L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

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Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Carnets de route

Récemment, je me suis remis sur GTA IV, pour une énième fois. Et comme à chaque fois, je suis toujours sur le cul devant ce jeu, ce travail de fourmi qui a permis à Rockstar de créer la ville la plus vivante qui m'ait été donné de voir. Même les autres jeux du genre n'arrivent pas à ce niveau de détails et de petite touche qui font de GTA IV un jeu si particulier. Au-delà de l'aspect sulfureux qu'il a traîné sur les précédents épisodes, GTA IV a marqué un tournant en tentant quelque chose de plus sérieux et en faisant moins parler de lui pour ses délires violents. Je ne sais pas si c'est juste devenu une habitude pour la saga et ce quatrième épisode a perdu beaucoup ses fans qui espéraient retrouver le côté délirant et grandiloquent de San Andreas. Mais si je ne devais retenir qu'un seul jeu sur cette génération de consoles, ce serait GTA IV. Ambitieux, véritable condensé du gameplay et de la réalisation de ces dernières années, GTA IV vit aussi pour Liberty City, impressionnant vivier de PNJ qui s'occupe à leurs petites affaires, sans forcer la chose (ça reste limité) mais avec un background incroyablement riche et bien plus fourni qu'on pourrait le penser.

Liberty City est une version-hommage à New York City, et représente le rêve américain. Le Parrain, Scarface et autres montrent la ville et sa statue de la Liberté comme un symbole d'une nouvelle vie, avant d'être irrémédiablement déçu. GTA IV commence de la même façon, mais Niko, qu'on croit d'abord appâté par l'argent et la belle vie, se découvre un passé plus trouble où la vengeance le guette. Dès notre arrivée sur les docks avec Roman, son cousin, on est frappé par une chose: le luxe de détails de Liberty City. De nuit, les lumières des lampadaires livrent une ville avec une âme, une envie, celle d'éblouir le simple passant, et grouille de personnages dans tous les sens. Les dockers affairés à leurs affaires, ou les prositutées qui font le trottoir et embarquent de temps en temps dans la voiture d'un riche homme d'affaire venu y trouver du plaisir. Liberty City est constamment en mouvement, et dès les premières minutes, on a cette agréable sensation que la ville ne tourne pas autour de vous, qu'elle est indépendante et vit sans se soucier de votre personnage.

Evidemment, beaucoup d'astuces permettent de faire illusion. Le fait que Liberty City soit finalement qu'une île en pleine mer permet de ne pas se poser de questions sur des éventuelles barrière invisibles. Là où un Red Dead confine le personnage en lui ôtant sa capacité à nager, GTA IV enferme le joueur dans un microcosme où il est libre d'aller absolument partout (sauf les intérieurs) et de nager où bon lui semble. C'est cette liberté qui rend le jeu si accrocheur. Puis il y a la fameuse progression bien connu des GTA avec des îles à visiter. On peut très bien y accéder quand on veut, mais les éléments se débloquent au fur et à mesure, et on n'aura pas forcément l'envie de visiter les autres îles quand rien ne nous attire là-bas, mis à part des décors supplémentaires. Le joueur découvre donc au fur et à mesure l'étendue de l'aire de jeu, qui est relativement grande.

Enfin, non, elle n'est pas si grande que ça. Quand on compare à d'autres jeux, certains sont au-dessus, comme un Just Cause 2, mais là, c'est peut-être une comparaison pas très intéressante. Par contre, là où GTA IV fait fort, c'est dans son détail. Il suffit de prendre l'hélicoptère et de voler au-dessus de la ville pour constater que à l'échelle humaine, la ville est immense et que chaque quartier, chaque bâtiment, chaque petite ruelle, est unique. On sent que les développeurs ont pris du plaisir à créer un espace rempli de petits endroits travaillés au maximum, qu'on arrivera à reconnaître au fur et à mesure car on saura que la moindre pancarte publicitaire sur un mur ou un bâtiment avec une architecture particulière sera unique. Chaque île a sa particularité: Broker pour le côté quartier modeste et docks, Algonquin pour les hauts buildings et les hôtels de luxe, et Alderney pour la partie industrielle. En roulant un peu, on devine rapidement sur quelle île on se trouve. Et il suffit de passer du ciel à une petite ruelle pour se rendre compte du boulot de malade de Rockstar: chaque endroit possède sa patte, son importance et son style unique. Il suffit d'aller dans chaque station de métro pour se rendre compte que chacune d'entre elles possède un truc en plus, quelque chose qui la rend unique. Les intérieurs ne sont pas en reste, mais c'est le seul point qui condamne un minimum le jeu et qui le limite aux performances de la machine, avec beaucoup de bâtiments désespéremment fermés. Qu'à cela ne tienne, les gros bâtiments accessibles comme les clubs de strip-tease ou les bars possèdent une vraie atmosphère qui continue à subjuguer.

Mais Liberty City ne serait pas ce qu'elle est sans ses habitants. On n'à qu'à se promener dans la rue pour constater le grand nombre de personnages différents, occupés à leurs affaires: les balayeurs du Chuckin Bell qui nettoient à l'extérieur, le mendiant qui quémande et dont vous pouvez contribuer financièrement, le gars affairé à son coffre de voiture qui reste désespéremment accroché lorsque vous la lui piquez ou encore le policier un peu enrobé occupé à courser un voleur à la petite semaine. Il suffit aussi d'aller au "Central Park" de Liberty City pour trouver des séances de gym le matin, ou des joggeurs qui courent le long du lac. Ils ont tous leurs propre démarche, et même dans le métro on constate cette multiplicité des caractères, même si on a pas forcément d'interaction directe avec eux. Rien que le fait que de braquer une petite vieille qui se laisse faire sans discuter ou un gros baraque qui commence à sortir son flingue témoigne de la volonté de Rockstar de multiplier des personnalités différentes suivant les gens, et qui représentent une véritable âme sur Liberty City. La possibilité de rencontrer des personnages aléatoires et de leur rendre service avec Niko Bellic est une excellente idée et renforce cette notion que en dehors des personnages de l'histoire, il existe d'autres personnes qui ont aussi leur souci et qui vivent leur vie.

Tout ça est renforcé par les multiples détails sans utilité comme la télévision, les émissions de radio, les spectacles de Ricky Gervais ou les numéros hilarants des cabarets. Mais ces détails renforcent cette immersion, cette vie en coulisses, l'anti Truman Show qui fait que lorsque vous ne regardez pas, les gens continuent à vivre. Une sorte d'anti-thèse du jeu vidéo en somme, où la plupart des jeux font en sorte que le joueur soit conforté dans l'idée que tous les personnages autour de lui sont conscients de son existence, une sorte de forme d'égoïsme du joueurs, un "je" à la troisième personne pour que le joueur se sente maître du jeu et qu'il y en ait que pour lui. GTA IV n'est pas dans cet optique. Les PNJ poursuivent d'autres PNJ et il n'y aura que pendant les missions, directement concerné par les héros, que le joueur ne verra pas que la ville tourne autour de lui. Mais les petits détails entre les missions renforcent ce côté urbain, moins présent dans un Red Dead par exemple, parce que le jeu se veut aussi plus rural ce qui est plus compliqué à faire. Rockstar avait donc placé les fameuses petits saynètes qui poussent le joueur à poursuivre un voleur ou aider une femme en prise avec un brigand.

Là où Rockstar a fait aussi très fort, c'est dans ces DLC. On passe sur le fait que Rockstar avait compris à l'époque (je dis à l'époque, parce que quand je vois Red Dead ou Max Payne 3, je me dis qu'ils se sont rangés comme tout le monde) le véritable intérêt de proposer des DLC. Mais au lieu de proposer une histoire indépendante qui aurait peut-être pu raconter des éléments antérieurs ou postérieurs à l'histoire, Rockstar a choisi de croiser les histoires, un peu comme Traffic. En continuant cet aspect de GTA qui veut que le joueur n'est pas seul à Liberty City, les DLC placent le joueur dans la peau d'un autre personnage, mais qui est en lien direct avec Niko Bellic. On retrouve cet aspect de "eehhh, tu n'es pas tout seul, moi aussi j'existe!". On se rend compte que le simple personnage comme Johnny qui servait juste de partenaire possède une vie, lui aussi, et que le quidam nommé Luis pris en otage dans la banque que Niko et Pakie braque est aussi important que Niko est a ses propres problèmes. On retrouve cette multiplicité des personnages qui empêchent le joueur de penser qu'à sa propre personne et de continuer à rendre la ville aussi vivante. Et le fait de croiser des personnages connus entre les histoires, ou de découvrir certains pans d'éléments scénaristiques comme la fameuse croisade aux diamants et l'enlèvement de Gracie sur les deux parties (Niko et Pakie qui l'enlèvent, Luis et Tony qui tentent de la retrouver) ne font que renforcer cet aspect. 

Voilà, ce petit billet est destiné à clamer mon amour pour GTA IV, le seul jeu bac à sable qui me donne le sentiment d'être une simple fourmi au milieu d'un véritable éco-système qui évolue tout seul, sans qu'on ait forcément des interactions à faire pour changer le background d'un jeu. Avec de multiples astuces scénaristiques et scénographiques, Rockstar a réussit à donner cette impression particulière, de rendre Liberty City vivante et complètement autonome de nos choix et de nos actions. En espérant que GTA V continue dans cette voie...

Voir aussi

Jeux : 
Grand Theft Auto IV
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Commentaires

GeorgesProfonde
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GeorgesProfonde
@ Upselo :

Non, non justement Scarface se passe directement à Miami (enfin scenaristiquement, car la scene du camp est tournée à L.A. si je dis pas de betises, avec le pont au dessus), on voit lors du generique l'arrivée des bateau en provenance de Cuba, puis comme le dit BlackLabel, on voit ensuite Pacino aux douanes.

Néanmoins, il n'est pas impossible que la statut de la liberté soit "montrée", dans le générique pour le symbole.

Apres on à aussi le vieux scarface en noir et blanc dont s'inspire le Scarface des années 80 finalement, mais celui ci se passe à Chicago si ma memoire est bonne.
BlackLabel
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BlackLabel
Tu confonds peut-être avec le Parrain quand Vito arrive aux États-Unis ^^
Scarface si je me souviens bien ça commence directement sur un gros plan de Pacino aux bureaux des douanes.
Cronos
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Cronos
C'est ce que je crois me souvenir, je suis persuadé d'avoir l'image de Pacino sur un bateau (ça rime) en face de la statue de la Liberté, mais je me trompe peut-être.
upselo
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upselo
J'ai dit que j'avais été bluffé par le sens du détail de la ville dans LA Noire, pas que je la "préférais". Mais c'est vrai que c'est plus une reconstitution authentique, qu'un espace ou tout est plus explicité, symbolique et donc plus distinct. J'ai trouvé aussi que les devantures étaient mieux faites, alors que dans GTA IV, on voit rapidement celles qu'on ne peut pas visiter, ce sont de "simples" textures.

@Georges Profonde : j'ai tilté là dessus aussi, mais je me demande s'il ne passe pas par New York au début du film (en fait ce serait quand même étrange de venir à New York en partant de Cuba...).
GeorgesProfonde
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GeorgesProfonde
Je vais pinailler (rapport au début du second paragraphe), mais scarface (celui des années 80) se passe à Miami pas à New York.
BlackLabel
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BlackLabel
Une excuse à quoi ?
Avenors
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Avenors
Contrairement à Saints Row, Mafia et L.A Noire, où la map sert tout simplement de décor, support de l'histoire, celles de RDR et GTA IV se suffisent à elles même, peu importe le scénario. Pour preuve, les centaines (voire milliers d'heures) que j'ai passées sur GTA IV, en multijoueurs, en mode libre où tu n'as justement aucun buts.

Sinon, article bien écrit qui rend hommage au boulot de Rockstar.
BlackLabel
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BlackLabel

Ce qui m'a gêné dans LA Noire, c'est le coté random de la ville. Ou son coté trop crédible calqué sur la réalité de cette époque. Un peu des deux sans doute. Enfin, contrairement à GTA, et Red Dead, je n'y ai pas senti ce coté soucis du détail qui fait qu'après seulement quelques heures de jeux, tu connaissais dans les grandes lignes la villes et tu n'avais pas vraiment besoin de la carte.



Red Dead et Liberty City c'est du modèle réduit, c'est limite caricatural et ça aide à s'y retrouver. LA Noire c'est à échelle, c'est facile de s'y perdre quand tu arrives dans un quartier résidentiel qui se limite pas à 3 maisons.

C'est pas le même boulot à la base en fait. RDR et GTA ça donne vie à un univers fictif simplifié par rapport au vrai, c'est très dense au niveau formel avec une variété visible à l'oeil nu (comme dit Cronos pour les différentes personnalités des PNJs par exemple). LA Noire c'est plus dans la reconstitution historique minutieuse, un travail très profond et précis.

RDR et GTA c'est vachement immersif, mais LA Noire a pour lui un côté culturel qu'on a jamais vu dans un jeu vidéo. C,est carrément un voyage dans le temps. Manque plus qu'un gameplay :D
Cronos
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Cronos
La ville de Mafia II est plus un décor de jeu d'aventure qu'un vrai GTA-like, c'est mon gros ressenti. Rien que le fait d'enchaîner les chapitres à des moments précis de la journée ruine la liberté d'un GTA-like, sans compter que ce qu'il y a à faire dans la ville est sans intérêt et presque inexistant
Cronos
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Cronos
LA Noire était pas mal sur beaucoup de points, mais l'attention porté aux détails est quand même moindre, même si ça m'a bien plus aussi.
Je me suis remis à Mafia II aussi et même si ce n'est pas un GTA like, ce que j'ai trouvé dommage c'est que des petits zones sont ultrabien travaillés (chez la mama de Vito par exemple, la petite rue piétonne dans le coin est excellente), alors que le reste est moins bien sentie
Chipster
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Chipster
Ma plus grosse claque en terme d'immersion sur cette génération. Jamais je n'avais vu de ville aussi vivante, aussi crédible et détaillée. Et effectivement, c'est autant dû aux décors qu'aux piétons.
seblecaribou
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seblecaribou
Et c'est bien ce qui m'a un peu gêné en fait dans LA Noire au global. Comme on ne joue le flic que pendant ses heures de services, on ne connait pas très bien la ville dans laquelle on est ce qui est finalement assez en opposition avec le fait d'être flic (surtout gradé). T'es censé connaitre ton lieu de taffe dans ce genre de métier. Dans Mafia 2 par exemple, t'es pas trop incité à bouger dans la ville entre deux missions (vue que tu as toujours un objectif de pointé sur la carte) mais ça n'est pas vraiment un problème je trouve, je sais pas pourquoi...pt'être parce que la ville est assez petite. Dans LA Noire, ça m'a pas mal gêné en revanche je l'admets.
seblecaribou
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seblecaribou
Je me souviens qu'on en avait déjà parlé sur un post de blog, mais sur LA Noire, je n'ai pas trop apprécié la ville. Malgré le fait que les crimes te font visiter les grosses zones, je trouve qu'on a pas assez de choses réparties à faire pour bien la connaître et du coup, j'ai pas réussi à m'y attacher, parce que je ne la connaissais pas (et pourtant j'ai bien joué 40H à LA Noire). Alors que Liberty City, avec le nombre de missions dingue et surtout les déménagements successif, tu apprends vraiment à connaitre et à traverser chaque nouveau quartier. Il y a un vrai contraste entre le début et l'arrivée à Algonquin par exemple.

Du coup, j'ai hâte de voir GTAV aussi pour ça. Voir comment ils vont me faire aimer LA, qui n'est pas spécialement une ville qui me fait fantasmer (alors que sur les trois GTA de la PS2, San Andreas reste mon préféré).
upselo
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upselo
J'adore aussi Liberty City que je trouve bluffante et qui possède un caractère particulier, comme une personnalité, qui fait tout son charme. Les différents quartiers, l'impression d'être une fourmi dans la foule, ça marche très bien.
Ceci dit, j'ai été plus bluffé encore par le sens du détail de LA Noire, qui rajoute notamment beaucoup d'intérieurs, et une échelle encore supérieure. Après, c'est moins soigné au niveau des piétons, et Los Angeles a surement moins de charme que New York, mais tout de même.
seblecaribou
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seblecaribou
Je suis tellement d'accord avec toi...sur tous les points.
Je me suis rendu compte en le recommençant en Mai dernier qu'en fait il est passé devant Shenmue dans mon top 10...il est donc premier désormais.