Premium

Breizh Geeks Blog

Par Simatural Blog créé le 13/11/11 Mis à jour le 25/04/12 à 17h27

Le blog de trois frangins un peu geeks sur les bords.

Ajouter aux favoris

Catégorie : Bouquins

Signaler
Bouquins



Quatrième :
Ignatius Martin Perrish passa la nuit ivre, à faire des choses terribles. Il se réveilla le lendemain matin avec une terrible gueule de bois et... une paire de cornes qui lui sortait des tempes. 

Au début, Ig croit que les cornes sont une hallucination, celle d'un esprit malade, rongé par la colère et le chagrin. Cela fait un an que Merrin Williams, sa bien-aimée, a été violée et tuée dans des circonstances inexplicables. Depuis, reclus dans sa solitude, il vit un enfer, et il a plus de raisons qu'il n'en faut pour sombrer dans la dépression. Pourtant les cornes sont on ne peut plus réelles. 
Jadis, Ig le vertueux faisait partie des privilégiés : né dans une famille riche, second fils d'un musicien renommé et frère cadet d'une star montante de la télé, il avait la sécurité, l'aisance, une place reconnue au sein de sa communauté. Ig avait tout pour être heureux, plus encore il avait Merrin et un amour réciproque, auréolé de magie, fondé sur les mêmes rêves. Mais la mort de Merrin a tout détruit. Seul véritable suspect, Ig n'a pourtant jamais été accusé ni jugé. Et donc jamais innocenté. Pour le tribunal que constitue l'opinion publique de Gideon, sa ville natale du New Hampshire, Ig aura beau dire ou faire, il est et restera toujours coupable, car ses parents riches et influents ont exercé des pressions pour faire boucler l'enquête. Il est abandonné de tous, Dieu y compris. De tous, sauf de son démon intérieur... Et voilà qu'Ig se retrouve soudain doué d'un nouveau pouvoir, assorti à son nouvel aspect et tout aussi terrible, un macabre talent qu'il compte bien utiliser pour retrouver le monstre qui a tué Merrin et détruit sa vie. Être bon, prier... tout ça ne l'a mené nulle part. Il est temps de prendre sa revanche... Il est temps de donner sa part au diable...

Mon avis :
Joe Hill a commencé avec Le Costume du Mort, un premier roman juste excellent.
Ensuite, Joe Hill s'est tourné vers la forme courte et nous a pondu le non moins qualitatif recueil Fantômes.
Enfin, Joe Hill est aussi le scénariste du comics multiprimé Locke & Key ; pour moi, le meilleur comics actuellement.
Vous l'aurez compris : Joe Hill est un touche-à-tout de génie.
Alors, on a le choix : soit on peut le prendre en grippe, soit on ouvre une de ses oeuvres et on découvre l'une des voix plus singulières de la littérature américaine.

Cornes est son deuxième roman donc.
C'est l'histoire d'un type qui se réveille un jour avec des cornes.
Même s'il en a pas mal abusé la veille, ça n'a pas l'air d'être la faute de l'alcool. Pas cette fois en tout cas.
Ce n'est pas non plus sa petite amie qui l'a fait cocu ; celle-ci est morte dans d'affreuses circonstances il y a un an.
Depuis, Ignatius s'en veut. Parce que d'une certaine manière, il n'est pas innocent. Alors, il boit. Pour oublier.
Pire, autour de lui, tout le monde le croit coupable. Même sa famille. Surtout sa famille. Ig est seul, terriblement seul depuis que Merrin n'est plus là. Ig n'a plus rien, alors, oui, Ig boit pour oublier, pisse sur des tombes, couche avec une femme qu'il n'aime pas en pensant à celle qu'il a aimée, et injure dieu autant qu'il le peut.

Et, puis, arrivent ces saletés de cornes que son entourage semble à peine remarquer ; mieux, tout le monde se met à lui raconter ses plus noirs secrets, ses désirs inavoués, ses souvenirs les plus malsains. L'occasion pour Ignatius d'enquêter et de découvrir l'assassin de la femme qu'il a aimée plus que tout. Car quand dieu vous a tourné le dos, il ne reste que le diable...

Comme Sean Stewart dans Dead Kennedy par exemple, le fantastique est un prétexte. À une chronique sociale, à un roman noir. Dans le cas présent, il sonde les âmes, les explore, les révèle. Pêle-mêle, Cornes parle de conneries d'adolescent, de parents absents, d'amour, de noirs secrets, de solitude, et de toutes ces choses dont on a déjà causé cent fois, mais dont Joe Hill a réussi à en tirer une histoire intéressante, touchante, profonde, intelligente, et ce, jusqu'à la toute dernière page.

Ah, oui, Joe Hill est le fiston de Stephen King. Mais, vous savez quoi, on s'en fout. Dans quelques années, Stephen King sera le père de Joe Hill.

9/10 Entre roman noir et roman fantastique, Joe Hill nous raconte une histoire diablement touchante. Une future référence du genre.

Simatural

Ajouter à mes favoris Commenter (0)

Signaler
Bouquins



Quatrième :
« La Religion », c'est le nom que se donne l'ordre des Hospitaliers, mais c'est aussi la bannière sous laquelle se rallie parfois la folie des hommes. En 1565, claustrés sur leur petit archipel au sud de la Sicile, les chevaliers de Malte s'apprêtent à recevoir les furieux assauts de l'armée ottomane. À un contre cinq, les chrétiens tiennent le siège au prix de combats effroyables. Un déchaînement de violence dans lequel se trouve entraîné Mattias Tannhauser, un ancien janissaire qui a connu les deux camps. Pour les beaux yeux de la comtesse Carla La Penautier, le trafiquant d'armes et d'opium embarque pour l'enfer...

Mon avis :
Quand un fan de Joe Abercrombie - au moins autant que vous - vous confie « mon nouveau dieu, c'est Tim Willocks, ma nouvelle bible, c'est La Religion », ce serait stupide de votre part de ne pas y prêter une oreille attentive. C'est connu, les fans de Joe Abercrombie ont bon goût. Alors, ni une, ni deux, vous commandez ledit roman...

La Religion constitue la première incursion dans le genre historique d'un auteur qui sévit habituellement dans le polar. Et quelle incursion ! Dès les premières pages, on est happé dans un récit tout en bruit et en fureur, où résonnent le chaos des croisades, l'impact des épées, le tonnement des canons, le tumulte de la guerre, les prières des mourants, le murmure des traîtres, et par moment, la lumière de l'amour et de l'amitié. Willocks nous plonge au coeur du siège de Malte, alors que les chrétiens sont encerclés par la flotte turque. Une sorte de fort Alamo où les coups d'éclat sont nombreux. Et parmi elles, celle de Matthias Tannhauser, ancien janissaire, trafiquant accompli, et personnage principal du présent roman. Un chapitre et vous voilà dans sa poche. Deux, et le voilà déjà dans votre panthéon des héros épiques. Le bougre a connu les deux camps, et n'a pas sa pareille pour survivre et se distinguer là où les autres meurent dans la boue et la fange. Sa seule faiblesse est d'aimer un peu trop les femmes... Un penchant qui le jettera tête la première dans le conflit. Les autres protagonistes ne sont pas en reste, qu'ils soient de son côté (l'inénarrable Bors, la belle comtesse ou la jolie Amparo), ou non (comment ne pas évoquer Ludovico ?). On pourra parfois regretter que l'auteur anglais les oublie un peu au profit de son héros, ou qu'il passe un peu rapidement sur certaines intrigues secondaires (un comble quand on sait que le roman approche du millier de pages dans la version proche !), ou encore quelques lourdeurs stylistique çà et là, mais ce serait cherche la petite bête tant La Religion explose de mille feux dans la production actuelle, empilant les morceaux de bravoure (dans le fond et dans la forme) et les scènes inoubliables. La fin, un cran en dessous du reste, n'arrive pas non plus à amoindrir nos attentes quant à la suite, pas encore parue...

9/10 Plein de bruits et de fureur, La Religion se révèle comme l'un des plus beaux moments épiques de ces dernières années. Un roman à ranger à côté de Gagner la Guerre de Jaworski.

Simatural

Ajouter à mes favoris Commenter (2)

Édito

Ici vous trouverez pêle-mêle des critiques, des dossiers, des coups de gueule, des coups de coeur, bref, la même chose que sur les autres blogs, mais à notre sauce. On causera surtout de jeux vidéo, bien sûr, mais on se réserve aussi le droit de parler de séries télé, de film et même de bouquins si l'envie nous en prend.
Le truc qui est drôle, c'est que n'étant pas toujours d'accord entre nous (on nous a diagnostiqué une "versusite aiguë" bien connue des gameblogueurs), le blog risque de partir un peu dans tous les sens. C'est pas grave, c'est le fonctionnement même d'un blog. N'hésitez pas à réagir ! Bonne lecture !

Intervenants :
- Simatural (plate-forme, action/aventure, foot et jeux bizarres)
- Wonsul (Action/aventure, FPS, beat'm all, RPG, TPS)
- Br3izhGam3r (FPS, TPS, action/aventure, plate-forme)

Archives

Favoris