, il y a des choses moins connues, terminées ou non, et j'espère faire découvrir à ceux qui veulent s'y mettre des petites perles qui leur parleront. La sélection a été délicate, et ce n'est pas dit que je place un petit billet supplémentaire pour parler de mangas supplémentaires que je recommande. Les liens vers les différentes parties (mis à jour au fur et à mesure) sont en bas de la page.


Je commence donc par ce qui représente pour moi la quintessence du shonen et plus si affinités, le bien-nommé One Piece! Luffy, capitaine pirate, embarque avec ses potes à la recherche du légendaire trésor One Piece, laissé par le mythique Gol D. Roger, en parcourant île après île et en défonçant des ennemis de plus en plus balèzes. Avec un peu de SPOILER (jusqu'à la parution française).

L'auteur de la série n'a pas commencé directement avec One Piece, il lui a fallut quelques one shots pour en arriver là, notamment Romance Dawn, le one shot qui a servi de base à toute l'histoire de One Piece et qui mettait déja en scène Luffy en tant qu'homme élastique. Ce qui frappe dans le manga, c'est son style particulier. Le dessin évolue grandement au fil des tomes et gagne vraiment en richesse durant l'aventure, jusqu'à atteindre un niveau de détail hallucinant sur les derniers tomes (et peut-être même un côté un peu brouillon par moment). Il suffit de voir les magnifiques doubles pages de certains chapitres, avec ce côté spectaculaire et dynamique qui sied bien à la série. Oda use et abuse des effets de perspective, notamment grâce à Luffy qui a la possibilité d'étirer son corps comme bon lui semble. Cela donne de la vie au dessin, et il faut reconnaître qu'Oda ne cède pas à la facilité du shonen qui fait que les mangakas omettent souvent des décors ou des éléments histoire d'aller plus vite. Oda n'hésite pas non plus à changer le style vestimentaire de nos héros suivant les décors pour apporter toujours plus de fraîcheur.

L'aventure de Luffy lui permet aussi de visiter d'innombrables îles et de se lâcher dans tout ce qui est costumes et univers, avec une quantité de personnages hauts en couleurs. Il suffit de voir la ville de Water Seven et ses magnifiques costumes que ne renierait pas la commedia dell'arte, ou l'ambiance magnifique du désert d'Alabasta, pour ne citer que les plus connues. Les ennemis ont des designs complètement loufoques, et Oda continue à nous surprendre en les affublant d'un marron sur la tête ou d'ailes d'anges dans Skypiea. Une imagination sans limite, avec des personnages immédiatement reconnaissables et bien plus riches et originaux que la majorité des shonen. Oda continuera aussi à ajouter des membres à l'équipage de Luffy, même après quarante tomes, portant actuellement son équipage à neuf, avec chacun leur personnalité et leur caractère.

One Piece est une série qui a débuté en 1997, soit il y a quinze ans, une longévité rare sur un manga, et sa popularité ne faiblit pas! Il faut reconnaître que la série garde une certaine qualité durant tout son périple, avec peut-être des arcs scénaristiques un peu moins passionnants, mais qui restent agréables à suivre. Mais l'histoire parvient à trouver une certaine équilibre entre un fil rouge qui avance régulièrement, et des personnages qui n'hésitent pas à exister entre les aventures de Luffy. Les pirates les plus puissants continuent à grimper les échelons et à jouer des coudes, tandis que les différents arcs restent vraiment passionnants à suivre (suffit de lire le cycle de Water Seven qui se déroule sur une dizaine de tomes).

Surtout, One Piece est un shonen qui est incroyablement vivant et frais. L'humour est omniprésent, et on est surpris à être pris dans la bonne humeur de l'équipage de Luffy qui ne sont pas des pirates comme les autres. Là où les autres capitaines sont présentés comme des hommes forts et sans pitié, Luffy est juste complètement idiot, mais bénéficie d'une force de volonté qui invoque le respect parmi ses compagnons, sans que cela ne les empêche de les remettre à sa place quand il faut. Même si c'est souvent lui qui éclate la tronche au grand méchant, jamais il ne tire la couverture de son côté, tout simplement parce que ses moments d'éclats, il les gagne, jamais dans la facilité, et souvent avec son équipage. Et ses compagnons ont toujours leurs moments de gloire. Ces instants de joie, de bonheur, se reflètent dans beaucoup de cases et sont immédiatement communicatifs. Là où beaucoup de shonen partent souvent dans un sérieux presque irritant (Naruto), One Piece garde en tête ce pourquoi il a été crée, sa vivacité et cette joie de vivre, mis en avant par le concept de la piraterie. Chaque fin de cycle est l'occasion de voir les personnages faire la fête et transmettre cette légèreté bienvenue.

L'aventure est le maître mot de One Piece. L'aventure avec un grand A. Une histoire qui se suit sans se prendre la tête, mais qui arrive à marquer quand il le faut. Les héros ne sont jamais en leur avantage, mais réagissent au bon moments. On ne fera que suivre leur pérénigrations au travers des tomes, à travers des moments plus délicats qui ne fonctionneront uniquement parce que la bonne humeur qui régnait dix minutes avant était contagieuse, et que certains moments de tensions fonctionnent grâce à ce passage aux extrêmes. J'en veux pour preuve les magnifiques chapitres sur Water Seven qui oppose deux compagnons de l'équipage et qui est un joli exemple de ce qui marche dans la série, le fait qu'on a cette agréable sensation de faire partie de l'équipage et de leur aventure, en s'attardant très souvent devant leurs bêtises, leurs victoires et leurs défaites, en étant là à leur quotidien quand ils font des conneries et en s'attachant au personnage. Oda ose même séparer le groupe pendant une grosse partie de l'histoire pour mieux les réunir plus tard. C'est dire si les relations entre les personnages sont importantes. Et les traits d'humour continuent à alimenter leurs différents caractères, comme Sandy et son obsession des femmes, ou Zorro et son orientation absolument inexistante.

Et les personnages, il ne les oublie pas et les multiplie à l'envie. Certaines intrigues continuent même plusieurs tomes plus tard, comme cette histoire de baleine qui veut retrouver l'équipage qui l'a abandonné, et qui trouvera écho trente tomes plus tard! Oda tient à ses personnages, et ça se voit, surtout que certains évolueront différemment suivant les tomes, et n'hésiteront pas à changer de camp pour modifier la dynamique d'une intrigue et varier avec plaisir les situations, ce qui donne un renouvellement de tous les instants. One Piece compte déja beaucoup de cycles, en omettant les différents arcs qui composent ces cycles, mais chaque partie représente une partie bien découpée de l'histoire. Oda a déclaré que son histoire était prévu en cinq ans, mais le succès étant ce qu'il est (One Piece est le manga le plus vendu au monde, dépassant même Dragon Ball, mais vu le nombre de volumes, c'est pas étonnant), la série a continué de plus belle, tandis qu'Oda a toujours eu la volonté de rendre chaque chapitre encore plus épique que le précédent, se forçant à se surpasser. Vers le tome 54, Oda a déclaré que l'histoire en était à sa moitié, on peut donc penser que l'auteur désire arriver jusqu'au tome 100 (!), en sachant qu'il connait déja la fin depuis un bon moment. 

La qualité des sagas sont toujours bonnes, et on a cette impression que chaque cycle a sa place dans l'histoire (attention, ça spoile):
- le cycle d'East Blue regroupe tous les arcs se passant avant l'arrivée sur la Route de tous les Périls, et comprend notamment celui d'Arlong. C'est à ce moment que Luffy recrute Zorro, Nami, Pipo et Sandy, et comprend les volumes 1 à 12. Une partie du manga où on se concentre surtout à présenter les personnages
- le cycle Baroque Works regroupe tous les arcs où le groupe lutte contre l'organisation du même nom et inclut temporairement la princesse Vivi dans l'équipage, et Tony Tony Chopper rejoint le groupe sur l'île de Drum, avant d'enchaîner sur le gros morceau à Alabasta. Un des meilleurs cycles du manga.
- le cycle Skypiea intègre Nico Robin dans l'équipe après son passif de méchant dans le cycle précédent. Le groupe s'envole vers les îles célèstes et se retrouve confronté à Ener.
- le cycle Water Seven, où le groupe se retrouve sur une île aux allures de Venise et où Nico Robin n'est pas celle qu'elle prétend. Ils se retrouvent confrontés au CP9 et intègre Franky dans leur équipe. Une des meilleures sagas du manga.
-  le cycle Thriller Bark, où Luffy et les autres se retrouvent prisonnier d'une île zombie et de l'un des Corsaire du gouvernement. Ils recrutent Brooke, l'afro-squelette.
- le cycle de la Grande Bataille est celui qui fait le plus évoluer l'histoire central. Après des mésaventures sur une île-bulle, l'équipage se retrouve séparé aux quatres coins des mers, et on suit les aventures de Luffy qui rencontre Hancock, l'un des Corsaires, se fait emprisonner à Impel Down, et part sauver son frère Ace, qui sera l'occasion de la Grande Bataille qui changera la face de la piraterie. L'une des sagas les plus impressionnantes. 

Bref, une histoire qui comporte son lot de rebondissements, tout en apportant une certaine fraîcheur. A noter qu'après le cycle de la Grande Bataille et d'un évènement important, le manga opère un saut de deux ans qui permettra aux membres de l'équipage de s'entraîner, une technique classique du shonen. La reprise du manga permettra des changements sur le design des personnages, plus ou moins importants, et qui redonne un coup de jeune au manga! Au fil des tomes, on sent qu'Oda maîtrise son sujet, et qu'il prépare soigneusement chaque évènement pour que celui-ci possède l'impact voulu au bon moment. Certes, certains passages sont moins bons, comme Thriller Bark que j'ai trouvé un peu brouillon, mais ça reste toujours de qualité et très plaisant à lire. On dévore les volumes comme du petit lait.

La série bénéficie d'un univers incroyablement riche et fournie. Ainsi, il existe des pirates plus forts que d'autres (évidemment), dont les yonkous, soit les quatre Empereurs des pirates, suivis des capitaine Corsaires (comme Crocodile engagés par le Gouvernement Mondial pour se débarasser des pirates tout en gardant les richesses trouvés. Ceux-ci seront évidemment les grands méchants (mais pas toujours) de l'histoire et se confronteront tôt ou tard à Luffy et son équipage. La structure des histoires est souvent une ficelle pour créer des antagonistes à nos héros, et les arcs sont l'occasion de confronter les acolytes du grand méchant au différents membres de l'équipage, en gardant le big boss pour Luffy. C'est souvent l'occasion de voir des combats dynamiques et inventifs, notamment grâce aux pouvoirs du Fruit du Démon, ou d'associations incongrues, comme ce combat avec Zorro et Pipo menotté ensemble ou encore le mythique combat entre Foxy et Afro-Luffy! A noter qu'aucun des personnages ne s'entraînera jamais entre les histoires (à l'exception de Zorro, mais souvent en arrière-plan) et qu'ils développeront leurs techniques bien distinctes de leurs côtés. Ça évite le syndrome Dragon Ball, ou l'évolution visuelle des personnages de plus en plus balèzes (Super Saiyen et compagnie).

Les Fruits du Démon, quand à eux, sont aussi une ficelle pour justifier pourquoi un ennemi est fort ou non. Ces fruits sont une source illimitée de possibilités, et procurent à celui qui le mange des pouvoirs divers. Il y a des pouvoirs pour se changer en animaux, les zoans (on a vu une girafe, un guépard, un faucon, un taureau et bien d'autres), des pouvoirs élémentaires, les logias (feu, glace, fumée, foudre) et les pouvoirs plus divers, les paramecia (faire des bulles, être élastique, changer son corps en métal, faire exploser des crottes de nez). Ça donne des trucs étranges, comme un fusil qui mange le fruit du canidé (!), mais beaucoup de pirates n'ont pas de pouvoirs et sont tout simplement balèzes. One Piece n'échappe pas non plus aux techniques de combats mystérieuses propre au shonen, comme le Haki. One Piece comporte aussi son lot d'intrigues secondaires mystérieuses et de questions concernant certains pans de l'histoire, comme le fameux "D" de Monkey D. Luffy, aussi attribué à d'autres personnages et qui a l'air d'avoir de l'importance, ou encore l'Histoire Oubliée, un pan de l'Histoire effacée par d'obscurs personnages pour cacher une ancienne civilisation et ses armes puissantes qu'aimerait découvrir Robin. Tout ça participe à la mythologie de One Piece, et on espère qu'Oda tiendra les nombreuses promesses qu'il met en route dans ses intrigues et que la majorité des intrigues trouveront leur fin.

One Piece est une oeuvre phare, riche et complète. Il faudrait plusieurs pages pour parler de tout ce qu'il y a, mais One Piece se présente comme un manga léger qu'on prend grand plaisir à suivre, mais qui permet de créer un univers fouillée et soignée. En écho au shonen classique, One Piece présente des personnages qui n'ont d'autre but que de vivre leurs aventures, en laissant les autres régler leurs problèmes de leurs côtés, et en affrontant les ennemis quand ils se présentent à eux. Cette bonne humeur est constante mais ces moments mythiques qui jalonnent le récit amènent les thèmes forts du shonen dans une direction vraiment originale et bien amenée. One Piece est une oeuvre phare, qui a ses détracteurs, mais qui, malgré son grand nombre de volumes, reste une série d'une immense qualité qu'il est dommage de rater.


> Autour du manga

Je dois dire que la série ne me passionne pas vraiment, avec des combats qui s'éternisent et une qualité de série qui ne rend pas toujours justice au matériau original. Je préfère lire les livres à mon rythme plutôt que de subir celui de la série TV. En revanche, les films produits jusqu'ici permettent d'explorer des univers plus originaux et donnent des histoires inédites (à l'exception du 8 consacré au cycle d'Alabasta). Le film 6 avec l'île secrète et le baron Omatsuri est franchement recommandable, parce qu'il est franchement dynamique, beau et complètement dans l'esprit de la série avec ce côté loufoque qu'on adore. Le film 10, Strong World, supervisé par Oda lui-même, n'est pas en reste et est très regardable.

Niveau produits dérivés, il faut saluer les figurines Portraits of Pirates, ou P.O.P, magnifiques objets qui rendent justices à la série et qui se trouvent dans les magasins spécialisés, à des prix toutefois assez élevés, compte tenu de la qualité de l'objet. Mon unique figurine de Brooke a bien coûté 70 euros, et vient directement du Japon par un ami, c'est pour dire! Le manga bénéficie aussi de Data Book pour connaître l'univers de la série, et d'artbooks sortis en France, sous le nom de Color Walk (le prochain est prévu pour octobre). Pour en connaître plus sur One Piece, je vous renvoie aussi vers le Wiki de l'oeuvre, qui est très complète.

Semaine Spécial Manga

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A lire

Petite nouvelle fournée d'artbooks pour ceux qui attendent des ouvrages traitant de leur jeu préféré, surtout que quelques artbooks concernent des jeux sortis depuis un petit moment

Art of Portal 2

Etrangemment, pas d'artbook de Portal 2, mis à part quelques artworks dans la version collector du guide du jeu. Mais si vous voulez avoir un ouvrage complet sur le titre, il faudra attendre le 13 novembre 2012 pour 22 dollars chez Amazon (12 dollars de réduc, quand même) avec un ouvrage consistant de 184 pages

> Précommander chez Amazon.com (22 dollars)

The Sky: The Art of Final Fantasy

[MAJ2] Décidemment, le bougre ne veut pas sortir. Deux billets et deux reports, c'est prévu cette fois pour octobre 2012 (et encore, c'est pas sûr).
Pour tous les amateurs de la série, c'est sûrement l'ouvrage qui pourra le plus les intéresser, car ce n'est ni plus ni moins que le regroupement de plusieurs années d'oeuvres en tout genre, portés par le fantastique Yoshitaka Amano. L'ouvrage est en fait un coffret regroupant pas moins de cinq livres. Les trois premiers sont le coeur de ce coffret, trois gros artbooks divisés en trois volumes et regroupant les artworks des épisodes I à X, le total des trois livres s'élevant à plus de 550 pages. Le quatrième livre regroupe toutes les infos sur Amano, une interview, une bibliographie et un gros index qui répertorie les oeuvres disseminés dans le coffret. Le dernier livre regroupe plusieurs bonus, des cartes postales et des artworks en impression de qualité. Un bien bel objet qui sortira en octobre 2012 avec un prix à la hauteur de l'oeuvre.

> Chez Amazon.fr pour 115 euros
> Chez Amazon.com pour 82 dollars

Assassin's Creed Art (R)evolution

Deux artbooks pour la saga d'Ubisoft. D'un côté on a le Art (R)evolution, qui va surtout traiter de ce que la saga a apporter au cross-media (bande dessinée, cinéma, animation, etc...) et de tous ce que les artistes du monde entier ont apporté à la saga de l'assassin. 176 pages, et ça sort le 1er octobre 2012.

> Précommander chez Amazon.com (23 dollars)

The Art of Assassin's Creed III

Et de l'autre côté, voici l'artbook officiel du troisième épisode, édité chez Titan Books, les plus connus et qui font du bon boulot. C'est prévu pour le 30 octobre 2012, pour accompagner le troisième volet, et on y trouvera évidemment moulte artworks de décors, personnages et tout ce que comporte le jeu au final. En 144 pages.

> Précommander chez Amazon.com (24 dollars)

The Art of Blizzard

Pour les fans de Diablo, de Starcraft et de Warcraft, Blizzard a pensé à vous avec un ouvrage intitulé sobrement "Art of Blizzard". Le bouquin regroupe tout l'histoire du studio, avec pas moins de 700 illustrations pour regrouper vingt ans de jeux à travers trois licences majeures. On peut penser ce qu'on veut de Blizzard, mais il faut reconnaître que le studio maîtrise son côté artistique. Le pavé fait honneur au studio et compte 352 pages, et sera dispo le 6 novembre de cette année.

> Précommander chez Amazon.com (47 dollars au lieu de 75)

The Art of Darksiders II

Le second épisode est attendu par beaucoup de mondes, et c'est toujours designé par Joe Madureira. Il aurait été dommage de ne pas avoir d'artbook pour rendre hommage à la multitude d'artworks du jeu. Dispo le 12 novembre 2012 avec 200 pages à la clé.

> Précommander chez Amazon.com (25 dollars)

The Eyes of Bayonetta: ArtBook & DVD

Bayonetta, titre culte de Platinum Games, aura enfin droit à un artbook pour ceux qui voudront découvrir l'univers étrange de ce titre et qui ont adoré le style graphique (très) particulier. L'artbook regroupe des illustrations et des notes sur la création de l'univers et de ses cinématiques, et contient même un DVD avec une interview d'une heure des créateurs qui parleront de l'envers du décor. Ça sort le 8 janvier 2013 pour 224 pages.

> Précommander chez Amazon.com (32 dollars)

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A lire

A l'heure où le dernier volet de la trilogie de Batman s'apprête à sortir, et que Arkham City a fait les joies des aficionados de la chauve-souris, un constat est inévitable: Batman est probablement un des super-héros les plus populaires, dans toutes les formes de médias. Les deux films de Nolan l'ont remis au goût du jour de la plus belle des manière, et il est intéressant de noter que chaque réalisateur a su apporter sa vision du justicier, que ce soit Nolan ou Burton et même Shumacher dans un sens. Personnellement, je m'intéresse aux comics depuis quelques années, et là où l'univers de Marvel ne m'intéresse pas plus que ça, d'autant plus que ça devient vite le bordel pour s'y retrouver, DC Comics de son côté offre deux visions bien différentes et nettement plus intéressantes: la collection Vertigo et le personnage de Batman. Les comics de Vertigo ont la possibilité d'offrir des one shots ou des univers très différents mais beaucoup plus sombre, souvent sans super-héros, et il faut dire que Batman se rapproche de ce style. Batman est aussi caractéristique de cette mouvance, et l'acquisition d'Urban Comics de la licence DC change beaucoup de choses.

Depuis deux mois, Urban Comics nous offre sa nouvelle ligne éditoriale en repartant de zéro par rapport à Panini et clairement, il ne se moque pas du lecteur. Il donne la possibilité aux nouveaux lecteurs de se lancer dans de nouvelles séries tout en continuant pour les autres (100 bullets, Fables...) tout en profitant du catalogue DC pour sortir des histoires trop souvent laissés dans les tiroirs, en faisant notamment la part belle à Batman, et ce pour mon plus grand plaisir, ayant maintenant pour objectif de me constituer une belle collection de comics Batman.

Il faut dire que Batman est particulier dans l'univers des super-héros: aucun pouvoir, si ce n'est des gadgets, de l'argent et une sacré paire de couilles. Gotham City est une ville purulente qui ne demande qu'à être sauvé, et l'univers de Batman a la chance de ne pas trop subir de cross-over avec le reste de l'univers DC quand le comic se concentre sur le personnage de Batman. Les films de Nolan ont d'ailleurs mis en avant ce personnage incroyablement riche, et surtout proposer une vision de Gotham City. Car si un personnage est important dans Batman, c'est bien Gotham City. Les films de Nolan permet à la population de s'exprimer, de voir ce qu'elle endure, et The Dark Knight en est un parfait exemple. La corruption, les choix moraux, lorsque les méchants s'attaque à quelque chose, ce n'est jamais à un groupe de personnes, ni à la ville matérielle, mais bien à sa population et à sa capacité à voir ce qui est bien ou mal. La séquence des deux bateaux à la fin du second opus de Nolan est un bon exemple. Ou même dans Batman le Défi, la vision de cette population d'un personnage comme Copplebot, alias le Pingouin.

Alors Batman devient plus qu'un justicier, ça devient un symbole. Batman ne deviendra jamais le héros que les gens réclament lorsqu'ils se font braquer, comme dans un Spiderman, par exemple, mais plutôt un symbole de peur et de protection inspiré sur les criminels. Le but de Batman n'est pas directement de protéger les habitants mais bien de chasser les criminels de la ville. Là où d'autres super-héros se contentent de répondre à l'appel de la veuve et de l'orphelin, Batman a pour but ultime de faire de Gotham City une ville sûr, et de raccrocher son costume une fois qu'il sera sûre que ce sera le cas. Et ça fait une sacré différence.

L'univers de Batman a aussi connu beaucoup de hauts et de bas, entre les différents Robin, le personnage de Gordon et les antagonistes du héros les plus connus comme le Joker. Voici une sélection de comics plus ou moins représentative dans un ordre à peu près chronologique, où j'oublierais certainement des passages, mais qui sont des passages importants du super-héros. Evidemment, SPOILERS à la clé, bien que les évènements décrits ci-dessous soient les plus importants et les plus connus de la saga de Batman.

 

Ecrit par Frank Miller, dessiné par David Mazzuchelli
Première publication en 1987 

Batman Year One est un bon point de départ pour ceux qui veulent se lancer. Le comic écrit par Frank Miller est une référence absolue dans l'univers de la chauve-souris. Cela raconte la première année de Bruce Wayne en tant que Batman, avec ses erreurs, ses faiblesses mais aussi ces espoirs de voir Gotham City chassée de toute criminalité. Mais Batman Year One marque aussi l'arrivée en ville de Jim Gordon en tant qu'inspecteur, fraîchement débarqué avec sa femme qui va tomber enceinte de leur premier enfant. Batman croisera aussi la route de Harvey Dent, en qui il verra un procureur impartial et juste, et même de Selina Kyle, ici une prostituée qui revêt déja le costume de Catwoman pour voler au secours de ses amis battues et de se battre contre les mafieux locaux, la famille Falcone.

Year One pose les nouvelles bases de l'univers Batman et remet à zéro les origines de la saga et ainsi asseoir une saga (presque) cohérente et crédible. On y voit les premiers ennemis de Batman et aussi ses premiers alliés, sans pour autant placer de super-méchants vu qu'aucun n'est encore présent, c'est la mafia locale qui fait la loi à Gotham City. Ce comic verra aussi surgir un évènement pour Jim Gordon qui va causer un trouble psychique dans le très jeune fils de l'inspecteur, qui va se répercuter beaucoup plus tard. A noter que deux suites, Year Two et Year Three, par d'autres auteurs, continueront l'histoire mais avec beaucoup moins d'intérêt cependant (et je crois même pas que ce soit sorti en France).

Year One est disponible chez Panini, mais je vous conseille d'attendre cet été, Urban Comics va ressortir le comic dans une nouvelle édition, accompagné par l'excellent long-métrage d'animation sorti l'année dernière, tout ça pour un prix tout petit de 20 euros!

Ecrit par Jeff Loeb, dessinée par Tim Sale.
Première publication en 1996

Un Long Halloween est certainement un de mes ouvrages préférés. Il peut faire suite à Year One. Entre les deux, le Joker est aparru ainsi que les plus grands criminels de Gotham. L'histoire est centré sur un tueur en série du nom de Holiday, qui tue une victime à chaque jour de fête pendant une année entière. Batman, Gordon et Harvey Dent feront tout pour débusquer le coupable, tandis que plusieurs familles de mafieux se font la guerre, les Maroni et les Falcone, prétextant chacun de leur côté qu'Holiday tue les membres d'une famille pour s'assurer de la victoire de l'autre. Le scénario est absolument géniale, surprend et n'hésite pas à plonger les personnages dans une intrigue d'envergure, mettant en scène les grands personnages de l'univers de Batman.

On sent d'ailleurs que Nolan s'est fortement inspiré de cette histoire, notamment de la relation entre Batman, Gordon et Dent, au centre de ce comic, qui montre leur affinités et leur confiance en eux pour résoudre cette enquête. Evidemment, les multiples indices ne suffiront pas à découvrir l'identité du tueur, mais on reste surpris et heureux de case en case, surtout que Tim Sale possède un trait bien à lui et n'hésite pas à proposer de sublimes pleines pagses pour mettre en avant notre héros, jouant avec un trait épuré et des couleurs contrastés pour donner à Batman l'envergure qu'il mérite. Le comic est d'ailleurs beaucoup plus proche d'une histoire de polar noir que d'une histoire de super-héros.

C'est dans Un Long Halloween, lors d'un procès envers un des chefs mafieux, que Harvey Dent recevra de l'acide en plein visage, et pètera littéralement les plombs pour devenir le criminel Double Face, un évènement important dans la storyline de l'univers de Batman. Un indispensable.

Ecrit par Jeff Loeb, dessinée par Tim Sale.
Première publication en 2002.

Amère Victoire, ou Dark Victory en VO, fait directement suite à Un Long Halloween, il est donc beaucoup plus intéressant de s'y intéresser en ayant lu la précédente histoire, d'autant plus que six ans plus tard, c'est le même duo qui s'attelle à cette suite pour notre plus grand plaisir. Et le constat est inévitable: c'est toujours aussi bon. L'histoire reprend quelque temps après Un Long Halloween. Gordon et Batman sont désespéremment seuls, même si Holiday a été arrêté. Ils n'arrivent pas à oublier leur camarade Harvey Dent, tandis que les criminels d'Arkham sont libérés dans Gotham, et qu'un nouveau tueur en série qui pend ses victimes chaque mois sévit sur Gotham City, en s'attaquant de près à ceux qui sont liés à l'affaire Holiday et indirectement à Harvey Dent, celui-ci étant le suspect numéro un. Batman et Gordon mène leur enquête tandis que les familles de mafieux considérablement affaiblis à cause de l'affaire Holiday tentent de se reconstruire.

Dark Victory pourrait presque être une copie d'Un Long Halloween, mais poursuit bel et bien la trame introduit précédemment, tout en continuant à développer cet univers à travers une géniale histoire de polar et de tueur en série. Batman et Gordon sont désespérés et les personnages sont au plus mal, alors que le tueur fait de grosses victimes chez les policiers. Le dessin de Tim Sale est toujours aussi flamboyant, et on se délecte de cette histoire rondement mené et parfaitement mis en scène.

Dark Victory est aussi l'occasion de placer un évènement important dans Batman, celui de la mort des parents du petit Dick Grayson, que Bruce Wayne va prendre sous son aile et qui deviendra au terme de l'album le premier Robin, élément important de l'univers, et dont Bruce Wayne se prendra d'affection vu qu'il a, comme lui, perdu ses parents, assassinés par un criminel notoire.

Ecrit par Mike W. Barr et dessiné par Jerry Bingham
Première publication en 1987

Son of Demon est dans la lignée de la série des "... Demon", mettant en scène un des plus vieux adversaires de Batman, Ra's Al Ghul. L'histoire met en avant la confrontation entre Batman et Qayin, un terroriste ayant pour but d'attaquer l'URSS pour faire ressurgir les fantômes de la guerre froide et provoquer une guerre. Batman revoit Thalia, fille de Ra's, qui lui demande de lutter contre ce Quayin, aidé par les forces de son père récemment ressuscité. Batman quitte donc Gotham pour une aventure très "James Bondienne", où le côté sombre et sale n'est plus exploitée et où Batman se sert surtout de ses gadgets pour lutter contre ses ennemis et non de la peur du symbole qu'il représente.

Un comic-book particulier, qui change fortement de ce qu'on a l'habitude de voir. Mais ce Fils du Démon représente un élément important pour Batman, car Thalia représente l'amour de sa vie et ira même jusqu'à l'épouser durant cette aventure. Batman mettra même Thalia enceinte, mais elle perdra l'enfant à cause de blessures graves. Enfin, c'est ce que la jeune femme dire à Batman, mais l'enfant sera bel et bien en vie, et ne refera surface que récemment sous le nom de Damian Wayne.

Ecrit par Alan Moore, dessiné par Brian Bolland.
Première publication en 1988

L'univers de Batman a évolué entre les évènements du Fils du Démon et de Killing Joke. Dick Grayson a quitté Batman pour devenir Nightwing, et Barbara Gordon est maintenant adulte et lutte avec Batman sous le pseudonyme de Batgirl. C'est à ce moment qu'Alan Moore écrit son one shot The Killing Joke, une des plus célèbres histoires de Batman, mettant en avant le Joker, et surtout un des pluc décriés. Génie pour les uns, arnaque pour les autres, Killing Joke est très court, et pourtant raconte énormément de choses. On y découvre le passé du Joker et la façon dont il s'est transformé, mais surtout l'histoire met en scène le Joker qui tire froidement sur la fille de Gordon, Barbara, et qui enlève celui-ci pour le torturer psychologiquement.

Le comic est parfois dur, possède des dialogues très ciselés, et surtout met en avant la relation très particulière entre le Joker et Batman, ce lien qui unit les deux antagonistes et qui font que l'un ne pourrait presque plus exister sans l'autre. L'ambiance de ce comic est particulière, et en profite aussi pour poser un autre évènement important: la disparition de Batgirl suite aux tirs du Joker. Mais Barbara survivra tout en étant cloué dans une chaise roulante: elle deviendra alors Oracle, précieuse alliée de Batman qui le suivra pendant toutes ses escapades.

 

Ecrit par Jim Starlin, dessiné par Jim Aparo.
Première publication en 1988 

Tandis que Dick Grayson est devenu Nightwing, Batman a pris sous son aile un voyou du nom de Jason Todd, voleur et orphelin et qui est devenu le nouveau Robin. Mais Jason Todd part subitement au Moyen Orient à la recherche de sa mère, et verra sur sa route des terroristes islamistes et le Joker. Batman partira à sa poursuite. Un Deuil dans la Famille est un autre évènement important dans l'histoire de Batman. Jason Todd se verra presque battu à mort par le Joker avec une barre à mine et sera achevé dans une explosion. Batman arrivera trop tard pour sauver son ami. Celui-ci sera fortement affectée et pour la première fois, ira jusqu'à ses plus grandes limites pour se venger du Joker.

Ce comic-book a d'ailleurs une histoire intéressante car, voyant à l'époque que Jason Todd n'intéressait pas, le scénariste a laissé voté les fans pour décider du sort de ce nouveau Robin, ce qui a conduit à sa mort. De plus, le comic révèle un Batman bien plus violent que d'habitude, n'hésitant pas à transgresser son propre code lorsqu'il est face à ses ennemis. Jason Todd sera bel et bien mort jusqu'à l'épisode Silence où son fantôme hantera ce comic (voir ci-dessous), mais sera bel et bien ressuscité dans Under the Red Hood (voir le film d'animation du même nom), où un Jason Todd très perturbée deviendra un vigilant masquée troublant.

Ecrit et dessiné par plusieurs artistes.
Première publication en 1993.

Kinghtfall est une période de Batman assez longue qui changera beaucoup de choses dans la saga. L'histoire met en scène Bane comme méchant principal. Celui-ci libère tous les criminels d'Arkam City. Knightfall met en avant le nouveau Robin alias Tim Drake, un jeune homme qui a découvert que Batman est Bruce Wayne. Batman va donc le former mais suite à la mort de Jason Todd, celui-ci va tout faire pour éviter qu'il prenne le moindre risque pour ne pas se retrouver avec un autre mort sur la conscience. 

Cette histoire est une des plus célèbres car elle met en avant Bane, le seul méchant de l'histoire à avoir réussi à briser Batman, sous tous les sens du termes. Presque achevé, Batman demandera à Azrael (aperçu dans le jeu Arkham City) d'endosser le costume de Batman pour le remplacer, mais on se rendra vite compte que ce Batman est bien plus violent que le Batman original, et dès que Bruce Wayne sera remis sur pied, il reprendra con costume de justicier. Cette histoire en deux parties est celle qui verra Bane en tant qu'adversaire sérieux de Batman, le mettant au pied du mur. Urban Comics s'apprête d'ailleurs à réedité cette histoire durant cet été dans un long run de plusieurs tomes, pour accompagner la sortie du troisième volet de la saga de Nolan.

Ecrit par Jeff Loeb, dessiné par Jim Lee.
Première publication en 2003.

Ce comic est un vrai best-of de Batman, tout en réussissant à faire une histoire intéressante, Jeff Loeb étant aux commandes. On y retrouve beaucoup d'éléments de la saga de Batman, et mettra même en avant la fameuse mort de Jason Todd dans l'histoire. On y apprendra plusieurs choses nouvelle sur le passé de Bruce Wayne, notamment l'arrivée de Thomas Elliot, docteur et ami d'enfance de Bruce Wayne. Batman se retrouvera confronté à un nouveau méchant, Hush (ou Silence en VF), qui tentera de refaire surgir les fantômes du passé et de confronter les grands méchants à Batman en les manipulant.

Même si l'histoire n'est pas d'une originalité débordante, elle est un bon comic-book d'introduction pour ceux qui veulent se plonger directement sans commencer par le début. Tout est très bien expliqué, les dessins de Jim Lee sont absolument superbes et rendent justices au caped crusader d'une belle manière. L'identité de Hush permettra quelques moments de tensions, et les flashbacks en aquarelle assurent avec grand classe!

Ecrit par Scott Synder, dessinée par Jock et Francesco Francavilla
Première publication en 2010

Récemment édité par Urban Comics, Sombre Reflet n'est pas un indispensable mais se révèle être une grande réussite. C'est un des comics les plus récents et place la saga Batman sous un nouveau jour: après la pseudo-mort de Batman/Bruce Wayne, celui-ci part à travers le monde pour recruter de nouveaux "Batman" (Batman Inc.), tandis que c'est Dick Grayson qui endosse le costume de Batman à Gotham City et Damian Wayne celui de Robin. Sombre Reflet met en avant deux pans de l'histoire: d'abord Batman qui se retrouve confronté à une mystérieuse secte vendant des objets célèbres de Gotham (dont la barre à mine qui a servit à battre à mort Jason Todd par le Joker), puis à se confronter à la fille de Zucco, le criminel qui a tué ses parents lors du fameux numéro de trapèze. Une histoire vraiment intéressante à suivre au graphisme très élégant.

De l'autre côté, Gordon se retrouvera face à son fils, psychopathe avéré suite à la chute du pont quand il était bébé dans Year One. Celui-ci affirme qu'il a guéri et qu'il est désormais capable de vivre en communauté. Gordon va donc enquêter pour savoir si son fils est bien rétablie. Une histoire passionnante qui permet de vivre un autre pan de l'histoire de la famille Gordon qui a subi durant toutes ces années de véritables traumatismes. 

Ecrit et dessiné par Frank Miller.
Première publication en 1986.

Avant Year One, Frank Miller avait déja officié sur Batman à travers un des ouvrages les plus connus du héros, Dark Knight Returns. Se déroulant dans un futur possible, Batman a accroché son costume depuis dix ans et devient trop vieux pour ces "bêtises". Gotham City n'a jamais été aussi dévoré par la criminalité. Face à ce regain de violence, Batman, complètement transformé, reprend du service en emportant un(e) nouvelle Robin, Carrie Kelley, étudiante assoiffée de justice. Le dessin est tout de suite reconnaissable du style de Frank Miller à l'époque très marquée: des dessins noirs, brutes aux formes anguleuses.

Dark Knight Returns est certainement un des comics les plus pessimistes de Batman. Le personnage y est perçu comme fatigué, égoîste même, et quand il reprendra du service, il deviendra beaucoup plus violent que par le passé, son code de moralité n'ayant plus foi dans ce monde rongé par la violence. Ce comic met aussi beaucoup plus en avant le reste de l'univers DC (notamment Superman) ainsi que le Joker, et conclut même beaucoup de relations entre les personnages, menant même au suicide de ce super-vilain, tout en relançant certains nouveaux personnages, notamment la nouvelle Robin. Une suite a été réalisée aussi par Frank Miller mais qui est déja beaucoup plus controversé, les fans jugeant cette suite beaucoup trop bâclée.

Autres comics à lire:

Arkham Asylum de Grant Morrison et Dave McKean 
Une plongée particulière dans l'univers d'Arkham. Graphisme particulier mais ambiance garantie.

Batman Year 100 de Paul Pope et José Villarubia
Plongée dans un Gotham en 2039 où les autorités pourchassent Batman.

Batman and Son // RIP de Grant Morrison
Les comics récents de Grant Morrison qui voit l'arrivée de Damian Wayne, fils de Bruce Wayne.

Gotham Central de Ed Brubacker et Greg Rucka 
Comic particulier mettant en avant seulement les policiers de Gotham dans des histoires noires et sordides. Batman y est peu présent. 

La suite de Batman va changer beaucoup de choses, puisque DC Comics a relancé l'ensemble de ces univers il y a peu. Batman est actuellement réalisé par Scott Snyder et Greg Capullo, et tout le monde s'accorde à dire que c'est un des meilleurs runs de la saga. Au vue des planches que j'ai vu ici et là, les dessins tiennent déja toutes leurs promesses et donnent vraiment envie. Premier tome de ce relaunch prévu chez Urban Comics fin mai.

Pour la suite, Batman a opéré de grands changements ces dernières années, en redistribuant les rôles et en changeant les costumes de beaucoup de personnages. Mais Batman reste un personnage captivant, beaucoup plus passionnant que la grande majorité des super-héros existant car très différents dans sa manière de faire sa justice et de ce qu'il représente pour la population de sa ville, Gotham City. Batman n'est pas un héros, c'est un justicier qui fait pratiquement le même travail que la police mais sans être embêté par les lois. Sauf qu'il a un code, et qu'il ne veut pas s'abaisser au même niveau que ses propres ennemis en tuant ses adversaires, ce qui lui vaut des confrontations avec des méchants comme le Joker réellement passionnant, se retrouvant devant des limites qu'il s'est juré de ne pas dépassé.

En tout cas, cette année 2012 va problablement encore une fois consacré Batman comme l'un des personnages de comics les plus troublant et intéressants de la BD américaine. En attendant le film de Nolan, qui promet beaucoup.


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A lire

Le Sommet des Dieux est une adaptation d'un roman par Jiro Taniguchi, mangaka réputé par chez nous par ses oeuvres comme Quartier Lointain, très éloigné des oeuvres de manga que l'on a l'habitude de voir. Jiro Taniguchi privilégie fortement l'histoire et ses personnages avec un trait précis et classique, mais délivrant une histoire aussi haletante qu'un excellent roman.

Le sommet des Dieux prend comme point de départ l'ascension historique de l'Everest qui s'est réellement déroulé en 1924 par deux alpinistes britanniques, Georges Mallory et Andrew Irvine. Cela aurait dû être la première ascension de ce sommet, mais les deux alpinistes disparurent sans que l'on ait vraiment su s'il avait réussi à atteindre le sommet. Depuis, plusieurs expéditions ont réussi mais personne ne sait à ce jour si les deux britanniques avaient vraiment réussi à atteindre le sommet. L'histoire commence lorsque Fukamachi, un journaliste alpiniste, accompagne une ascension au Népal. Il découvre alors un mystérieux appareil photo Kodak, qui pourrait être celui de George Mallory, et qui pourrait alors prouver s'ils ont réussi oui ou non à grimper jusqu'au sommet, ce qui aurait un impact considérable dans le monde de l'alpinisme. Malheureusement, il se fait voler l'appareil, et dans son enquête pour le retrouver, il rencontre Habu Jôji, un grand alpiniste solitaire. Son enquête le conduira à découvrir son passé et sa volonté de gravir les montagnes.

Le Sommet des Dieux, c'est avant tout une histoire de passion. A travers les cinq tomes de l'histoire, on a une bonne moitié consacré au passé de Habu qui raconte sa jeunesse et ses exploits, ainsi que son caractère trempé et immédiatement attractif. Habu est un alpiniste chevroné, un génie de l'escalade et un homme possédant une volonté à toute épreuve, mais incroyablement solitaire, qui se renferme de plus en plus au fur et à mesure de ses ascensions et des drames qui l'entourent. Le récit de Taniguchi se suit avec grand intérêt, malgré une petite longueur sur le troisième volume qui fait office d'introduction avant d'entamer la dernière partie de l'histoire qui se déroule dans le présent. Le lien qui évoluera entre le photographe Fukamachi et Habu ne cessera d'évoluer et deviendra de plus en plus intéressante. Mais le gros point fort de cette oeuvre, c'est de mettre en avant l'alpinisme avec un degré de détails assez hallucinant, tout en privilégiant la flamme qui allume tous ceux qui le pratique sans pour autant tomber dans le côté aventure trop facilement. Il y a des moments de tension, mais toujours en restant sur un plan humain. Voir ces hommes grimper de plus en plus haut tout en luttant contre les intempéries et les dangers de la montagne est assez incroyable. Découvrir leur façon de penser, la flamme qui les habite, et qui devient une sorte de "drogue" au fil du temps est passionnant.

En plus de ça, le trait de Taniguchi est clair et puissant, bourré de détails quand il s'agit de scènes de montagnes. Les pleines pages sont très souvent magnifiques, et le dernier tome lui permet de se lâcher complètement et de créer des cases absolument superbes. On peut être plus coincé par le design des personnages, très fermé mais aussi très réalistes, mais c'est ce côté classique qui prime et qui donne au manga toute sa splendeur. En bref, le Sommet des Dieux est un manga que je conseille fortement, et qui vient de terminer sa réedition par Kana en édition cartonné du plus bel effet avec en prime un petit marque pages et des interviews des hommes derrière l'oeuvre (18 euros par volume par contre, mais ça vaut le coup).


   

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