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Dans cet période post-traumatique, qui fait suite aux évènements tragiques de Toulouse et Montauban, les jeux vidéos sont une source d'explication de la violence pour de nombreuses personnes publiques aussi bien informées qu'un internaute chinois. 

Mais, pour une fois, les politiques se sont gardés de faire le lien entre notre très cher média et la conversion de certains déséquilibrés à la barbarie. Premier bon point. Le deuxième bon point est à donner aujourd'hui au Parti Socialiste qui "ose" même baser une vidéo virale entière sur les logos et musiques des oeuvres vidéoludiques les plus reconnues. C'est Nadine qui va être fâchée dis-donc !

Certes, il ne s'agit ici que d'une vidéo virale et ce n'est pas demain que Nicolas Sarkozy ou François Hollande rentreront sur la scène d'un meeting portés par le thème de Zelda. Il est d'ailleurs dommage que la musique principale de Red Faction ne soit pas très reconnaissable car Jean-Luc Mélenchon aurait pu en faire très bon usage...

Mais, il s'agit ici d'un premier pas très intéressant et un d'un signe encourageant de la fin de la diabolisation du jeu vidéo. Dommage pour Laure Manaudou qui ne votera sans doute pas PS cette année... 

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Red Faction
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Pour beaucoup d'entre nous l'hiver est une période maudite pendant laquelle on cherche plus à survivre qu'à vivre. Une période où sudations intenses dans un métropolitain bondé et  glaciations rapides des organes extérieurs s'enchaînent pour mieux provoquer épanchements nasaux torrentiels et autres pétrifications du sillon inter-fessier. Pour ces malheureux, l'hiver n'est donc qu'une éternelle période de nuit, qu'il faut traverser tant bien que mal en attendant que les premiers rayons du printemps soulagent miraculeusement les bronchites, rhinopharyngites, pneumonies, gastroentérites, hémorroïdes, choléra, syphilis et autres maladies liées aux périodes de froid.Pour moi, l'hiver est bien au contraire une période bénie des dieux, au premier rang desquels l'on trouvera Bacchus et Dionysos. Car s'il est bien une chose qui est appréciable avec l'hiver c'est quelle est l'excuse parfaite à tous les excès épicuriens. Alors qu'en été crudités et viandes grillées sont de mise, l'hiver appelle plutôt à de savoureux mélanges de tous les types de matière grasse que notre belle gastronomie française nous offre : fromages, crème, beurre, cochonaille et j'en passe... Durant ces quelques mois de détresse météorologique, nous pouvons donc sans honte aucune nous goberger et prendre les kilos que nous permettrons justement de « passer l'hiver ».

Mais, le bonheur de l'hiver ne s'arrête pas au bien manger. C'est également une formidable époque de bien boire pendant laquelle la sagesse populaire encourage la consommation excessive d'alcool afin d'aider nos organismes à compenser la chute des températures. Le « petit rosé léger » est donc enfin remplacé par le « gros rouge qui tâche » et toute bonne fin de repas agrémentée d'un digestif titrant aussi haut qu'un vin de pays polonais. Y'a-t-il en ce bas monde plus grand et plus simple plaisir qu'un banquet entre amis se finissant autour d'un concours de « pipi le plus loin » dans une couche de neige fraîche ?

L'hiver est également, et contrairement à ce qu'on pourrait penser en première instance, une période d'intense activité sexuelle. Bien que nos hormones soient quelques peu transis par les rigueurs de saison, les situations amenées par ces mêmes rigueurs compensent largement notre déficit libidinal. Le froid et le mauvais temps sont en effet les meilleures excuses à de longs dimanches passés sous la couette avec votre partenaire, activité qui ne manquera pas de provoquer le coït chez tous les couples à la vie sexuelle plus développée que celle d'octogénaires mormons. De plus, et tout à fait paradoxalement, l'hiver voit également la multiplication des jupes chez ces dames. La raison invoquée par ces dernières est la suivante : en hiver on porte des bottes, et les bottes ça se porte avec des jupes. CQFD. Bref, qu'elles qu'en soient les raisons profondes, ce raccourcissement des tenues inférieures féminines ne peut que plaire à une gente masculine qui n'en verra son allant sexuel que renforcé.

Enfin, l'hiver ce sont surtout les sports du même nom, parenthèse extraordinaire condensant en quelques jours tout ce que cette saison a de meilleur. Comment ne pas trépigner à l'idée de ces journées magiques mélangeant sport extrême (je me suis mis aux raquettes l'année dernière), excitation sexuelle (grâce à la grande part d'imagination érotique laissée par les combinaisons de ski) et épicurisme permanent (deux mots : raclette, génépi) ?

C'est pour toutes ces raisons que je vous dis de ne pas redouter l'arrivée de l'hiver mais plutôt de l'appeler de vos voeux les plus ardents ! Car comme le disent si bien les Norvégiens « en hiver on se caille le gland, mais au moins on le trempe ».

 

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Episode 1   Episode 2

Le 03 mai 2011 fut pour moi un jour funeste. En effet, c'est au soir de ce mardi d'horreur que ma télévision s'arrêta net, emportant avec elle une grande partie de mes activités favorites. Nous sommes aujourd'hui le 06 juillet et je viens seulement de récupérer l'objet qui me manquait tant. Il m'aura donc fallu deux mois pour faire l'acquisition d'un nouvel écran, performance pitoyable s'il en est, et qui ramène mon niveau d'efficacité à celui d'un conseiller Pôle Emploi sous Prozac. Pour ma défense, cette longue période d'attente ne fut pas uniquement due à la combinaison fatale de ma forte tendance à la procrastination et de mon alcoolisme mondain. De nombreux éléments extérieurs et incontrôlables vinrent ralentir ma quête héroïque d'achat de matériel audiovisuel.

La décision même du remplacement de notre défunte télévision fut rapidement arrêtée par mon colocataire et moi-même. Nous avions alors craqué pour un écran plasma Panasonic qui combinait prouesse technologique et prix abordable. C'est plein d'entrain que je me mettais en relation avec la Fédération Nationale d'Achats des Cadres et commandait l'objet de tous mes désirs. Je recevais même avec bonheur la confirmation électronique de mon futur découvert bancaire. Jusqu'ici donc, tout allait bien et le remplacement de ma télévision s'annonçait rapide et efficace. C'était bien sûr sans compter sur le problème majeur de la livraison. Ainsi, deux jours après ma commande, j'apprenais la triste nouvelle : mon colis était prêt et allait m'être livré dans la journée par Chronopost. Mon visage devint plus blanc qu'une fesse d'anglaise après l'hiver londonien, mes sphincters se relâchèrent soudainement (rendant l'environnement de travail de mes collègues insupportable) et tout le contenu de mon déjeuner tenta de se déverser sur mon clavier. Je m'imaginais déjà recevoir un écran brisé, livré dans un carton horriblement déformé.

Prenant mon courage à deux mains, j'essayais de joindre Chronopost pour convenir d'un rendez-vous mais n'y parvenais évidemment pas. Pris par mon travail, je ne réessayais pas et oubliais l'affaire.  Quelques heures plus tard je recevais un email m'annonçant gaiement que mon colis avait bien été livré mais qu'étant absent lors du passage du livreur, ma télévision avait été remise aux bons soins du bureau de poste le plus proche. Mes pires cauchemars devenaient réalité.  C'est donc extrêmement inquiet que je me rendais le midi suivant à la Poste pour chercher mon dû : un carton de 32 kilos troué à de multiples endroits et ce bien sûr du côté de la dalle. C'est donc en appelant intérieurement toutes les plaies divines à s'abattre sur la Poste que je vérifiais l'intégrité de mon achat, déballant le carton devant une clientèle à la fois curieuse et moqueuse. L'écran me paraissant en bon état je repartais,  mon colis posé sur un diable généreusement prêté par la guichetière blonde décolorée de mon bureau de poste. Slalomant entre des passants agacés et peu courtois, j'arrivais tant bien que mal à mon appartement, suant par toutes mes pores, mon caleçon détrempé moulant langoureusement mon sillon inter-fessier.

Je m'en repartais prestement finir ma journée de travail pour mieux revenir le soir et enfin m'attaquer au montage de la bête. Après une demi-heure de déballage et de vissage avide, j'étais enfin prêt à allumer ce nouveau téléviseur et à retrouver tous mes plaisirs perdus (outre les plaisirs de la chair et de la chère desquels je continuais de jouir entièrement). C'est alors que le second drame se produisit. A peine allumé l'écran fit entendre un bruit terrible, digne d'un Tupolev au décollage. Un grésillement de transformateur insupportable et continu venait de gâcher mes joyeuses retrouvailles avec le Paysage Audiovisuel Français. Mais, cette déception momentanée ne fut pas la pire conséquence de cette nouvelle péripétie. La soudaine perspective de devoir renvoyer la télévision, et donc d'avoir encore fois à Chronopost, me donnait une nausée de tous les diables et une soudaine envie d'abattre des lémuriens à la fourchette. Je m'engageais donc dans ce processus fastidieux : appel du SAV de la FNAC, assassinat d'un premier lémuridé, prise de RDV avec Chronopost, exécution sommaire de sa famille entière, chargement de la télévision dans le camion du livreur sur mon temps de travail, holocauste de primates, commande du nouveau téléviseur.

L'espoir qui renaquit par la confirmation de l'envoi d'un nouveau téléviseur fut rapidement balayé lorsque j'appris que Chronopost avait de nouveau été choisi pour nous livrer. Ces derniers choisissent miraculeusement de passer un samedi matin, jour habituel de présence à l'appartement, pour nous travailleurs ordinaires. Mais dans un souci de professionnalisme exacerbé, les livreurs décidaient encore une fois de ne pas nous prévenir et ne pas prendre la peine de sonner. Nous voilà donc repartis  récupérer la nouvelle télévision, la ramener,  la remonter et tout cela pour finalement se rendre compte en l'allumant que le problème de grésillement n'était pas une malfaçon mais bien un équipement de série gracieusement inclus par Panasonic dans tous les plasmas de cette catégorie.

Après un court voyage à Madagascar visant à la destruction du milieu naturel des lémuriens, nous démontons et remballons cette deuxième télévision. Pour ne pas tenter nos penchants naturels pour le massacre d'animaux mignons, mon colocataire et moi-même décidons de ramener nous même la télévision au magasin FNAC et de ne plus compter sur les services express des PTT. Après une demi-heure de marche avec un carton de 32 kilos, nous engageons une discussion véhémente avec le responsable du SAV du magasin qui ne veut pas reprendre le produit, celui-ci ayant été acheté en ligne. Il cède finalement, intimidé par le regard de coyote fou de mon colocataire et procède au remboursement intégral du téléviseur défectueux.    

Quelques peu échaudés, vous le comprendrez, par ces deux expériences malheureuses, nous décidons de nous tourner vers de vrais magasins spécialisés. C'est donc à Magma que nous nous rendîmes et fîmes l'acquisition d'une superbe dalle LED Samsung dont les couleurs chatoyantes nous avaient immédiatement envoûtés, telles le fessier ferme et rose de vie d'une naturiste suédoise de vingt ans. Nous revînmes triomphants à notre appartement et branchâmes notre bijou fraîchement acquis. L'allumage se déroula cette fois-ci sans accrochages et la perfection de l'image déclencha en moi de multiples éjaculations mentales répercutées physiquement par de grands cris de joie (ressemblant étrangement à ceux d'un lémurien auquel on casse les pattes). Notre première activité, celle que nous attendions depuis si longtemps, fut une série d'affrontements bestiaux sur Mortal Kombat lors desquels chaque coup de poing nous emplit d'une rage barbare et gratifiante, ire décuplé par les gouttes de sang qui semblaient venir nous perler le visage par le truchement de la conversion 2D/3D.

A vous lecteurs fidèles, qui avez suivi cette histoire (oserais-je dire saga) depuis le début, je souhaiterais prodiguer humblement quelques conseils tirés de cette douloureuse expérience. D'abord n'achetez jamais de téléviseur Philips. Les marques asiatiques, plus fiables, ne vous laisserons pas tomber le soir même où vous ramenez Mortal Kombat dans votre besace. Conseil qui en découle : ne faites jamais confiance aux Hollandais. Deuxième point, et pour le bien de l'humanité, brûlez tous les camions et relais Chronopost que vous croisez, car il est clair qu'ils sont les principaux responsables du sentiment de frustration qui grandit dans notre société. Enfin, les lémuriens étant des animaux forts sympathiques et attachants, essayez de passer vos nerfs sur des espèces moins utiles tels que les condylures étoilés ou les Suisses. Je cauchemarde encore à la pensée de ces petits yeux implorant la pitié et s'éteignant petit à petit sous l'effet de l'étranglement. Chronopost, que m'as-tu fait ?

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Jeux : 
Mortal Kombat (Xbox 360)
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Episode 1

Une semaine. Voilà une semaine que mon salon ne résonne plus des cris bestiaux de mon colocataire partageant, avec tous nos voisins, la joie intense que lui procure l'humiliation qu'il vient de m'infliger à Fifa 11. On n'y entend plus que nos longs soupirs devant une X360 aussi froide que des testicules de phoque (à se les traîner toute la journée sur la glace aussi...) et un Tuner TV Freebox aussi poussiéreux que les parties intimes d'une octogénaire. Peu à peu la vie abandonne notre séjour, tant et si bien qu'il en est même devenu propre.

Mais, les multiples conseils et commentaires qui m'ont été donné (pour lesquels je suis très reconnaissant), ajoutés à l'aberration visuelle que constitue ma table basse privée de ses habituelles manettes, cendriers pleins et résidus de fast-food, m'ont fait finalement comprendre ce matin même que le temps de la réflexion était désormais révolu. Prenant mon courage à deux mains, je me jetais alors un grand verre d'eau chaude à la figure pour faire disparaître l'abrutissement liée à la testa croupionae (terme scientifique désignant la maladie de la tête dans le cul). Je pouvais alors envisager plus lucidement toutes les options qui s'offraient à moi.

Me vint d'abord en tête ce que j'appellerai la solution "altermondialiste". Elle aurait consisté à déboutonner mon pantalon, à le descendre jusqu'aux chevilles et à afficher fièrement mes fesses rebondies au visage d'un monde consumériste contrôlé des médias de masse, qui servent des heures et des heures de purin audiovisuel à un public devenu fin scatophile. Cette solution, vous l'aurez compris, consistait simplement à ne pas racheter de téléviseur. Ce choix, quoique certainement utile au progrès philosophique de la race humaune, n'aurait pas seulement impliqué une privation totale de programmes télévisés, mais également la fin des duels vidéoludiques entre amis, la fin du découpage industriel de locusts sur Gears of War 2 et la fin des chorégraphies en duo (à la limite de la parade amoureuse) entre colocataires sur Just Dance. Bref, cette option impliquait la disparition de ce qui faisait le sel de notre association locative et ne pouvait donc en aucun cas se justifier (même pour répondre aux imprécations de hippies bouddhistes sponsorisés par St Maclou). Même l'argument pourtant fort de la gratuité de cette solution ne saurait contrebalancer l'absence de toute activité vidéoludique.

J'envisageais alors une autre possibilité : celle de la réparation. Certes payante, cette solution apparaissait cependant comme le bon intermédiaire entre la gratuité du non-remplacement de mon écran et la vente d'un rein à la mafia albanaise comme financement de l'acquisition d'une nouvelle télévision. Le problème en était les réactions opposées que l'exposition de cette option avait suscité chez nombre de mes interlocuteurs. Certains arguaient qu'il s'agissait certainement d'un "petit composant de merde", ne coûtant pas plus cher qu'une prostituée thaïlandaise et dont le remplacement aurait pu être effectué par un singe alcoolique. D'autres au contraire soutenaient que les réparateurs spécialisés avaient autant d'honneur qu'un joueur de Premier League et que tous m'annonceraient avec une tristesse mal feinte que l'état de la carte mère de l'écran était proche de celui du réacteur n°2 de la centre de Fukushima. Je les imaginais donc déjà m'annonçant que la réparation me coûterait exactement le prix de leurs prochaines vacances aux Seychelles. Puis, les arguments de l'informaticien de ma société, m'expliquant que les boutiques d'électronique, tout comme les grandes marques, changeaient et facturaient systématiquement les cartes mères, achevaient de m'effrayer. Déchiré entre ma peur de la "sodomie commerciale" (également appelée effet Darty) et l'espoir de retrouver mon écran facilement et pour une somme modique, je décidais d'abandonner également cette solution, dont toutes les issues me paraissaient hautement incertaines.

Ne me restait donc plus qu'une seule solution, qui apparût soudain dans mon esprit, auréolée d'une lumière blanche aussi immaculée que la poitrine d'une rousse. Cette solution qui au fond de mon âme, avait toujours été celle pour laquelle je penchais, était désormais justifiée par l'absence d'autres option acceptables. Son prix élevé n'était désormais plus une variable de la réflexion mais une obligation à laquelle je devais me soumettre, un fait que je devais accepter sans broncher. Ainsi débarrassé  de tout remord pécuniaire, j'annihilais mes dernières capacités d'analyse par un bombardement nourri d'arguments aussi fallacieux les uns que les autres : la nouvelle télévision paternelle qui surpasse la mienne depuis peu, l'envie de passer au plasma, l'absence d'entrée audio sur ma Philips, etc...

Vous me voyez donc devant vous avec la ferme intention d'acquérir un nouveau téléviseur (ainsi que celle de me couper un bras pour pouvoir me le payer). Je vous demande une nouvelle fois vos conseils éclairés, non pas sur la bonne décision à prendre, mais sur la bonne télévision à acheter. Plasma, LED, 3D, 600Mhz, Jumbotron ?

Merci de votre aide une nouvelle fois,

Arthur

PS : Mon choix final sera bien entendu communiqué dans un prochain article.

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Les évènements tragiques que je m'apprête à décrire se sont déroulés il y a déjà quelques jours. Cependant, il m'aura fallu  une certaine période d'acceptation et de réflexion avant de pouvoir vous les raconter.  Ainsi, le jeudi 28 avril 2011 restera à jamais le jour de la fin prématurée de ma chère télévision, instrument privilégié de mes loisirs, dont l'écran reste depuis désespérément noir.

Ce jeudi là, je rentrais chez moi dans un état d'ébriété certain après une dégustation de houblon fermenté avec un ami, qui fût d'ailleurs le partenaire de mes premières nuits blanches vidéoludiques avant d'être celui des mes nuits de saoulerie. L'esprit embrumé mais guilleret, je me dirigeais donc vers mon appartement avec un empressement d'autant plus important que je transportais avec moi le dernier Mortal Kombat, que je comptais bien introduire amoureusement dans le lecteur DVD de ma X360 dès mon arrivée. Prévenant par message texte mon colocataire de mon arrivée imminente avec le jeu suscité, je lui conseillais de faire chauffer à la fois la télévision et son fessier que je n'allais pas manquer de rosser vertement, à grands coups de Fatalités bien senties.

C'est en lui recommandant les meilleurs marques de lubrifiants à usage anal que je faisais une entrée triomphante dans l'appartement, avec les yeux vibrants de l'excitation du guerrier et les mains tendues du joueur confirmé (quoique qu'également légèrement tremblantes sous l'effet de la déshydratation alcoolique). C'est à cet instant précis que le drame me fût révélé. Avec le regard d'un enfant dont on enlève le jouet en riant juste après lui avoir offert, mon futur adversaire prononçait la phrase fatidique : "Mec, je crois qu'il y a un problème avec la télé".

Après les quelques secondes qui me furent nécessaires pour empêcher mon estomac de renvoyer ma planche de charcuterie du soir sur le mur de l'entrée, je courrais vers la télécommande pour constater que mon cher écran plat n'affichait effectivement plus rien qu'une diode bleue rappelant que malgré l'absence d'image,  il était bien allumé. Mon premier reflexe fut alors d'observer la carcasse de la chose de plus prêt. C'est lors de cette inspection que me titilla soudain les narines cette odeur caractéristique de composant grillé (doux mélange de poil pubien brûlé et de plastique en feu) qui m'indiquait que le problème ne venait pas d'un simple mauvais branchement. Après avoir tenté de débrancher et rebrancher l'alimentation, sans succès évidemment, je m'en allais me coucher dépité d'avoir perdu à la fois une de mes occupations principales et une occasion de rappeler à mon colocataire à quel point la pénétration anale vidéoludique répétée pouvait être douloureuse.

Bizarrement, j'y pensais peu le lendemain matin, peut-être par un détachement du monde matériel tout bouddhique qui grandissait en moins ou plus probablement par le contrecoup de l'ingurgitation répétée de bière à laquelle mon colocataire et moi avons procédé pour nous consoler. Ce bien sûr au détriment du repos que nos corps fatigués réclamaient. De même, mon weekend fut principalement occupé à l'élimination systématique des peu de neurones valides me restant et la pensée de ma défunte télévision s'éloignait. Même le dimanche cette image me fût épargnée car, agonisant dans mon lit, je me contentais pour mon loisir de l'écran de mon ordinateur personnel.

Mais, ce répit émotionnel ne devait pas durer bien longtemps. En rentrant hier  d'une harassante journée de labeur, la prise de conscience de l'absence de tout divertissement télévisuel disponible me heurta de plein fouet et avec une violence incommensurable. J'allais devoir partager un repas entier avec mon colocataire et ami sans aucun autre vecteur de discussion que nos expériences de la journée et sans émission abrutissante pour combler les vides de conversation. C'est donc la peur au ventre que je préparais nos deux côtes de porc poêlées, accompagnées d'une fricassée de champignons de Paris et d'une salade de mâche nantaise, fort rafraichissante en ce mois d'avril particulièrement chaud.

C'est après avoir servi nos deux assiettes et après avoir entamé la dégustation de cet appétissant repas que le miracle se produisit. Nous engageâmes une discussion animée, intéressante et distrayante, partageant avec humour nos différentes frasques du weekend passé. Je me rendais alors compte du caractère terriblement superflu de la télévision et ma peine quant à sa perte en fut profondément allégée. Pourtant, la frustration de ne pas pouvoir allumer ma console de jeu reste vivace et je suis depuis déchiré entre ces deux sentiments opposés.

Que dois-je donc faire ? Apprendre à vivre sans cet instrument qui finalement accélère la mort de la communication entre être humains ? Tenter la réparation de la dernière chance et revenir à ma routine quotidienne qui suffisait amplement à mon bonheur ? Ou bien acheter une nouvelle télévision LED, plus grande, avec plus de contraste et une meilleure résolution pour profiter d'une expérience visuelle encore plus impressionnante et qui flatterait à la fois mon ego de gamer et mon ego d'hôte présentant son nouveau joujou à ses invités ?

Je ne sais plus et vous demande donc, par vos salvateurs commentaires de me venir en aide dans ma quête de réponses !

Merci,

Arthur

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Mortal Kombat
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S'il est une catégorie de la population occidentale qui a explosé ces dernières années, c'est bien celle des geeks. En effet, et comme le montre très bien le graphique ci-dessous, le nombre de geeks vivants dans nos sociétés développées n'a cessé d'augmenter au cours de ces cinq décennies, évolution qui suit de très près celle de la l'avancée technologique.

Mais, et alors même qu'elle représente désormais une part conséquente et grandissante du corps social, cette catégorie reste année après année l'objet d'un nombre impressionnant de préjugés contre lesquels je me dois de m'offusquer, de m'inscrire en faux, de m'insurger, et de me révolter (si j'ai le temps).  Il est donc mon devoir de revenir, avec vous, sur les principales idées reçues proférées sur les geeks pour les analyser et en prouver la profonde ineptie.

Idée reçue n°1 : le geek est laid.

Dans un objectif clair de sensationnalisme, lui-même inscrit dans une course éhontée à l'audience (et ce au mépris du respect de la vérité), les médias occidentaux n'ont eu de cesse de donner une image méprisable, voire cruelle du geek, et ce depuis le début des années 1970. L'auditoire de médias suscités se repaissant aisément et sans modération du lynchage public d'une frange entière de la population, il n'est donc pas étonnant que l'image populaire du geek moderne se partage entre le Bill Gates pré-pubère et l'obèse boutonneux suintant l'huile de pizza.

Alors bien sûr je ne chercherai pas à prouver que tous les geeks sont des éphèbes car je ne saurai voir cette méticuleuse analyse sociale entachée du sceau infâmant du mensonge.  Il faut bien avouer que certains membres de la caste des geek semblent n'être que l'affreuse engeance d'un Michael Jackson en fin de parcours et d'un Carlos après trois mois de régime à la graisse de porc. Je vais donc simplement vous proposer quelques exemples de geeks célèbres que l'on pourrait universellement reconnaître comme attirants. Je prouve ainsi par l'absurde que non, tous les geeks ne sont pas laids.

Idée reçue n°2 : le geek n'a jamais de copine.

C'est une idée très répandue que celle qui consiste à dire que les geeks ne s'intéressent absolument pas au sexe féminin, qu'ils contentent parfaitement leurs besoins par l'autosatisfaction devant des épisodes de Sailor Moon. Là encore la vérité est tout autre. Je commencerai en rappelant que les geeks sont avant tout des êtres humains. Ils sont donc munis comme tous leurs congénères de duos testiculaires standards, d'usage s et de formes variable scertes, mais qui n'en produisent pas moins une quantité suffisante d'hormones pour réveiller l'instinct de reproduction inscrit au plus profond de chacun de nous. Cet instinct réveillé, la quête d'un partenaire de reproduction se fait alors aussi pressante que chez n'importe quel individu appartenant à notre espèce. Seule une certaine inclination à la retenue sociale empêche parfois le geek de l'exprimer pleinement. En outre, cette quête n'est pas vouée à l'échec comme j'en entends certains déjà le clamer devant leur écran.  J'en prendrai pour preuve ce blog féminin où de jeunes humaines partagent leurs expériences de vie conjugale avec un geek.

Idée reçue  n°3 : il n'existe pas de femmes geeks.

Si.

Idée reçue n°4 : le geek n'a pas de vie sociale.

Le geek est trop souvent comparé à un animal vivant reclus dans sa tanière, n'en sortant que pour se sustenter, uriner et déféquer. Bien sûr, cela est faux (pour ceux qui en douteraient). En effet, il ne faut pas oublier que le geek doit exercer une activité professionnelle pour, de son sang et sa sueur, gagner l'argent qui lui permettra d'assouvir sa passion inextinguible pour la technologie, les strings officiels de Star Wars et le jeu vidéo. Dans son milieu professionnel, le geek est se doit alors d'interagir avec ses pairs, et ce dans un langage qui leur soit intelligible. Il se voit donc mis continuellement dans une situation de socialisation. Certains d'entre eux socialisent même de leur propre chef, en choisissant d'aller acheter leur matériel informatique en magasin plutôt que sur la toile. Les plus courageux d'entre eux vont jusqu'à rencontrer les membres de leur équipe de Counter-Strike, expérience parfois traumatisante mais souvent libératoire. Je vous appelle donc à ne plus mépriser les geeks pour leurs difficultés à communiquer, mais plutôt à reconnaître l'héroïsme quotidien dont font preuve ces personnes qui, jour après jour, vont au-delà d'elles-mêmes.

Idée reçue n°5 : le geek parle principalement de sujets de geek.

Et comment ! C'est indéniable et très logique puisque la plupart des sujets de geek (jeu vidéo, série télévisées, matériel informatique, l'élevage de porcs en Bretagne) sont des thèmes éminemment intéressants et d'une utilité publique, certes peu reconnue, mais bien réelle. Nous sommes tout de même en train de polluer les nappes phréatiques de Bretagne et de souiller ses belles plages d'algues vertes  plus proches du mollard que du végétal, et sans personne ne s'insurge ! Plus sérieusement, toute personne normalement constituée aura une forte tendance à parler principalement des sujets qui le passionne, les geek inclus. Dans le cas contraire la personne considérée rentre immédiatement dans la catégorie non-enviable des CAM (chiant-à-mourir dans le langage de l'INSEE).  

Idée reçue n°6 : le geek passe la plupart de son temps à jouer.

Non (encore une fois), même s'il le voudrait surement. Comme je l'ai déjà précisé plus haut, l'activité professionnelle étant essentielle à la survie du geek, la plupart de son temps est dédiée à son travail. Cependant, nous rêvons tous (remarquez bien mon inclusion finale dans le groupe que je défends depuis le début de cet article, vous pourrez en déduire que je suis muni d'un duo testiculaire, que j'ai un travail et des sujets de conversation très orientés) d'un monde où Microsoft serait une ONG se donnant pour mission de libérer tous les geeks de leur charge de travail en leur fournissant les liquidités nécessaires à leur vie quotidienne et à l'assouvissement de leur passion.

Conclusion

J'espère vous avoir convaincu que l'image des geeks donnée par notre société est aussi fausse que la voix de Pete Doherty et qu'il faut que l'intolérance cesse immédiatement. En soutien à tous les geeks discriminés, je lancerai très prochainement la plateforme www.adopteungeek.com et je compte sur votre soutien et sur vos dons à tous dans cette initiative.

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Au moment où Activision-Blizzard, leader mondial de l'édition de jeu vidéo, annonce de nouvelles annulations et de nouvelles fermetures de studios, la grogne des joueurs se fait entendre encore une fois. Cette grogne récurrente ne semble pas inquiéter pour autant la filiale de Vivendi ni ses dirigeants (Robert Kottick en premier lieu)  qui ne paraissent pas déroger à leur ligne stratégique de recentrage de l'activité sur un nombre limité de licences à haut revenu. Alors forcément, les joueurs se sentent floués, dépossédés de séries mythiques qui leurs sont chères, et surtout pris pour des imbéciles par un géant de l'édition dont le seul but ne semble être que le profit. Activision-Blizzard semble donc complètement déconnecté de ses consommateurs et le fossé s'agrandit de trimestre en trimestre.

L'histoire économique a prouvé depuis les débuts de la révolution industrielle qu'une entreprise qui ne contente plus ses consommateurs est vouée à l'échec par l'assèchement progressif des débouchés pour ses produits. Les exemples en sont nombreux et on pourra notamment citer Kodak, dont les appareils photos argentiques ont vite été évincés par les appareils numériques de la concurrence, provoquant la chute d'une entreprise qui semblait jusque-là intouchable. L'industrie du jeu vidéo connaît également son lot d'exemple malheureux : Sega, Infogrammes et consort ont tous raté une évolution fondamentale du marché provoquant ainsi leur chute.

Pourtant, et malgré l'impression d'une rupture avec son marché, Activision-Blizzard a publié la semaine dernière le meilleur chiffre d'affaire de son histoire avec un exercice 2010 s'élevant à 4,45 milliards de dollars contre 4,28 en 2009 (soit une progression de près de 4%). Les chiffres du résultat net de l'entreprise ne me sont pas disponibles, mais on peut imaginer qu'ils suivent peu ou prou la même tendance. Activision-Blizzard serait-elle donc l'exception à la règle économique de la rencontre de l'offre et de la demande ou la rupture de l'éditeur avec son public n'est-elle qu'une trompeuse illusion ? Il semble bien qu'il nous faille choisir la deuxième réponse à cette question fondamentale.

Les ventes astronomiques d'un Call of Duty: Black Ops, qui tutoient les 20 millions d'unités, prouve qu'il existe bien un marché de joueurs friands d'expériences stéréotypées à grand spectacle, annuelles et mettant l'accent sur l'expérience multi-joueurs. Que chaque nouveau Call of Duty batte des records de ventes est une preuve que les consommateurs de jeu vidéo que nous sommes sont prêt à débourser 70€ tous les ans pour profiter de cette expérience. Il est donc tout à fait normal qu'Activision-Blizzard, qui avant d'être un éditeur de contenu vidéoludique est une entreprise, et donc un acteur économique dont la raison d'être est le profit, choisisse d'axer sa stratégie globale sur un nombre limité d'IP, mais dont le succès économique est assuré. Agir autrement serait une aberration économique qu'aucun dirigeant d'entreprise ne saurait justifier. L'annulation définitive de la série des Guitar Hero et des True Crime n'est donc qu'une conséquence logique de cette stratégie, elle aussi logique.

Alors bien sûr on pourra reprocher au géant de ne pas réinvestir ses profits dans la création de nouvelles licences, de créer de nouveaux studios, d'apporter de nouvelles idées à une industrie qui commencent à épuiser tous ses poncifs.  Il est indéniable que la plus grande partie de l'investissement créatif d'Activision va vers le soutien de licences annuelles productives, dans le soutien de leur développement accéléré et dans des campagnes marketing qui n'ont rien à envier aux plus grands blockbusters hollywoodiens. Mais, pourquoi cette réticence à investir dans la nouveauté. D'où vient cette risquophobie exacerbée qui tue peu à peu la création vidéoludique ?

J'entends déjà toutes les voix des joueurs passionnés hurler à tous vents que le risque est trop cher et qu'Activision préférera toujours le profit certain à celui hypothétique d'une nouvelle licence. C'est sans aucun doute une des raisons de cette aversion pour le risque d'Activision. Mais cette aversion à une source, une cause profonde et cette cause c'est nous, les joueurs, qui par notre comportement de consommateurs entretenons cette situation.

 Les échecs commerciaux de jeux novateurs comme Mirror's Edge, MadWorld ou Dead Space premier du nom sont la preuve que l'innovation n'est pas toujours récompensée par le joueurs malgré un soutien de la presse et une volonté véritable de l'éditeur de proposer des expériences nouvelles. L'année 2008 d'Electronic Arts a été littéralement plombée par l'échec de deux jeux dans lesquels l'éditeur avait beaucoup investis mais qui n'ont pas reçu le soutien escompté d'un public qui réclame pourtant à corps et cris de la nouveauté. L'année d'après Call of Duty : Modern Warfare 2, suite réussie mais classique de Call of Duty 4: Modern Warfare, explosait tous les compteurs de l'industrie. Comment voulez-vous que devant cet état de fait un éditeur soucieux de sa survie économique continue à prendre des risques.

Alors, il est temps que les joueurs prennent leurs responsabilités et qu'ils comprennent que l'acte d'achat est un acte militant. Car il est clair que le jour où la série des Call of Duty ne sera plus la vache à lait qu'elle est pour le moment, Activision n'hésitera pas une seule seconde à l'arrêter elle aussi. Il est temps que les joueurs qui conspuent Activision sur les forums la journée pour se retrouver sur les serveurs de Call of Duty : Black Ops le soir même se remettent en cause et choisisse une attitude logique avec leurs revendications. Il est temps que les joueurs sachent également prendre le risque en achetant un jeu innovant plutôt que de tomber dans l'achat rassurant d'une resucée éternelle de la même formule.

Les éditeurs ne sont pas des enfants de coeurs ni des oeuvres de charités.

Mais, très chers compagnons joueurs, il est grand temps de prendre nos responsabilités.

Et moi le premier.  

Arthur

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On avait déjà appris la semaine dernière la mise en place par une ONG iranienne d'un système de classification des jeux vidéo. Cette ONG, la National Foundation for Computer Games, qui dépend du Ministère de la Culture iranien, présente ce nouveau système comme une aide au choix pour les familles mais également comme un guide pour les développeurs locaux.

Plusieurs éléments me choquent ici profondément. D'abord, comment une ONG (organisation non-gouvernementale donc) peut-elle être sous la tutelle d'un ministère ? On peut tout de suite écarter toute possibilité d'indépendance de l'association en question. Je ne dis pas que la NFCG n'est qu'un outil de propagande idéologique du régime théologique de Téhéran, mais on peut bien imaginer que la politique de classification des jeux sera surveillée de prêt par la Révolution Islamique.

Ensuite, je suis gêné par le principe même sur lequel est basée la notation des jeux. Baptisé ESRA, cette classification sera en effet basé sur le respect des valeurs islamiques par les jeux en question.

Je ne rentrerai pas ici dans un débat sur ces valeurs car ce n'est ni ma place ni mon droit, et que je crois profondément en la liberté de religion. Et c'est précisément parce que je crois à cette liberté de religion que je récuse l'idée d'une classification d'un média, quel qu'il soit, uniquement en fonction de valeurs religieuses. Je ne suis pas contre une classification informative des médias en fonction de leur correspondance avec des valeurs religieuses, mais une telle classification devrait alors être complémentaire et non unique et obligatoire. L'ESRA ne m'apparaît donc que comme un instrument supplémentaire de contrôle d'une population par un gouvernement religieux intolérant et pas comme une réelle mesure de protection de l'enfance contre les contenus matures.

De plus, la NFCG présente l'ESRA comme un guide pour les développeurs locaux. C'est-à-dire, un système leur permettant de savoir comment créer un jeu qui respecte les valeurs dictées par la loi islamique. On voit immédiatement qu'il ne s'agit plus ici d'un système informatif mais bien d'un système restrictif, car les jeux ne respectant pas ces valeurs se verront attribués une classification 18+ ou 25+ au minimum, ou bien se verront tout simplement interdits. La preuve en est que l'Iran a déjà annoncé que des jeux tels que GTA IV ou Assassin's Creed: Brotherhood seraient interdits à la vente. On se retrouve donc avec un outil de censure plutôt que d'information.

L'Iran compte proposer ce système de classification à tous les pays voisins possédant une population à majorité musulmane. Cela prouve pour moi encore une fois la portée idéologique de cette initiative qui semble avoir une utilité plus diplomatique que réellement protective des populations fragiles. J'espère donc que les pays concernés répondront par la création d'une classification basée sur les valeurs musulmanes, qui sont celles de leur population, mais une classification réellement informative et pas idéologique.

Pour finir, la NFCG a annoncé que l'Iran rejoindrait l'ESRB pour tenter de présenter l'ESRA comme une classification supplémentaire informative. Bien évidemment, l'ESRB a nié toute relation ou discussion avec la NFCG, démontrant bien l'hypocrisie de cette fondation.

Pour autant, tout n'est pas noir, et ces différentes initiatives du gouvernement iranien n'ont pas tué toute création vidéoludique dans le pays. En juillet 2010, l'Iran vivait la naissance de son premier MMORPG, Asmandez, développé intégralement dans le pays et qui avait fait la fierté de la NFCG.

Le jeu connaît aujourd'hui des pics à 5000 utilisateurs en simultané et se porte bien. Mais, plus important, il semble que le premier titre AAA du pays soit actuellement en développement chez  Fanafzar Sharif Game Studios, développeur local donc. Le jeu baptisé Garshasp sera un jeu d'action rappelant Monster Hunter. En effet, Garshasp était un tueur de monstres dans la mythologie perse.

Nous ne pouvons que saluer ce qui semble être un jeu de qualité et qui ne sera disponible que sur PC. En effet, en raison des sanctions économiques et des embargos imposés à l'Iran, les kits de développement des différentes consoles ne sont pas disponibles dans le pays.

Espérons que la création ne s'éteigne pas dans ce pays étouffé par un gouvernement omniprésent. Espérons que Garshasp rencontre le succès et qu'il donne envie à d'autres iraniens de se lancer dans l'aventure vidéoludique.

Vidéoludiquement,

Arthur

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La semaine dernière, dans la première partie de cet article, je vous parlais des Lapins Crétins, léporidés dotés de cordes vocales remarquables et ayant fait une entrée remarquée dans notre vie quotidienne. Je vais cette fois aborder une nouvelle espèce de rongeur : l'écureuil.

Dans l'imaginaire commun, l'écureuil est à priori un animal des plus mignons. L'écureuil est supposé inoffensif et très divertissant à observer, notamment lorsqu'il s'empiffre de quelque noix et autres baies sauvages. Mais, il faut croire que certaines personnes n'ont pas cette vision de l'animal, traumatisés qu'ils ont été dans leur prime enfance par un écureuil enragé ayant tenté de leur arracher la jugulaire.

Ces personnes, victimes malheureuses de ces petits sciuridés, décident en 1982 de se réunir en une association dénommée Rare (Réseau Anti Rongeurs Ecureuilidiens). Leur but est clair: prévenir l'opinion publique du danger que représentent ces boules de fourrures létales et obtenir leur éradication complète.

Malheureusement pour ce petit groupe de fanatiques, l'idée de l'écureuil "cute" était alors trop ancrée dans l'imaginaire populaire. Voyant que leur cause ne progressait pas, les membres du Rare décident de frapper l'opinion un grand coup en remettant totalement en cause l'image de l'écureuil. C'est ainsi que Conker naît en 1997, du moins dans l'esprit des membres du réseau.

L'idée est simple, faire de l'écureuil l'ennemi des enfants et des parents. Pour cela, le département communication de Rare crée un écureuil à l'apparence tout à fait mignonne et attachante mais qui se révèle posséder absolument toutes les tares de l'humanité. Il deviendra donc rapidement la terreur des enfants et l'incarnation du mal pour les parents.

Conker fume le cigare.

Conker utilise des objets tranchants et mortels fortement déconseillés aux enfants.

Conker est très agressif en lendemain de cuite au gin tonic.

Et Conker est vénal.

Bref, Conker est une sacrée ordure et la mascotte de la lutte anti-sciuridés est donc prête. Se pose alors la question de sa diffusion au monde entier. Il s'agit principalement de choquer les enfants afin qu'ils ne puissent même plus voir une boule de laine rouge sans uriner dans leurs chaussures. Les membres du Rare pensent alors à la télévision et au cinéma, mais ces médias conservateurs refusent de diffuser de telles images à destination des enfants.

L'association prend alors une décision qui bouleversera son histoire: se doter d'un studio de développement et faire de Conker un jeu vidéo. Quoi de mieux en effet que le jeu vidéo pour toucher les enfants, sans pour autant attirer l'attention des parents et des grands médias ?

La première offensive de Rare prendra la forme d'un jeu Gameboy Color, Conker's Pocket Tales, qui sort en 1999 mais qui est si mauvais qu'il passe inaperçu. La cause n'avance pas, l'échec est cuisant, mais les activistes anti-panaches ne se découragent pas. Ils se lancent alors d'un un nouveau projet, de bien plus grande envergure.

C'est ainsi qu'en 2001, sur la N64 (console favorite des têtes blondes) est lancé Conker's Bad Fur Day, jeu ayant pour héros notre écureuil irrévérencieux et dont le titre pourrait être traduit par "Conker est de mauvais poil aujourd'hui". 

Le jeu se révèle être un jeu d'action/plateforme classique et efficace dans lequel des challenges successifs (achevés par un boss) sont proposés au joueur, qui pourra alors délivrer ses amis. Dit comme cela, le jeu peu paraît somme toute banal. Mais, bien qu'encensé par la critique (90% de note moyenne), il défrayera la chronique et déclenchera l'ire des associations de protection de l'enfance. Les raisons en sont nombreuses, outre la personnalité de l'écureuil dont nous avons déjà parlé.

La jaquette d'abord arborant le fameux cocktail "sexe + alcool = MST".

La violence omniprésente et gratuite mais tellement jouissive !

Une scatophilie débridée (une montagne de merde mélomane comme boss).

Peut-être était-ce aussi le scénario: "Après une soirée bien arrosée, Conker doit retrouver sa copine Berri. Étant fortement alcoolisé, il se perd en chemin et s'endort. Au petit matin, il se réveille avec une belle gueule de bois et la ferme intention de rentrer chez lui."

Ainsi, malgré un accueil chaleureux de la part des journalistes spécialisés, les ventes du jeu sont catastrophiques. En effet, la révolte de parents outrés et la faible motivation de Nintendo à communiquer sur un titre si mature signent l'échec de l'entreprise d'élimination des écureuils.

Les caisses vides, l'association tente une dernière fois de soulever l'opinion avec un remake expédié en 2005 sur Xbox, Conker: Live & Reloaded, qui sera fortement apprécié des nostalgiques de l'opus N64 mais qui encore une fois ne parviendra par à changer l'image des écureuils.

Vous l'aurez sans doute compris, la lutte anti-écureuil n'existe pas, mais une invention fantaisiste de ma part servant la narration. Conker n'est donc pas sa mascotte, mais il est clair que ce personnage aura sans doute été l'un des plus controversés du jeu vidéo et le jeu dont il est le héros un des plus discuté (sinon apprécié) de la N64.

Dans la prochaine partie de l'article, je vous proposerai un petit tour d'horizon des jeux japonais les plus incongrus.

Vidéoludiquement,

Arthur

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Depuis l'apparition du jeu vidéo dans les années 1980, les studios de développement n'ont eu de cesse de créer, imaginer, impressionner, faire rire et pleurer ou de décevoir. Au gré de leurs différentes créations, les penseurs vidéo-ludiques ont prouvé que le jeu vidéo est un média libre et innovateur, et ont abordé sans pudeur des thèmes de société alors parfois interdits aux autres industries du divertissement : la violence, le sexe, la religion, la sodomie chez le chimpanzé du Sénégal ou bien encore la politique
Cette grande liberté d'expression, aujourd'hui fortement remise en cause par la stigmatisation systématique du média et par la frilosité éditoriale qui en découle, a permis aux créatifs du monde entier d'enfanter une variété incroyable de jeux dont certains repoussent les limites du loufoque, de la bêtise ou du politiquement incorrect. Je vous propose donc un petit tour d'horizon de ce pan dissident du jeu vidéo, tour qui ne se veut pas exhaustif mais simplement illustratif.
Je vous propose de commencer cette petite visite dans le temps par une création toute gauloise, la série des Lapins Crétins.


Fier, chevaleresque, bi-denté: le Lapin Crétin.
Les Lapins Crétins ne devaient, au départ, n'être que des ennemis parmi tant d'autres dans la suite de Rayman 3: Hoodlum Havoc, célébrissime jeu de plate-forme crée par l'éditeur français Ubisoft. Mais un beau matin, le lead game designer de cette suite en développement eut une idée de génie: faire des léporidés susnommés les véritables héros de son jeu.
Même si Rayman est bien le personnage jouable dans Rayman contre Lapins Crétins sorti sur Wii en 2006, les herbivores attardés sont bien l'attraction principale du jeu dans lequel ils font leur première apparition. On découvre alors pour la première fois la création diabolique des équipes d'Ubisoft, des Lapins sous coke, armés de débouche-chiottes, extrêmement agressifs et se jetant sur la première cible venue au son de leur désormais célèbre cri:
 
Les différents jeux faisant figurer les Lapins Crétins ont tous été plutôt plaisants à jouer sans être transcendants. Mais, ce qui a vraiment fait le succès des Lapins Crétins est tout l'univers qui a été créé autour d'eux et notamment la mise en scène des aventures et frasques de nos chères créatures à faible QI.

Les lapins et le sport

 
 
 
 
Les lapins et le cinéma

 
 

Les lapins et l'histoire


Les lapins et la vie quotidienne



Les lapins en voyage


Alors bien sûr, ce succès colossal et qui ne se dément pas ne pouvait pas laisser les publicitaires indifférents. Ainsi, grâce à de nombreuses réclames pour différentes marques, les Lapins Crétins sont rentrés un peu plus dans nos vies quotidiennes, jusqu'à en devenir un élément presque courant, normal. Plutôt impressionnant pour des boules de fourrures complètement stupides.
Renault
Unicef
Coca-Cola
Les Lapins Crétins sont donc bien un exemple unique d'une création vidéoludique complètement décalée, ayant réussi à s'imposer comme élément de culture globale. Longue vie aux Rabbids.
Dans le prochain épisode de cette série d'articles, nous nous intéresserons à un monument de l'humour gras, j'ai nommé Conquer's Bad Fur Day.
Vidéoludiquement,
Arthur
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Be Awesome. Be a Geek.

Par Rockolarea Blog créé le 27/10/10 Mis à jour le 24/10/12 à 11h24

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Édito

 

Chères lectrices, chers lecteurs,

 

Après une première année chaotique, il était temps pour moi et pour le blog de passer à une deuxième étape qui, je l’espère, sera plus stable que ces premiers mois de vie du blog. Alternant entre périodes d’activité intense et mort cérébrale, cette première saison de Be Awesome Be a Geek est avant tout pour moi une leçon qui devrait me permettre de vous proposer pour cette deuxième saison un contenu plus régulier, plus travaillé et plus ressemblant à ce que je veux faire de cette modeste aventure.

 

A priori donc, plus de petits articles par-dessus la jambe, plus de périodes d’inactivité prolongées, mais des articles construits, fréquents et, si Dieu le veut, drôles et intéressants. Du sport, du jeu vidéo, de la gastronomie, de la mauvaise foi et des blagues grasses : la vie donc.

 

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