aegirsson thorgal  "le fils des dieux et l'enfant des etoiles"

aegirsson thorgal "le fils des dieux et l'enfant des etoiles"

Par aegirsson Blog créé le 24/03/11 Mis à jour le 08/09/14 à 06h08

étant d'abord et avant tout fan de manga et d'anim nippon, avant d'être amateur de jeux vidéo

ce blog va surtout et avant surtout essayer de "parler" (moins bien qu'ailleurs) de cette passion et d'autre aussi peu-être ...

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Hors-Sujet

Vu sur NatureXtrême

En 1932, une guerre opposa l'armée Australienne à une colonie estimée à 20 000 volatiles suspectés d'effrayer et d'attaquer la population civile, de ravager les récoltes, bref, d'embêter les honnêtes gens.

Devant cette invasion barbare, le gouvernement australien mandata la Royal Australian Artillery pour résoudre le conflit manu militari... à coup de mitrailleuse. Et cette armée battit en retraite, un mois seulement après l'entrée en guerre...

Le contexte

Voici l'histoire de l'une des guerres qui en disent long sur l'homme : tout commença avec une météorologie déstabilisante en cet hiver austral 1932.

Mais revenons un peu en arrière pour re-situer le contexte.

Après la première guerre mondiale, nombre de vétérans britanniques et de combattants australiens s'étaient retirés sur les propriétés terriennes de l'Ouest de l'Australie, espérant finir leur vie comme paisibles fermiers, loin des sociétés occidentales belliqueuses, mais également loin de se douter des dangers guettant dans les déserts arides alentours.

Quand se firent ressentir, après 1929, les retentissements du Krach boursier mondial, le gouvernement australien incita la population à étendre ses cultures de blés pour faire face à la crise, leur promettant des subsides pour supporter les investissements nécessaires.

Les subsides ne vinrent, hélas, jamais (ils viendront ironiquement un peu tard, en 1953 - voir la fin de cet article!), mais les fermiers agrandirent leurs terres et installèrent notamment de grandes réserves d'eau qui leur permettraient de passer l'été austral en préservant leurs cultures.

Non loin des fermiers, un groupe d'autochtones avait pour habitude, chaque année et une fois leur période de reproduction achevée, de migrer de la côte Pacifique vers les sols plus heureux, leur Eden local : les terres intérieures.

Or, passant inévitablement par les vastes champs qui s'étendaient désormais sur de grandes portions des districts de Campion, ces autochtones convinrent que l'endroit était parfaitement propice à une vie enchanteresse : du blé à perte de vue, de grandes et nouvelles réserves d'eau, des champs et des champs de nourriture gratuite, offrant couverts et gîtes parfait pour passer la saison suivante. c'est ainsi qu'une population estimée à 20 000 émeus entra en force sur les terres arables du district, effrayant les villageois, mâchouillant goulûment les épis, creusant la terre de leurs puissantes pattes, et se lovant confortablement dans les champs, quitte à laisser au passage de grands couloirs de blé couché et des récoltes saccagées.

Les émeus (Dromaius novaehollandiae) sont une espèce endémique d'Australie, que l'on présente souvent, à l'instar du kangourou, comme un emblème de ce pays. Après l'autruche, c'est le deuxième plus grand oiseau du monde, pouvant atteindre 2 mètres, courant jusqu'à 55 kilomètres/heures, sur ces grandes et puissantes pattes. C'est un oiseau terrestre, puisque ces ailes rudimentaires ne lui permettent pas de voler.

Alerté par d'anciens soldats de cette invasion émeue, le gouvernement Australien, et plus précisément, le Ministère de la Défense incarné par le vétéran de la première guerre mondiale, Sir Georges Pearce, décida immédiatement de prendre les armes.

 Les soldats avaient constaté l'efficacité des mitrailleuses lors de la précédente guerre, face à leurs adversaires humains, et en recommandèrent l'utilisation... contre les émeus !

Si Pearce acquiesca, c'était à condition que l'utilisation des mitrailleuses soit réservée à des militaires en activité.

Les fermiers s'occuperaient alors de la logistique : nourriture et gîtes pour les soldats, paiement pour les munitions utilisées.

Le branle-bas-de-combat fut lancé en Octobre 1932, sous le commandement du Major G.P.W. Meredith (7ème corps de batterie lourde de la Royal Australian Artillery), officiant au sein d'une Task-force spécialement conçue pour l'occasion, et disposant notamment de 2 Lewis Mark I et plus de 10 000 munitions.

La guerre fut hélas retardée en raison de pluies abondantes : les émeus s'étaient dispersés et ne semblaient pas désireux d'affronter la Task-force par jour de pluie. Néanmoins, le 2 novembre 1932, la pluie cessa enfin...

Premier sang

Ordre avait été donné aux soldats de l'armée Australienne de ramener le premier jour, 100 peaux d'émeus, afin d'infliger de lourdes pertes d'emblée aux combattants adverses (et accessoirement de fabriquer des chapeaux en peau d'émeus pour les cavaliers locaux).

C'est avec bonne humeur que les soldats partaient à la bataille, allant jusqu'à déclarer par amusement, et avec une dose d'humour qui n'allait pas durer, une guerre contre l'envahisseur émeu.

Le 2 novembre, la Task-force aperçoit un groupe d'une cinquantaine d'émeus, mais se rend vite compte après un premier tir, que le groupe adverse se trouve au-delà de la distance de tir.

Les acolytes fermiers décident donc de tendre une embuscade aux opposants, afin d'aider les militaires en rabattant les émeus vers eux.

Les émeus adoptent cependant une stratégie audacieuse de dispersion, se séparant dès les premiers tirs en petits groupes courant dans tous les sens, et donc très difficiles à viser.

Si la première escarmouche ne fit aucun blessé (les oiseaux étant trop loin), l'embuscade permit néanmoins de tuer quelques oiseaux.

Une troisième escamourche en fin d'après-midi permit à la Task-force de cerner et tuer, "peut être une douzaine d'oiseaux

Le 3 novembre ne vit aucun affrontement notable, mais le 4, un important groupe de représailles de 1000 émeus environ est pris dans une embuscade par le Major Meredith, près d'un barrage.

Cette fois-ci, les artilleurs attendent que le groupe soit à portée de tir avant d'ouvrir le feu. L'armée adverse est alors à la merci d'une mitrailleuse, qui malheureusement, s'enraye après que 12 oiseaux fussent tués.

Le groupe d'émeus réagit rapidement et parvient à s'enfuir entre les lignes ennemis, gagnant immédiatement les lieux hors de portée. Il n'y aura pas d'autres affrontements ce jour-là.

Dans les jours qui suivent, le Major Meredith décontenancé décide de porter ses attaques vers le sud, où l'on a rapporté la présence d'émeus de "nature plus apprivoisée".

Mais le Major n'obtient qu'un succès relativement limité, et décide alors une manoeuvre osée, en installant une mitrailleuse sur un camion.

C'est hélas encore un échec : les oiseaux se meuvent plus aisément que le camion, et les soubresauts de celui-ci empêchent de toute façon l'artilleur en charge du tir, de décocher la moindre balle.

Le 8 novembre, 6 jours après le premier engagement, 2500 balles avaient été tirées.

Le nombre d'adversaires décimé étaient incertain :

certaines sources affirmèrent qu'une cinquantaine d'oiseaux avait été tués, tandis que les fermiers établissaient les pertes ennemies à 200, voire 500.

Le rapport officiel du major Meredith à ses supérieurs, précisa avec fierté qu'aucune perte n'avait été enregistrée dans les rangs de ses hommes.

La bataille était toutefois loin d'être gagnée, et l'ornithologue Dominic Serventyla commente sur un ton plus qu'ironique :

"The machine-gunners' dreams of point blank fire into serried masses of Emus were soon dissipated. The Emu command had evidently ordered guerrilla tactics, and its unwieldy army soon split up into innumerable small units that made use of the military equipment uneconomic. A crestfallen field force therefore withdrew from the combat area after about a month."-- D. Serventy 

"Les rêves des artilleurs, de tirer à bout portant dans les masses compactes et immobiles d'émeus, furent vite dissipés. Le commandement Émeu avait vraisemblablement ordonné l'usage de tactiques de guerilla, et sa grande armée s'était très vite divisée en petites factions, rendant inefficace l'utilisation de l'équipement militaire de son adversaire. Après un mois de campagnes infructueuses, celui-ci ne put se résoudre qu'à abandonner le terrain."(traduction NatureXtreme)

Encore le 8 novembre, la Chambre des Représentants discuta de la tournure que prenaient les évènements :

la presse insistait sur le manque d'efficacité de l'armée australienne, arguant que seuls quelques émeus avaient été tués, et commençait à évoquer le ridicule d'une telle guerre.

Pearce retira le personnel militaire et rendit les armes le même jour.

Après la retraite, le Major Meredith défendit son courage et sa bravoure, insistant sur les capacités hors normes de ses adversaires, et leur résistance, même lourdement blessés :

"Si nous avions une division qui savait esquisser les balles comme le font ces oiseaux, celle-ci pourrait faire face à n'importe quelle armée dans le monde. Ils savent faire face aux mitrailleuses avec l'invulnérabilité d'un tank! Ils sont comme les Zoulous, que même les balles Dum-dum ne peuvent arrêter." -- Major Meredith

Second round

De leur côté, les émeus continuaient leurs stratégie de contrôle du territoire et saccageaient sans ménagement les terres agricoles, au point que les fermiers durent organiser des rondes autour des points sensibles, et demander à nouveau avec insistance, l'aide du gouvernement.

La sécheresse et les fortes températures amenaient effectivement des milliers d'émeus sur les cultures et autours des fermes.

Le premier ministre James Mitchell appuya le renouvellement d'une intervention militaire devant le sénat, et le 13 novembre, le Major Meredith fut à nouveau envoyé au combat.

Les deux premiers jour d'affrontement furent un "succès" pour l'armée australienne, avec près de 40 émeus tués.

Les jours suivants furent moins heureux. Toutefois, le 10 décembre, le rapport du Major Meredith indiqua que 986 ennemis avaient été anéantis, avec 9860 balles tirées.

Selon le Major, 2500 adversaires auraient également subit des blessures probablement mortelles, ce qui se présentait comme un résultat nettement inférieur aux prévisions.

L'opération prit fin avec cet échec cuisant, et pour un coût qui devint un brûlant sujet de conversation pour la Chambre des Représentants.

Certains se demandaient si l'armée allait prendre à sa charge les dépenses.

D'autres se demandaient si l'on oserait décerner des médailles pour une guerre pareille.

L'armée se retirait officiellement, ne pouvant faire face à la résistance et la ténacité des volatiles.

A la place d'une action militaire de spectaculaire envergure, un système de récompense, déjà mis en place dès 1923, semblait davantage porter ses fruits, avec près de 60 000 récompenses distribués en 6 mois, en 1934.

Finalement, le gouvernement se résoudra en 1953 à une méthode plus efficace, qu'il aurait bien sûr du appliquer dès le départ :

52 000$ permirent de construire de larges enclos pour préserver les cultures de l'envahisseur. Sans violence, sans armes, sans militaires.

Outre celles des journaux locaux, de nombreuses opinions se sont fait connaître, qui dénonçait cette guerre, comme une farce grotesque ou un crime de masse contre une population animale.

Tout le ridicule de cette guerre était amplifiée par l'inefficacité de l'armée, le coût de l'opération, la cruauté avec laquelle on tentait d'exterminer les oiseaux, tout autant que les raisons du conflit et la disproportion des méthodes choisies.

Lorsque par exemple, le Sénateur Guthric demanda qu'on employa des méthodes moins barbares (textuellement, par ailleurs, il demandait des méthodes plus "humaines", comme si l'usage d'une mitrailleuse n'était pas typiquement humaine... A-t-on déjà vu des animaux se servir de mitrailleuses ?), Pearce lui répondit que ceux qui n'étaient pas familier avec les émeus ne se rendaient pas compte des dommages que ceux-ci infligeaient à l'agriculture.

Étonnant argumentaire, censé justifier le recours à l'artillerie pour déloger - définitivement - quelques oiseaux qui étaient là bien avant les immigrés humains?

Cette histoire à la fois triste et insolite s'est finalement soldée, bien heureusement, par le retrait des troupes armées et la victoire des émeus. Honte sur les hommes : non seulement d'avoir perdu, mais surtout d'avoir commencé ! 

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Commentaires

aegirsson
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aegirsson
c'est une idée qu'elle est bonne :P

sauf que la peta et la croix rouge reagiraient surement pour dire que ça ne respecte pas les animaux et les loi de la guerre ^^
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
A quand le FPS ?

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