
Avant-propos
Avant toute chose, je tiens à faire une ou deux précisions: s'il y a bien un genre qui m'a tiraillé dans tous les sens, c'est bien le RPG occidental (comprenez le hack'n slash RPGiesque à la Baldur's Gate ou Diablo, ou encore les MMORPG). Pourtant, on ne peut pas dire que je n'ai pas essayé. Simplement, une seule chose m'a toujours dérangé dans son gameplay, ce que j'appelle "l'interactivité indirecte". En gros le fait de passer par des boutons pour contrôler son ou ses personnages, de ne pas être dans la peau du personnage, mais plutôt dans la peau de quelqu'un qui le guide. Et ça m'a vite saoûlé: cliquer sur un ennemi pour que le personnage le tape tout seul, en cliquant de temps en temps sur un bouton de magie ou de soin, ça devient vite rébarbatif.
Attention, je ne critique pas le gameplay, il est souvent très bien, mais j'accroche pas, question de feeling. J'ai même passé pas mal de temps sur Guild Wars pour m'apercevoir que c'était lourd et rageant (accumulé à quelques notions de game design, notamment la résurrection, qui ont fini de m'achever). C'était donc avec une grande appréhension que j'abordais Borderlands...
Mordecaille...
Sauf qu'ici, on conduit vraiment le personnage, en vue FPS mais avec toutes les notions classique du hack'n slash: pourquoi pas ? Surtout qu'après la refonte graphique totale du design, le jeu était vraiment accrocheur (suivant les goûts). On commence donc le jeu par la sélection de sa classe: furieux, chasseur, sirène ou soldat. Je pense d'abord à la gonzesse, m'imaginant pouvoir mater ses fesses pendant tout le jeu, mais je me rappelle que c'est du FPS. Mon choix de porte donc sur le chasseur, suffisamment fourbe pour pouvoir m'amuser un minimum.
Première constatation: c'est joli. Sans être techniquement ébouriffant. Mais le jeu possède un cachet certain, les décors post-apo sont plutôt joliment emballés dans du cell shading qui donnent l'impression d'évoluer dans un comic-book violent et crasseux.
Deuxième constatation: c'est complètement con. Le petit "clactrap" se la pète à chaque instant, nous faisant bénéficier d'une chorégraphie très enjouée. Mais les autres personnages "gentils" sont moins délirants, ça reste soft, posé (à part un ou deux persos, que l'on entend plus qu'on les voient). Par contre, les ennemis sont bien plus sympas: des tarés habillés avec des panneaux de signalisation, des boss bien funs ("Nine Toes, also he has 3 balls..."), des saletés de Skrags (et plus tard des saletés d'insectes).
C'est aussi un des reproches que je fais sur l'univers: arrivé à New Haven, on tombe enfin sur une vraie petite bourgade, avec d'autres paumés. Mais seulement voilà: seuls deux-trois parlent, à croire que tous ceux qui ont un masque sur la tronche ne peuvent pas dire un mot. Ils se contentent de hocher la tête, mais ne vaquent même pas à leur occupation. Un peu dommage. Surtout pour un titre qui se vantaient de proposer un monde à la Mad Max. Je ne dis pas que ce n'est pas le cas, au contraire, mais j'aurais aimé bien plus...

"On va voir si ces fumiers s'accrochent encore à 90 !"
Le feeling. C'est ce que je redoutais. Je fais mes premières missions, des choses plutôt simples, comme dans tous bon MMORPG qui se respecte. Et puis je tue quelques skrags, je me marre quand je dégomme la tête d'un nabot qui me fonçait dessus la hache à la main en hurlant. J'augmente de niveau et je découvre la compétence du héros, un piaf nommé Sanguine (que je renomme moi-même Bob, comme toutes les bestioles accompagnant mon personnage dans un jeu). Je pousse des exclamations en découvrant des tonne de nouvelles armes, vraiment différentes, allant du shotgun aux balles rebondissantes à la grenade téléportante, en passant par des flingues électriques. Mais surtout, chose que je n'avais pas retrouvé depuis un moment, les armes ont toutes un excellent feeling. Quand on utilise un SMG au munitions explosives, le jeu affiche des textures crades devant le souffle de l'arme, on a un sentiment de puissance juste extraordinaire. Les shotguns ont la patate, les revolvers ont une excellente sensation, autant au niveau du recul que de la balistique. Chaque arme possède sa propre identité, que ce soit au niveau visuel ou sonore.
L'armement est varié, les missions moins. Aller à un point A, tuer des bestioles, parfois prendre un objet, et revenir. Je m'y attendais, mais au final, je ne me lasse pas, grâce à d'autres aspects. Je trépigne d'impatience à l'arrivée d'un nouveau niveau. Je prends plaisir à gambader dans les badlands, à pied ou en bagnole, en stressant quand quatre ou cinq gros skrags foncent sur moi et me piègent dans un coin, alors que leur maman "hulkiesque" me balance de l'acide à la tronche.
Je n'ai pas encore testé le coop, ce que je ferais dans un futur proche, mais je ne doute pas du décuplement de fun que ça va provoquer. Une excellente surprise, qui me réconcilie avec le hack'n slash (surtout parce que c'est aussi du FPS). Je n'ai pas encore fini le jeu, c'est d'ailleurs pour ça que je mets mes impressions à chaud maintenant, parce que mon avis sur un titre peut changer du tout au tout après l'avoir terminée, sans forcément de raison valable. Peut-être mettrais-je la suite de ce carnet de route, mais pour le moment, Pandora aura eu raison de moi!
