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Certains joueurs sont plus persévérants, d'autres savent prendre leur temps, mais pour certains titres, nous sommes tous au même niveau, il est vain de lutter. Comme happé par le souffle de la tentation, une poignée de jeux ne vous feront pas décoller de l'écran, vous faisant passer par la même occasion pour un autiste aux yeux de votre entourage. Mais les soucis d'apparence sont bien dérisoires face au bonheur d'engranger les heures aux côtés d'une tuerie vidéoludique. Cependant, un ennemi rôde, pendu à vos paupières, il s'amuse à les alourdir jusqu'à la chute. Le sommeil, ce bâtard, est la Nemesis des week-end de geek. Quand un jeu nous transporte, loin, loin, quand il nous absorbe par son aura et sa prestance, il est impossible de penser à autre chose. Je suis certain de ne pas être le seul à rêver de scènes de jeu vidéo (rassurez-moi). Je me souviens de cette nuit de dure labeur, où, à bord de mon BT (ou fenwick), j'enchaînais les heures de travail (jeu ?) sans m'en rendre compte. Rêver de Shenmue n'est pas chose facile. Mais je m'égare, car mon but ici n'est pas de vous raconter ma vie, mais bel et bien de savoir pourquoi certains jeux arrivent à pousser notre addiction dans ses derniers retranchement. Nous ne parlerons pas de Meuporg, désolé, ce n'est pas du tout notre rayon et ce n'est surtout pas le propos. La discussion ne porte pas sur les jeux qui vont vous bouffer la vie jusqu'à la détruire, mais plutôt des expériences qui vont nous faire oublier notre quotidien, de façon ponctuelle, le temps d'une aventure, le temps d'un rêve.

S'il y avait une recette à ce "quelque chose" qui nous rend accro, cela ferait bien longtemps que les développeurs en abuseraient. Mais non, cette notion est indescriptible. Ça ne nous facilite pas le travail car, quand on écrit une critique, comment transformer en phrases ce sentiment ? Personnellement, je parle d'immersion, c'est la chose à laquelle je suis le plus réceptif. Mais le problème est le même, il est impossible de jauger l'immersion.

Que le jeu soit long ou pas, le fait d'oublier la manette, de ne plus penser au temps qui passe, n'est-il pas, au final, le seul et unique facteur de qualité ? Compter le nombre de fois où vous avez allumé la console pour conclure une aventure, n'est-il pas un indice permettant de juger la valeur d'un jeu ? Disons que pour aujourd'hui, ce sera le cas. Pour illustrer cette théorie géniale, je vais vous parler de quelques titres récents. Trois jeux qui ont su me faire oublier le fait que je ne vivais pas seul, qu'il fallait manger et que j'avais un loyer à payer. A ce jour, je ne suis pas célibataire, squelettique et à la rue, mais Uncharted 2, Heavy Rain et Splinter Cell Conviction m'ont fait décoller du sol, me faisant oublier par la même occasion certaines réalités qu'il est bon de ne pas omettre.

Uncharted 2 : Among Thieves - terminé en 2 allumages de console
Doté d'une bouleversante beauté, il faudrait être fou pour vouloir quitter les paysages sublimes de Uncharted 2, en faveur d'un panorama urbain, gris et pollué (en considérant que vous préféreriez aller en ville). De plus, de mémoire de joueur, rares ont été les titres à me proposer autant de scènes d'anthologies à la suite. Un vrai grand huit ! Mais le souci avec les attractions, c'est qu'on est harnaché. Solidement fixé, il est impossible de sauter. Uncharted 2 nous scotch de la même manière au fond du siège de notre salon, mais franchement, qui voudrait en sortir !

Heavy Rain - conclu en 2 allumages de console
Véritable expérience interactive, jouer à Heavy Rain vous plongera dans un scénario sombre, éprouvant, et passionnant. Personnellement, je suis sorti de cette histoire comme frappé par une révélation. Le jeu vidéo a encore beaucoup, mais beaucoup de perspectives à explorer. Je ne suis pas du tout désabusé, loin de là, c'est même le contraire. L'immersion est pour moi, l'un des facteurs culminant dans l'appréciation d'un titre. Heavy Rain m'en a fait vivre sa sublimation : l'implication. Avant lui, jamais je n'avais autant tremblé à l'idée de perdre un de mes personnages, jamais je n'avais autant hésité à prendre une décision, jamais je n'avais autant vécu l'aventure ! Vos choix ont une répercussion, ils changent la face de votre partie. Évidemment, la seconde fois on décèle les ficelles et les rouages de ce magnifique théâtre. C'est pour cela que je ne retoucherai pas à ce jeu. Mon expérience restera unique et belle à jamais.

Splinter Cell Conviction - fini d'un trait
C'est un record pour moi, j'avoue ne pas avoir fait exprès de faire ce jeu d'une traite. Je ne me suis pas dit avant de commencer le dernier Splinter Cell : « bon là, je joue pour le finir vite ». Du tout, c'est sans plus d'ambition que j'ai débuté ma partie vers 17h00, ce que je ne savais pas encore, c'est qu'elle allait finir à 3h00 du mat. Le trip ! C'est le terme qui caractérise le mieux cette expérience. Même si je m'y croyais plus avec l'ancienne orientation de la saga, avec ce volet « Conviction », je me suis quand même bien pris au jeu. Affalé sur mon siège Ikea, mon imagination n'était, elle, pas au repos.

Metal Gear Solid 3 et Resident Evil 4 - bouclés en trois allumages de console chacun
Je pourrais en citer bien d'autres, mais ces deux la restent mémorable. Chose contradictoire, car c'est avec ces parties rushées au maximum, que quelques temps plus tard, on oublie des bouts de l'expérience. Des détails du scénarios, quelques niveaux, des combats de boss, les souvenirs s'effritent, mais c'est le prix à payer pour vivre une aventure intense.

Si n'allumer la console qu'une ou deux fois pour arriver au bout d'un jeu est immanquablement un gage de qualité, le contraire est aussi avéré. PES (aujourd'hui FIFA), Street Fighter IV, ou certains Final Fantasy invitent le joueur à ré-insérer inlassablement le même disque. L'important c'est le nombre, qu'il soit infime ou considérable, cet indice prouve la valeur d'une production. Réduire l'immersion à un chiffre est un procédé bien mécanique et inutile, mais il est quand même amusant de remarquer son exactitude.

Et vous, combien de fois allumez-vous votre console ? Avez-vous déjà vécu ce genre d'expérience intense avec un jeu vidéo ? Sur quel jeu vous avez veillé jusqu'à plus d'heure ?

Med

 www.consolesyndrome.com

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Commentaires

bip-bip-72
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bip-bip-72
Tu devrais écrire un livre lol, c'est beau quand même, si tu parle comme ça aux filles tu les auras toutes lol.
Le blog de Console Syndrome Editions

Le blog de Console Syndrome Editions

Par Console Syndrome Blog créé le 23/12/09 Mis à jour le 09/02/12 à 18h52

Le blog des éditions Console Syndrome ! Vous retrouverez également quelques articles du site ConsoleSyndrome.com.

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Édito

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Prix : 18 €

Du premier Metal Gear paru en 1987 au récent Peace Walker, parcourez les étapes de création de ces jeux, avec moult anecdotes historiques. Découvrez également un portrait de Hideo Kojima, le créateur indissociable de son œuvre. Revivez ensuite l’intégralité de la chronologie du scénario, relaté dans tous ses détails et sa complexité, et couvrant près de 114 ans d’histoire, de la naissance des Philosophes à la vieillesse de Solid Snake ! Enfin, laissez-vous tenter par de nombreux décryptages et des analyses, s’intéressant autant au gameplay, à la mise en scène, aux idées folles de Kojima ou encore aux divers messages véhiculés.

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