L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Carnets de route

Quand on observe le monde vidéoludique de l'extérieur, quand on le regarde sans forcément détester les jeux vidéos mais sans forcément connaître non plus, on doit quand même se poser des sacrés questions, se demander pourquoi toute cette hargne, pourquoi cet élitisme chez certains, pourquoi ce déversement de haine chez d'autres? Pourquoi on trouve peu de modérateurs (mais il y en a) à tous ces débats qui, franchement, vu de loin, s'apparente à une grande farce. La dernière "farce" en date est la colère des joueurs contre la jaquette de Bioshock Infinite. Une jaquette, bordel.

Alors je peux comprendre le possible mécontentement de quelques uns, attachés à leur boîte. Mais ce n'est pas comme si elle était moche, mal photoshopée. Non, la véritable raison qui anime les joueurs c'est simplement sur les idées qu'elle peut véhiculer, sur ce qu'elle représente dans le milieu du jeu vidéo. Un simple drapeau américain (bordel, Spec Ops The Line en a un en grand dans son écran titre!), un homme dans une posture classe, un doigt sur la gâchette, aucune présence d'Elizabeth. La vraie raison, c'est que les joueurs ont l'impression de se retrouvera avec un jeu d'action lambda et sans âme, ce qu'il n'est pas, évidemment. Et puis, merde, c'est qu'une jaquette! Ce n'est pas ça qui changera le jeu. C'est uniquement fait dans un but marketing et les propos de Ken Levine sur la volonté de sortir du lot dans un magasin sont plutôt légitimes tellement le marché du jeu est souvent obstrué, saturé; surtout dans la période où sortira le jeu. C'est sûr que ça ne changera pas la mauvaise image du jeu vidéo, mais sincèrement, il y a matière à agir autrement qu'enfoncer une jaquette pour faire réagir. J'ai l'impression que cette mode du bashing parvient à un point vraiment étonnant où une simple jaquette provoque la ire des joueurs de la planète. Et le pire, c'est que ça marche: Irrational a proposé plusieurs visuels pour créer une jaquette réversible. Tout le monde est content, et les joueurs ont gagné.

S'il y a bien une chose que je retiendrais en 2012, c'est le pouvoir des joueurs. D'abord sur les jeux eux-même, où les développeurs se retrouvent complètement prisonniers de la volonté des joueurs. C'est d'ailleurs assez ironique: les joueurs qui vont connaître leur voix sont ceux qui reprochent aux jeux de se conformer à une base alors que la conséquence principale de ces actions c'est d'adapter leur marketing à ce que veulent les joueurs. On se souvient du tollé de Mass Effect 3, probablement le point de départ de cette succession de coups de sang. A partir du moment où les joueurs se sont rendus compte qu'ils avaient autant de pouvoirs, ils ont continué à se plaindre dès que quelque chose n'allait pas. On pense évidemment aux réactions sur Bayonetta 2 annoncé sur WiiU, qui peut décevoir mais qui n'aurait jamais existé sans Nintendo et son soutien financier, chose que les gros fans ont visiblement oublié et n'ont pas manque de le faire savoir. 

Dernière mode: le bashage des jeux. On le sait, Metacritic est un site important dans le milieu et les notes attribués jouent énormément sur le monde vidéoludique, que ce soit les ventes ou l'action de certaines boîtes. Du coup, lorsque les joueurs ne sont pas contents, ils le font savoir en attribuant tout simplement des 0 aux jeux qu'ils détestent. Comme Resident Evil 6, qui ne peut pas plaire à tout le monde mais dont la réaction exagérée a conduit à une User Note de 0.5 sur 10 (elle est remontée à 4.7 depuis). Diablo 3 aussi a subi la foudre des joueurs qui, en lieu et place de tout objectivité, ont bashé le jeu qui se retrouve avec une note de 3.8 sur 10 pour les joueurs et 88 sur 100 pour la presse. Le jeu est de qualité et j'imagine mal la presse encenser un titre qui ne le mérite pas. Un vrai manque de sincérité est juste un moyen de faire connaître sa déception sans prendre du recul ou réfléchir tout simplement aux qualités évidentes du jeu. On se retrouve donc à ne même plus prendre en compte ces notes tellement elles ne représentes plus rien.

Le véritable problème, surtout quand on regarde Mass Effect 3, c'est que cela influe sur l'intégrité artistique. On pouvait cracher tant qu'on voulait sur la fin du jeu, dire qu'elle ne nous plaisait pas, que la fin n'est qu'un changement de couleur dans le laser, qu'elle était mauvaise et incohérente, c'était celle de Bioware. C'est leur jeu à la base. Si la saga a eu autant de succès, c'est que les joueurs ont apprécié et ont fait confiance à Bioware pour leurs histoires. Demander de changer la fin est clairement un manque de confiance, une volonté de vouloir ce qu'on veut sans respecter les décisions de ses créateurs. Si on achète les jeux, c'est justement parce qu'on aime ce que les développeurs nous proposent. Cette affaire est clairement représentative d'une génération où les joueurs ont déja une idée bien précise du titre qu'ils convoitent et s'il n'est pas à la hauteur de leurs espérances, ils le font savoir, et violemment. Le pire, c'est que ce soulèvement a fonctionné: certes, Bioware n'a pas modifié la fin, mais a apporté quelques lumières sur les dernières séquences, certaines apportant plus de cohérences, d'autres où on sent la volonté de tout expliquer au maximum. Un choix raisonnable, même si ça n'a pas suffi à beaucoup qui voulaient carrément modifier toute la fin. Un non-respect de l'auteur qu'il est dommage de voir.

Dans une tout autre forme, cette année a marqué véritablement un tournant dans la presse vidéoludique, où on a remis en question l'intégrité des journalistes. En France, évidemment, un certain JulienC est devenu le bouc émissaire d'une frange de joueurs qui l'accusent de se laisser corrompre par les éditeurs. Il n'est pas tout seul, ce n'est pas le seul rédacteur, et c'est amusant de constater qu'il est la cible constante de ce genre d'allusions. D'autant plus que de son côté, je suis de moins en moins d'accord avec certains de ses propos, ce qui n'engage que lui et ça ne m'empêche pas de traîner sur la partie Communauté. Encore plus avec le lancement de son MAB suite justement à la mode du bashing qui dévoile un bon nombre de joueurs blasés sur Gameblog, une initiative très louable. Gameblog, qui est censé regrouper les joueurs autour d'une même passion dans la bonne humeur et suite aux commentaires acides, le MAB est une sorte de coquille pour se protéger des répercussions et se retrouvent à l'extrême opposé de ceux dont ils se défendent. Chacun dans son coin.

Le "Dorito's Gate" a fait parler de lui, et généralise la situation de cette corruption, et qui représente une réalité vis-à-vis des éditeurs. Les joueurs étant de plus en plus difficile à convaincre, ils ont parfois recourt à des méthodes un peu douteuses pour satisfaire le public, tout comme le cinéma ou autre média qui engrange un minimum d'argent. Le marketing est là pour faire le boulot, et on voit qu'un mauvais traitement peut parfois conduire au licenciement d'un journaliste. Des conséquences quand même très graves pour un métier qui est censé représenter la liberté d'expression.

L'article du "Point" qui a fait le buzz récemment est une autre vision du monde des joueurs. La journaliste s'est complètement lâché sur un média qu'elle considère dangereux, même si elle a tenté de faire son mea culpa après la réaction des joueurs, mea culpa plus ou moins dans la même veine que l'article original, et donc sans grand intérêt. Malheureusement, la réactions de certaines personnes sont comme d'habitude complètement démesurées (souvenez-vous des réactions après le tweet de Laure Manaudou), et ne font que renforcer cette mauvaise image du jeu vidéo. Se lancer dans de tels commentaires, c'est jouer le jeu des journalistes qui n'auront qu'à piocher dans cette sélection pour alimenter leurs prochains papiers.

Plus encore cette année, les joueurs se sont rendus compte qu'ils pouvaient changer les choses. Réagir aussi violemment pour une simple jaquette montre qu'on n'hésite plus. L'anonymat du web aidant, chacun peut réagir puisque c'est aussi la richesse de l'internet: une expression sans limite, sans peur de se retrouver au devant de la scène et pouvoir apporter sa pierre à un édifice qui manque clairement de maturité et de prise de recul. Evidemment, tous les joueurs ne sont pas comme ça, et comme d'habitude, ce n'est pas toujours la majorité, beaucoup de joueurs n'ont pas forcément besoin de s'exprimer quand ça ne les touche pas ou quand ils ne sont pas blasés ou en colère. Toujours est-il que l'année 2013 va être intéressant, car les grosses licences connus deviennent de plus en plus sacralisés par des joueurs qui ont du mal à grandir. Wait and see...

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Commentaires

Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Donner du pouvoir à un individu qui n'a pas la maturité pour l'exercer convenablement, et laisser cet individu intégrer des groupes d'opinion assortis à la sienne, ça ne peut rien amener de bon. Pour faire dans la litote.
Or c'est exactement ce que propose internet.

Perso, ça me fait flipper sévère, et ça ne date pas d'hier.

Sans compter qu'au fond, ces mecs ne critiquent pas vraiment : tout ce qu'ils veulent, c'est exercer leur pouvoir. Et se donner l'impression d'être "uniques" et "plus intelligents" que la moyenne... dont ils font paradoxalement totalement partie.
ThomThom_Pilgrim
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ThomThom_Pilgrim
Plus je relis ton article, plus ça me fait penser à ce qu'il se passe actuellement autour de la Xbox One, après coup, on a l'impression d'être dans une "juste" évolution des choses.
Cronos
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Cronos
Je peux comprendre l'effet "soupape" qui déborde, et l'explosion de colère. C'est surtout que cette soupape ne semble pas se refermer et reste ouverte pour des choses franchement sans intérêt (la jaquette ou la fin de ME3). Contre des DLC, contre des politiques abusives, contre le message qu'un jeu comme MoH transmet, ça je dis pas, je suis plutôt d'accord avec ça.
C'est surtout les sujets abordés qui me gênent. Pourquoi s'exciter comme des pucelles sur une fin ou une jaquette alors que ce n'est pas le même déferlement de haine contre les VRAIS problèmes du milieu? Ou alors c'est présent mais moins médiatisé.
Pour le coup, ceux qui veulent défendre la maturité du média en prennent un coup tellement ces réactions sont parfois sacrément puériles...
BlackLabel
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BlackLabel

BlackLabel> ah ça fait bouger les choses c'est sûr. Mais c'est pour remettre en question l'artistique dans un jeu. Il faut savoir accepter qu'une fin ne nous plaise pas.


Je pense qu'on ne parle pas de la même chose, mais on est d'accord sur l'essentiel. Comme je disais plus haut, les cibles choisies ne sont pas toujours pertinentes.

Après mon avis à moi c'est ; les chiens sont lâchés. Il n'est plus question de savoir si c'est la bonne cible ou non, ou si les joueurs ont tort ou raison de se déchaîner. L'industrie récolte ce qu'elle a semé, point. Tu as excité le chien, maintenant il te mord. Ou mord quelqu'un qui était là, sans discernement.

C'est un peu comme l'avalanche de gifs sur le sujet "Accro au jeu vidéo", y'a un moment où les gens en ont marre de la situation, donc ils ne cherchent plus à discuter (de toute façon dans le vide) ni à discerner quoi que ce soit, ils explosent. Au niveau individuel ça se contrôle, mais dès que c'est une situation générale, y'a un effet d’entrainement et de débordement.

Ben on en est là. Et pour en sortir il faudrait que les jeux vidéo arrêtent de prendre les joueurs pour des cons, et arrêtent tout simplement d'êtres cons aussi (car ça aide pas). Seulement ça risque difficilement d'arriver vu le niveau culturel assez bas des devs, les risques financiers toujours plus grands, le plaisir du mauvais goût et de la violence gratuite. Donc ils vont essayer de plaire encore plus, de ramper encore plus bas, et les joueurs deviendront encore plus capricieux.
MajorBob
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MajorBob
Je pense qu'il faut différencier les choses qui touchent à l'intégrité artistique, comme la fin de ME3, et celles qui relèvent de la bêtise marketing pure et dure, comme la jaquette de Bioshock Infinite. Ken Levine l'a dit lui même, c'est sous des pressions internes (pas mieux finalement que celle des joueurs), qu'ils ont choisi cette image. Elle déforme l'image que l'on peut se faire du jeu. De plus, la solution n'a pas été un revirement de situation mais une jaquette alternative, qui satisfait tout le monde.
Cronos
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Cronos
BlackLabel> ah ça fait bouger les choses c'est sûr. Mais c'est pour remettre en question l'artistique dans un jeu. Il faut savoir accepter qu'une fin ne nous plaise pas. Pour Mass Effect 3, je peux comprendre que la fin déçoive, mais aller jusqu'à demander un changement, c'est directement cracher sur la gueule de l'équipe du jeu, même ceux qui n'y sont pour rien. L'argent, c'est indirect. Là, on parle du travail artistique d'une boîte et non pas de la méthode pour nous amener du DLC ou autre. C'est comme l'exemple cité des Sopranos par Nemesis, c'est la vision de l'auteur, point.
C'est sûr que ça fait remuer la merde. Et c'est sûr que les joueurs n'y sont pour rien. Juste que la merde est encore plus dégueulasse quand les joueurs s'y mettent.

jinsayen> ah je dis pas que le 3 est meilleur que le 1. Au contraire. On peut clairement penser que la mise en place de la guerre contre les Moissonneurs est une astuce pour rajouter de l'action. Toujours est-il que le contexte du troisième opus se prête beaucoup moins au rythme du premier.

C'est souvent le souci de toute façon: quand un studio fait un jeu, quand NOUS voulons faire un jeu, on se dit le plus souvent "je veux faire un zelda-like" ou autre genre de jeu. C'est la génération actuelle qui s'inspire beaucoup de tout. C'est comme ça, et je ne pense pas que ça risque de beaucoup changer, il faudra attendre un moment avant qu'on arrive à changer la mode. C'est comme à l'époque 16 bits où les jeux d'aventures se mélangeaient avec les jeux de plate-forme en scrolling horizontal. C'est une mouvance, un symptôme de "je veux faire un jeu d'aventure, le plus approprié et qui marcherait, ça serait de faire comme...".
Il y a toujours des studios qui tentent de nouvelles choses, comme Heavy Rain ou Journey, et dans un futur proche, il y aura certainement un jeu qui marquera une nouvelle tendance. Pour moi, c'est pas l'uniformisation qui rend les jeux mauvais, le mélange des genres est un moyen de raconter ce qu'on veut pour que ça parle au plus grand nombre.
BlackLabel
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BlackLabel

Mettre 0 a un jeu, c'est sûr, ça fait réagir, mais où sont les arguments, où sont les propos pour faire bouger les choses?


Ben ça a fait bouger les choses pour Mass Effect 3. Par contre les arguments sagement étayés... les éditeurs s'en fichent. C'est pour ça que je dis que le bashage c'est approprié ; ça donne des résultats. Ils craignent pour leur argent, donc ils essayent de te satisfaire.

Après je ne dis pas que c'est bien, et que les résultats sont bons. Ça fait juste remuer la merde selon moi, et cette merde, elle ne vient pas des joueurs.
jinsayen
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jinsayen
Cronos "Même si le premier Mass Effect était plus exploration, ça restait un TPS mâtiné de RPG."

Je tiens à préciser tout d'abord que je n'ai pas encore fini Mass Effect.Dire de Mass Effect que sa composante principale est le TPS je trouve que c'est nier toutes les heures que l'on passe ou que l'on peut passé à explorer, à échanger, à se documenter sur l'univers etc... font qu'on ne peut pas, à mon sens réduire Mass Effect à un TPS avec un peu de RPG de ci de là.
Les combats n'étant pas légion dans le premier opus, qui ont par ailleur une composante tactique à ne pas ignorer, je trouve dommage d'avoir augmenté la dose d'action et comme le dis BlackLabel perdu le feeling d'origine.
Qu'on cherche à améliorer la formule oui, qu'on singe betement la concurrence non.On est pas forcé, dès que l'on tire dans un jeu de se reféré à chaque fois au ténors du genre, on est pas obligé de foutre dans tout les jeux les dernières "améliorations" de gameplay. Sinon il en résultera un gameDesign batard (Re 6, Mass effect) et mal foutu ni vraiment un TPS efficace, ni vraiment un jeu avec cses spécificités d'origine.

Les jeux d'action/jeux de tir/3ème personne d'aujourd'hui convergent tous dans la même direction, ils adoptent tous la même putain de vue, les mêmes gameplay.
J'en suis venu à adorer la vue/la caméra du premier Resident Evil.Pour la précision je ne suis pas un fan absolu de la saga, je nai joué qu'au quatre, que j'ai adoré, et pourtant je ne crache pas sur la maniabilité sur la caméra etc...
Comme quoi on peut aprécier ce genre de jeux au gameDesign archaique encore en 2012 sans les avoir découvert au moment de leur sortie.

Désolé pour la longueur et le focus sur "l'uniformisation des jeux actuels" qui n'est pas exactement le sujet d'origine mais comme toute personne qui a internet je n'ai pu m'empecher de faire part de mes impressions et d'ajouter mon grain de sel^^
Kalakoukyam
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Kalakoukyam
Excellent billet !
Cronos
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Cronos
Le premier Mass Effect était fichtrement rigide. Alors, c'est sûr, c'est une jouabilité qui lui est propre, mais si dans d'autres jeux ça fonctionne, je préfère qu'ils récupèrent des choses. Du coup, le 3 était beaucoup plus souple et agréable à jouer
Après, l'article ne vante pas les mérites des éditeurs, bien au contraire. Ce que je sous-entends c'est que la hargne des joueurs est le plus visible et notable quand ce sont des éléments propre au jeu.
La fin de Mass Effect 3 n'a rien à voir avec l'argent. Certains pensent que EA a poussé Bioware a crée une telle fin, je ne vois pas l'intérêt de faire ça, même financièrement. De même que bioshock infinite. La colère des joueurs se basent sur des éléments qui ne leur plaisent pas, à eux, et artistiquement, et non pas vis-à-vis de l'argent. Et c'est ça que je pointe du doigt.

Bien sûr qu'on se tape des jeux de plus en plus génériques (quoique mettre Far Cry 3 dans le même panier, c'est ne pas voir que le jeu est plus riche qu'il n'y paraît, surtout au niveau scénario). C'est chouette les jeux comme Journey ou WD, bien au contraire, je suis le premier à les soutenir. Mais dans un sens inverse, ça reste des expériences vidéoludiques, et je suis content d'avoir un Far Cry 3 à côté. Pas la même expérience, mais pas forcément plus mauvais.

Le cynisme mercantile existe, évidemment, mais la méthode du bashage n'est pas logique et approprié, elle est gratuite et irréfléchie. Mettre 0 a un jeu, c'est sûr, ça fait réagir, mais où sont les arguments, où sont les propos pour faire bouger les choses? Mis à part les insultes? Et le double tranchant de tout ça, c'est qu'ils vont réagir en épurant encore plus les jeux. Le dialogue est en sens unique, je vois pas l'intérêt. Les développeurs se contentent du coup de s'excuser et tenter de comprendre pourquoi ça n'a pas marché.
BlackLabel
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BlackLabel

Même si le premier Mass Effect était plus exploration, ça restait un TPS mâtiné de RPG



Dans le premier Mass Effect tu as une façon presque naturelle de te déplacer qui prend le poids du personnage en compte, la couverture se fait automatiquement, et tu peux te baisser. Dans Mass Effect 2 c'est devenu plus rigide et mécanique comme dans Gears of War. C'est ça que je veux dire. On passe d'un jeu avec un feeling à lui à un TPS générique.
Maintenant le modèle c'est Uncharted avec ses explosions et ses sauts lunaires et son infiltration du pauvre, et pour le FPS c'est CoD.

Après oui faut faire de l'argent, mais t'es pas obligé d'en faire n'importe comment non plus, par ailleurs qu'est-ce qui prouve que l'uniformisation des genres vend plus ? De toute façon cette uniformisation ne vient pas que des éditeurs, elle vient aussi des devs qui se paluchent sur Uncharted 2 et RDR et veulent faire leur version en moins bien.

Pour finir, je ne dis pas que les bashages sont une bonne chose. Je dis juste que c'est au même niveau que l'industrie, c'est le même manque de respect. Le problème ne vient pas des joueurs, ça a dérapé dans l'industrie, juste après le tout début de cette gen, quand on est passé de jeux traditionnels aux espèces d'étrons consanguins à base de DLCs qu'on se mange à longueur d'année (et Far Cry 3 en est un surpuissant dans son genre).

Quand les jeux de l'année sur GB sont des trucs dont on n'est même pas sûr que ce soit des jeux (Journey et TWD), ça prouve quand même que les gens, malgré toute la putasserie technique et la violence de mauvais goût des titres AAA, savent encore faire la différence entre le cynisme mercantile et les visions artistiques authentiques.

Et on répond au cynisme mercantile comment ? En bashant sur metacritic car on sait qu'ils sont frileux sur les notes.

Je le répète ; je ne cautionne pas la démarche. Je dis juste qu'elle est logique et appropriée.
Cronos
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Cronos
BlackLabel > Même si le premier Mass Effect était plus exploration, ça restait un TPS mâtiné de RPG. On peut critiquer autant qu'on veut le côté Gears of War, mais le contexte de guerre dans le 3 est une raison suffisante pour justifier cette démarche, même si elle ne plaît pas à tout le monde.
Il faut commencer aussi à se rendre compte que les éditeurs s'occupent des jeux pour de l'argent. Leur but est de faire de l'argent, c'est leur métier. Je n'ai pas envie de dire que c'est normal de se retrouver avec des jaquettes comme ça, ou des genres de plus en plus proche, parce que c'est ce qui marche, c'est ce qui fait de l'argent. Et les grosses sociétés, elles doivent en gagner. La grosse différence, c'est quand un Bioshock Infinite tente de créer un univers riche et passionnant, quand Far Cry 3 arrive à placer des niveaux de lecture vraiment intéressants tout en rendant le jeu complètement dans le moule, quand un Spec Ops The Line vend son jeu comme un TPS lambda mais se révèle bien plus subtil et corrosif que son marketing veut le faire croire...
Resident Evil 6 est un cas à part parce que ça fait des années que Capcom singe l'Occident:

Lost Planet 2: jeux coop
Dragon's Dogma: Skyrim
Resident Evil 6: Gears of War
Lost Planet 3: Dead Space

Mais il reste que il y a meilleur moyen que de basher le jeu gratuitement et de l'insulter violemment plutôt que de faire des remarques constructives. Les joueurs sont peut-être en colère, mais ça ne pardonne pas la puérilité de leurs propos.
BlackLabel
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BlackLabel

Le véritable problème, surtout quand on regarde Mass Effect 3, c'est que cela influe sur l'intégrité artistique.


D'après moi tu prends le problème complètement à l'envers. C'est l'industrie qui a commencé à formater ses jeux sur cette gen pour plaire aux joueurs, ce qui en a fait des enfants-rois. Et maintenant le processus a échappé à l'industrie et ils se retrouvent prisonniers de leurs propres manoeuvres.

Resident Evil 6 c'est le parfait représentant du jeu qui voulait plaire à tout le monde en partant dans tous les sens, ben ça n'a pas marché et c'est le retour de flammes. Mass Effect avait un feeling bien à lui avant de devenir Mass of War. Bioshock Infinite, sa jaquette sur des choix marketing avec un Nathan Drake badass et poseur, oui c'est naze. Far Cry 3, Splinter Cell Blacklist, Hitman Absolution, Dead Space 3, même combat dans l'uniformisation des genres.

La réaction des joueurs est excessive, mais elle est aussi complètement appropriée. On te considère juste comme un client, on ne s'intéresse qu'à ton argent ? Eh bien, les joueurs rendent à l'industrie le respect qu'elle porte à ses créations (autant dire aucun) et donc aux joueurs... excuse-moi ; aux clients. Et dans le monde du commerce, le client est roi.

Ce qui est regrettable, c'est que certaines cibles ne sont pas pertinentes, ou moins pertinentes que d'autres. Et que forcément là-dedans les avis ne sont pas toujours intelligents ni honnêtes. Mais le problème ne vient pas des joueurs à l'origine.
Cronos
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Cronos
waldotarie> non, c'était pas au sens premier, mais je remarque que surtout dans les jeux vidéos, les principales actions sont faites sur le web, l'anonymat aidant beaucoup. Même les actions plus importante utilisent le web (Anonymous) et sont rarement en IRL, comme tu le dis.
corwin> c'est sûr, l'argent entre en jeu, mais là ce que je dénonce c'est principalement pour des choses plus basiques. Une jaquette est là pour une question marketing, donc pour faire rentrer plus d'argent, mais elle ne change pas le jeu pour autant. C'est ça la bêtise: de s'exciter sur une jaquette qui n'a aucune influence sur le jeu final. Je comprends ton point de vue, et c'est tout à fait légitime de s'attendre à un produit de qualité pour le prix qu'on paye. Notamment que le jeu soit conforme et fonctionne bien, qu'il n'y ait pas de bug. Après, que la fin soit pourrie ou bien, c'est le ressenti du joueur et c'est l'intégrité artistique qui est remis en question, ce n'est pas une question d'argent.
Fenrile
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Fenrile
Je pense sincerement que le "web 2.0" y est pour quelque chose, maintenant que beaucoup ont compris q'ouvrir leur gueule en grand pour tout et rien surtout dire du mal était sans consequence pour eux, sans compter les pseudo "true warrior gamer" qui commence a se faire legions, font que pour moi ces situations vont venir a terme a empirer et a se reproduire a chaque fois plus violente.
Waldotarie
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Waldotarie
Je ne dis pas que le web provoque seul cette immaturité attention ! Je dis qu'internet met plus facilement en avant ce type de comportement par un fort sentiment d'impunité (Et on en a la preuve tous les jours, suivez mon regard...). Insulter, cracher sur quelqu'un ou quelque chose, c'est très facile à l'écrit, ça l'est beaucoup moins quand on a la personne en face de soi. Et comme les personnes les plus virulentes sont généralement les moins intéressantes et les plus lâches IRL...
Sinon, je pense je pense que ça s'étend à toute la culture (je n'aime pas trop différencier la notion de culture "populaire" du reste, certains oeuvres très populaires tout en étant de grande qualité, et vice et versa. Par contre, on peut parler à mon sens d'oeuvres calibrées, mercantiles, pensées uniquement par rapport à une cible de marché et sans réflexion ou volonté de création artistique. Et c'est ce qui se développe de plus en plus, je le crains.)
corwin
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corwin
Je ne suis pas d'accord. Pour moi cela ne montre pas le pouvoir des joueurs mais le pouvoir de l'argent. Les joueurs pèsent sur les éditeurs parce que ces derniers ont peur de perdre de l'argent. À l'inverse les joueurs n'auront aucun poids pour bayonnetta 2 parce que l'argent n'est pas avec eux, il est chez nintendo qui finance le jeu.

Pour moi l'ensemble des phénomènes dont tu parles sont liés à la croissance du secteur. La mentalité de certains joueurs est très immature et couple avec le pouvoir qu'ils découvrent les fait agir comme des adolescents dans la toute puissance.

Personnellement comme je grandis, je déteste de plus en plus le secteur du jeu vidéo
seblecaribou
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seblecaribou
Excellent billet! D'ailleurs je vais en faire un billet réponse pour la peine! :D
Cronos
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Cronos
Nemesis> oui, pour Spec Ops c'était ironique, justement^^

Mais de toute façon, je me pose la question de savoir si c'est le web qui provoque cette immaturité au niveau des discours, comme le dit Waldotarie, ça ne se limite pas aux jeux vidéos, mais surtout à toute la culture populaire.
l'exemple des Sopranos de Nemesis est flagrant: j'ai trouvé cette fin tellement couillue, vraiment chouette, comme un livre qui laisse un minimum d'imagination. Et même si je ne l'avais pas aimé, la vie continue quoi, le cinéma, la série, le jeu vidéo, ça reste un divertissement, un média, avec ces surprises et ces déceptions. Mais s'exciter sur des jaquettes ou des fins de jeux est assez désolant alors que la politique des DLC, des online pass ou d'autres trucs du genre sont beaucoup plus dommageables.
Waldotarie
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Waldotarie
Je n'aime pas du tout cette jaquette, pour tout ce qu'elle véhicule, mais peu importe. Je n'irais pas cracher sur 2K pour ça, c'est le jeu qui est important en soi.
Le gros problème c'est que tout ça se passe sur internet, où les gens oublient complètement les notions de respect, de mesure, et font des amalgames terribles (les événements de ces derniers jours en sont la meilleur preuve malheureusement...)
Dire que l'on n'est pas d'accord avec la jaquette de BioShock Infinite, les propos de JulienC ou Claire Gallois, pourquoi pas (et même je serais plutôt pour, ouvrir un débat et une réflexion, ce n'est pas une perte de temps), mais il faut que ce soit fait de manière intelligente, sans insulter l'autre, sans agressivité bête et démesurée. Et c'est vraiment là que le bât blesse.
Je trouve ça assez inquiétant de voir comment la médiocrité intellectuelle, la frustration et la lâcheté mènent certaines personnes au bashage en règle. Et ce qui m'inquiète le plus en fait, c'est que cette analyse, parfaitement juste au demeurant, s'étend à l'ensemble des composants de la société... Et que le jeu vidéo n'en est finalement qu'un reflet !!
Et parler de maturité et d'intelligence dans le jeu vidéo, c'est se confronter aux limites qui sont atteintes actuellement pour toutes les oeuvres culturelles, avec une propension à générer des oeuvres "grand public" calibrée, marketée, et avec un fond douteux...
Martinman
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Martinman
Ouah, quel boulot !

C'est fou comme une jaquette peut déclencher la folie des joueurs (moi je l'aime pas trop, mais ça veut pas dire qu'elle est moche, pourquoi faire un scandale ?)...

Espérons que 2013 soit moins riche en ce genre de rebondissements et le soit plus en bons jeux :)
Nemesis-8-Sin
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Nemesis-8-Sin
Totalement d'accord avec ce billet, et c'est flippant.

Je ne fais pas partie de ceux qui aiment la jaquette de Bioshock Infinite (au passage, je trouve l'allusion à Spec Ops maladroite puisque dans celui-ci le drapeau américain est on ne peut plus approprié, d'autant qu'il est retourné). Problème : je n'aime pas les alternatives proposées non plus. Vais-je gueuler et militer pour qu'on change ça? Non. C'est la volonté des développeurs, des créateurs du jeu, et je m'y plie, parce que c'est à eux de faire leur jeu, et pas à moi de décider de ce que je veux y voir apparaître. Cette manie de gueuler pour rien, ou pour quelque chose (la fin de ME3, que j'adore, n'appelait aucune extension pour moi) montre également une chose bien plus grave : les développeurs et éditeurs, parfois, rampent littéralement devant les joueurs, en cèdant à leurs requêtes puériles.

Que se serait-il passé si la colère des spectateurs à la fin de la série The Sopranos avait eu gain de cause? si David Chase avait décidé de tourner une ultime scène où tous meurent dans ce restaurant (de l'aveu des scénaristes, c'était la piste choisie)? On ne saura jamais, parce que Chase, après la fin, avait fait son taffe, pour le meilleur ou pour le pire. Il est même venu s'exiler en france quelques temps, pour se protéger de la colère de spectateurs qui lui envoyaient par courrier des menaces. Exagéré? certainement. Mais il n'a pas cédé, parcequ'une oeuvre, une fois terminée, n'a pas à être retouchée, d'aucune façon, qu'il s'agisse de faire plaisir à une bande de gamins capricieux (Mass Effect) ou de se faire plaisir à soi-même parce que "c'est à moi, et vos gueules" (Star Wars). J'aimerais parfois que les développeurs actuels aient les couilles d'envoyer chier ceux qui ralent pour tout et n'importe quoi. et je suis quelque part, heureux que ça n'arrive "que" maintenant, parce que si Mgs4 était sorti cette année, je crains que sa fin n'ait subi quelques foudres, voir un changement. Je déteste la fin d'Mgs4, mais je l'accepte. C'est ce qu'on appelle respecter la vision d'un auteur.

Concernant l'intégrité de la presse, même traitement : on peut douter de tout, mais le bashing permanent pour la moindre faute de frappe ou ambiguité est aussi crétin que la naïveté aveugle de croire en leur indépendance. Les extrêmes ne sont jamais bon, et si une pomme est pourrie (sans citer de nom ni dénigrer qui que ce soit), autant jeter un oeil à tout le panier, des fois que. Toujours est-il que ces caprices n'ont pas à être. Donner son avis, oui. Réagir comme des gosses gâtés qui sont pas content que ça se passe comme ils veulent...non. (cela peut aussi s'appliquer à David Cage et les permanentes railleries sur le moindre mot qu'il sort, et sur bien d'autres choses)

Bref...Plus que l'uniformisation des genres, la diversité des expériences ou les lois du marché vis à vis de certaines tendances, c'est ce public ingérable, inbitable, rageur et tout puissant qui me fait craindre le pire pour l'avenir de l'industrie.