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Depuis sa création, le medium jeu vidéo s'est créé des codes et des emblèmes, rapidement identifiables comme tels, mais aussi spécifiques de son univers. Et alors que d'autres titres s'amusent à singer le cinéma, sans jamais vraiment tenter d'utiliser le vocabulaire et les particularités de notre passion, d'autres jalonnent leurs créations de références à cette nouvelle « culture geek ». Pong dans Banjo-Kazooie ? Duke Nukem dans No More Heroes ? Tokimeki Memorial dans Super Paper Mario ? Quels sont les tenants et les aboutissants de cette culture geek ?

La génération éduquée à la NES (là je parle pour moi), ou encore les vieux briscards ayant connus les joies de Space Invaders en arcade vous le diront. Le jeu vidéo s'est forgé sa propre culture, fruit de 20 ans d'effort et d'imagination issus des créatifs de toutes parts. Et il n'est pas rare de nos jours de voir déambuler des mecs portant un T-Shirt où figure un dialogue du tout premier Zelda, ou encore affichant la manip à déclencher pour sortir un Hadoken. Alors que le statut d'oeuvre d'art, ou tout simplement d'art dans le jeu vidéo, est encore débattu, il est indéniable que notre medium a véritablement créé une culture populaire et très spécifique. Et preuve de cette maturité artistique, on constate que les game designers utilisent désormais sans vergogne des moyens d'accaparer l'attention de leurs fans, en tant que rouage primordial du soft, ou simplement pour les amuser.

Prenons des exemples pour bien comprendre si vous le voulez-bien. Le but ici n'est pas d'être exhaustif, seulement de citer quelques cas particuliers amusants. Au premier rang, on trouve la saga Metal Gear Solid de Hideo Kojima. Alors que les premiers opus 3D de la série balançaient à tout bout de champ des références cinematographiques à la pelle (et pouvant dès lors être appréhendées par un large public - le cinéma étant « reconnu » comme beaucoup plus mainstream), le quatrième opus de la série a choisi une toute autre voie. Ce dernier joue de l'auto-référence constante. L'histoire et les flashbacks font appel aux scénarios passés, sans plus d'explication, quelques private-jokes désignent des stigmates d'un passif gamer (le combat contre Screaming Mantis, par exemple, où le premier réflexe du joueur ayant une « histoire » avec les MGS sera de changer la fréquence de sa manette, ce qui n'est pas sans déclencher un commentaire amusant de Otacon), et font que le joueur est en terrain conquis. Dans ce titre, ce genre de cas de figure pullulent et font de MGS 4 un titre délicat à appréhender pour le profane, car le jeu a choisi d'utiliser un langage issu de cette « culture geek » pour s'adresser aux joueurs.

Parfois, cette culture geek permet de faire passer de vrais messages, et dévoile l'évolution du jeu vidéo et des mentalités avec beaucoup de recul. Le troisième opus de la série des Banjo-Kazooie utilise un procédé d'interaction direct avec le joueur en lui expliquant, avec beaucoup d'humour, le changement opéré dans le gameplay. On commence le jeu avec un Banjo obèse, et la première épreuve proposée au joueur vous oppose à Gruntilda, avec pour objectif de ramasser un max d'items. Quelques minutes après, le SAJ (entité divine de l'univers des JV, dont le visage est en fait une télé branchée sur le jeu Pong) vous dit alors qu'aujourd'hui les gens n'ont plus envie de sauter partout pour ramasser des objets (et donc il justifie le nouveau gameplay du soft). Le studio Rare, développeur du jeu, se permet même l'auto-chambrage en rappelant que leurs titres ne se sont jamais aussi bien vendus qu'un Mario (et quand on connaît l'historique des liens entre Rare et Nintendo, c'est plutôt amusant, et même courageux de la part de Rare), non sans évoquer quelques bides passés (Grabbled by the Ghoulies). Une leçon d'humour, d'humilité et de recul sur notre medium.



D'autres titres utilisent ces procédés, mais seulement pour amuser le joueur, sans que cela empêche une bonne compréhension des mécaniques du soft. Citons par exemple No More Heroes qui, lors d'une cinématique finale, fait carrément référence à l'arlésienne Duke Nukem Forever. Autant dire que seuls les gamers ayant suivi l'actu du jeu vidéo depuis quelques années pouvaient être réceptifs à cette blague. On a encore ce niveau de Super Paper Mario qui vous place dans un vrai monde gouverné par un otaku. Arrivé dans la chambre du boss de fin, le combat se déroulera comme un pastiche des jeux de dragues à la japonaise. Là encore les joueurs, même occidentaux, ont apprécié l'intention, alors que ces titres à la Tokimeki Memorial sont des jeux marginaux, et dont aucun représentant n'a fait de bruit en Europe. L'exemple de Super Smash Bros est aussi édifiant. Tout dans ce jeu de baston convivial fait appel à la culture JV du joueur. Et vas-y que je tire sur la corde sensible en balançant les musiques cultes des jeux Nintendo, que je ressuscite Kid Icarus (pourtant pas aperçu depuis la NES !), que je ressort le Super Scope du placard, etc. En bref, un vrai musée vivant à la glore de la firme de Kyoto et un vrai best-of de ce qui s'est fait depuis 20 ans maintenant.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les trois derniers exemples que j'ai cité étaient des jeux Wii. Et là, il est amusant de constater que cette référence à la culture geek se fait sur une plate-forme de jeu justement décriée comme éloignée des aspirations des gamers. Et ça ne surprendra personne si je dis que le grand public disposant d'une Wii (et cible principale des campagnes promo) est beaucoup moins éduqué (je dis ça sans connotation péjorative) que la moyenne des gamers. Doit-on voir ici une forme de rebellion des développeurs, cantonnés à la Wii en raison de son succès, mais fâchés de voir comment Nintendo tourne le dos aux joueurs, pourtant le coeur de cible histoirque ? Peut-être bien. Mais cette culture geek a également d'autres répercussions. Elle permet d'abord de compiler et de garder en mémoire près de 20 ans de travaux et idées issus du JV. Ainsi, on peut ainsi répertorier une mémoire tangible de l'histoire du JV, chose qui n'est pas faite par ailleurs (certains jeux doivent être juste introuvables à l'heure actuelle), et qui parviendra même à éduquer cette nouvelle génération (car c'est bien là le but, garder tout cette culture pour soi serait idiot). Et enfin, on peut voir dans ce phénomène un vrai coming-out de l'industrie. On connait la mauvaise réputation qu'ont eu les JV. Et la situation s'est même améliorée par rapport à nos jeunes années, où avouer jouer aux jeux vidéo donnait une image négative à la société (le cliché du geek boutonneux et asocial). Oui, désormais nous n'avons plus honte de jouer aux jeux vidéo. Et si cette culture geek perdure (ce dont je ne doute pas), ce serait aussi un bon moyen d'évacuer ce complexe d'infériorité par rapport au cinéma et les créatifs pourront ainsi s'atteler à rechercher la substance de ce qui définit le JV et comment l'exploiter. Et les costards-cravate pourront enfin définir une grammaire et un vocabulaire propre à notre medium.

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Le blog de Console Syndrome Editions

Le blog de Console Syndrome Editions

Par Console Syndrome Blog créé le 23/12/09 Mis à jour le 09/02/12 à 18h52

Le blog des éditions Console Syndrome ! Vous retrouverez également quelques articles du site ConsoleSyndrome.com.

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Édito

C’est avec beaucoup de fierté que nous vous annonçons la sortie de notre dernier livre, consacré à la saga Metal Gear. Pour fêter l’arrivée de la compilation HD de MGS 2MGS 3 et Peace Walker, et en attendant la sortie de MGS 3D sur 3DS, nous vous proposons ce nouvel ouvrage qui décrypte et retrace l’intégralité de la série. Le livre est d’ailleurs disponible dès maintenant. De quoi fêter dignement les 25 ans de la franchise phare de Konami !

Caractéristiques de l’ouvrage :
Format : 160 x 240 mm
Couverture : cartonnée, vernis UV sélectif
Nombre de pages : 200
Impression : noir et blanc
Auteurs : Nicolas Courcier, Mehdi El Kanafi et Damien Mecheri
Prix : 18 €

Du premier Metal Gear paru en 1987 au récent Peace Walker, parcourez les étapes de création de ces jeux, avec moult anecdotes historiques. Découvrez également un portrait de Hideo Kojima, le créateur indissociable de son œuvre. Revivez ensuite l’intégralité de la chronologie du scénario, relaté dans tous ses détails et sa complexité, et couvrant près de 114 ans d’histoire, de la naissance des Philosophes à la vieillesse de Solid Snake ! Enfin, laissez-vous tenter par de nombreux décryptages et des analyses, s’intéressant autant au gameplay, à la mise en scène, aux idées folles de Kojima ou encore aux divers messages véhiculés.

Au niveau de la forme, nous vous proposons un livre dans la droite lignée de ce que nous vous avions offert avec Zelda, chronique d’une saga légendaire. Un façonnage de haute qualité donc, une couverture cartonnée, un vernis sélectif et un tranche-fil. De quoi démarrer une jolie collection !

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