Le bouquin du gamer

Par Bouquindugamer Blog créé le 18/05/14 Mis à jour le 05/06/14 à 17h52

Un blog sans langue de bois sur les jeux vidéo et autres formes de cultures. Parceque quand c'est de la merde, faut le dire (et quand c'est bien, faut l'dire aussi).

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(Jeu vidéo)

En juillet 2014, Pix'n'Love sortira un livre sur Final Fantasy X suivit de L'histoire du RPG. Deux livres qui s'inclueront dans la série "RPGCollection" initiée par feu Console Syndrome. Puisque ce livre m'a beaucoup appris, aussi bien sur le fait de pouvoir lire un livre complet sur une série que je connais par coeur que sur la série en elle même, je vais vous en parler un peu plus. Console Syndrome, nous revoila.

Console Syndrome n'existe plus mais ça ne veut pas forcémment dire que leurs fondateurs et membres ont disparu. Tel Squaresoft ils ont simplement rejoint une societé plus grande et plus connue : Pix'n'Love. Console Syndrome n'a pas publié beaucoup de livres sous son nom et en le tapant dans un moteur de recherche bien connu je tombe sur un twitter très actif jusqu'y il à encore quelques semaines...Bref, le peu d'ouvrages qu'ils ont sortit ont cependant initié des suites. Cet ouvrage traite du septième volet d'une série dont beaucoup estiment qu'il est le premier à être arrivé en France; c'est faux mais Final Fantasy VII est par contre le premier épisode de cette série à laquelle se rajoutent La Légende de Final Fantasy VIII et La légende de Final Fantasy IX

Cet article ne changera rien aux ventes de ce livre mais devant le manque d'informations dessus je me permet de rajouter mon grain de sel, il faut savoir ce que l'on achète en tout connaissance de cause, ce livre n'à, encore une fois, rien à voir avec le Mook de Pix'n'Love. J'en profite pour vous tease (comme l'à fait l'auteur de cet ouvrage, vous le verrez) sur mes prochains billets : Je parlerais de tous les livres de cette collection. Trève de bavardages.

 

Le premier contact avec le livre se fait en demi-teinte, si certains choix me paraissent parfaitement logiques d'autres restent un mystère. Il est grand, épais, presque entièrement blanc (couleur symbolique de la série) à l'exception du titre, du logo (version simplifiée de l'artwork officiel du jeu). La couverture rigide et cartonnée à un effet matelassée ou feutré (oh, ça va, ça va vous avez parfaitement compris.) dont des entrelacs assurent les contours. C'est là que se porte mon incompréhension sur les choix visuel de l'ouvrage. Sans être moche, je ne les trouve pas terrible. L'on dirait plus des symboles tribaux que ce que j'interprête comme étant un hômmage à la rivière de la vie, élément très important de Final Fantasy VII... Les livres suivant me prouveront que j'ai tort : ce n'est qu'un élément artistique afin d'habiller les premières et quatrième de couverture. Une évolution dans le design est cependant à noter. 

Sur ce livre, les entrelacs sont creusés à même la couverture, laissant en leur centre un effet bombé éparpillé comme autant de petits nuages n'ayant pas eu leur lot de peinture. Sur l'opus suivant les entrelacs sont toujours présent mais exit l'effet en relief, le coté bombé a disparut, entre les contours se trouve un creux. Cet effet sera définitivement abondonné pour le troisième volume qui tronque tout relief contre un effet doré. 

Final Fantasy VII

La légende de Final Fantasy VIII

Le nom de l'auteur n'apparait nulle part sur la couverture du livre (ce qui sera corrigé dans les opus suivant), ce sont pourtant Nicolas Courcier et Medhi El Kanafi qui se sont chargés des textes (La légende de Zelda, L'histoire de Metal Gear Solid) avec la participation de Léonard Neuveu (du site FF7.fr), Selami Boudjerda, Damien Mecheri (VGM) ainsi que Carolyn Mortier qui rejoint ses camarades à la direction artistique et à qui le livre est dédié. La préface est quant à elle signée Grégoire Hellot, ex-membre de Joypad, collaborateur sur Gamekult, directeur de Kurokawa...Un journaliste free-lance fort de vingt années d'expériences dans le milieu du jeux vidéo dont il est l'un des premiers à avoir traité les jeux japonais.

J'ai parlé du visuel extérieur et du casting, je vais désormais attaquer le visuel textuel. C'est du texte, du texte et encore du texte. Quelques titres plus gros, du gras, du souligné, une police assez grosses sur des pages épaisses presque cartonnées (voyez la tranche du livre elle est énorme !) et parfois du texte plus petit pour les anecdotes. C'est austère pour la majorité des gamers allergique au texte sans images, dessins ou couleurs. J'en profite pour dire que si ce n'est que du texte, c'en est pas moins aeré. C'est un des principal défaut que j'avais trouvé au livre sur Zelda, du texte écrit en trop petit et trop compact. La police est ici suffisamment grande pour assurer au texte une lecture rapide et facilitée. Dans la photo ci-dessous vous verrez ce à quoi ressemble une page ordinaire : Rien d'effrayant !

Puisque les points sont assez courts et qu'li y à très peu de texte par page, la lecture est souple. C'est à dire qu'on peut lire un court chapitre et s'arrêter, pour ceux qui sont incpable de poser un livre au beau milieu d'un chapitre c'est un régal et avec l'aide du marque page blanc intégré c'est encore mieux. Ce type de marque page est indispensable à tout bon livre qui se respecte. Après une préface et un avant-propos on passe à ce qu'il manque le plus aux livres de ce genre : une explication détaillée chronologique et honnête du scénario...mais pas uniquement de l'oeuvre principale.

Le livre retrace l'histoire de tout ce que l'on appelle aujourd'hui "Compilation of Final Fantasy VII", l'ensemble des suites et préquelles à FF7 depuis 2004 et alors là accrochez vous, on parle ici d'Advent Children, Before Crisis, Crisis Core, Dirge of Cerberus, Last Order ET, bien sur, Final Fantasy VII. Je peux vous dire qu'il y à du boulot. Cette partie ne reprend pas les dialogues des différents jeu mais tend à tisser les grandes lignes d'une toile en parlant de l'évenement le plus ancien au plus récent en essayant d'ommettre le moins de choses possible. Les anecdotes sont là pour tenter d'apporter un supplément d'informations ne figurant pas dans ces gros pavets narratif. C'est expliqué rapidement et pas ré-écrit de manière romancé. Cela fait tout de même un résumé de près de 100 pages, de quoi se rafraichir la mémoire ou de découvrir des titres qui ne sont pas sortit dans nos contrées.

Le reste du livre est divisé en plusieurs chapitres s'attardant sur une oeuvre ou une thématique spécifique. Ainsi le chapitre II qui est divisé en deux parties (Création et décryptage) s'attarde sur Final Fantasy VII. Comment ont été créés les personnages ? Pourquoi portent-ils ces noms ? On explique ses mécanismes, son acceuil et pourquoi il à été apprécié. Bref, on obtient des informations précieuse sur la psychologie des créateurs derrière un genre de jeu pour les "geek", les "nerds", définitivement, en lisant les choix et les intentions des créateurs l'on se rend compte que les jeux vidéo ne sont pas uniquement destinés aux enfants. Il faut comprendre que ce qu'on l'on voit quand on tiens le pad entre les pattes n'est pas le fruit du hasard mais bien une construction réfléchie et pleine de sens.

Puisque l'ouvrage se porte principalement sur Final Fantasy VII un autre chapitre lui est consacré : le troisième. Dans ce chapitre les point aborderont des sujets très intéressants comme la debug room (présente sur le CD mais accessible via une manipulation) où il est possible de voir des scènes coupées ou alterées. L'auteur choisit de ne parler que de deux choses : l'option full name qui inverse totalement les effets de toute statistiques et attaques du jeu et la visite dans la clés des anciens puis on passe à la catégorie des mystères.

Là, la liste s'allonge et par la même le nombre de chose à dire. Afin de justifier les découvertes et les informations l'auteur mentionne sans arrêt la debug room. On apprend ainsi qu'Aerith devait initialement mourir plus tard. Moins vendeur, des centaines et des centaines de lignes de dialogues passent à la trappe, des scènes sont supprimées, des scènes qui, selon les mots employés, empruntaient carrément aux mises en scènes cinématographique. Je ne vais vous parler de chaque détails, vous le verrez en le lisant. Il y à également des points plus techniques, comme des enemis invincible, des objets pouvant être acqueris mais n'ayant aucune utilité...Malgré l'absence d'images, l'auteur décrit suffisamment précisemment ces scènes pour que l'imaginaire puisse les reconstruire. Une section qui comporte énormement d'élements dont les magasines et sites oublient de parler ! Probablement puisque cela est "non-canon", non officiel, dans la trame principale du jeu puisque supprimé. Pourtant on en apprend énormement sur le background, sur l'histoire, sur les choix des oeuvres futurs... j'ai beaucoup aimé.

 

S'ensuit les incohérences et les erreurs. Si vous avez joué à la version française de Final Fantasy VII et que vous avez un jour cherché des info' sur internet vous êtes forcément tombé sur un forum où l'on criait à la traduction foireuse. Enfant, de toute façon on ne prenait pas ombre des détails qui, ici pourtant, sont très important. La section contient notamment des erreurs de traduction (qui ne peut donc qu'attirer un joueur francophone), notamment l'enfance entre Barret et Cloud. Au début du jeu Tifa demande à Cloud s'il s'est battut avec le grand noir, il répond : "Pas cette fois", sauf qu'ils ne se connaissent pas. Cela fait partit des erreurs de traduction qui ont induits de nombreux joueurs à mal interpreter le scénario. Cloud, par exemple, n'a jamais fait partit du Soldier, il ne vit qu'à travers les souvenirs de Zack.

Certaines erreurs sont très connues (la profondeur du lac lorsque Aerith meurt, l'hélice du golden saucer) d'autres sont plus subtiles comme le piano de Tifa qui résiste à l'incendie de Niflheim ou Dayne qui tue les soldats Shinra au Golden Saucer. Hey, on est pas à l'abri d'une erreur sur un titre de cette envergure mais c'était l'ère avant internet, aujourd'hui au moindre pas de travers on vous tranche la tête. Tu m'étonnes que les dév' n'osent plus prendre de risque...Je me souviens parfaitement avoir appris à lire le français en jouant à Final Fantasy VIII et IX et me rendre compte, en arrivant vers la fin du titre que la traduction comportait de plus en plus de fautes. Probablement du à des délais à tenir. Cependant, aucune traduction n'est aussi mauvaise que celle du sept modifiant complétement le sens.

Les chapitres 4 à 7 décortiquent les autres oeuvre de la compilation (Before Crisis l'opus sur téléphone portable jamais sortit chez nous, Crisis Core l'excellent titre sur PSP centré sur Zack, le film Advent Children, Dirge of Cerberus...) et là je ne vais pas entrer dans les détails, c'est une grosse partie du livre et vous apprendrez énormement de choses ! Par exemple, saviez-vous que Before Crisis était un jeu vendu épisodiquement ? Ouaip, ici on râle lorsque des jeux comme The Wolf Among Us ou Walking Dead sortent leurs épisodes avec plusieurs mois de décallage, au Japon c'est monnaie courante. Je me doute que si vous achetez ce livre vous serez animé des mêmes intentions que moi, en apprendre plus sur FF7. Ce livre surprend en allant plus loin et en parlant de la compilation dans son ensemble.

Le chapitre 8 parle de l'anime Last Order sur lequel je suis tombé un jour par hasard sur un programme de Peer 2 Peer (le piratage cay mal, pensez à Metallica !). A la fois bon et mauvais il ne dure pas longtemps aussi vous conseille-je de le regarder. Si je dis pas de bétises il est présent sur le DVD d'Advent Children. Il parle également du livre "On a way to a smile", livre que je ne croyais jamais trouver en France et qui est désormais en ma possession (et dont je parlerais un jour). Ce chapitre est volontairement très court pour inciter le lecteur à aller découvrir les oeuvres dont il parle.

Le neuvième chapitre est quant à lui consacré à Tetsuya Nomura et son influence sur le titre. Si vous consultez la page Wikipedia de Final Fantasy VII, Nomura n'est crédité que comme créateur des personnages alors que son rôle est bien plus important (puisqu'il à créé notamment la psychologie des avatars.) En lisant cette mini-bio reprenant son parcours je découvre un être humain (je précise pour ceux qui pensent, comme moi, qu'il n'est un fanatique de fashion douteuse) entrant chez Squaresoft pour gagner de l'argent et survivre. Côtoyer son idole Amano n'est qu'un bonus. C'est Sakaguchi himself qui l'a choisit pour assurer la succéssion de Final Fantasy. Le plus intéressant, hormis son parcours après Final Fantasy VII (jusqu'à créér Kingdom Heart de toute pièce), est de voir son influence et son manque de renouvellement. Selon le livre, les fans déplorèrent Final Fantasy VIII, Final Fantasy X et The Bouncer. J'adore les trois, vraiment, le huit et le dix sont dans mon top cinq de mes Final Fantasy préfersé. Okay, okay, j'avoue, j'aime The Bouncer surtout parcequ'il y à marqué Squaresoft sur la boite mais s'il ressortait aujourd'hui, je l'acheterai parceque je n'ai pas eu l'occassion de le camper. A la place j'ai campé Driving Emotion Type-S, arf.

Mais et les autres n'ont pas le droit à leur chapitre ? Le premier paragraphe consacré au chapitre sur Nomura l'explique, il est normal que le lecteur s'attende à trouver un dossier sur les grands noms de la série mais des dossiers leurs seront consacrés dans les deux ouvrages suivant à savoir Final Fantasy VIII et IX.

Les thèmes sont au coeurs du dixième chapitre. De quoi analyser des éléments si bien inserés dans l'oeuvre qu'on les prends pour acquis, que l'on ne s'aperçoit pas de leur présence ou qu'on les prend pour des incohérences, des errances, des faiblesses à trop vouloir en faire. Si l'on peut croire que tout n'est qu'un méli-mélo hasardeux on finit par se rendre compte que tout est murement réléchi et le fruit d'une intense réfléxion. Par exemple en y jouant je ne jamais vu de symbole chrétien, je n'ai jamais vu cette influence qui est pourtant bien là et pas juste parcequ'on le dit. Je croyais, tout au plus, que l'église du secteur sept n'était présente que pour plaire au occidentaux effrayés par les temples bouddhiste. Tout le personnage d'Aerith renvoit à cette religion aussi bien dans ses attitudes que ses compétences (notamment sa dernière limite "Grand Evangile") c'est aussi elle qui permet l'invocation du grand Sacre. Et là, je vous parle de ça mais je n'aborde pas un dixième de ce que l'ouvrage propose comme analyse, qu'on soit clair.

Le marque page est bien pratique.

 

L'analyse visuelle et des références est une chose mais que serait un RPG sans musique ? Mecheri s'y colle une fois de plus et analyse la transition entre Final Fantasy VI et VII. L'un en 2D avec une musique comblant une absence de visuel, l'autre en 3D avec une imagerie forte et une musique qui se doit d'accompagner proprement l'image. Pour les mélomanes, on découvre les influences de certaines chansons (Jazz-rock pour One Winged Angel/Purple Haze), on parle rapidement de la construction de certaines pistes (World Map, The Great Northern Cave...) et autres musiques synthétiques évoquant de forts souvenirs dès l'écoute. Il n'y en à pas que pour Uematsu, Masashi Hamauzu (Dirge of Cerberus, SaGa Frontier 2, Unlimited SaGa) et Takeharu Ishimoto (Last Order, Crisis Core) ont également le droit à quelques lignes. Je ne suis pas devenu plus fin musicien depuis ma lecture de VGM mais j'ai pu comprendre quelques trucs que mon cerveau benêt aurait ignoré y à quelques années (comme lors de ma première lecture du bouquin.)

Le livre se conclut finalement sur un chapitre évoquant un éventuel remake...ça on l'a tous entendu pas vrai ? Encore cette année, à l'occassion des futurs vingts ans de Final Fantasy VII (en 2017) on évoque un opus en 3D...Ouais...oula...Et Final Fantasy Versus avec ses presque dix ans de développement c'est pas plus important qu'un remake qui décevra de toute manière tout le monde ?

Alors qu'est-ce que je pense de ce livre ? Ecrit de manière très simple n'importe qui pourra se plonger dedans sans la moindre gêne tout en étant suffisamment bien écrit pour ne pas choquer la rétine. Cet ouvrage n'est pas indispensable au fan dans le sens où j'ai la sensation de savoir presque tout ce qu'il contenait, néanmoins, la façon dont sont apportés les informations couplés aux analyses et aux petites choses que j'ignorais font que j'ai pris plaisir à découvrir ou rédecouvrir des jeux que je pensais maitriser sur le bout des doigts. Final Fantasy fait partit de ces séries sur lesquelles on peut se renseigner encore et encore et on découvre toujours des choses même plusieurs années après. Je regrette cependant que les analyses ne vont pas plus loin; j'ai eu parfois la sensation d'un va-vite, on évoque l'information "histoire de" mais on explique rien. Peut-être qu'il n'y à rien de plus à dire...

Je recommande ce livre à quiconque est curieux d'en apprendre davantage sur cette série culte, pour les passionnés soyez conscients que vous n'apprendrez pas une nouvelle chose à chaque page. Pour les autres, c'est une mine d'informations phénoménale qui regroupe en ces 320 pages des années d'analyses et de recherches. Le manque de photo se fait parcontre cruellement ressentir et je crains que quelqu'un qui ne s'y connaisse pas beaucoup puisse se perdre facilement devant le flot d'informations et de noms tirés dans tous les sens. Pas évident de comprendre un univers aussi complexe sans pouvoir poser un visage sur un nom. Ce livre m'a plu, j'ai appris des choses à la fois sur les Hommes et sur les jeux de la compilation, je n'ai pas perdu mon temps. S'il est un peu austère de prime abord c'est néanmoins une très agréable lecture !

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Édito

Description :
Joueur dans l'âme, écrivain raté, barbu.
 
Présentation :
J'ai grandi avec les jeux vidéo, baillônné par la fermeture d'esprit de mon entourage de l'époque j'ai aujourd'hui un besoin de communiquer des informations et des points de vues au travers de débats que je ne peux imposer à mes contacts proches. Le jeu vidéo étant parfaitement compatible avec l'univers du métal, il est plus que nécessaire de rapprocher ces deux passions.

J'aime jouer, analyser, écrire, lire et discuter de différentes choses (jeux vidéo, livres, musiques, cinéma, série), et fait un élevage de lapins dans le but d'une domination mondiale.
 

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