Le Monde du Captain Sparke

Par Captain Sparke Blog créé le 03/10/16 Mis à jour le 17/07/17 à 09h13

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Critique (Séries TV)

Après notre dossier plus ou moins complet sur la saga cinématographique Marvel qui a commencé en 2008 avec Iron Man, et qui se poursuit encore aujourd'hui avec la sortie du récent Spiderman : Homecoming au sein du Marvel Cinematic Universe, nous ne pouvions laisser de côté une autre série très importante du monde de Marvel : les X-Men. Nous n'allons toutefois pas traiter aujourd'hui de la saga filmique commencée en 2000, et dont le dernier opus, Logan, se concentre sur le personnage de Wolverine, mais de la série animée américaine de 1992, qui a laissé un souvenir impérissable dans le coeur des gamins anglo-saxons des années 90, avec son scénario en béton armé, ses personnages profonds et divers dans leurs actes et attitudes, la musique du générique qui grave chaque note de guitare électrique dans les esprits des bambins, et qui s'impose donc comme une des séries animées américaines de super-héros des plus intéressantes. Mais avant de traiter de la bête, parlons d'abord de l'univers des X-Men.

 

Le dernier Logan, centré sur le personnage de Wolverine, pète la classe.

 

I. Les Hommes-X ?

 

Nous avons déjà décrit l'histoire de la maison d'édition Marvel. Ce qu'il faut savoir, c'est que les X-Men sont nés en plein renouveau du comic de super-héros, au milieu des autres Avengers, durant l'âge d'argent du comic, dans les années 60. La différence vient des thématiques abordées. Car si les super-héros s'imposent comme des sauveurs luttant contre le mal comme ils peuvent, et essayant de gérer leur vie au quotidien quand ils n'enfilent pas de collants ou d'armure en métal, le cas des mutants est à la fois plus simple et plus complexe. Plus simple pour les scénaristes, qui nous proposent des dizaines et des dizaines de mutations possibles, qu'ils expliquent par des gènes différents, et qui leur permettent de s'essayer à toutes les fantaisies. Mais plus complexe à l'intérieur du comic dans les relations entre les mutants et le reste de la société. Sans contrôler les mutations, les mutants sont des parias, des humains dégénérés, supérieurs, ou tout du moins différents, et il est d'autant plus complexe pour eux d'évoluer dans ce monde. Comment vivre sereinement lorsque vos yeux tirent des lasers, que vous avez un corps énorme et bleu, ou que vous aspirez la vie et l'énergie de quiconque vous touchant ?

 

L'équipe originale de 1963, avec Angel et Iceman, contre Magneto.

 

Trois visions concurrentes majeures s'affrontent : les mutants sont des êtres nuisibles et dangereux pour les humains anti-mutants, qui montent syndicats, partis politiques et coups montés pour arriver à leur fin ; les mutants sont des êtres supérieurs, qu'il convient de libérer des chaînes de l'obscurantisme humain pour les diriger et prendre la place qui est la leur, selon certains mutants, dont Magnéto, le super-vilain complexe de par son histoire tourmentée, principal rival des X-Men et pourtant restant à certaines occasions un ami de leur chef ; et enfin, l'idée que les mutants sont des êtres différents, qui doivent réussir à contrôler leur pouvoir et à vivre une vie correcte, même si cela implique de se retirer en partie du monde. Cette vision se retrouve dans l'institut tenu par le professeur Xavier. De cet institut sortent les X-Men, un groupe de mutants masqués qui interviennent comme des super-héros en cas de pépin, entre agressions et autres attaques dangereuses.

 

La série est tellement populaire qu'elle a eu droit à son reboot en comic en 2015.

 

II. La série des années 90

 

Wolverine, toujours prêt à bondir, avec Gambit.

 

A la suite d'une décennie de très bonnes ventes, et après un épisode-pilote en 1989, une saison de 13 épisodes est lancée en 1992 sur Fox Kids, a un succès certain, et rempile pour un total de sept saisons jusqu'en 1997, avec près de 72 épisodes d'une vingtaine de minutes. Pendant plus d'une cinquantaine d'années de service dans les rayons des comic stores, l'équipe des X-Men a considérablement varié dans sa formation. Au début de cette série de 1992, on découvre Jubilee (personnage créé en 1989), une mutante qui a récemment obtenu ses pouvoirs, puisqu'ils ne s'activent que vers l'adolescence, et qui est capable de générer de l'énergie pyrotechnique. En tentant de trouver une solution, elle tombe sur des robots appartenant à une mystérieuse organisation gouvernementale secrète, qui opère en secret un fichage en règle de tous les mutants connus pour ensuite les parquer dans des centres de détention spécialisés. C'est ensuite qu'elle rencontre l'équipe complète : le Professeur X, télépathe et télékynésiste puissant, mais paralysé des deux jambes, et qui croit fermement en l'être humain ; Jean Grey, de l'équipe originale, elle aussi télépathe et télékynésiste à ses heures perdues, en relation très proche avec le leader Cyclops, qui projette des rayons d'énergie incontrôlés par ses yeux ; le docteur McCoy, alias Beast, scientifique talentueux dans un corps de grosse brute bleue, et qui subit le plus de préjugés dans toute la série.

 

Petit portrait de famille.

 

Cette équipe, tirée des années 60, est complétée par Gambit (1989), qui peut faire exploser tout ce qu'il touche ; Rogue (1981), qui est capable d'aspirer la force des êtres vivants en contact direct avec elle, ce qui l'empêche d'avoir des relations physiques avec n'importe qui, et qui vient d'une guilde de super-vilains dirigés par Mystic, une changeuse de forme ; le brutal Wolverine (1974) aux capacités de régénération exceptionnelle et qui se paie le luxe d'un squelette en adamantium ; et enfin, la kenyane Storm (1975), qui contrôle les éléments de la nature. Si je prends le temps de détailler chacun des personnages, c'est qu'outre les pouvoirs très différents, ces personnages principaux ont une mentalité bien à eux qui est centrale dans la plupart des épisodes de la série. Même quand celle-ci ne dévoile pas de suite le passé et les zones d'ombre des personnages, les répliques, les actions et les façons d'agir sont propres à chacun. Wolverine, un des personnages préférés des X-Men, est pris très souvent d'une rage du combat, se désolidarise du groupe, gère très mal les relations humaines, mais pour ensuite sauver sans contrepartie les membres de son équipe et essayer malgré tout d'évoluer avec le groupe. Autant vous dire de suite que les personnages de cette série pètent la classe, contrairement à ceux des films. Storm interpelle la nature à chaque intervention, et est un pion d'élite du groupe, Cyclops tient son rôle de leader et de principal homme d'action de l'équipe, Beast est la plupart du temps un scientifique qui déteste utiliser la violence malgré son corps, et qui s'amuse à lire de la poésie et à guérir des malades. Ce ne sont que quelques exemples de personnages très réussis.

 

L'introduction de Bishop permet d'introduire dans la série le célèbre chapitre Days of Future Past. N'oublions d'ailleurs pas l'autre célèbre chapitre du Phénix dans la saison 3.

 

Et évidemment, on se doute qu'en 72 épisodes, bien d'autres seront présentés. Outre les mutants alliés ou ennemis des X-Men parfois génériques, on trouve les concurrents principaux, et des intrigues secondaires assez touffues, notamment avec les voyageurs du temps, des mutants qui reviennent régulièrement dans le passé pour essayer de corriger des événements qui ont fait de leur monde un enfer, mais aussi les méchants tels le technologique Sinister, l'être millénaire Apocalypse, mais aussi le malléable Magnéto, tantôt ennemi mortel, tantôt allié de taille. C'est une série animée pour les enfants, ne l'oublions pas, et les combats ont donc une place très importante, mais sont très souvent liés à de grands thèmes-phares de l'oeuvre des X-Men : le racisme, le rejet de la différence, la peur de l'autre. Les mutants passent davantage un sale quart d'heure dans le monde réel que les super-héros. Si l'on reste ensuite dans l'habillage, l'animation est un peu vieillotte, notamment au niveau des combats, la musique très typique. Il reste difficile pour un francophone de trouver de quoi regarder sur le net, j'espère que vous maîtrisez l'anglais un minimum.

 

N'oublions pas non plus la partie Phoenix, en pleine saison 3, qui adapte là encore une partie célèbre du comics.

 

Conclusion

 

Malgré le fait que ce soit une série pour enfants, la série de 1992 nous propose des personnages complexes et travaillés, qui évoluent au fil des 72 épisodes face à des ennemis parfois plus compliqués qu'ils n'y paraissent, tel Magnéto, ou même des ennemis plus insidieux, à savoir la peur de ce qui est différent et le racisme de l'homme ordinaire. Si vous ne vous laissez pas rebuter par l'animation vieillotte et les voix anglaises que vous allez très sûrement vous coltiner, vous devriez trouver un petit bijou d'animation. Et écoutez-moi ce générique :

 

 

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