L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

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Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Carnets de route

Profitant d'une petite promo sympathique pour Pâques, j'ai eu l'occasion de faire Crysis 2 sur PC. Vraiment perplexe face au changement radical d'ambiance par rapport au premier et à ce sacrifice technique au profit des consoles, j'ai donc lancé la campagne solo avec une petite apppréhension. Je ne m'attarderai pas sur le mode multijoueur, vraiment classique et faisant la part belle aux affrontements nerveux mais loin d'être dantesques pour autant. Un multi qui offre le minimum syndical, avec toute la clique des niveaux à passer et des bonus à débloquer, une recette normale de nos jours.

Dans un New York sous l'attaque de belliqueux aliens, vous êtes Alcatraz, un marine faisant partie d'un groupe chargé de trouver deux personnes importantes et essentielles pour contrer l'attaque alien: un certain Nathan Gould, scientifique de son état, et Prophet, que les joueurs du premier Crysis connaissent bien, et qui possède une nano-combinaison aux pouvoirs plus mystérieux qu'il n'y paraît. Autant le dire tout de suite, mis à part Prophet, la combinaison et certaines évocations des évènements avec des personnages ayant des liens assez légers, le lien avec le premier Crysis n'est pas franchement évident. Certes, Prophet est de retour, mais même les aliens ont l'air bien différents de ceux qu'on affrontait dans le premier. On a l'impression que Crytek veut lancer la licence avec cet épisode, en proposant une histoire que les néophytes comprendront à coup sûr... Le héros du premier épisode est donc complètement absent, sans indices sur ce qui aurait pu lui arriver.

La trame scénaristique tout au long de cet épisode va me permettre de discuter de toute la campagne marketing de Crytek autour du jeu. Comme certains le savent, Crytek n'a pas hésité à balancer quelques arguments en faveur de son nouveau bébé, en promettant monts et merveilles et en assurant au monde entier que l'expérience sera quelque chose d'unique. A commencer par le scénariste du jeu, l'illustre Richard Morgan, à l'origine de plusieurs romans de SF dont Carbone Modifié. L'auteur n'a pas hésité lors de quelques interviews à balancer des choses du genre:

"Il s'agissait d'un énorme retour en arrière en comparaison de CoD4 (à propos de Modern Warfare 2). Quand j'y jouais je me disais "Mon Dieu les gars, qu'est ce que vous avez fait ? Vous n'avez rien amélioré. L'histoire est pire et le jeu ne tient pas réellement debout, c'est juste un tas de missions."

"La raison pour laquelle cette histoire ne fonctionne pas (à propos d'Halo) n'a rien à voir avec le fait qu'on ne voit jamais le visage de Master Chief, cela tient davantage à des répliques du genre "Okay... Je vais grimper là-haut et tuer ces mecs". Halo est bourré d'archétypes de personnages merdiques."

Bon. J'espère sincèrement que le gars a déclaré ça avant d'avoir écrit son scénar', parce que le sien pour Crysis 2 ne fait pas vraiment figure d'exemple: archétypes militaires, histoire pas toujours super cohérente, rebondissements maladroits... L'histoire de Crysis 2 est ponctué de maladresses en tout genre, qui ne fera sûrement pas date. Et ça fait encore plus mal quand on lit les déclarations du gars à l'origine de l'histoire, qui n'avait pas intérêt à se foirer et qui est tombé en plein dans le piège de l'égo surdimensionné. Pire encore, le mutisme du personnage principal est complètement foiré, l'histoire nous le rappelle beaucoup trop souvent: plusieurs fois dans le jeu on demande au héros "réponds, mais réponds! Tu es là??", alors qu'évidemment il ne répondra pas, il est muet. Navrant. La mise en scène, quand à elle, est souvent très impressionnante, mais le minimalisme de la bande-son dans ces moments réduisent l'impact de ces séquences.

Passons maintenant en termes techniques. Ici, c'est beaucoup plus flou. D'abord parce que, toujours dans la campagne marketing, les producteurs nous affirmaient alors avoir développe, je cite, "les meilleurs graphismes jamais vus dans toute l'histoire du jeu vidéo". Concrètement, ce n'est pas le cas, le jeu comporte quelques petits coquilles comme des textures un peu légères par endroits ou autres petits points noirs. Et surtout, à trop vouloir copier Halo, on reprend aussi ses designs horribles pour ses aliens. Malgré tout, il faut reconnaître que le jeu est clairement dans le haut du panier, surtout sur PC. Là où Crytek a par contre brillamment joué son jeu, c'est dans le multi-plateformes.

Beaucoup de joueurs se sont plaint de cet aspect, que le fait de prévoir un jeu sur consoles a considérablement réduit les ambitions techniques de Crytek sur PC. Ça c'est certain. Mais dans une autre logique, cette contrainte leur a permis de maximiser les performances. Résultat: sur mon PC qui commence à bien viellir, Crysis premier du nom tournait difficilement, sans être au max de ses performances. Toujours sur cette même machine, Crysis 2 tourne presque à plein régime avec une fluidité exceptionnelle, avec des graphismes certes moins jolis, mais pas si éloignés du premier opus, surtout quand on reste dans les décors urbains. Ce que Crysis 2 perd en ambitions techniques (jungle à perte de vue, interactions avec la végétation), il le gagne en performance et en optimisation. Pendant le jeu, j'ai vraiment été content de ce choix, et d'avoir trouvé une alternative entre performance et technique. Ce qui m'a permis de profiter de jolis graphismes blindés d'effets en tout genre, tout en profitant d'un confort optimal. Les gars de Crytek ont donc quand même fait un excellent boulot avec cette version PC.

Tournons-nous maintenant vers le gameplay. Après un premier épisode privilégiant la liberté quasi totale (sur la première moitié du jeu) en proposant au joueur d'utiliser sa propre manière d'appréhender une situation, le deuxième épisode opte pour une progression beaucoup plus dirigiste. Mais en apparence. Parce que même avec toute la liberté qu'on avait, on était quand même obligé de suivre un chemin dans Crysis 1, certes très vaste, mais ce n'était pas un jeu bac à sables. Le deuxième opus offre la même approche, avec néamoins un espace beaucoup plus réduit, environnement urbain oblige. Mais le level design de cet opus est clairement une prouesse. Chaque situation de combat se retrouve posé dans une sorte d'arène. La combinaison vous propose alors plusieurs alternatives, signalés par des logos jaunes et affublés d'une option: furtivité, utiliser, prendre à revers... Certaines options sont par contre relativement vague (un "esquiver" m'a fait redescendre tout au début du niveau, sans vraiment me l'informer...), mais propose plusieurs façons d'appréhender des situations. Vous pouvez même "locker" les ennemis, les emplacements d'armes ou les objets d'interactions. Bien sûr, c'est désactivable, et aucunement obligatoire, à vous d'en faire ce que bon vous semble.

Et c'est là, la force de Crysis 2 par rapport aux autres FPS. Vous pourrez évidemment y aller comme un bourrin, mais vous passerez à côté de ce qui fait le sel du jeu. Les combats sont nerveux et vous force à alterner les modes de combinaison, à savoir armure et invisibilité. Il faut gérer du mieux que vous pouvez l'énergie de votre combinaison, en sachant qu'un coup de feu alors que vous êtes invisible désactive le mode et vide complètement l'énergie de l'armure, vous rendant vulnérable. Rien ne vous empêche d'y aller discrètement et d'éliminer les ennemis un par un, en sachant qu'ils ont la possibilité d'appeler du renfort. Tout se joue très vite, mais les capacités de la combinaison vous donne souvent l'occasion de reprendre votre souffle pour analyer les nouvelles situations. Pour peu que vous tentiez la chose, les combats se révèlent bien plus intéressants que dans la majorité des FPS. Si par contre vous optez pour une approche frontale et classique, le jeu risque de vous décevoir énormément.

En ce qui concerne le changement de combinaison, le passage de quatres à trois modes dont un passif, il était essentiel par rapport au changement d'environnements. Plus nerveux, plus petites, ces possibilités vous permettent de vous concentrer sur deux modes de combinaisons, tandis que le mode de puissance passif se traduit par le sprint, la stabilisation de tir, le saut boosté ou les interactions avec les gros objets comme les voitures. Ça permet d'éviter de changer trop souvent pour de petites actions et se couplent avec les deux autres modes très facilement. Ce qu'on perd en possibilités, on gagne en précision et en fluidité. Petit bémol: le saut boosté n'est pas des plus pratiques vu qu'il faut charger un certain temps avant que le saut ne se déclenche, alors qu'avant, le saut se déclenché quand on relâché le bouton. Du coup, ça force à anticiper le mouvement juste avant de sauter, et ce n'est pas très instinctif au début.

Cette approche en arène a pour effet sur le jeu d'être énormément décousue. Le jeu met donc l'accent sur ces situations que l'on voit approcher à chaque fois que la combinaison indique que des approches tactiques sotn disponibles. On sait alors qu'on arrive dans une arène. Par contre, le jeu vous offre aussi la possibilité d'esquiver complètement l'affrontement quand c'est possible. On peut donc très bien éviter un bon tiers des combats en se faufilant furtivement en évitant les ennemis. Mais on perd évidemment une grosse partie du jeu. Quand aux environnements, malgré l'aspect urbain de la chose, ils ont le mérite d'être plutôt varié, passant agréablement des vieux quartiers aux rues entourés de gratte-ciels, en passant par des monuments connus comme Bryant Park, Central Station, Times Square et même un final à Central Park comme vous ne l'avez jamais vu, et qui est plutôt surprenant. Le level design est souvent très bon, et offre quelques pointes d'originalités comme un passage de combat en haut d'un building coincé dans un autre qui vient de s'écrouler. Quelques passages en intérieur viennent compléter le tableau et offre des combats beaucoup plus restreints mais néamoins intéressants.

En bref, Crysis 2, c'est pas si mal que ça. C'est même plutôt chouette. Il offre une intéressante alternative aux FPS classiques en proposant des combats nerveux et tactiques, pour peu qu'on y met du sien pour utiliser ce qu'on nous propose. Les possibilités y sont vraiment riches pour un jeu du genre. Seul bémol, une narration trop décousue, une histoire pas folichonne malgré une mise en scène impressionnante mais qui manque de patate, et un design alien pas fabuleux, l'empêchent d'atteindre le haut du podium, et se contente d'être un très bon FPS. Ce qui n'est déja pas si mal.

Crysis 2, en trois lignes, c'est:

- quand même très très joli.
- des gros morceaux de bravoure, comme ce combat sous la pluie au milieu de Times Square.
- New York sous l'invasion alien, avec un petit air de Cloverfield.

Voir aussi

Jeux : 
Crysis 2
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Commentaires

Yohann26
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Yohann26
je vois pas grand chose à redire, malheureusement tout les défauts que tu mets en avant sont bel et bien là