Crito's Bizarre Adventures

Crito's Bizarre Adventures

Par Critobulle Blog créé le 15/07/11 Mis à jour le 03/10/17 à 00h10

Les portes de l'epicness se sont ouvertes ! Toi qui pénètre sur ce blog, abandonne toute logique.

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L'immense salle du Grand Rex résonne encore du tonnerre d'applaudissement né du millier de paires de mains qui, frénétiques, saluaient le film dont les lettres formant le mot fin tremblaient encore sur l'écran, se déclinant en plusieurs langues. Moi, j'étais accroché à mon siège. J'avais l'impression d'avoir pris un gros coup de poing dans le bide. Je pensais savoir dans quoi je m'engageais, Madoka, je connais, j'ai vu et adoré la série, mais même un type aguérri comme je peux l'être n'était pas prêt à ce que Puella Magi Madoka Magica : Rebellion (Gekijôban Mahou Shojô Madoka Magica Shinpen : Hangyaku no Monogatari en VO) film de Akiyuki Shinbo et Yukihiro Miyamoto, issu des studios Shaft et écrit par Gen Urobuchi de Nitroplus (Studio à qui ont doit Steins;Gate) allait me réserver.

 

                        T'out va bien dans le meilleur des mondes...C'EST PAS NORMAL J'AI PEUR !!! @[email protected]

Avant toute chose, sachez que je ne dirai presque rien de l'intrigue du film, car ça reviendrait à spoiler la série aussi. Et ça, personne ne devrait le faire. Je vais donc rester le plus évasif possible à ce sujet. Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est le postulat de base de la série. Madoka Kaname est une jeune fille tout à fait normale qui fait la rencontre de Kyubey un petit chat/lapin/utérus tout mignon qui lui propose de la transformer en Puella Magi (une magical girl quoi) en échange d'un voeu. Voilà. Bon là, vous vous dites que c'est une histoire de Magical Girl tout ce qu'il y a de plus classique, et pourtant la série destructure ce mythe pour en révéler une lecture absolument poignante, déprimante et flippante conçernant ce personnage qu'est la magical girl. Mais n'en parlons pas plus je l'ai déjà suffisemment fait dans cet article là. Le film se situe après la série. On suit les aventures de Madoka et ses quatre amies Puella Magi : Akemi Homura, Sayaka Miki, Tomoe Mami et Kyoko Sakura qui protègent la ville de monstres issus des pensées obscures des gens : les nightmares. C'est le postulat de départ. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le fan de base est tout de suite décontenancé. Exit les sorcières, et si la série a toujours joué de sa dualité Magical girl/horreur, là ce trait est encore plus grossi. Le tout début du film est horriblement inquiétant car tout se passe bien pour les héroïnes. Bien entendu, c'est de Madoka qu'on parle, et ceux qui connaissent se doutent bien que tout ce qui est gâteaux à la fraise et pas de danse bon enfant ne dure jamais, et bien vite la cruauté revient frapper cet univers acidulé.

       

                                                                           Ah ben voilà, je suis rassuré...euh...

Ce qui est fort avec le scénario, c'est qu'il est parvenu à me surprendre alors que je pensais m'être attendu à tout. Je peux vous affirmer qu'il est très frustrant de ne pas en parler, mais clairement, Gen Urobuchi est un des meilleurs scénaristes de l'archipel nippon, et il le prouve une fois de plus. Vous pensiez qu'après avoir vu la série (ou les deux premiers films Madoka) vous aviez un goût amer dans la bouche ? Ben attendez de voir Rebellion. Là vous allez en avoir de l'amertume. Le scénario se concentre sur le personnage de Akemi Homura principalement, et celle-ci en voit vraiment de toutes les couleurs. Et forcément, le spectateur aussi, car c'est qu'on a de l'affect pour elle, surtout quand on connaît la série. On pourra éventuellement pester contre un léger fan-service (mais vraiment du fan-service, hein, je ne parle pas de pantsu-truc-idiot-lol-on-voit-sa-culotte je parle de clins d'oeil parfois un brin appuyés à la série) mais ca reste toujours tellement bon de se plonger dans cet univers. D'autant que le film ne joue pas que sur les attentes formées autour du genre Magical Girl...il se joue aussi des attentes qu'on peut avoir autour d'un film tiré d'une oeuvre. Dans tous les cas, je peux juste vous dire qu'on ne sort pas totalement indemne d'une projection de Madoka Rebellion.

        

                                                                            'Spèce de sale petit Sheitan è_é

        

                                                                      Ca fait plaisir de revoir ces personnages.

Graphiquement, c'est d'une beauté outrancière. La série était déjà cette petite merveille visuelle, avec cette dualité entre le monde réel et celui des sorcières. Et bien dans ce film, ces deux aspects sont mélangés, et il s'en échappe une harmonie atypique, un étrange malaise ainsi que des plans d'une beauté onirique. L'ingéniosité visuelle du film permet une pure explosion rétinienne. L'aimation n'est pas en reste, avec des morceaux de bravoure absolument renversants (je pense particulièrement à un combat de Tomoe Mami, la Puella Magi qui se bat en invoquant des mousquets). Que ce soit les scènes d'action ou même les scènes de transformation, les animateurs ont donné le maximum pour offrir à leurs personnages une fluidité dans leurs mouvements qui frappe.

      

                       Sayaka, deuxième meilleur personnage à chevelure bleue (après Kamina de Gurren Lagann)

       

                                                            Le cast se trouve renforcé d'une petite nouvelle

Ce que j'ai aimé avec Madoka la série, c'est le doublage. La VO est une pépite, qui ne s'embarrasse pas de ce qu'on peut trouver chez les autres séries animées (personnages qui passent leur temps à hurler, voix stridentes etc.) Le doublage est d'une justesse totale, et les actrices absolument douées, notamment pour faire passer les émotions. La folie, la détresse, le désespoir...tout cela est admirablement retranscrit par des comédiennes de doublage qui offrent une performance bouleversante. Et bien là, c'est la même chose. On retrouve ces personnages qui sonnent vrai. Et le tout est porté par une bande son excellente portée par la merveilleuse Yuki Kajiura. On retrouve très peu de thèmes utilisés dans la série, mais lorsqu'ils apparaissent, c'est superbement réarrangés.

                                     

                                                       N'ayez crainte, avec Yuki aux commades tout va bien !

                                     

                                                               On retrouve le groupe Kalafina à l'ending.

               

 

                                                  Même les fans de la série seront surpris...très surpris...

Puella Magi Madoka Magica : Rebellion c'est une merveille, un anime à mettre du coté du film XXX Holic, c'est à dire un joyau visuel, et qui, plutôt que conclure la série, pose les bases d'une nouvelle mythologie qui promet encore plus de détresse dans cet univers sombre dans lequel les sentiments des personnages se déchaînent avec force et violence. Un grand sage dans une boîte avait un jour décrit Puella Magi Madoka Magica comme étant l'Evangelion des Magical Girls. Et bien je vais oser aller plus loin, et jeter un pavé dans la mare en disant que Puella Magi Madoka Magica est selon moi l'Evangelion des années 2010...

                                   

                                                                   Cette musique mielleuse du mensonge...

                   

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             Pour le grand public, le film d'animation japonais est lié à Hayao Miyazaki. Il faut dire que le Maître est auréolé des trophées de ses succès... Mais pour le moins grand public, d'autres noms sont évoqués lorsqu'on pense au cinéma d'animation : Isao Takahata (pour rester dans le Ghibli), Mamoru Oshii, et celui qui nous intéresse aujourd'hui : Mamoru Hosoda. Que de chemin parcouru par le bonhomme. Un film Digimon qui bien que très oubliable (la faute à un scénario mal branlé qui évoque les fameux nanars deux-en-un) pose les bases d'un très sympathique Summer Wars, l'un des meilleurs films One Piece (Le Baron Omatsuri et l'île aux mystères), le très réussi La traversée Du Temps...la filmographie de ce brave Hosoda n'a à envier à celle de Miyazaki que sa longueur (dû à l'âge avancé du papa de Nausicaa). On retrouve chez Hosoda une vraie patte reconnaissable, dans sa façon de dépeindre le quotidien avec une sorte de poésie mélancolique qui fait mouche, une sorte de sobriété qui donne à ses films une douce saveur à laquelle j'accroche toujours. Alors quand à l'été 2012 le dernier né d'Hosoda : Les enfants-loups Ame et Yuki a sorti sa frimousse dans les salles obscures, je me suis rué au cinéma (piégeant un pote qui m'accompagnait et voulait voir à la place un truc de coursier avec Joseph Gordon-Levitt mais passons...)

                                              Hana, la petite Yuki et Ame sont le coeur de l'histoire

             Hana est une jeune étudiante timide et gentille qui tombe sous le charme d'un camarade de fac. Alors que se noue entre les deux jeunes un lien d'amour très fort, le jeune homme dévoile son secret à la jeune femme. Il est le dernier représentant de la race des Hommes-loups, des hommes qui peuvent se transformer en loup (ou vice-versa) cela ne gêne pas la belle qui aura de son jules deux enfants : Yuki et Ame qui tiennent de leur père leur nature fantastique. Suite à certains évènements, la brave Hana se retrouve à devoir élever seule ses deux mouflets. Mais si élever des enfants en bas-âge est déjà en soi un travail aussi difficile que gratifiant, la tâche s'avère plus ardue quand en plus les petiots prennent l'apparence de louveteaux. Afin de les élever à l'abri des regards indiscrets et d'offrir à sa progéniture le choix de leur destin, Hana décide de quitter la ville pour s'installer à la campagne. Le film couvre une période de treize ans au cours desquelles on suit Hana, mais aussi ses enfants qui se retrouvent à choisir ce qu'ils veulent être : des humains, ou des loups.

                                   

                                          OUUUUUUUUH Comment c'est trop choumignon °3° 

             Ame et Yuki est un film qui traite de la maternité. Hosoda a affirmé avoir eu l'idée de ce film alors que son entourage commençait à découvrir les responsabilités parentales. On suit donc Hana, personnage féminin qui se retrouve seule avec deux enfants à charge. Véritable mère courage, on la voit affronter des situations et difficultés de la vie courante et cela, sans se départir de son sourire. Le personnage est très bien écrit, et ce, même si on frise parfois le syndrome de la Mary-Sue. Elle est terriblement attachante, apprenant de ses erreurs, et faisant tout le temps de son mieux. Les enfants aussi sont juste adorables. Peut-être est-ce le fait de les voir grandir, ou bien le fait qu'ils sonnent si justes, mais ils sont super attachants, parvenant à être drôles quand ils sont facétieux ou touchants dans les moments les moins joyeux. La petite famille d'Hana est telle qu'en tant que spectateur, on se sent concerné par leur sort. Les personnages secondaires sont bien sympas, bien qu'ils soient en retrait par rapport au trio principal.

                                  Le vieux Narasaki est un cousin très éloigné de Clint Eastwood.

             L'intrigue est bien contée et à aucun moment elle ne patauge dans le mélo outrancier. On rit, on s'émeut, on a même peur pour les héros, mais on n'a jamais l'impression que le film nous pousse à ressentir ces émotions. Il se dégage un naturel simple qui rend le tout très crédible. Les problèmes que rencontre Hana trouvent un écho dans la réalité. Nourrir ses enfants, les soigner (d'ailleurs, un enfant-loup ça se soigne chez un pédiatre ou un vétérinaire ?) les éduquer, les protéger...il en va de même pour les enfants qui doivent apprendre à s'intégrer dans la société en réfrénant leur coté bestial ou bien choisir une vie dans la nature, mais en sacrifiant alors le confort et les liens forgés lors d'une vie humaine. Le film joue sur plusieurs tableaux : la tranche de vie, le film de préadolescent ainsi que le conte écolo dans la mouvance d'un Miyazaki (oui on revient toujours à ce brave Hayao). Et bien qu'il pioche dans plusieurs registres, il parvient à parfaitement s'en tirer, sans se prendre les pieds dans le tapis, grâce à un scénario habile qui parvient à éviter les écueils de la facilité.

       

                            Le film bénéficie d'une atmosphère champêtre et pastorale très rafraîchissante.

             Techniquement, c'est beau. C'est vraiment très beau. Le studio Chizu, créé par Hosoda à la faveur de ce film peut être très fier de son fer de lance. Le chara-design est épuré sans être simpliste, avec des personnages charismatiques, à l'image du vieux Narasaki, le Clint Eastwood japonais. On retrouve chez Hosoda ce soin dans la représentation du quotidien, il y a une âme dans ces dessins. Ajoutons à cela l'incrustation très discrète d'éléments 3D. Et quand je dis que c'est discret, ça l'est vraiment. L'animation n'est pas en reste et dévoile des moments de bravoure, comme par exemple cette scène dans laquelle Hana et ses enfants courent dans la neige. Visuellement, le film est à l'image du scénario : simple, beau, sans ostentation outrancière. On en prend plein les yeux, mais pas besoin pour cela d'artifices inutiles.

       

L'histoire d'amour entre Hana et l'homme-loup est superbement racontée (et explose en une dizaine de minutes la saga Twilight dans sa totalité en ce qui concerne la narration d'une histoire d'amour entre une humaine et une créature surnaturelle)

              Les musiques sont très belles, avec beaucoup d'utilisation du piano, ce qui évoque un peu La Traversée du Temps. On est hélas très loin des envolées lyriques inoubliables d'un Joe Hisaishi, mais l'OST reste très agréable à l'écoute. Il en va de même pour les doublages, qu'ils soient français ou japonais.

                               

                                                Une chanson à l'image de l'OST : très belle et délicate.

             

                                                          Mais va le voir ! Va l'acheter !

           Les Enfants-Loups Ame et Yuki est un beau film. Et quand je dis beau, c'est dans tous les sens du terme. Beau graphiquement, mais aussi une belle histoire. C'est un vrai plaisir de se plonger dans ce récit qui parvient à mêler avec habileté le fantastique et un réalisme parfaitement retranscrit. Et comme tous les films d'Hosoda, ce long-métrage parvient à véhiculer un message terriblement optimiste et philanthrope qui fait vraiment du bien, à l'heure ou la mode est de se faire passer pour un méta misanthrope pour s'acheter une sorte de caution pseudo-intellectuelle. Les Enfants-Loups Ame et Yuki, comme Mon Voisin Totoro en son temps est un vrai film familial dans le sens où il touchera vraiment tout le monde, sans distinction d'âge, c'est aussi un film généreux qui mérite d'être vu. Alors si ce n'est pas déjà fait, courez l'adopter.

       

                                                      Ca donne envie de faire des enfants °3°

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VOTRE ATTENTION S'IL VOUS PLAIT, CETTE CRITIQUE POURRAIT CONTENIR DE TRES TRES LEGERS SPOILERS, MAIS RIEN D'EXTREMEMENT DRAMATIQUE. 'FIN BREF JE VOUS AURAI PREVENU...

                    

            Cela faisait un long moment que je n'avais pas posté de critique de série animée. Et ce ne sera pas pour cette fois-ci non plus, car aujourd'hui j'ai décidé de me pencher sur le film One Piece Z sorti le 15 mai dernier en France. Inutile de présenter One Piece, la série de Eiichiro Oda à la longévité d'autant plus remarquable que le maître semble ne pas vouloir s'essouffler. One Piece, c'est aussi onze films à la qualité inégale (oui, je ne compte pas le truc en 3D de 30 min dans le lot) qui sont tous sortis sous nos latitudes. Seuls les deux derniers cependant nous ont fait l'honneur d'une sortie en salles. Après un Strong World de très bonne facture chapeauté par le maître, les fans l'attendaient au tournant ce Z. Qu'en est-il ?

                 

Un film One Piece sans Gear Second (ou third) c'est comme un film DBZ sans kaméhaméha...ou Naruto sans Rasengan...ou Bleach sans Bankai...ou Mr Ragondin sans Ultra-multiversal-destructor-ragondin-fury-attack... 

            Luffy et son équipage voguent paisiblement sur les mers du Nouveau-Monde. Mais alors qu'ils profitent d'un peu de repos, ils repêchent un homme mystérieux au bras artificiel. Après l'avoir soigné, Luffy, incapable de tenir sa langue, dévoile son identité à l'homme. Il s'avère que le gus n'est autre que le dénommé Z, fondateur des neo-Marines, qui voue une haine implacable aux pirates. Après un affrontement au cours duquel le Sunny prend très cher, ainsi que les boobs de Nami, rajeunie par les pouvoirs d'une adversaire, Luffy qui échappe de peu à la cata décide de se venger. Il va alors pourchasser Z, sans se douter que ledit homme est aussi talonné par la Marine, après leur avoir volé de dangereux explosifs.

     

                                             Z décide de prendre en main le futur de Luffy.

            Les films tirés de séries animées de ce genre ont presque toujours eu tendance à m'ennuyer profondément. Disons le clairement je ne suis absolument pas fan. Ceci dit, ayant été séduit par Strong World, et voulant encourager Eurozoom dans son optique de permettre la sortie de films d'animation qui ne sont pas des Ghibli (enfin j'aime beaucoup Ghibli, mais il serait temps qu'en France on se rende compte qu'il n'y a pas qu'eux qui font des films d'animation au Japon, aussi excellents fussent-ils. SORTEZ MOI MADOKA EN SALLE BANDE DE SAGOUINS...hem pardon) je me suis précipité en salles avec une pointe d'appréhension. « Bon je présume qu'on va avoir vingt cinq plans boobs Nami/Robin par minute, que Luffy va exploser le méchant à coup de gomu gomu gatling gun à la fin etc. » et ben je fus fort surpris. Mais avant d'aborder les points qui m'ont séduits, je vais d'abord, car je suis un type méchant, commencer par les défauts.

                                            

                           Le saviez-vous ? Il s'agit du film dans lequel on voit le moins souvent la poitrine de Nami. 

                      

                           C'est en voyant ce genre de loustic qu'on sait qu'on est devant du One Piece.

            Le scénario est clairement pas le point fort du film. Tout est convenu, rien n'est surprenant, et d'ailleurs, la structure me rappelle énormément Strong World. Je diras même, c'est un copier-collé dans la structure. Ajoutons aussi le fait que les combats sont très vite torchés, mais nous y reviendrons. Ce que je peux dire, c'est qu'autant Sanji à le droit à son moment epique, autant je trouve qu'hélas l'adversaire de Zorro était loin de pouvoir nous apporter un Zorro moment. La musique est par ailleurs assez anecdotique alors que l'OST de la série animée possède pourtant quelques perles. Enfin, l'humour typique d'Oda m'a semblé légèrement absent. Certes, il y a toujours des moments lolesques, mais clairement moins que d'habitude. Mais je mettrai cela sur le compte de l'ambiance générale du film. Là aussi j'y reviendrais. Parmi les défauts il y a aussi le manque d'ambition dans le traitement de Z, le grand méchant. Ses objectifs sont bien trop simplistes et caricaturaux, ce qui gâche un personnage qui pourtant, aurait pu être horriblement réussi. (Il avait le potentiel de dépasser Shiki qu'Oda a pourtant greffé dans la trame principale.) Enfin, pour moi, le pire défaut, c'est Avril Lavigne dans l'OST. Mais ça, c'est uniquement parce que je veux troller gratuitement. Elle nous gratifie de deux reprises (feignasse ) de « Bad reputation » et « How you remind me » dont je vous laisse seuls juges de la qualité.

                                  Nico Robin dont les pupilles changent selon l'humeur faut croire...

                       

 

Ici, Usopp déguisé en mac, traîne une Nami rajeunie, suivi de Robin déguisée en danseuse du ventre avec Chopper déguisé en Pépito...à moins que ce ne soit une photo d'archive du CNC en fuite juste après un méfait musical.

            Bien que bardé de défauts, le film a pourtant su me surprendre, et pour ma part, je ne connais rien de mieux qu'être surpris quand je déplace ma carcasse remplie de préjugés au ciné. ( C'est ce qui explique que je trouve que le traitement du Mandarin dans Iron Man 3 relève presque du génie...oui, oui..). En effet, surprenant, ce One Piece l'est assurément. Non pas dans le scénario, qui est bête à manger du foin et palpitant comme l'encéphalogramme d'un participant à une émission de real tv. Non, ce qui m'a surpris, même charmé, c'est cette ambiance de nostalgie qui émane de ce film. Il y a un je ne sais quoi de mélancolique très surprenant pour un film One Piece (Alors je sais, la série regorge de passages dramatiques, mais là je parle de vraie amertume). Ici, il n'est pas forcément question de grande aventure. Si on omet le coté terroriste de Z, on se rend compte qu'il cristallise énormément de choses. Pour Luffy, il est un rempart à sa résolution qu'il se doit d'abattre. Pour Aokiji, il est son lien avec son passé d'Amiral, pour la Marine, c'est le monstre qu'ils ont créé à partir des morceaux de leur formateur. One Piece Z est probablement le film One Piece le plus intimiste. Cette ambiance douce-amère est probablement le point le plus fort du film. Le fan service fonctionne à merveille aussi, avec des personnages secondaires qu'on est heureux de revoir. Aokiji qui est ici un des personnages secondaires les plus présents suinte la classe, et porte en lui cette atmosphère amère particulière. La chanson qu'il interprète (peut-être la seule bombe de l'OST) renforce un personnage qui gagne encore plus en charisme. Z aussi, bien que simpliste prend de l'ampleur et ce, jusqu'à un final assez poignant, parfaitement mis en scène. C'est à ce moment-là qu'on en vient à regretter qu'il n'ait pas été aussi bien traité tout le long du métrage.

 

                                  Aokiji, probablement l'un des meilleurs personnages de ce film.

               

                                  Ceci, chers lecteurs, est pour moi l'un des points les plus forts du film.               

            L'animation est d'une fluidité remarquable avec des combats très pêchus. Hélas, cela se fait au détriment de l'unité visuelle de l'oeuvre. Lorsque les combats gagnent en intensité, avec caméra dynamique et tout le tintouin, le film passe en 3D cell shading et cela se ressent, mais vraiment très légèrement. L'animation est plus soignée que sur la série (encore heureux) et le chara design des personnages reste toujours aussi Odaesque. Et la tenue spéciale pirate de l'équipage du Chapeau de paille leur donne un surplus de charisme. On remarque juste que Nico Robin change de couleurs d'yeux passant du bleu au marron, mais c'est trois fois rien. Les personnages exclusifs au film sont aussi raccords avec la charte graphique de One Piece, ce qui contribue à insérer plus ou moins facilement cette histoire dans la trame générale.

          Je crois bien que c'est la première fois que les membres de cet équipage ressemblent à des pirates.          

         One Piece Z c'est bien alors ? Et bien ça dépend. Les fans de la série ne peuvent que s'abreuver à cette fontaine de fan-service se permettant même de balancer des infos exclusives sur des personnages qu'on n'a pas encore recroisé dans la deuxième partie (en cours) du manga. Et oui le fan service fonctionne à fond. Qu'il s'agisse de l'apparition de personnages, ou encore de trucs plus discrets (un plan rapide de Garp enfant, un cameo de Smoker etc.) le fan à de quoi boire et manger. Mais en revanche, celui qui n'est que peu ou pas familier de l'univers peut passer son chemin. Outre être perdu par un univers qui n'a plus besoin de se présenter ( après six centaines de chapitres, presque autant d'épisodes et onze films, on commence à connaître l'univers, plus besoin de rappeler le postulat de départ de la série aux fans) il ne pourra qu'être hermétique à un scénario pas très grandiose ni vraiment réussi. Un film One Piece bien sympa, mais pas meilleur que Strong World ou encore l'Île Mystérieuse du baron Omatsuri. 

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Il existe de très nombreux explorateurs dans le monde. Certains ont une notoriété qui les hisse vers les sommets comme Indiana Jones, Nathan Drake, Lara Croft, Bear Grylls, ou encore Crito de Maximy. Mais pour mieux vivre de grandes aventures, quoi de mieux qu'une bonne série animée ? Tankenkan no Dora, en VO Dora the explorer, mieux connu sous nos latitudes sous le titre de Dora l'Exploratrice nous propose de nous emmener de plein pied vers de nouveaux horizons qui portent le doux nom d'aventure ! Créé par Valerie Walsh, Eric Weiner et Chris Gifford, Dora l'exploratrice est un shônen nekketsu qui vit le jour en 2000 et est diffusé sur Nickelodeon. Le but de cet anime est de permettre de vivre de poignantes aventures, tout en apprenant.

  

                    Dora et Babouche sont le noyau dur de la série, véritables Starsky et Hutch de l'animation. 

                   Dora Marquez est une fille comme les autres, à une différence majeure : elle peut parler aux animaux et aux objets inanimés. Dotée de ces pouvoirs de perception extra-sensorielle, ainsi que d'un QI anormalement élevé, Dora décide de parcourir le monde avec son ami Babouche, un singe albinos mutant qui chausse des bottes. Mais le danger rôde alors que l'inquiétant Renard Chipeur traîne dans les parages, toujours à l'affût de l'intrépide aventurière. Tankenkan no Dora est un shônen tout ce qu'il y a de plus classique. Chaque épisode est l'occasion pour Dora de relever tout un tas d'épreuves insurmontables (danser en imitant des arbres, combattre Chipeur par son éloquence...) afin d'arriver à un objectif donné qui fera office de trame durant tout l'épisode. D'ailleurs, chaque épisode de l'épopée est un stand alone, ce qui est bien pratique afin d'éviter d'être largué quand on en rate un. De plus, chaque épisode propose un schéma typique, ce qui nous permet de ne pas perdre nos repères. Une idée de génie. Enfin, la série s'adresse aux geeks grâce à une illusion d'interactivité. Parfois, un curseur (bien connu des joueurs PC) viendra donner la solution à certaines énigmes, comme si tout cela n'était qu'un jeu. Du grand art.  

   

            Parfois, l'anime prend un ton dramatique, là, l'affrontement entre Dora et Chipeur promet d'être violent...

   

                              L'épisode intitulé "Casse du siècle" est un hommage vibrant à Cat's Eyes.

            Le character design est digne des plus grands. Dora et ses amis bénéficient d'un rendu SD de bon aloi, de plus, et on les remercie, les auteurs ne se sont pas sentis obligés de nous noyer sous le fan service. Car Dora l'exploratrice est une oeuvre mature, qui sait véhiculer de bonnes valeurs par l'intermédiaire d'un message toujours fort : il faut toujours mettre sa ceinture quand on monte en voiture, et les casques de vélos c'est pas pour les chiens. Dora a en plus tous plein d'amis hétéroclites, comme Babouche, mais aussi le charismatique Diego, son cousin qui aura même droit à son spin-off, qui fut tant attendu par les fans au quatre coins du globe. Mais loin d'être un oeuvre naïve, Tankenkan no Dora sait user de dramaturgie afin de donner de la profondeur à ses personnages. Ainsi, la dichotomie entre Dora et Chipeur permet de se poser plein de questions sur le bien et le mal. Ainsi, on est amené à ressentir de l'empathie pour le tragique renard qui [attention spoiler] est invariablement rejeté par Dora avant même qu'il ne puisse commettre le moindre mal. Par ailleurs, il semble souffrir chaque fois que Dora prononce l'incantation « Chipeur arrête de chiper » [fin du spoil]

                                        

                                                Dora et Babouche sont parés pour trouver le One Piece.

  

          La série cache plusieurs clins d'oeil qui parleront aux cinéphiles les plus férus. Ici, une référence à "Seven"

            Au niveau musical, c'est un pur ravissement avec des compositions très enjouées qui donnent la pêche ! L'opening est d'ailleurs un modèle du genre, concis sans pour autant survoler le sujet, il reste en tête longtemps très longtemps. Quand aux doublages, les Seiyûs s'en sortent incroyablement bien, sachant faire ressortir la part d'ombre de tous ces personnages si charismatiques. 

                             

                                L'opening est signé par le groupe japonais Maximum the hormone je crois... 

            Tankenkan no Dora est ce qui se fait de mieux dans le domaine de l'anime. Série fleuve de plus d'une centaine d'épisodes, Dora saura vous tenir en haleine, et vous proposer une aventure dépaysante et classe à souhait. Alors qu'attendez-vous pour enfiler votre sac à dos ? 

                               

                                          Cool guys don't look at explosions, badasses laugh at them...

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            Ogure Ito, Oh Great ! (dans sa version stylisée) est très largement connu pour son manga baston/ecchi Tenjou tenge (enfer et paradis) sorte de Dead or Alive du manga avec des scènes parfois bien crues, violence et sexe à l'appui. La série fut d'ailleurs bien édulcorée  lorsqu'elle fut adaptée en anime. L'autre manga bien connu de ce fifrelin de Ito, c'est Air Gear qui mêle rollers, nekketsu et jolies filles (bah ouais il se refait pas le père Oh Great !). Si Tenjou Tenge était un seinen, ce n'est pas le cas d'Air Gear qui se veut un pur shonen nekketsu comme on peut en voir plein. Manga classique déguisé en shônen sportif, Air Gear se voit adapté en une courte série de 25 épisodes en 2006.

                                                      

                              Des images de ce genre vous allez en bouffer. D'ailleurs celle-ci est ultra recyclée.

     Ikki et ses amis qui ne sont pas uffisamment développés dans la série qui les relègue au rang de quasi-figurants...

            Ikki Minami est un personnage de shônen lambda, ilest le chef d'une petite bande de voyous de son collège, les Higachu Guns. Alors qu'il vient de subir une terrible défaite face à un voyou du nom de Magaki, il doute de lui. Vivant sans ses parents, il loge chez les soeurs Noyamano qui l'élèvent à la dure. Un soir, il découvre le secret des soeurs : elles sont adepte des air trecks : des rollers propulsés par un petit mais puissant moteur. S'emparant d'une paire d'AT et de l'emblème des sleeping forest (le gang de riders formé par les soeurs) le jeune Ikki découvre le monde des Stormriders et attise la curiosité de la belle Simca qui voit en lui un prétendant sérieux au titre de Roi du Ciel. Le scénario d'Air gear est on ne peut plus classique. Ikki découvre les AT, il a des prédispositions, du coup tout le monde veut le tester, et ça tombe bien car lui aussi est impatient d'en découdre. On retrouve d'ailleurs tous les poncifs du genre : à savoir un triangle amoureux avec une jolie et gentille ingénue qui sert de support et la bombastique manipulatrice, les situations pantsu, les méchants qui se rangent du coté des gentils après s'être fait dérouiller et des explications interminables sur chaque trick réalisé par les personnages, avec ce qu'il faut de gros plans fixes sur les visages effarés des persos qui assistent à des trucs de ouf tas vu ! Le classicisme d'Air Gear est à un point qu'il en devient caricatural, avec ses séquences de persos en pâmoison devant un gars qui, au final, ne fait que du roller. Quand j'étais plus jeune, je n'arrivais pas à comprendre le terme « Japoniaiserie » qu'utilisaient tous ceux qui étaient réfractaires à la culture otak'. Air Gear m'a permis de relever la toute puissance de ce mot-valise. On use et abuse des symbolismes à deux francs à s'en faire péter la rétine. Au début c'est marrant, on esquisse un sourire narquois, mais au final, c'est vite l'overdose, et on se retrouve avec des scènes surréalistes mettant en scène un perso représenté par un char, un autre avec des ailes aux pieds, un autre représenté par un avion de chasse. On se rend compte alors que c'est sensé faire cool, mais en fait non, c'est juste un peu naze, et ridicule.

                       

                                   Si tu aimes le fan service ecchi, tu seras servi avec Air Gear.

  

               Une prof selon Oh Great !... en un sens, l'ado libidineux que je fus aurait aimé avoir la même...  

            Le chara design est en revanche très bon, bien que là encore, on est dans la caricature. Cheveux de toutes les couleurs, coiffures bigarrées, grands yeux et poitrines énormes sont au rendez-vous. Cependant force est d'avouer (et Force est avec nous) que Oh Great ! a le chic pour dessiner des personnages charismatiques. Car il y a de la classe chez les persos d'Air Gear. Les personnages sont visuellement plutôt travaillés même si très pu d'entre eux sont réellement inoubliables. Je pense que Akito/Agito est l'un des rares à tirer son épingle du jeu, ainsi que les boobs de Simca. (bon en fait pour ma part j'aime beaucoup le personnage de Mikan le garçon manqué badass mais qu'on voit  peine...). J'ai trouvé les personnages en général assez creux, ce qui est vraiment dommage car au niveau du design ils sont quand même franchement sympas. Ensuite, c'est peut-être un défaut inhérent à l'anime et inexistant dans le manga (que je n'ai pas totalement suivi)... L'animation est en revanche franchement moyenne, abusant des images fixes et ne cassant pas trois pattes à un canard. Ca se laisse regarder, mais c'est peu reluisant. C'est dommage car pour une série qui parle de tricks en rollers, il me semble qu'une animation fluide aurait été le minimum syndical.

                                             

                     Certaines équipes de Stormriders ont des noms bien sympas, à l'image de ce clin d'oeil à Tarantino

                                       

                                           Akito/Agito le schyzophrène est un perso très attachant et classe.

            Les doublages japonais sont corrects, bien qu'ils manquent de punch au début de la série. Certains persos ont en revanche un doublage assez sympa et des expressions assez marrantes, comme Agito avec ses « Fuck ! » hurlés à la moindre contrariété. Air Gear, malgré son aspect nanar à quand même des gags assez marrants, même si l'humour n'est pas forcément des plus fins. En bref attendez-vous à esquisser un sourire, mais pas à éclater de rire comme un bossu (il faudra qu'on m'explique un jour cette expression, mais passons). Les musiques collent plutôt bien à l'ambiance « electro-streets » de la série, bien que les deux thèmes qui reviennent le plus sont l'opening et l'ending qui s'avèrent être sympas sans non plus être des bombes auditives.

              

            Est-ce que c'est nul Air Gear ? Non, mais ca n'a pas inventé l'eau chaude. Peut-être que si j'avais été plus jeune, j'aurais surkiffé, peut-être suis-je devenu plus exigeant, mais de toute évidence, Air Gear ne m'a pas apporté grand-chose. C'est sympa, ouais, mais pas inoubliable. Pas mauvais, loin de là, mais clairement pas exceptionnel. Un simple shônen nekketsu comme j'en ai vu plein au cours de mon existence. Les amateurs du genre auraient tort de s'en priver, ceux qui recherchent une expérience différente en revanche peuvent passer leur chemin, je doute qu'ils soient soufflés par cette série, pour ma part en tout cas, Air Gear ne m'a pas plus passionné que ça. Est-ce que je suis en train de vieillir ?!

 

                  De toutes les façons, Air Gear aurait été bien meilleur si on voyait plus souvent Mikan !

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Les fans de Yasuhiro Nightow, le papa de Trigun jubilèrent en 2002 quand SEGA présenta son jeu d'action, Gungrave, sur PS2, un jeu bénéficiant du character design racé du créateur de Vash the Stampede. Le jeu était très alléchant, avec ses graphismes en Cell Shading avec une vraie gueule. Mais hélas, il n'était pas à la hauteur de ses ambitions. Lui qui voulait détrôner Devil May Cry, ne fut au final qu'un jeu moyen sans plus. Pas dégueu, mais loin d'être génial Gungrave et sa suite n'allaient pas tarder à plonger dans l'oubli. Mais pourtant, il aurait été dommage de laisser tomber cet univers et ses personnages charismatiques. Mafia, zombie et abominations génétiques sur fond de lutte fratricide ces éléments allaient retrouver une nouvelle jeunesse par l'intermédiaire des studios Madhouse avec l'adaptation animée, une série de vingt six épisodes qui vit le jour en 2003 pour nous parler du héros du jeu, Beyond the Grave, peut-être bien mieux que ne le fit le jeu lui-même.

                      

                          Par contre, la série ne dit pas pourquoi il s'habille comme un cow-boy-croque-mort 

                                       La série se penche énormément sur la jeunesse de Brandon Heat

Dans une ville non nommée, sévit un syndicat du crime répondant au nom de Millenion. Ce syndicat est dirigé par Harry McDowell plus connu sous le nom de Bloody Harry. Avec ses hommes de main et des créatures répugnantes répondant au nom d'Orcman, Harry dirige la ville d'une poigne de fer. Pendant ce temps, la jeune Mika rejoint un mystérieux docteur. Ayant perdue sa mère tuée par Bloody Harry, la jeune fille est à la recherche d'un certain Brandon Heat, qui est à même de la protéger. La jeune fille le retrouve, mais elle est surprise de voir que l'homme ne semble que l'ombre de lui-même. Renommé Beyond the Grave, il est suffisamment fort pour détruire les orcmans et tenir tête à Harry McDowell. Mais ce que la jeune fille ne sait pas, c'est que le destin de Grave est très lié à celui de Harry. S'en suit le plus gros morceau de la série, un flash-back narrant la jeunesse de Brandon Heat et son ascension au sein du syndicat au coté de son meilleur ami : Harry McDowell.

 

                     Les personnages évoluent énormément. Ici, le jeune et encore sympathique Harry McDowell

 

                                         Là, le moins jeune et moins sympathique Bloody Harry...

Il se dégage de Gungrave un véritable charisme. Bien sur le trait de Nightow y est pour beaucoup, mais pas seulement. Il y a dans ce scénario une chose qui fait qu'on y croit, et pourtant, celui-ci n'est pas exempt de défauts, surtout dans les dialogues qui parfois sonnent tellement faux, alors que les meilleurs amis d'enfance s'appellent quasiment tout le temps par leur nom et prénom (genre « Eh, ça va Harry McDowell ? » « Tranquille, et toi Brandon Heat ? La forme ? ») mais en dehors de cela, on y croit vraiment. On a devant soi une histoire racontant l'ascension de deux simple voyous au sein d'un syndicat du crime. La série est empreinte d'un parfum de film de gangster asiatique (comme A bittersweet life) qui est vraiment prenante. Les deux protagonistes évoluent, et changent radicalement au point de perdre chacun une partie de leur âme, et c'est un lent glissement qui s'opère et auquel on assiste. L'intrigue suit les personnages sur plusieurs années et c'est avec plaisir qu'on voit à quel point l'écriture a été soignée pour Brandon et Harry, de voir l'évolution de leur relation amicale, la transformation de l'un en monstre d'ambition au dents longues et l'autre à devenir le zombie Beyond The Grave. Le scénario de la série en est un des points forts, même si la dernière partie, sans être mauvaise (loin de là) n'a pas le même impact que le long flash-back que j'ai trouvé plus pertinent. Pourtant, le final est vraiment très bon, ne se contentant pas d'un simple revenge trip, il est réalisé de fort belle manière et ne laisse pas sur sa fin.

 

                       Les scènes d'action se succèdent et parviennent à ne pas être trop redondantes.

Graphiquement, on retrouve le charisme qui caractérisait Trigun et c'est pas plus mal. Les personnages ont une gueule, et la réalisation est dans une bonne moyenne. Parfois cependant, notamment dans les premiers épisodes, il m'est arrivé de pousser un ricanement de hyène à la vue de certaines expressions faciales pas toujours super maîtrisées, mais rien de bien (gun)grave. L'animation est de plutôt bonne facture, bien qu'il n'y ait rien de spécialement décoiffant. Disons qu'elle remplit parfaitement son office. 

                            

     Le character design est assez classieux, et ces deux personnages secondaires sont parmi les mieux écrits.

.Les doublages en VO sont très bons, bien que comme toujours, je tique un peu en entendant les prononciations de noms bien ricains. Mais là encore rien de catastrophique, d'autant que les acteurs s'en sortent vraiment bien, avec un Brandon taciturne, un Harry dont les différents doubleurs parviennent à retranscrire chacun le degré de ténèbres dans lesquels il s'enfonce. Le reste du casting est aussi réussi, avec des voix qui font bien mafieux pour certains personnages. Ajoutons à cela une OST qui remplit sa part du contrat, avec des thèmes un peu jazzy, et d'autres avec orgue, retranscrivant l'atmosphère tragiquement morbide de certains passages.

          

Un peu de Tarantino, un peu de film de gangster asiatique, un peu de surnaturel, et on obtient un excellent cocktail avec une série vraiment agréable à suivre, étonnante par l'émotion qui s'en dégage surtout vu le support d'origine (un simple shooter) avec des personnages attachants et charismatiques en diable. Gungrave est bien plus recommandable que le jeu dont il est tiré...comme quoi, les adaptations ne sont pas toujours enterrées par leur support d'origine.

                         

                                                   Va voir Gungrave tout de suite ou sinon je tire !

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Quel dur travail que l'adaptation. Il n'y a en vérité rien de plus casse-gueule. Parce qu'une adaptation, c'est quoi ? C'est l'action de proposer SON point de vue d'une oeuvre pour l'adapter sur un support. La subjectivité est le gros point qui fait qu'une adaptation ne fera jamais l'unanimité. « Le livre est mieux » « c'est une insulte à la BD ! » « Ca se voit qu'ils ont rien compris au jeu »...Le film Scott Pilgrim (qui a mon sens est une vraie réussite dans la mesure où on retrouve l'essence de la BD et ce malgré les lourdes contraintes liées au format du film) avait prévu ces critiques au détour d'une réplique qui m'avait fait sourire dans la salle (on était cinq d'ailleurs en tout au ciné ce jour-là). Pour illustrer le problème de l'adaptation je me réfère à une anecdote. J'étais allé voir, plus jeune, avec mes soeurs et ma mère Astérix et les indiens au ciné, et quand ma mère m'a demandé si j'avais aimé le film, je lui avais répondu « Oui, mais Obélix il a pas la même voix que dans la bande dessinée » (oui j'étais un gamin un peu idiot). Toute cette longue intro pour vous parler de cette perle qu'est Gankutsuou, ou le Comte de Monte-Cristo vu par les japonais du studio Gonzo. Anime de qualité en 24 épisodes dont le premier épisode fut diffusé en 2004, Gankutsuou se base sur le fameux roman d'Alexandre Dumas (et Auguste Maquet) et parvient à réaliser le tour de force d'être très fidèle à l'oeuvre originale tout en prenant des libertés qui pourraient passer pour hérésies si elles ne servaient pas un tout débordant de respect et d'amour pour l'oeuvre originale.

                                    

                                 Albert de Morcerf et Franz d'Epinay vont vite regretter leur petite virée à Luna

Dans un monde futuriste assez anxiogène frappé par une guerre interstellaire opposant la Terre à un mystérieux Empire vit le jeune Albert de Morcerf, jeune noble qui profite d'une jeunesse dorée et insouciante. Un été, il part avec son meilleur ami, le baron Franz d'Epinay sur Luna (la lune quoi) afin de profiter d'un festival faste et de fricoter avec les jolies roturières. Le hasard (?) met sur sa route le mystérieux Comte de Monte-Cristo (et non pas Monte-Crito, car je n'ai rien à voir dans l'affaire) qui le fascine (il faut dire que le comte semble tout droit sorti d'un artwork de Castlevania donc bon, moi aussi à sa place j'irais lui parler, ne serait-ce que pour essayer de gratter une version collector de Symphony of the night). Suite à quelques désagréments, Albert et le Comte deviennent amis, et ce dernier annonce vouloir s'installer à Paris et demande au jeune noble de l'introduire dans la bonne société parisienne, ce que le jeune homme accepte avec joie. Mais Franz se méfie de cet étrange homme à la teinte cadavérique et aux dents aiguisées (on se demande bien pourquoi). Et il se pourrait bien que les soupçons de Franz ne soient pas infondés.

 

                                    Bah voyons, pourtant il inspire une confiance totale ce monsieur !

Le scénario de la série reprend les personnages du roman et transpose l'époque dans un futur très lointain. Pourtant cela ne change pas grand-chose au fond. On retrouve la trame du Comte de Monte-Cristo de Dumas, avec ses histoires de vengeance et son portrait de la haute société. Pourtant, la série ne se contente pas de suivre bêtement la trame de l'oeuvre, ne serait-ce que par le parti pris choisi par les gars de Gonzo qui est de se focaliser sur la relation entre Albert de Morcerf et le Comte. Car si le roman met en avant ce dantesque Comte (han ce jeu de mots de l'epicness feutrée...) et ses projets, la série animée se concentre plutôt sur Albert qui se retrouve à être une victime d'un passé qu'il ignore totalement, mais qui vient lui sauter à la figure. Le Comte de Monte-Cristo soulevait des questions sur la vengeance et le droit de se faire justice, Gankutsuou propose une réflexion sur le monde sombre et tortueux de l'âge adulte, cet âge où les rêves disparaissent, remplacés par une ambition dévorante et où les erreurs deviennent de cruelles trahisons. Gankutsuou pourtant, bien que n'hésitant pas à s'éloigner de son oeuvre mère suit pourtant bien les événements, et nombre de personnages sont globalement fidèles, bien que leurs destins divergent. Une seule chose m'a chiffonné pour ma part : le traitement du personnage d'Eugénie Danglars. Bon le personnage de l'anime ne m'a pas horripilé, mais bourdayl, je veux bien que le Comte règle ses différends en pilotant un mecha, que Bertuccio soit un Corse de l'espace ou que l'abbé Faria soit...ce qu'il est dans la série...mais non, transformer Eugénie Danglars en vulgaire princesse à sauver, c'était franchement pas un choix judicieux. Alors certes ça fait une jolie histoire d'amour et tout, mais on est loin du personnage féminin très fort qu'elle était dans le roman (à moins que je ne l'aie idéalisée, ça remonte pour moi).

                       

                                 Ma pauvre Eugénie transformée en tsundere/princesse en détresse... 

                      

 

La plupart des personnages sont très ressemblants à leurs pendants romanesques, même si certains sont bien plus à leur avantage dans l'anime pour les besoins du nakama power (hein Lucien Debray...)

Visuellement, c'est d'une beauté outrancière. Oui Gankutsuou c'est beau, avec une patte artistique particulière, paré de ses aplats de texture qui donnent un aspect bariolé aux textiles notamment (ou aux cheveux de certains personnages). Ce coté baroque n'est pas seulement tape-à-l'oeil, il ajoute un plus à ces personnages de cette haute société qui ne jure que par le paraître et l'opulence ostentatoire. Il en résulte une explosion rétinienne agréable. Le character design est très bon, que du classique, avec des personnages bien humains, à l'exception du comte, qui se détache du reste du casting (et Haydée, mais vu que c'est une E.T ce n'est pas un souci). Par ailleurs, je ne saurai expliquer pourquoi, mais j'ai retrouvé chez ces personnages un truc de typiquement parisien. Là encore c'est du ressenti, mais hormis quelques mimiques nippones dans la gestuelle, j'ai trouvé ces personnages très crédibles en tant que français (et pourtant j'ai vu l'anime en VOST).

                       

                                      L'anime bénéficie d'une esthétique bariolée ma foi fort réussie. 

Niveau sonore c'est aussi un ravissement grâce aux compositions de Jean-Jacques Burnel du groupe anglais « The Stranglers ». C'est du très bon, avec des mélodies agréables, et des génériques vraiment réussis, bien que j'ai une préférence pour la douceur d'un opening qui aura eu du mal à me conquérir pourtant. Le doublage n'est pas en reste avec des acteurs crédibles. Un petit bémol pour Albert, que j'avais envie de baffer à chaque fois que je l'entendais couiner, mais dans l'ensemble cela reste très bon, même si je serais curieux de voir si cela ne fonctionnerait pas mieux avec un doublage français. Je salue aussi l'effort de l'un des doubleurs qui devait parler en français et qui y parvient parfaitement bien qu'on sente que c'est du phrasé phonétique.

             

                                 L'animation du générique ne laisse pas entrevoir le coté futuriste.  

Voilà ce que doit être pour moi une vraie adaptation. Hommage à une oeuvre, tout en en proposant une lecture audacieuse sans la dénaturer. Gankutsuou fait montre d'un vrai talent d'équilibriste. Ce n'est pas juste un copier coller du roman avec un skin futuro-fantastique, et ce n'est pas non plus une vulgaire histoire ressemblant de loin au roman avec des personnages ne gardant du support original que leurs noms. C'est une oeuvre qui complète admirablement le roman, et quand bien même on ne serait pas familier du roman, cela reste un anime qui est un régal à suivre, une histoire sombre de vengeance, de trahison, de désillusions avec son lot de passages vraiment poignants. Et qui sait, peut-être un jour, toutes les adaptations suivront le chemin ouvert par Gankutsuou, après tout, cela ne coûte rien d'attendre et espérer...

              

                                                                            It's a trap !

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« Mais, mais ? Attends, une seconde, tu n'étais pas sensé parler d'animes dans cette section ? Voire même de dessins animés pas uniquement nippons ? Tu voulais même parler de Moot-moot d'Eric et Ramzy ! Alors pourquoi tu parles d'un manga ? C'est pas un anime gros naze ! » C'est ainsi que vous seriez en droit de vous adresser à moi puisque effectivement aujourd'hui, je ne vais pas vous parler d'une série animée que j'ai dégusté avec délectation, mais d'un manga.Attack on Titan, plus connu sous son titre japonais de Shingeki no Kyoujin est le premier manga de Hajime Isayama. Ce shônen est pré publié par le Bessatsu Shônen Magazine depuis 2009. 

                                          

Il y a un siècle, les titans, des créatures humanoïdes géantes ont quasiment exterminé l'espèce humaine. On ne sait rien des Titans, d'où ils viennent, pourquoi s'en prennent ils aux humains ? Comment s'en débarrasser ? L'humanité est dépourvue de moyens et les quelques survivants restent retranchés derrière les murs de la dernière cité abritant encore de la vie. Les humains vécurent cent ans dans une quiétude relative, jusqu'au jour où apparut soudainement un titan plus grand que tout autre. celui-ci, du haut de ses 50 mètres détruisit le mur extérieur de la ville, permettant aux autres titans de pénétrer une partie des défenses humaines et de faire ripaille. Parmi les victimes se trouve la mère du jeune Eren Jaeger qui assiste impuissant aux cotés de sa soeur adoptive Mikasa Ackerman aux derniers instants de la matrone. Plus tard, l'enfant devenu un jeune homme décide d'entrer dans l'armée afin de rejoindre l'escouade des « éclaireurs », des soldats d'élite dont les missions les mènent souvent hors des murs. Guidé par une haine sans fin contre les titans, Eren, talonné par Mikasa et leur ami Armin vont découvrir un monde horrible, celui des soldats, avec son lot de tragédies, de violence et de peur.

   

                                           Les personnages sont très nombreux...a y passer...

 

                                                 ...Et pas de la plus paisible des manières...

Shingeki no kyoujin a beau être un shônen à destination des jeunes ados, on est absolument loin des Naruto, Bleach, One Piece et compagnie. Le propos de Shingeki est horriblement pessimiste et sombre. Pas de discours ronflants sur l'amitié, pas de personnage qui se relève un sourire aux lèvres face à l'ennemi. Non, dans Shingeki no Kyoujin, tout ce qu'on a, ce sont des personnages tout à fait crédibles, et qui réagissent de façon tout à fait réaliste aux horribles évènements auxquels ils sont confrontés. Le monde dans lequel ils vivent est loin d'être enviable. Les titans sont un véritable problème, quasiment immortels, ils n'ont qu'un point faible situé sur leur nuque, tous leurs autres membres se régénèrent aussitôt. Mais il y a aussi les luttes internes dans le dernier bastion de l'humanité, où les courses au pouvoir entre les différentes factions gangrènent la vie politique. Le portrait qui est fait de l'univers est d'une noirceur qui fera sans aucun doute penser à Berserk, rapprochant l'oeuvre du genre Dark Fantasy. Le scénario laisse peu de place à la légèreté, il est souvent oppressant mettant les héros dans des situations extrêmes et je dois avouer que c'est un véritable régal à suivre. Cependant, je regrette certaines maladresses dans l'écriture des dialogues qui souvent sonnent faux, artificiels. Ceci dit, dois-je mettre ce défaut sur le compte de l'auteur ou de l'équipe chargée de la traduction, dure question. Car le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur soigne bien son monde, avec des annexes extrêmement intéressantes dévoilant des infos sur les Titans, mais aussi sur le fonctionnement politique du royaume, de l'armée ou encore des explications plus techniques sur les armes utilisées. 

 

                              Les titans sont très mystérieux, on ne sait que peu de choses sur eux...

                                            L'auteur est très généreux en informations sur le monde.

Graphiquement, c'est là que le bât blesse. Première oeuvre de l'auteur, Shingeki démontre l'évolution de celui-ci. Et au début, c'est pas brillant, c'est même parfois vraiment moche, avec des personnages aux traits pas toujours constants, et des postures un peu étranges. Ceci dit, rassurez vous, l'auteur s'améliore très vite et cela se ressent sur son trait, qui devient plus assuré, plus énergique et qui nous sert de vrais moments de bravoure par moments. La mise en scène des combats est ultra dynamique, rendant parfaitement la rapidité des soldats, contrastant avec la lourdeur pataude de Titans quasi invincibles. Les scènes violentes sont assez dérangeantes pour choquer, mais pas outrageuses au point d'écoeurer. C'est sale, c'est violent, c'est dur, c'est la guerre. Et n'imaginez pas que uniquement parcequ'on s'est arrêté sur un personnage cela signifie qu'il mourra en pensant à ses camarades, un sourire aux lèvres, avec une jolie symbolique de papillon ou que sais-je encore...figurant ou personnage plus importants, tous subissent le même sort : être horriblement mutilés et croqués par les terrifiants géants. Un dernier mot sur ceux-ci, leur design est juste excellent. Mélange entre créatures grotesques et parfaitement malsaines, les titans semblent sortis de Gantz et remplissent parfaitement leur office. Silencieux, ressemblant à de gros humains difformes, ils sont absolument répugnants et donc sont une réussite en terme de design. Du coté des humains, le design est très classique, et c'est tant mieux. Pas de coiffure bigarrée, pas de fillette aux grands yeux, ni de boobs en baudruche, pas de place pour les bagatelles de ce genre, et ce n'est pas forcément un mal.

   

                                                       Les Titans ont un design assez flippant !

                                                 Les scènes de combats sont très vives.

Shingeki no Kyoujin est un excellent manga qui aura su me conquérir, me rappelant le Starship Troopers de Paul Verhoeven. Un manga mature, intelligent qui soulève de nombreuses questions quand à la nature humaine, surtout quand celle-ci est acculée et sans espoir. Une telle bonne surprise que je lui pardonne volontiers ses quelques faiblesses graphiques et ses dialogues dignes d'un des nanars que je fréquente tant. Et là, vous vous demandez, alors que cet article touche à sa fin, pourquoi j'ai décidé de vous en parler ? Et bien, pour rester sur le thème de la rubrique, c'est parce que ce printemps, le studio Production I.G (GiTS SAC) présentera à nos faces ébahies la série animée, et que le trailer est absolument alléchant, avec son animation d'une fluidité superbe et corrigeant l'un des gros défauts du support originel. Ça a l'air trop beau, trop épique, trop titanesque. 

              

                                                                  Ca a l'air bien puissant.

                                                    

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Et non pas de « Jikaï » à la fin de l'épisode. Mon écran affiche un noir désespérant. Vingt-cinq épisodes se sont enchaînés sous mes yeux ravis, mais c'est terminé maintenant. Bien que j'avais commencé à ne regarder que d'un oeil « Darker than black », cette fourbe série à su me happer sans que je ne me rende compte de quoi que ce soit. Soyez maudits Bones et Yoko Kanno (enfin pas trop maudits quand même, je vous aime), votre brutale attaque intitulée « Cowboy bebop, le film » ne vous a pas fallu ? Darker than black, série seinen mêlant les genres fantastique et dramatique vit le jour en 2007. Une seconde saison fut diffusée deux ans après, mais n'ayant pas pu poser la patte dessus, je me garderai bien d'en parler. 

                        Darker than black est une série assez violente, à ne pas mettre devant tous les yeux.

                                             

                                                  Je le voyais pas comme ça The Mask...

Dix ans se sont écoulés depuis l'apparition de la Hell's Gate, un mystérieux phénomène dévastant une partie de Tokyo et changeant le ciel. Depuis l'apparition de cette zone, les étoiles furent remplacées par des substituts. Ces fausses étoiles correspondent à l'apparition d'un nouveau genre d'humains, les « contractants » des personnes qui ont hérité de pouvoirs surhumains. En contrepartie, ces contractants doivent se livrer méthodiquement à une action précise à chaque utilisation de leurs pouvoirs. Ces actions peuvent tout aussi bien être anodines (fumer une cigarette, boire de l'alcool, faire un bisou...) que franchement handicapantes (se casser les doigts, manger des clopes, vieillir prématurément...). Les contractants sont perçus comme des armes et utilisés en tant que telles par moult organisations gouvernementales, en raison de l'efficacité de ces individus qui en plus d'avoir des pouvoirs, ont la particularité de raisonner de façon totalement rationnelle, ne connaissant pas la peur ni aucune autre « faiblesse » morale exploitable par l'ennemi. En plus des contractants sont apparus les « dolls » des humains à l'air perdu, vides, mais qui sont des médiums capables de faire apparaître des spectres de surveillance. Ces dolls sont très prisés pour espionner. Hei (Lee Shang Shun étant son pseudo en tant que civil), le héros de l'histoire est un contractant qui travaille pour une mystérieuse organisation dont le nom est inconnu. Ses missions consistent souvent en divers assassinats, récupération de documents, protection...  En tant que contractant, il est recherché par la police qui le connaît sous le nom de code BK201. L'inspecteur Misaki Kirihara est obsédée à l'idée de lui mettre la main dessus... 

                     

                                Pour passer incognito, Hei se fait passer pour l'acteur Stephen Chow...

                                            Misaki Kirihara et la Section 9...enfin presque la Section 9...

Bon pour le résumé j'ai grossi le trait, il y a énormément d'informations à intégrer quand on regarde Darker than black. Mais celles-ci sont judicieusement distillées. La structure de la série est très intéressante. Les épisodes vont par paire (hormis les trois derniers), chaque paire se focalisant sur une affaire. Il y a bien un fil rouge qui apparaît en filigrane, mais au final, ce que la série présente, ce sont plusieurs intrigues plus ou moins indépendantes des autres. Pourtant, cela ne se fait pas au détriment de la cohérence. Les duos d'épisodes permettent de mettre en lumière de nombreux pans de l'univers sans pour autant que l'enchaînement ne paraisse artificiel. Comme l'indique le titre, la trame est nimbée de mystères et tous ne trouveront pas leur réponse même une fois le dernier épisode englouti. Une des plus grandes forces de Darker than black est cette ambiance si particulière, mêlant habilement conspirations et drames personnels. Les intrigues étant variées, on peut passer d'un double épisode mettant en scène une lutte contre les manigances de la CIA à un autre relatant une simple histoire de Yakuzas. Les informations sont distillées au compte-gouttes et parfois même, on est dans le flou le plus total, je le disais plus tôt, et cela ne concerne pas uniquement d'obscurs points du scénario. Quelle est l'organisation pour laquelle travaille Hei ? Quel but poursuit-elle ? Est-ce que Hei est dans le camp des « gentils » ? Autant de questions qui ne font que relever l'intérêt grandissant avec lequel on suit la série. 

                        

                                         La CIA, le MI6, les services secrets français... Tokyo nid d'espions...

                                                 

                            L'unité de Hei, au début, c'est pas l'esprit de franche camaraderie qui les étouffe.

Les personnages sont attachants pour beaucoup, bien que leur design fasse vraiment vu et revu. On retrouve quasiment tous les stéréotypes possibles de l'animation japonaise : beau gosse ténébreux aux cheveux sombres, Gothic Lolita au yeux vides et à la voix éteinte, beau gosse blond, belle gosse à lunettes, ado énergique adepte de moe, et j'en passe... Pour autant, cela ne signifie pas qu'ils soient inintéressants. Le fait que Darker than black ne fasse pas vraiment dans le manichéen donne une vraie saveur à ces personnages. Pas de nakama power et de discours ronflants sur l'amitié dans Darker than black. Hei a beau bosser avec une unité constituée de Huang un vieil ivrogne, Yin une jeune fille, et Mao un chat, leurs rapports ne débordent pas vraiment de chaleur humaine, et ils n'hésiteraient pas à s'entretuer si on leur en donnait l'ordre. La série à une esthétique très sombre, cependant, elle a l'intelligence de ne pas sombrer dans le tout dépressif qui l'aurait rendu caricaturale. Certains épisodes mettant en scène un détective et sa jeune assistante sont bien plus légers et sont autant de respirations dans l'univers lourd et sombre de Darker than black. De même, Huang, Hei/Lee et surtout Mao ont aussi des petites phases marrantes qui apportent une touche d'humanité et du relief à ces personnages. L'animation est de très bon aloi même si l'incrustation 3D de certains éléments (comme les voitures) sont assez grossières, et font tâche dans l'ensemble. En revanche, les combats sont très vifs et impressionnants, mêlant arts martiaux et utilisation de pouvoirs assez bien trouvés pour beaucoup...  

 

                                         On ne voit que très (trop?) peu Amber, mais on ne l'oubliera pas de sitôt.

                       Le pouvoir de Hei est le contrôle de l'électricité. Prends garde à tes miches Pikachu !

La musique est signée Yoko Kanno.

                               

                                                     Yoko Kanno aux commandes...'nuff said.

Quoi vous avez vraiment besoin d'un paragraphe pour vous expliquer que la BO est excellente ? Petit tuto pour l'avenir, quand dans le staff d'une série vous voyez les noms Yoko Kanno et Yuki Kajiura en tant que compositrices, vous pouvez dores et déjà vous jeter sur l'OST de la série (même si la série devait refouler du goulot).  

 

Donc je disais la musique est signée Yoko Kanno. Fin de ce paragraphe.

             

Darker than black est une excellente série animée, avec une ambiance délicieusement sombre et envoûtante et des personnages pour beaucoup mémorables. Pourtant j'étais assez dubitatif au début, persuadé que j'étais, de me retrouver face à une série sans prétention. C'est un anime qui mérite grandement qu'on lui laisse sa chance, car ceux qui poseront leurs yeux dessus seront assurés de passer un agréable moment. Et là, je suis déçu, je voulais finir en faisant une référence au titre, mais j'en trouve pas. Et du coup pour conclure, je me retrouve dans une m... plus sombre que le noir ! 

 

                                           Et en plus y a un chat qui parle ! UN CHAT QUI PARLE !

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Animés

 

Les années 30, la prohibition. On avait du style aux Etats-Unis à cette époque. Bon, on crevait de faim, sous les coups houleux d'une crise économique qui depuis un certain jeudi de l'année précédente avait pris ses aises, mais on crevait de faim avec style. Feutre sur la tête musique jazzy et ambiance tamisée sont à l'honneur dans l'animé dont je vais vous parler aujourd'hui. Baccano (Boucan dans la langue de Dante Alighieri) prend pour contexte cette période, mais ne vous attendez pas à y voir une version animée de Boardwalk Empire. Baccano, présente dans ce cadre des immortels, de l'alchimie, un train, des psychopathes, des mafieux, des cambrioleurs sympas et des journaleux qui n'ont pas froid au yeux. Baccano, série en treize épisodes, plus trois OAV et signé par les studios Brain's base vit le jour en 2007. Tout comme Durarara!! La série est l'adaptation d'une série de romans de Ryôgo Narita. On y retrouve donc une forte parenté avec Durarara!! Et c'est une très bonne chose.

                               

                  Miria et Isaac sont les personnages qu'on voit dans le plus d'arcs, cela fait-il d'eux les héros ?

 Comme vous le savez, pour narrer une histoire, il vaut mieux avoir un(des) personnage(s) principal(aux) à qui il arrive des péripéties qui le(s) mèneront au dénouement. Bon, là, ça tient de l'évidence la plus simpliste. Baccano se joue bien de cela. La narration de Baccano est éclatée, un peu comme pour Durarara!! Mais de façon bien plus complexe. Il y a plusieurs arcs principaux dans Baccano, et ces divers arcs sont complexes Ces nombreuses histoires s'entremêlent, mais ne se passent pas sur le même plan temporel (l'une d'entre elles est même très éloignée des autres). Pour rendre les choses plus corsées, la structure de la série présente ces arcs de façon chaotique, enchaînant les bonds dans le temps et dans l'espace. Est-ce qu'on s'y perd ? Un peu au début. Est-ce un défaut ? Non ! Car on tient avec Baccano l'un des fleurons de la narration. Un monument d'écriture qui laisse bouche béée. Essayer de résumer l'intrigue est assez difficile, aussi je vais être très bref et incomplet. Baccano raconte plein d'histoires : celle de Isaac et Miria, deux voleurs sympathiques qui se retrouvent mêlés à de nombreuses histoires qui les dépassent, mais qui ne se départissent jamais de leur bonne humeur. Il y a aussi Firo Prochainezo, nouveau venu dans la famille Martillo en 1930, un jeune gangster très fort qui suit les traces de son ami et mentor Maiza Alvaro, et qui rencontre la mystérieuse Ennis qui l'intrigue. En 1931, un train, le Flying Pussyfoot est attaqué par trois factions : les costumes noirs qui veulent rançonner un sénateur afin de faire libérer un certain Huey Laforêt, les costumes blancs menés par Ladd Russo psychopathe notoire envoyé par son oncle de parrain mafieux et le gang de Jacuzzi Splot, un pleurnichard dont la tête est mise à prix et qui tente de dévaliser le train. Et pendant ce temps, un monstre, le « Rail tracer » fait régner la terreur dans ce train qui n'en demandait pas tant. En 1932, Eve Genoard, issue d'une riche famille, remue ciel et terre afin de trouver des indices concernant Dallas, son frère, une petite frappe qui a disparu après avoir cherché un peu trop de noises aux mafieux deux ans auparavant. Vous suivez toujours ? Sachez que je n'ai évoqué qu'une infime partie de l'intrigue.

              

                                 Chane Laforêt est un personnage très intéressant à plus d'un titre

              

                        Le Rail Tracer vient ajouter une dimension "horreur" à la partie sur le Flying Pussyfoot. 

Je le disais plus tôt, le point le plus fort de Baccano est son écriture. La narration est menée de main de maître, comme je le disais plus tôt faisant de la série un véritable exercice narratif. Tous les évènements sont liés, et si l'histoire donne l'impression d'aller dans tous les sens, ce n'est pas le cas. C'est maîtrisé, et on le sent, pour peu qu'on ait pris le pli. Mais la qualité de l'écriture ne concerne pas uniquement son pharaonique scénario. Les personnages bénéficient d'un soin tout particulier qui les rend tous charismatiques. Oui, tous, et ils sont nombreux ces personnages qui apportent leur pierre à un édifice choral dans lequel ils ont tous leur place. Ladd Russo, le psychopathe mafieux est un exemple parlant. Bien que sanguinaire et sans pitié, il est si charismatique qu'on ne peut que s'attacher à lui, il n'a pourtant absolument rien d'héroïque, à aucun moment la série ne nous pousse à ressentir de l'empathie pour lui, mais cela arrive, car le personnage est bien écrit, et ce n'est pas le seul dans ce cas. Les autres, bénéficient du même soin, et même ceux qui ont un rôle mineur ou encore ceux dont on aurait pu craindre qu'ils ne puissent servir que de side kick rigolol. De la qualité que j'vous dis !

    

                   Ladd Russo (en gris) a la tête d'un homme amoureux. Ou qui va tuer des gens. Ou les deux.

   

               Les combats sont vraiment très bien animés. Et Firo le prouve avec des arguments percutants.

Le chara design est très efficace. Les personnages ont une gueule, et si parfois on pourrait reprocher un certain classicisme (le type à lunettes bienfaisant, la fille ténébreuse aux cheveux sombres...) ils sont suffisamment charismatiques pour coller à leurs personnalités. L'animation est très fluide, et c'est un vrai bonheur de visionner les combats. La New-York des années 30 est de plus assez fidèle à l'idée que l'on peut s'en faire. La représentation visuelle de la violence (très présente) est plutôt réaliste sans être écoeurante. Pour vous faire une idée du truc, je qualifierais la violence de gore Tarantinien. Assez « cartoonesque » pour ne pas être choquante mais pas assez pour ne pas être crédible. Ceci dit, Baccano s'adresse clairement à un public adulte averti, certaines scènes de torture étant assez crues. 

 

                                       Nombreux sont les personnages amenés à se rencontrer.

La musique colle parfaitement à l'ambiance générale. Jazz au programme, les musiques sont très agréables et jamais invasives. L'opening Guns n'roses de Paradise Lunch donne le ton. Ajoutons à cela un doublage de très bonne facture et on obtient une ambiance sonore très réussie.

          

Mais qu'est-ce qui ne l'est pas dans Baccano ? Quel panard de commencer l'année sur une si excellente série. Une pure merveille scénaristique, agréable à voir, un vrai plaisir à suivre, je vous le recommande chaudement ce Baccano, mes amis. Les treize épisodes se suivent avec délectation et les trois OAV, bien que pas indispensables en soi, permettent tout de même d'approfondir cet univers si sympa (et apportent quelques réponses à quelques mystères). Je suppose que je n'ai pas besoin d'en dire plus, non ? Baccano c'est le bien, et vous devez vous jeter dessus.

                     

                                                                    Journalisme total biôtch !

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Édito

Bon j'ai eu un gros moment de flemmingite aigue, mais depuis Juillet en fait, ce blog est entré dans sa troisième saison. Mais comme là, j'ai un sursaut de motivation, on va faire comme si je n'avais pas lézardé comme un gros viandard depuis cet été.

 

Et n'oubliez pas de croire en mon brushing, car mon brushing croit en vous.

Ancien Prez Critomore,

pire éditorialiste de blog de ce coté de la Galaxie.

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