Le Gentil Bordel de Babouille.

Par Babouille Blog créé le 03/11/11 Mis à jour le 01/05/15 à 18h40

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Catégorie : CinéMoi

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CinéMoi (Cinéma)

Hier j’ai vu un film asiatique. Un film japonais plus précisément. De Shion Sono. Un certain Love Exposure. Entre nous, je ne pensais pas voir ce film un jour. Ma nature curieuse aura eu raison de me pousser à le visionner , grâce à l’évocation de son nom lors d’une discussion, et  de finalement apprécier un conte hautement divertissant et touchant.

Les fruits du péché

L’histoire d’un garçon banal qui vit avec son curé de père dans le presbytère de son église après la mort de sa mère. Quand une rencontre va tout changer, encore, et encore, et encore. Une aventure chapitrée qui nous donne un regard sur chaque personnage clé pour comprendre où tout ça va nous mener. Le péché de l'un entrainant inévitablement l'autre dans la spirale d'un péché plus grand encore. 

Ça se bouscule dans ma tête. Peut-être parce que je viens de voir un film de 4h ( !) ou peut-être parce que je viens de voir un FJFO (Film Japonais à Foutoir Organisé). Je ne connaissais pas ce Shion Sono. Force est de constater qu’il sait faire des films et qu’il détient avec Love Exposure, une fresque originale.

Give it to me !

Il y a tout un microcosme dans ce film qui se mue avec la force de l’amour. Un puzzle d’idées qui s’assemblent étrangement bien. On se situe au milieu d’un film qui se déplace de manière théâtrale, entre le drame et la comédie, à vive allure. Jamais dans le convenu, toujours dans l’incongru. Un film fleuve qui draine aussi bien la boue kitch que les eaux pures de la montagne nommée Emotion Forte. Du coup, je ne peux qu’apprécier un tel contenu. Parce qu’au-delà de nous divertir avec des blagues potaches et des situations absurdes, il frappe du poing tour à tour sur les grands sujets du Japon contemporain : sexe, genre, famille, religion, maltraitance avec une liberté effarante.  Et tout ça sur une bande-son très sympa !

 

Alors oui, il faut être curieux et ouvert ou avoir déjà vu un film asiatique avant d’approcher Love Exposure. Personnellement, il me rappelle beaucoup Shokuzai de Kiyoshi Kurosawa qui sera plus abordable pour les néophytes. Pour les plus téméraires,  sachez quand même, s’il y a vraiment besoin de le rappeler que les émotions sont universelles et que vous pourrez toujours vous rattraper à ces branches pour apprécier ce genre de film. J’encourage donc ne serait-ce que pour l’amour du 7ème art, puisque ce film en déborde, de lui donner le temps qu’il mérite. 

p.s. photo : la scène de la plage ! *3*

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CinéMoi (Cinéma)

Un nouveau rendez-vous que je risque de réitérer à l'avenir : la critique cinéma. Je suis loin d'être un fin spécialiste avec moult références sur le genre mais c'est avec plaisir que je vous proposerai cette rubrique cinéphile.

C’est le premier film que je vois de Jia Zhang Ke, ce réalisateur chinois qui monte depuis plus de 10 ans. Considéré désormais comme un habitué des festivals européens et surtout du festival de Cannes, il rend visite à la France une première fois en 2002 avec son film Plaisirs Inconnus. Depuis lors, il réitère régulièrement sa participation avec 24 City en 2008 puis I Wish I Knew en 2011 et très récemment, remporte le prix du meilleur scénario avec A Touch of Sin.

Ce film est basé sur une composition du scénario à travers quatre individus, nous donnant à voir la peinture protéiforme d’une Chine qui subit le libéralisme, la mondialisation accélérée d’une population qui essaie de s’en sortir. Ce n’est pas sans tendresse que je vais vous expliquer ce qui fait les qualités de ce film.

A Touch of Sin impose déjà une photographie sublime dès les premiers plans. L’exemple frappant du camion de tomates renversé sur une route de montagne, un homme sur un scooter jouant avec l’une d’elle en la faisant sauter dans sa main sur le même champ. Un esthétisme que j’apprécie particulièrement et qu’on retrouve beaucoup dans le cinéma coréen d’aujourd’hui. On peut penser notamment  aux films de Hong-jin Na et notamment à The Murderer qui compose des plans urbains d’un bien beau calibre.

Une autre qualité du film est de verser énormément dans le symbolisme des situations. Chaque histoire s’entremêle par le biais de ses protagonistes qui se rencontre au détour d’une rue, d’un endroit commun et diluent la présence d’indices visuels qui donne une très bonne lecture du scénario. Et c’est justement pour ça que j’invoque le cinéma de Na, puisque l’empreinte de l’urbanisme est partout. Souvent représenté comme des montagnes au loin, les buildings imposent leur vue dans le paysage chinois.

La composition musicale, presque inexistante, apporte son lot d’expressions dans les moments forts et partage l’affiche avec le silence de certaines situations sublimant la beauté d’un instant. Tout parait avoir un sens et c’est ce qui donne cette très belle impression de pouvoir tricoter le film au fur et à mesure sans se perdre dans un noeud scénaristique. On pourra par contre regretter au récit de s’étirer sur la seconde partie du film avec un soin apporté à la psychologie des personnages et des situations moins percutantes qu’au début du film. Et pour autant, croyez moi, elles valent le détour.

Une image m’a aussi beaucoup touché dans ce film, et je finirai par ce point, c’est la métaphore que donne à voir Zhang Ke entre l’humain et l’animal. Cette « touche de péché » qui transforme l’état d’être humain en une chose brutale. Si l’homme, dans sa profonde détresse ne laisserai pas parler la bête qui est en lui pour trouver une échappatoire à une vie de misère.

Je suis reparti le coeur lourd de la salle de cinéma mais c’est définitivement un beau film que compose Jia Zhang Ke sur la rupture sociale, la violence du quotidien qui parfois laisse éclater l’irréparable. Et c’est avec plaisir que je vais désormais suivre son avancé dans le monde du cinéma.

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Édito

Salut , moi c’est Babouille et j’'ai des choses à te dire.

Ainsi va renaître (et évoluer)mon blog, qui sera un bon moyen de vous faire

partager ce qui nous rassemble : la culture vidéoludique et le reste. 

Vous pouvez d'ailleurs me retrouver chez Mandorine.

http://www.mandorine.fr/

Ou là, à faire le con.

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