L'extraordinaire et Intemporel Blog de Cronos

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Par Cronos Blog créé le 12/12/09 Mis à jour le 22/09/13 à 19h33

"Vers l'infini et l'au-delà!"

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Édito

Un peu de tout, souvent de rien, quelques billets selon l'humeur. Jeux vidéos, cinéma, comics, animation (surtout), et chaque dimanche, une petite sélection de travaux pointés ici et là. Accompagné de critiques de films ou de billets sur les mouvances vidéoludiques du moment. Sans mauvaise langue, foie de canard.

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Carnets de route

Je tiens à prévenir direct, l'article va être bardé de spoilers en tout genre, je ne m'embarasse pas de faire attention à telle ou telle révélation, le jeu est sorti depuis un moment et le billet s'appuie sur les éléments de l'histoire. Donc si vous n'avez pas joué au jeu et que vous avez envie de découvrir l'histoire par vous-même, passez votre chemin. Pour ceux qui s'en fichent, pas de soucis.

Je mets d'abord les choses dans leur contexte. Le premier MGS a été pour moi un choc, une claque asséné à une vitesse incroyable, un jeu qui restera porté dans mon coeur pour tout ce qu'il représente. L'histoire, les personages, la réalisation, le gameplay jouissif, tout ça fait de cet épisode un jeu culte, point barre. Le deuxième a réussi à garder l'essence du premier tout en améliorant tant graphiquement qu'au niveau du gameplay pour affiner et gagner en souplesse. Cela donne un deuxième épisode aussi bon que le premier, si ce n'est l'histoire qui commence à partir sur de dangereuses pistes.
Quand au troisième épisode, il figure comme mon épisode préféré, un jeu exceptionnel, celui où l'histoire est parfaitement équilibré avec un gameplay complètement renouvelé. Fini la technologie, place à la jungle, le camouflage et la survie. Baigné dans une ambiance James Bond géniallissime, cela n'empêche pas d'avoir un récit soigné et intelligent, qui ne part pas dans de folles lancées technologiques. Les personnages y sont pour beaucoup, et surtout The Boss, un des personnages les plus charismatiques et forts du jeu vidéo, qui possède une aura indescriptible tant par ses convictions que sa relation avec Big Boss. La scène finale dans le cimetière est une des plus belles scènes de jeu vidéo, chargé d'émotions fortes.

Et voilà, après trois épisodes pas égaux mais tout aussi forts, je viens de terminer ma partie de Metal Gear Solid 4. Et c'est perturbant. C'est en même temps ce à quoi je m'attendais mais pas de la façon que j'espérais. Autant vous le dire tout de suite, ma déception est très grande. Après un troisième épisode aussi faramineux, voir la série évoluer comme ça est plutôt terrifiant. Non pas qu'il est plus mauvais. Mais si je devais utiliser une image, je pourrais faire le rapprochement avec les groupes de musiques. Imaginez que les trois premiers épisodes sont des albums studios, le quatrième est une sorte d'album best-of.

Et voilà le problème de ce "Guns of the Patriots", c'est d'être qu'un ersatz de MGS saupoudré de tous les moments forts de la saga. On peut y voir ce qu'on veut, moi je pourrais être vraiment méchant en affirmant que Kojima se pointe le nombril en disant "regardez tout ce que j'ai fait dans la saga, c'est tellement génial que je vais faire un épisode qu'avec des trucs comme ça!". Sous couverts d'une histoire qui reprend la suite du deuxième épisode, Kojima nous balance énormément de clins d'oeil dans tous les sens. A commencer par les personnages. Tous ceux qui ne sont pas morts reviennent au moins une fois pour terminer la saga. Et même ceux qui ne le sont pas, en particulier un certain Big Boss. Même si le discours qu'il tient est cohérent et en phase avec le troisième épisode, je ne peux m'empêcher d'y voir un "vous vouliez voir la mort de Big Boss? Et bien la voici!". Monsieur le héros légendaire revient après qu'on l'ait cru mort deux fois pour remourir une dernière fois. C'est certainement la plus grosses erreur de cet épisode.

Mais on trouve aussi Big Mama alias Eva qui n'avait pas besoin d'être là, Vamp qui finalement est le seul survivant des boss des épisodes précédents, un Psycho Mantis qui revient en fantôme pour vraiment pas grand chose, un Otacon qui perd une proche pour la troisième fois consécutive, juste pour faire de lui le personnage qu'on a envie d'avoir pitié. Et quand on essaye d'avoir de nouveaux personnages, on tombe sur Drebin et son singe qui sont loin d'être indispensable, un Akiba qui ridiculise les situations et sert juste de sidekick à Meryl et un bataillon de boss féminins qui sont trop rapidement expédiés. Heureusement, Meryl reste en grande forme, Naomi apporte sa touche de drame, Raiden est finalement pas si inintéressant que ça et Sunny apporte la touche de légereté et de nostalgie via Olga.

Et heureusement qu'il y a Snake. Snake, contraint de subir les ravages de FoxDie et d'un vieillissement prématuré, se retrouve confronté à multitudes de choix et à des fantômes du passé, tout en apprenant que de toute façon, son heure est bientôt venu et qu'il faut laisser la place à la prochaine génération. Un Snake vieilli et fatigué d'être le dernier obstacle sur le chemin de Liquid. Un Snake qui se résigne à son destin, à travers une séquence finale dans un cimetière magnifiquement mis en scène, et qui aurait dû se terminer là. Parce que au final, les thèmes de cet épisode sont toujours aussi intéressants: la technologie au service des armes, un monde contrôlé par des systèmes électroniques, tout ça fonctionne du tonnerre et aurait diablement marché s'il n'était pas enseveli sous une tonne de choses inutiles. A commencer par les multiples délires de Kojima sur le côté pervers et scatophile de certaines scènes (surtout sur les premiers actes), avec Akiba et son problème gastrique ou Naomi et son décolleté ravageur. Ou encore Drebin et son singe qui rote à tout va, tout en imitant la fameuse pose de Snake pour bien la ridiculiser. Ça n'apporte rien à la série et ça détruit ce que Kojima essaye de mettre en place. Et c'est vraiment dommage.

Et ça continue sur le rythme du jeu, étant divisé en cinq actes bien distrincts ou Snake devra traverser plusieurs continents. Et le concept de conflits ne s'applique véritablement que dans les deux premiers actes, où on se sent perpétuellement au coeur d'un conflit entre deux puissances militaires. Le troisième acte en Europe de l'Est est aussi court que ridicule, pourtant la phase de filature était plutôt sympa. Le quatrième acte est juste un plaisir de fan grâce à un retour à Shadow Moses et le cinquième se termine de façon aussi courte que le troisième. Et tout ça ponctué par d'innombrables cinématiques, qui sont heureusement bien réalisés.

On aborde du coup la question du gameplay. Et c'est assez tendancieux de ce côté aussi. Le jeu reprend les grosses bases de MGS3 en lui apportant les éléments du deuxième, à commencer par le côté camouflage. A part le fait de pouvoir reprendre n'importe quel texture du décor directement, cela sert juste à éviter de passer par le menu pause. Le CQC est aussi présent, c'est d'ailleurs d'autant plus étrange que c'était Big Boss le maître de cet art de combat et que Snake n'en a jamais fait l'usage précédemment. Au final, les véritables nouveautés ne sont pas si nombreuses que ça. On a l'ajout du MKII, robot miniature qui vous permet de partir en éclaireur discrètement et d'assomer les ennemis ou autres fonctionnalités. On a aussi la possibilité d'acheter ou d'améliorer des armes à tout moment (ce qui casse d'ailleurs un peu le jeu, on est jamais à courts de munitions). Le nombre d'armes a d'ailleurs augmenté en flèche, on se retrouve avec une dizaine de fusil d'assaut à ne plus savoir qu'en faire. J'ai fait tout le jeu avec le premier fusil que m'a donné Drebin, et ça suffisait largement.

Le gameplay apporte aussi quelques légères modifications, comme le déplacement au sol, plus complet, ou le Solid Eye, très utile au final, et cela permet d'avoir quelque chose de véritablement complet. Sauf que le gros problème, c'est que tout ce gameplay qu'il a mis en place, on ne pourra l'utiliser véritablement que sur les deux premiers actes. Et encore, pas tout le temps. Les autres actes enchainent d'autres phases de gameplay ou juste des phases d'action qui ne mettent absolument pas en valeur toutes les possibilités. Et quand on peut l'utiliser, le fait de naviguer un peu en aveugle au coeur d'un conflit vous fait rapidement repérer vu que les soldats surgissent de partout. C'est certain, ça rend le challenge plus corsé mais au final j'ai passé plus de temps à mitrailler à tout va sans avoir la possibilité de changer la donne. C'est frustrant.

Ce ryhtme de gameplay très inégal est encore une fois expliqué par la volonté de Kojima de faire vibrer la fibre nostalgique. Vous vouliez contrôler un Metal Gear? Vous le pourrez avec REX tout en affrontant Liquid et son RAY. Vous vouliez revoir Shadow Moses en HD? Vous le pourrez, mais il n'y aura pas grand chose à faire. Vous vouliez refaire une poursuite avec Eva? C'est possible en Europe de l'Est. On a même un simili boss de Psycho Mantis qui ente de reprendre les mêmes ficelles, et un combat sous la neige contre l'homologue de Sniper Wolf. Ce n'est vraiment pas désagréable, mais bordel Kojima aurait mieux fait de construire de nouvelles séquences cultes au lieu d'utiliser les anciennes. Résulats: certaines séquences sont jouissives grâce au passif de la saga. Un joueur qui découvre la série avec cet épisode sera complètement largué. Mais même moi en tant que fan, je suis super déçu qu'il se contente de nous balancer un best-of à la gueule.

Malgré tout, j'ai adoré certains passages. J'ai adoré la séquence où l'on suit les traces de pas. J'ai adoré revenir à Shadow Moses et ses flashbacks audio. J'ai aimé la séquence de poursuite avec Eva. Et par dessus-tout, j'ai adoré le combat final, qui représente un clash entre deux identités fortes, entre deux personnages cultes qui nous ont marqué. Le combat où ils donnent toutes leurs tripes pour défendre leur idéal. Mais ça suffit pas. Je voulais un épisode original, où, tout comme les autres, on part sur de nouvelles pistes pour fabriquer de nouvelles séquences joussisives et alimenter encore une fois le délire des fans, lui proposer de nouveaux personnages forts et une histoire pas uniquement centré sur les anciens, et éviter de faire en sorte que tout le monde se retrouve pour le feu d'artifice général.

Bref, MGS 4 est pour moi clairement une déception. Le jeu en lui-même n'est pas mauvais, loin de là, puisqu'il s'appuie sur de solides bases de gameplay déja éprouvés dans les épisodes précédents. Mais à vouloir trop faire plaisir aux fans, l'histoire qui partait plutôt pas mal s'embourbe dans une mélasse d'adieux sans fin et de conclusions qui n'ont pas lieu d'être, saupoudrés de séquences malgré tout jouissives pour tout fan qui se respcte mais qui se retrouvent éparpillés ici et là dans l'histoire sans grande cohérence.

Je termine ce (long) billet en même temps que le dernier morceau du Metal Gear 20th Anniversary. Guns of the Patriots n'est finalement qu'un Very Best-Of Metal Gear Solid. Le véritable Metal Gear Solid 4, je l'attends encore.

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Commentaires

difdaf
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difdaf
Ayant fini le jeu aujourd'hui même je me retrouve complètement dans ton texte , quelle frustration que d'avoir un gameplay aussi bien ficelé sans pouvoir l
upselo
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upselo
Trop à dire pour un simple commentaire, mais ton texte montre bien certains problèmes du jeu.
bahatingle
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bahatingle
Pour ma part, c'est surtout la fin qui m'a déçu...Ca l'aurait tellement fait si lorsque on voit Snake se foutre le gun dans la bouche, la caméra se détourne, la détonation retentit et le générique apparait...Mais non cela devient ridicule avec les personnages qui reviennent d'outre tombe...
seblecaribou
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seblecaribou
Tiens moi je la trouve super classe cette façon de se coller, mais c'est parce qu'il est face au mur, je trouve ça stylé. Sinon je suis d'accord à part l'acte 1 et 2 pas moyen de s'éclater avec la jouabilité et ca ca craint...
Cronos
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Cronos
Ah et j'oubliais un truc qui m'énervait, c'est le collage contre les murs. Maintenant, ça se fait avec une touche, mais sa façon de se planquer contre les murs est vraiment étrange, et on a du mal à faire la différence entre sa pose quand il est juste près d'un mur et quand il est vraiment collé au mur. Du coup, on avance alors qu'on croyait être collé et on se fait repérer connement...
Cronos
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Cronos
Ouais, côté gameplay, d'accord, mais bordel, à part les deux premiers actes, l'histoire ne permet pas franchement d'utiliser tout le potentiel du titre en terme d'infiltration!

Pour le coup des musiques, effectivement, ça rentre en jeu, mais c'était pas le pire... enfin bon...

Perso, le 3 justement, c'est ce côté apprentissage du terrain, de son équipement limité, le côté survie très chouette, plein de petites choses très réussis...
seblecaribou
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seblecaribou
Alors personnellement c'est mon épisode préféré d'un point de vu gameplay dans le sens jouabilité et prise en main du terme. En fait c'est un MGS jouable sans temps d'adaptation. J'ai beau adorer le 3, je me souviens en avoir souvent chié à l'époque pour des trucs à la con. Au moins avec ça c'est bien foutu, il y a tous les avantages sans les inconvénients.

Point de vu scénario...pfff c'est à la ramasse quoi. Le début du jeu, j'avais l'impression d'être devant les Feux de l'Amour vraiment. Les personnages qui ressortent tous, qui sont tous amoureux de quelqu'un de la série. Un bordel monstre qui ne sert à rien. Certaines séquences font réellement pitié. Je passe sur la ressucée de la scène finale de Mr And Mrs Smith, parce que j'adore ce film et que ce n'était pas la pire de toute, mais alors Hal qui perd tous ses proches, Vamp qui au final a juste des nanomachines (alors que l'essence du perso c'est son côté immortel mystique) Raiden qui arrive a être ultra classe mais qui perd toute crédibilité parce qu'il se sacrifie sans jamais mourir (à trois reprises quand même).

Et pour moi le moment sur-abusé c'est celui que tu as kiffé à savoir le combat final...et pour une seule raison. ILS ONT MIS LE NOM DES MUSIQUES! Mais bordel de merde quoi! Genre "tient c'est l'apogée de la série maintenant pleures fanboy!" C'est ridicule, il y a pas d'autre mot.

Le pire c'est que pour moi, ça a ruiné plusieurs passages que j'ai trouvé fantastiques notamment le début du chapitre 2 (d'un point de vue gameplay je me suis fais plaisir) et le passage où Snake traverse un couloir à micro-onde et où on arrive au bout de son épuisement...magistrale, mais pas suffisant.
Sirocco
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Sirocco
Je pense exactement pareil que toi, et je n'ai pas peur de dire que pour moi, MGS4 est le moins bon épisode de la série.
C'est vrai qu'il manque des personnages originaux, des scènes uniques et cultes.

Trop de larmes, trop d'appâts à fanboys...c'est d'autant plus dommage qu'aujourd'hui, on voit des trucs extraordinaires sur PS3.
Sans être trop déçu, MGS4 n'est quand même pas à la hauteur de ses aînés en terme de surprise.