Premium
Signaler
Articles

Enfin, voici venir la dernière partie de l'interview de Julien Chièze. L'occasion pour moi de revenir sur ce moment. Il faut savoir que l'entretien a été réalisé par téléphone et qu'il s'agissait d'une grande première pour moi. Prendre des notes, trouver un dispositif d'enregistrement correcte, savoir être réactif, autant de détails pas si anodin. Surtout quand la malchance vous joue des tours : plus de batterie de téléphone, coupures multiples, éclatage de forfait. C'est pourquoi je voulais en profiter pour remercier encore une fois Julien, d'abord pour sa disponibilité et son honnêteté dans ses réponses, mais aussi pour sa patience et sa gentillesse envers son interviewer.


4 - La presse aujourd'hui

Une question toute bête, et certainement naïve : pourquoi les sites français de jeu vidéo ne se regroupent pas afin de parler d'une voix commune lorsqu'un éditeur tente de faire pression sur l'un d'entre eux ? Pour parler concrètement, si un éditeur menace de ne plus investir dans un site au niveau de la pub, pourquoi ne pas mettre en place un boycott général de cet éditeur sur l'ensemble du web français spécialisé ?

Tu fais référence à l'affaire entre Sony et Gamekult (NDLR : Gamekult avait « mal » accueilli Heavy Rain en lui donnant la note de 6/10. En réponse à cela, Sony a gelé sa prise de publicité sur le site et à décider d'arrêter de fournir ses jeux et le matériel nécessaire au travail de Gamekult) ?

Oui.

Il faut savoir quelque chose d'assez triste. Sur le web tu as deux états d'esprit. D'abord les sites anglo-saxons, qui n'hésitent à relayer une info exclusive d'un site concurrent, en citant la source. Ils se disent qu'en leur envoyant du trafic, on leur renverra la pareille dans le cas inverse. C'est un cercle vertueux. Il y a un respect des exclus et une solidarité de l'info.

En France, c'est tout l'inverse. Personne ne parle de ton exclu. Pire, si un forum ricain te cite, les autres sites français vont rapporter la source américaine ! Chez Gameblog, on n'hésite pas à relayer ce que fait la concurrence, si ça nous parait intéressant. Récemment, on a par exemple relayé une interview intéressante parue chez Gamekult, une autre de JeuxActu. Peu de gens le font. Dans le milieu français, les journalistes sont fermés sur eux-mêmes, même si nous savons qu'ils regardent ce qui se fait ailleurs. Et si humainement parlant, on se connait et on s'apprécie dans la vraie vie, nos sites ont énormément de mal à être solidaire.

Alors effectivement quand il y a eu le souci entre Sony et Gamekult, il n'y a pas eu de solidarité particulière. C'est un débat très compliqué car il y a deux choses à distinguer. Personnellement, je trouve justifié que Sony supprime sa pub Heavy Rain (même si depuis, on a pu voir d'autres pubs pour les télés Sony sur le site). Si leur jeu se fait défoncer, je peux le comprendre. Je vais pas donner des milliers d'euros pour promouvoir un produit qui se fait critiquer négativement par cette même entité. Ensuite, Sony a décidé d'arrêter de fournir temporairement le matériel nécessaire à Gamekult pour qu'ils puissent travailler. Là, ça me choque. Gamekult a tout à fait la liberté de ne pas aimer Heavy Rain et de le dire. C'est la base du journalisme. Du moment que tu restes courtois, tu peux dire ce que tu veux. Pourquoi ça a dégénéré ? Quand Sony appelle Gamekult et qu'ils s'expliquent entre eux, ça reste dans la sphère privée. Mais si plus tard, tu vois des traces de cette discussion sur Twitter ou autre, ça déborde dans le domaine public. Je comprends alors que Sony puisse se braquer et que cela ait envenimé les choses.

Pour être franc, à cette même période on a même appelé Gamekult. Mais il y avait eu une vieille histoire, où on s'était fait allumer sur le Twitter de Poischich (NDLR : Gaël Fouquet, le rédacteur en chef de Gamekult) à propos de l'exclu Uncharted 2. Il sous-entendait que cette exclusivité avait obscurci notre objectivité. C'est fort comme phrase. C'est lourd de sens. Et honnêtement je trouve ça un peu dégueulasse. Il se trouve que Sony a choisi de filer l'exclu du test à un site de chaque territoire. Nous, on connait les mecs de chez Naughty Dog et on s'entend bien avec eux. Ils se trouvent qu'ils ont demandé à ce que nous ayons l'exclu française. Nous, on avait rien demandé, mais évidemment, on n'allait pas refuser. Pourquoi ? Tout simplement car il n'y avait aucune contre-partie demandé en retour. On nous a jamais demandé de bien noter le jeu... jamais proposé de l'argent où autre. D'ailleurs j'en profite pour souligner que ça n'est JAMAIS arrivé. Même si on nous le proposait, on refuserait catégoriquement. D'ailleurs il faut savoir que ce n'est pas nous, l'équipe éditoriale, qui gère la pub, c'est une régie indépendante qui s'en occupe et on les paie pour ça. Après, Gameblog est désormais un site important de jeux vidéo, il est donc normal que les éditeurs y achètent des pubs. Bref, Gamekult nous avait publiquement sali en balançant des pics répétés sur Twitter. On avait rien dit. Et puis ça recommence avec Heavy Rain, du genre « Cinq étoiles sur Gameblog, on s'y attendait pas... ». Gaël nous connait. Il sait qu'on n'est pas acheté. On n'a jamais cédé aux pressions des éditeurs, même du temps de Joypad, et on ne le fera jamais. De toute manière, si un site le fait, il se tue à moyen terme, parce que si ça se sait, c'est fini, tu flingues ta réputation.

Par contre, si un jeu nous plait, on ne va pas s'interdire de lui mettre une bonne note, même s'il s'agit d'une exclu. On a eu d'autres exclus, qui ont fait moins de battage et pour lesquelles on a pas été tendre, comme RE Darkside Chronicles par exemple. A ce niveau, on est assez inattaquable. Du coup, je répète que je trouve choquant que Sony ne veuille plus envoyer des jeux à Gamekult. Mais on sait très bien que tout sera rentré dans l'ordre un mois après, même avant. Après, est-ce que Gameblog aurait du faire une news pour soutenir Gamekult ? Franchement, peut-être. On ne l'a pas fait. Probablement car ce ne concerne pas nos lecteurs, que c'est de la tambouille interne un peu triste. Mais attention, on ne s'est pas frotté les mains de bonheur pour autant. Ça nous a peiné... mais ça nous peine tout autant quand on essaye de nous salir dans notre dos. C'est assez injuste. On s'est expliqué depuis. Tout va bien, là non plus ce n'est pas bien grave. Il n'y a pas de guerre entre Gamekult et Gameblog. Ni avec quiconque d'ailleurs. Nous n'avons pas la même sensibilité, c'est tout. Mais nous les respectons. D'ailleurs on essaye régulièrement de les inviter dans nos podcasts. On a hâte qu'ils acceptent (sourire).

Après, faut-il boycotter Sony ? Tous ensembles ? On fait quoi ? On arrête de tester leurs jeux ? Mais au final, ce sont les joueurs que tu prends en otage. D'autant que je le répète, ce genre de problèmes est réglé le mois d'après. La grande majorité ne sont pas au courant de cette histoire et ils attendent les avis sur le jeu. On ne veut pas prendre nos lecteurs en otage ou brandir notre carte de presse tels des chevaliers blancs. On se concentre avant tout sur nos lecteurs et on veut leur donner le meilleur. Pour eux.

 

Ton avis sur le marché de la presse aujourd'hui ? Ton analyse de la désaffection des gens envers le support papier ? Yellow Media ? Internet ? Ton inapproprié ?

Il y a beaucoup de choses vraies dans ce que tu dis. La seule que je supprimerai c'est Yellow Media. Je pense que ça n'a rien à voir. Les lecteurs ne savent pas quel groupe de presse édite quel magazine. Et quand les anciens de Joypad se barrent, au final ça n'intéresse pas grand monde. Ça peut jouer un peu, sur l'affect de quelques lecteurs, mais pas plus. La grande majorité des lecteurs s'intéressent au contenu, point barre. Après, c'est certains que les journalistes donne un ton au contenu. C'est notre crédo en tout cas.

Je pense surtout qu'internet a joué un grand rôle dans le désintérêt des lecteurs envers les magazines. Déjà en terme de réactivité, quand tu dois compter sur deux semaines de délai d'impression entre le bouclage et la sortie, ça pose problème. Mais si le contenu se restreint et que le prix augmente, face à la gratuité d'internet et sa réactivité, tu n'y réfléchis pas à deux fois. Ce qui peut sauver les magazines, c'est de proposer autre chose que ce que l'on trouve sur le net. On ne peut pas battre internet avec des tests ou des news. De toute manière ce n'est pas une lutte, les deux peuvent exister. Mais il vaut mieux jouer la carte du dossier de fond, jouer sur du contenu exclusif de haute qualité. Jouer la carte du magazine-bel objet.

Personnellement, je ne lis plus de magazines spécialisés jeu vidéo français. Je retente le coup une fois par an en général, histoire de juger sur pièces. Très honnêtement, et je parle pas en tant qu'ex de Joypad mais en tant que lecteur, ces mags ne m'intéressent plus. Je ne retrouve pas d'esprit d'équipe, la maquette n'est pas terrible. En revanche, ce qui m'intéresse c'est Pix'n Love. J'apprends encore des trucs sur Mario ou Pacman alors que je suis joueur depuis plus de 20 ans ! Les équipes de Florent Gorges font un boulot de malade. J'aime aussi Amusement. Je le trouve imparfait et je pense que certains détails pourraient être améliorés, mais je trouve l'alternative intéressante. La forme est classe, t'as pas honte d'ouvrir ton magazine. Ils ont des interviews intéressantes avec des regards croisés d'artistes ou de chanteurs sur divers sujets. Et surtout, le mag coûte 5€ et tu te retrouves avec un pavé dans la main. Ça correspond plus à ce que je recherche. C'est peut-être dû à mon âge.

 

D'ailleurs, t'avais bossé pour Amusement au départ non ?

C'est vrai. Je connais bien Abdel (NLDR : Abdel Bounane est le rédacteur en chef d'Amusement et nous l'avons déjà interviewé dans nos colonnes). Mais toujours pareil, je manque de temps. Il me rappelle parfois en me demandant si je peux pas lui écrire un truc et j'espère qu'un jour, j'aurais l'occasion de participer à nouveau à ce magazine. Ça me ferait vraiment plaisir. Je suis franc, je t'ai donné mon avis en tant que lecteur : Amusement je trouve ça imparfait, mais ça prend des risques, ça ose des choses, et ça j'aime !

Peux-tu nous raconter les circonstances du rachat de Joypad par Future, maintenant Yellow Media ?

J'ai été très peiné quand ça s'est produit, parce que tout fonctionnait très bien et qu'on avait de bons résultats. On s'entendait tous très bien, ces mags étaient faits avec le coeur. C'est une famille qui a été détruite à ce moment là. Quand ils sont venus nous voir, au moment du rachat, ils nous ont dit qu'on les intéressait car on était les numéros 1, qu'il ne fallait pas s'inquiéter, ils nous laisseraient poursuivre comme on l'entendait, vu que ça marchait bien. Mais ça n'a pas été le cas. Ils ont tout détruits au fur et à mesure et ça s'est ressenti sur les ventes. Mais je n'ai pas de rancoeur. A titre personnel, cela m'a permis de faire d'autres choses, d'apprendre à faire de la télé, de la radio, etc. C'est bien de se remettre en cause et d'apprendre encore et toujours. J'ai vécu huit ou neuf années incroyables avec ce magazine, mais il fallait passer à autre chose. Je suis persuadé que si le rachat n'avait pas eu lieu, on se serait peut-être endormi sur nos lauriers, ou alors on serait tombé dans la facilité. Et puis, Gameblog n'aurait pas existé.

 

Il me semble qu'au moment du rachat, tu n'étais pas parti tout de suite, mais que tu étais resté quelques numéros ? Comment ça s'est passé ?

Là, je vais parler en mon nom, car il s'agit de ressenti personnel. Au début, clairement, beaucoup ont décidé de partir. Ils n'y croyaient pas. Ils pensaient qu'on allait se faire avoir et ils ont préféré partir tout de suite et ne pas voir le projet mourir à petit feu. Honnêtement, avec le recul, ils n'ont pas eu tort. Mais moi, mon état d'esprit était différent. Je suis peut-être un peu naïf, mais j'avais envie d'essayer, d'y croire et j'aime juger sur pièce en donnant leur chance aux gens, aux choses. Mais bon, tu as vu que je suis quand même parti... Le truc, c'est qu'avant le rachat, on bossait sur une nouvelle formule, qui avait été quasiment achevée. Après le rachat, cette nouvelle formule a été poursuivie par Future et je voulais la voir aboutir, parce que je la trouvais très intéressante. Je suis parti le lendemain du lancement de cette nouvelle formule. On s'est fait totalement enflé. J'étais en reportage pendant une semaine et à mon retour, la nouvelle formule était totalement différente de celle escomptée. Celle qu'on avait préparé, celle dans laquelle je m'étais fortement investi. C'était même l'inverse. Tout avait été réécrit derrière. La maquette fracassée. J'étais tellement attaché à Joypad que j'ai préféré partir. C'était devenu insoutenable. Je ne pouvais plus participer à quelque chose qui me paraissait être une trahison.

 

Alors après, tu arrives à Consoles + et rebelote : Future rachète aussi cette publication. Les boules ?

C'est ça. Je me suis retrouvé dans la même situation un an après. J'étais partagé entre rire ou pleurer. Le positif, c'est que cela a accéléré la naissance de Gameblog. Donc pas de rancoeur une fois de plus. A trop vouloir bouffer tout le monde, Future n'y a pas forcément gagné. De ce que je sais en interne, leurs rédacteurs sont souvent sous pression et certains perdent la passion. On les sent en mode fonctionnaires pour certains. Je ne parle pas de tout le monde, il reste des gens passionnés là-bas. Mais bon, on n'est pas là pour faire de l'analyse économique. Quand tu parles de jeu vidéo, il faut que ça reste passionné, que ça se sentent, que ça vibre. Être passionné pour être passionnant, et j'avoue ils n'arrivent plus globalement à me passionner.

 

5 - Les questions personnelles

Toi qui adopte un style littéraire assez reconnaissable, préfères-tu le monde de la presse papier, de la presse web ou bien la télé ?

(Il hésite.) Je suis un grand bavard, tu as pu t'en rendre compte (rires). Mais paradoxalement, je citerai spontanément la radio comme media que j'affectionne. Celui qui me plait le moins, c'est peut-être la télé. On y est tellement dépendant de l'image et de lourdeurs techniques. Mais attention, je l'aime moins, mais je l'apprécie beaucoup quand même. Pour le jeu vidéo, c'est l'idéal, tout montrer en mouvement. Mais je parlerais alors plus du media vidéo que du media télé. La télé, comme la presse papier, a des contraintes de temporalité, des horaires fixes à respecter, il faut du montage, des sorties sur Bêta, etc. Sur le net, tu peux balancer tes vidéos instantanément. Quasiment en live. C'est l'idéal lors de la couverture de salons. L'émission Gameblog diffusé sur MCM, ça reste génial, mais bon, t'as toujours une semaine de décalage par rapport aux évènements et aujourd'hui, à cause du CSA, on ne peut pas parler des jeux +18. On va essayer de faire changer ça pour la prochaine saison, car je suis attaché à cette émission.

Mais pour répondre à ta question, je classerai l'écrit tout en haut. Parce que j'adore ça. J'aime jouer avec les mots. C'est mon premier amour et ça s'oublie pas. Mais attention, ça ne veut pas dire « la presse écrite ». Car je le confesse, je n'ai pas de nostalgie des magazines. Ensuite, je placerais la radio. Tu y racontes des histoires sans être « parasité » par l'image. Tu dois tout décrire avec tes mots, exprimer tes ressentis et tu peux rentrer dans le fond du truc. Et puis la télé, qui reste géniale. Mais au delà de tout ça, je place Internet en tête de très loin parce que ça regroupe tout ce qu'on vient de dire. Internet est LE media numéro un. Tu écris, tu filmes, tu discutes, tu fais tout... et potentiellement tout de suite. J'en suis vraiment accro. Chaque jours, je regarde les statistiques du site, je lis plein de trucs dessus, je suis un vrai geek pour ça.

 

Entre le film interactif Heavy Rain, le sand-box GTA, la rollercoaster Uncharted 2, le gameplay Mario ou l'expérience ICO, que recherches-tu dans un jeu vidéo ?

Ouh là, tu me cites plein de bons jeux ! En fait, je cherche d'abord à être surpris et vivre une émotion. Mais pas forcément me faire chialer ou me faire peur, ça peut être simplement lié au gameplay. Il faut que je ressente quelque chose d'inédit. Et le dernier titre qui m'a fait ça, c'est Flower. Je me suis pris une vraie baffe dans la gueule. J'ai trouvé ça beau, intéressant, on te raconte une histoire sans le moindre mot. Chacun va vivre le jeu comme il l'entend, c'est jouable par tous : les gamers, les enfants, ma grand-mère. Tu peux juste te lancer une partie de 10 minutes rien que pour te balader, regarder. C'est l'expérience de 2009 et de loin. Le jeu qui m'aura le plus marqué cette année là. Je prends du plaisir rien que de t'en parler là (rire)...

Après, j'aime qu'on me raconte des histoires. D'ailleurs j'ai aimé Heavy Rain. Je l'ai trouvé très imparfait. J'ai souvent été frustré. J'ai trouvé qu'on n'avait pas assez le choix, ou pas les choix que j'avais imaginé. Mais j'ai adoré m'impliquer dans l'action. Les choix que je faisais n'étaient pas ceux du personnage, mais les miens, ceux que j'aurais fait dans la vraie vie, dans la même situation. J'ai souvent hésité aux moments cruciaux en me prenant la tête à réfléchir. Ma fin m'a même énervé. Elle n'était pas comme je la voulais, mais bon, c'était la fin de MON histoire. Et j'ai aimé ça.

Dans l'absolu, je rêverais que les RPG japonais reprennent du poil de la bête. C'est là où j'ai connu mes émotions les plus incroyables : Final Fantasy, Secret of Mana, tout ça. Aujourd'hui, franchement, je ne m'y retrouve pas. Ils tournent en rond et ça me fait chier. Peut-être est-ce moi qui ai changé ? Le seul qui m'a touché dernièrement, c'est Lost Odyssey. La fin du premier du DVD... J'ai vraiment vécu le truc intensément, j'ai joué le jeu à fond.

Mais globalement, je n'ai pas de genre de jeux préférés. J'ai pris du plaisir sur un milliard d'entre eux. Beaucoup de ces titres n'avaient rien à voir. Pas la peine d'être un mega bockbuster pour me toucher. Ce qui m'intéresse, c'est le ressenti, ce qu'un jeu va te laisser après la console éteinte, l'envie qu'il va te donner d'en parler...

 

Pour revenir sur les RPG, je te sais fan de la saga Final Fantasy. Tu n'as pas pourtant pas écrit le test de Final Fantasy XIII. J'aimerais connaître ton avis sur ce titre.

Pas convaincu. J'y ai joué et j'y ai cru très longtemps. Définitivement, des petites nanas qui gloussent, ça me fait chier (même si des heures après, on retrouve un peu plus de fond). Ce ne sont pas les couloirs qui m'ont déçu (d'ailleurs j'avais beaucoup aimé FF X). J'ai trouvé le système de combat un peu austère au départ et qu'il mettait du temps à montrer ce qu'il avait dans le ventre. Que c'est lent et inintéressant au début. Ce jeu ne m'a pas touché. Il ne m'a pas fait vibrer. J'avais envie de baffer les héros pendant plus de 10 heures. Et puis niveau scénario, le début est assez obscur. On te parle de Fal'Cie, de L'Cie, on sait plus qui est quoi. En bref, j'ai trouvé ça très beau, mais très chiant. Et ça me peine de le dire.

 

Dans un autre genre, et je sais que tu l'as apprécié aussi, j'ai beaucoup aimé le dernier Silent Hill sur Wii. Et par bien des aspects, je trouve qu'il se rapproche d'Heavy Rain dans le sens où il faut accepter l'expérience pour entrer dans le jeu.

Franchement je comprends. Certains soucis de jouablilité m'ont saoulé et le jeu est imparfait. Mais je l'ai apprécié. D'ailleurs, je me permets de rappeler que les notes sur Gameblog sont plus des appréciations. Cinq étoiles n'équivalent pas à un 20/20. Pour Silent Hill, je lui ai mis 4 étoiles, mais c'est ce que je dis dans le texte qui importe. J'ai aimé l'expérience, les réponses chez le psy qui influent sur le jeu. A mes yeux, c'est clairement le meilleur Silent Hill depuis le 2, qui reste indétrônable.

 

En tant que testeur justement, tu préfères critiquer les jeux que tu attends ou te les garder pour plus tard ?

Je révérais de ne pas tester les jeux que j'attends. A Gameblog, on fonctionne selon l'expertise. On sait qui sera le plus apte à tester quel type de jeu. Donc on n'a pas toujours le choix. Par exemple, je m'occuperai des Resident Evil ou des Silent Hill. RaHaN va faire God of War. Julo fera Shenmue, même si c'est pas dit qu'il fasse le trois. Mais tu vois, j'ai été très content de pas avoir à faire FF XIII. Parce qu'en général, il faut se dépêcher pour rendre le test à l'heure. Y a des jeux où t'as pas envie de rusher.

Mais dans l'absolu, je ne suis pas fan des tests. D'ailleurs, je ne suis pas sûr d'être un grand testeur. Même ce mot m'horrifie. Je ne l'aime pas. Un test, c'est un contrôle technique. On teste une voiture, un objet... mais on ne peut pas tester un jeu vidéo, c'est subjectif, ça joue sur le ressenti, sur le scénario, le gameplay... C'est pour ça qu'on ne met pas de note stricto sensu à Gameblog. Si je pouvais, je ne ferais aucun test. Je préfère mille fois écrire des news, participer à des reportages, réaliser une interview. C'était la même chose au temps de Joypad. Limite, je préférais écrire après coup sur un jeu. Que je l'ai aimé ou non.

 

Dernière question pour la route (et la plus importante). L'Olympique de Marseille, champion de France ?

Imagine ma frustration ! Ça fait 17 ans que j'attends un titre, et le soir de la finale de la Coupe de la Ligue, je suis en reportage à New York. On était dans le bus et on captait le WiFi. Je suivais le match sur le site de l'Equipe en rafraichissent la page toutes les 5 secondes. J'étais avec des supporters de Bordeaux et Paris et je leur ai fais la misère. Mais je n'ai toujours pas vu la moindre image du match. Je devais aller le voir au stade en plus !

Mais pour le titre, franchement, j'y crois. Lyon et Bordeaux vont se fatiguer en Ligue des Champions (NdCouCou : Bordeaux ne s'était pas encore fait sortir de la compétition l'époque), Montpellier est en baisse de régime. Il faudra faire attention à Auxerre par contre, même si personne n'en parle. Aux marseillais à ne pas déconner et j'espère qu'on ne regrettera pas cette journée de Ligue 1 où toutes les grosses équipes devant nous ont fait match nul et où l'OM n'a pas pu faire mieux le jour d'après. Sinon on prenait un vrai avantage. J'ai envie d'y croire en tout cas. Je suis un mec assez positif, si t'avais pas encore remarqué (rires). Allez l'OM ! C'est le club de mon coeur et je suis quelqu'un de fidèle !

 

Mais t'es de Marseille ou quoi ?

Même pas ! J'ai dû y mettre les pieds deux fois. Mais quand j'étais petit, j'étais passionné de foot. J'étais d'ailleurs pas trop mauvais. Je suivais l'équipe de Marseille de l'époque. J'avais les maillots, l'écharpe, mais faits maison ! Après la défaite en finale de Champions League contre l'Etoile Rouge de Belgrade, je me souviens que j'ai mis une semaine à m'en remettre. Et mon père ne comprenait pas pourquoi je pleurais. Ah, mes premières émotions de foot, c'était avec l'OM...

Merci infiniment !

Retrouvez nous sur www.consolesyndrome.com

Ajouter à mes favoris Commenter (3)

Commentaires

MASKDECOYOTE
Signaler
MASKDECOYOTE
La boucle est bouclee. Excellente interview. Etant fan de Joypad a l'epoque, j'avais aussi du abandonner le mag apres le depart de JulienC et des autres avant de retrouver Gameblog.
Tijuss
Signaler
Tijuss
Lol pour GameKult. J'ai eu un blog chez GK pendant deux ans et croyez moi ils ont des notations parfois trés curieuse! Aprés tout, comme dit JulienC, "Gamekult a tout à fait la liberté de ne pas aimer Heavy Rain et de le dire" c'est vrai mais en revanche GK ne se géne pas pour dire que les autres sites de jeux vidéo font de la lèche aux développeurs! C'est petit mais c'est GK! :/
Pyramid Head
Signaler
Pyramid Head
Chouette interview, avec les questions que nous étions beaucoup à nous poser, enfin j'imagine. :)
Un courrier des lecteurs serait vraiment une bonne chose.
Le blog de Console Syndrome Editions

Le blog de Console Syndrome Editions

Par Console Syndrome Blog créé le 23/12/09 Mis à jour le 09/02/12 à 18h52

Le blog des éditions Console Syndrome ! Vous retrouverez également quelques articles du site ConsoleSyndrome.com.

Ajouter aux favoris

Édito

C’est avec beaucoup de fierté que nous vous annonçons la sortie de notre dernier livre, consacré à la saga Metal Gear. Pour fêter l’arrivée de la compilation HD de MGS 2MGS 3 et Peace Walker, et en attendant la sortie de MGS 3D sur 3DS, nous vous proposons ce nouvel ouvrage qui décrypte et retrace l’intégralité de la série. Le livre est d’ailleurs disponible dès maintenant. De quoi fêter dignement les 25 ans de la franchise phare de Konami !

Caractéristiques de l’ouvrage :
Format : 160 x 240 mm
Couverture : cartonnée, vernis UV sélectif
Nombre de pages : 200
Impression : noir et blanc
Auteurs : Nicolas Courcier, Mehdi El Kanafi et Damien Mecheri
Prix : 18 €

Du premier Metal Gear paru en 1987 au récent Peace Walker, parcourez les étapes de création de ces jeux, avec moult anecdotes historiques. Découvrez également un portrait de Hideo Kojima, le créateur indissociable de son œuvre. Revivez ensuite l’intégralité de la chronologie du scénario, relaté dans tous ses détails et sa complexité, et couvrant près de 114 ans d’histoire, de la naissance des Philosophes à la vieillesse de Solid Snake ! Enfin, laissez-vous tenter par de nombreux décryptages et des analyses, s’intéressant autant au gameplay, à la mise en scène, aux idées folles de Kojima ou encore aux divers messages véhiculés.

Au niveau de la forme, nous vous proposons un livre dans la droite lignée de ce que nous vous avions offert avec Zelda, chronique d’une saga légendaire. Un façonnage de haute qualité donc, une couverture cartonnée, un vernis sélectif et un tranche-fil. De quoi démarrer une jolie collection !

Commandez dès maintenant ce livre sur le site des éditions Pix’n Love !

Il sera également disponible très rapidement dans le circuit de distribution classique (Fnac, Virgin, Cultura, Amazon, centres culturels Leclerc, etc.).

Archives

Favoris