Blog d'un cochon aviateur au nom hybride

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Par Vicporc Blog créé le 29/04/12 Mis à jour le 31/12/14 à 16h33

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Catégorie : Coups de coeur littéraires

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Coups de coeur littéraires

Dazai Osamu est un véritable écrivain culte au Japon. Et ce n'est pas un euphémisme de le dire. Si Dazai est si célèbre, c'est d'ailleurs plus pour sa vie que pour son oeuvre, pour sa révolte contre une société rigide et conformiste. Et c'est cette révolte qui le place comme une des idoles de la jeunesse japonaise.

Je m'en vais vous conter l'histoire d'un grand homme de la littérature japonaise. Oui, comme ça, parce que j'ai envie.

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Dazai Osamu est un pseudonyme. Le vrai nom de l'écrivain, c'est Tsushima Shuji. Il est né le 19 juin 1909, dans la préfecture d'Aomori (tout au nord d'Honshu, l'île principale du japon). Il est le 8e enfant de la famille Tsushima, famille très influente politiquement, de par leur richesse. Il fut élevé par une nourrice, recueillit par sa tante, puis confié à une gouvernante. Le père de Dazai meurt en 1923, et c'est son frère ainé, Tsushima Bunji, qui devient le chef de famille.

Dazai publia sa première nouvelle en 1925 dans le magazine de son école, et fut admis au centre d'études supérieures de Hirosaki en 1927. La même année, Akutagawa Ryonosuke se suicida (je vous reparlerai de cet écrivain extraordinaire). Cet évènement marqua profondément Dazai, qui idolâtrait l'écrivain. Il se mit à négliger ses études, rechercha la compagnie des geishas, et fréquenta les restaurants de luxe. Il manifesta également un grand intérêt pour le marxisme, alors interdit au japon. La nuit du 10 décembre 1929, il absorba une dose très importante de calmotin, un fort soporifique, dans le but de se donner la mort, mais ne fit que sombrer dans l'inconscient jusqu'à la fin de l'après midi suivant.

En avril 1930, Dazai s'inscrivit au cours de littérature française de l'université de Tokyo, puis rencontre Ibuse Masuji, qui deviendra son mentor, ami, confident, et plus fidèle soutient durant le reste de son existence. Parallèlement, il se mit a contribuer financièrement aux activités illégales du parti communiste. La mort de son frère Keiji de la tuberculose en juin 1930 affecte profondément Dazai qui se mit, encore une fois, à ne plus suivre ses cours. Il rencontra également la geisha Oyama Hatsuyo. Cette dernière s'enfuira plus tard pour le rejoindre à Tokyo, dans le but de l'épouser.

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Bunji accepta ce choix, à la condition que Dazai coupe tous les liens avec sa famille, et donc toute responsabilité financière. Hatsuyo et Dazai se marièrent dans une station thermale en décembre 1930. Un mois avant, le 28 novembre, il fit sa seconde tentative de suicide, au coté de Tanabe Shimeko, toujours en prenant de fortes doses de calmotin. On les découvrit sur les rochers face au pacifique. Tanabe était morte. Toujours actif dans les activités du parti communiste, Dazai fut arrêté puis emprisonné en 1931. Bunji l'appris l'année suivante et lui coupa les vivres. Recherché par la police, il emménagea dans une maison abandonnée de Tokyo, et commença alors sérieusement son travail d'écriture. Sa première nouvelle sous le nom de Dazai Osamu, "Le train", fut publié en 1933.

Quasi toute son année 1933 fut consacrée à l'écriture du recueil "Dernières années". Il passa le mois d'août 1934 dans la station balnéaire d'un autre immense écrivain japonais, Mishima. Il termina "Dernières années" en mars 1935, et décida alors d'acter sa troisième tentative de suicide, en tentant de se pendre dans les montagnes près de Kamakura, mais la corde rompit. Moins de trois semaines plus tard, il fut hospitalisé pour une appendicite aigüe, et resta à l'hôpital trois mois. C'est là qu'il fit la découverte du pabinal, un dérivé de la morphine.

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Cette "découverte" le transforme en véritable toxicomane, et il se mit à emprunter de l'argent à tout le monde pour s'acheter sa drogue. En juillet 1935, deux des nouvelles de Dazai furent nommées au prix Akutagawa (équivalent du prix Goncourt au Japon), qu'il n'obtient malheureusement pas. Un prix qui aurait pourtant pu l faire sortir de la vie de débauche dans laquelle il s'était engagé. Il fut tout de même présenté au poète Sato Haruo, qui accepta de devenir son nouveau mentor. En septembre, Kawabata Yasunari, jury, écrivit le compte rendu du prix Akutagawa, reprochant a Dazai les déboires de sa vie privée et les scandales qu'il avait crée. Ce dernier rentra dans une colère noire et une guerre par lettre interposées commença avec Kawabata. En février 1936, Sato ordonna à Dazai de suivre une cure de désintoxication. Il devait y passer une dizaine de jours, mais s'échappa pendant deux nuits pour boire et s'injecter du pabinal. Par conséquent, il ne guérit pas.

Dazai n'obtint jamais le prix Akutagawa. Mais les scandales crées et la bataille de mots qu'il livra avec Kawabata et quelques uns des écrivains les plus influents de l'époque lui permirent d'acquérir une véritable réputation auprès du public. Le 12 octobre 1936, Dazai fut interné dans un hopital psychiatrique a Itabashi. Il fut enfermé dans une chambre pendant une semaine, ne pouvant recevoir aucune visite. Il déchira ses habits, brisa les vitres, écrivit sur les murs, s'en prit aux médecins et aux infirmières. Il sortit le 12 novembre. A son retour à Tokyo, en mars 1937, il fit, avec Hatsuyo, sa 4e tentative de suicide, toujours au calmotin. Comme d'habitude, il survécu, à croire qu'il n'était pas fait pour le suicide. Le couple se sépara officiellement, et ne se revit plus jamais. Hatsuyo mourut en 1944, a trente trois ans. En septembre 1938, Dazai se retira dans les montagnes de Misaka, avec une vue extraordinaire sur le mont Fuji. Il passa 60 jours sans cesser d'écrire.

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Cette époque constitue une période de stabilité et de repos encore inconnue pour Dazai, durant laquelle il écrivit quelques unes de ses plus belles nouvelles, et se maria avec Ishihara Michiko, avant de retourner dans sa banlieue de Tokyo en septembre 1939. La première fille de Dazai, Sonoko, naquit en 1941, son fils, Masaki, en 1944. En mars 1945, la famille partit a Kofu, fuyant les bombardement sur Tokyo, puis pour Kanagi. Peu après, la bombe atomique fut lâchée sur Hiroshima, puis Nagasaki.

En janvier 1947, Dazai rencontra Ota Shizuko. Elle espérait devenir écrivain, et c'est son journal intime qui inspirera à Dazai le roman "Soleil Couchant". Il rencontra également Yamazaki Tomie, une esthéticienne dont le mari était mort une dizaine de jours après leur mariage. La seconde fille de Dazai, Satoko, naquit le 30 mars 1947. Elle deviendra par la suite le grand écrivain Tsushima Yuko. Il eu également un enfant de Shizuko en novembre, qu'il fut forcé de reconnaitre.

"Soleil couchant" fut publié et devint immédiatement un best seller, permettant a Dazai d'acquérir une célébrité encore plus grande. Il publia ensuite "Narcissisme et cigarette" en mars 1948, acheva "La déchéance d'un homme" et laissa inachevé "Goodbye", son dernier roman.

Il se noya avec Tomie dans le canal de Tamagawa le 13 juin 1948.

On ne retrouva les corps que le 19 juin, le jour du 39e anniversaire de Dazai Osamu.

A lire:

  • Cent vues du mont Fuji
  • Soleil Couchant
  • La déchéance d'un homme
  • Mes dernières années

 

 

 

 

 

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Coups de coeur littéraires

"La littérature consiste à traduire les cris et les chuchotements de ceux qui suffoquent, privés de mots... En écrivant ce roman, je me suis senti dans la position de celui qui se voit confier le soin de traiter seul les ordures. »

Ryu Murakami

Ryu Murakami, à ne pas confondre avec son génial homonyme Haruki Murakami (auteur de livres aussi magiques que Kafka sur le rivage, La ballade de l'impossible ou 1Q84), est né en 1952 à Sasebo. Faisant partie des romanciers prenant la relève des plus grands écrivains japonais du XXe, tels que Mishima, Dazai, Akutagawa ou Kawabata, il se démarque et fait sensation au japon dès son premier roman, "Bleu presque transparent", publié en 1976 et vendu à plus d'un million d'exemplaires. Le roman donne la parole à une jeunesse japonaise déboussolée, hantée par son histoire tragique, et ses valeurs rigides. Un seul message est transmis dans ce roman: No future. Et il se matérialise dans une overdose de sexe, de violence, d'alcool et de drogue. Sa prose transcris à merveille les naufrages d'un peuple à la dérive, plongée dans ses cauchemars.

"Miso Soup", c'est un peu la même chose. Un japan psycho terrifiant, mêlé à une activité sexuelle écoeurante et crue. Voici le résumé que l'on trouve sur la quatrième de couverture:

Kenji, un jeune Japonais de vingt ans, gagne sa vie en guidant des touristes dans le célèbre quartier louche de Kabukichô, à Tôkyô. C'est en compagnie de Frank, un client américain, qu'il parcourt durant trois nuits les lieux de plaisir de Shinjuku : trois nuits de terreur auprès d'un meurtrier inquiétant avec qui il joue au chat et à la souris. Ce roman court et percutant laisse une sorte d'amertume, un goût métallique pareil à celui du sang qui imprègne ces pages minutieuses décrivant l'agonie d'un monde sans âme et voué à la solitude.  

Ce livre est tériblement dérangeant. Par son sujet tout d'abord. Un policier dans le milieu du tourisme sexuel japonais, ça vous donne une ambiance particulière. On parcours tous les lieux de plaisir de Shinjuku, les peep-shows, les bars à strip tease, les loves hôtels, les prostitués dans la rue...

Mais tout le roman tourne autour de la psychologie des personnages, de leur coté dérangeant. De ce gaijin complétement fou et mythomane, d'un Kenji manipulé et en stress permanent.

Kenji est un jeune homme japonais banal, contraint travailler comme guide dans Tokyo la nuit, et ses lieux de plaisir, afin de s'assurer une paye décente. Il à une petite amie, dont j'ai malheureusement oublié le nom, qui est compréhensive attentionnée et inquiète pour lui. Son client pour trois nuit, les trois nuits de la narration, c'est Franck, un américain, qui veut découvrir les plaisirs du tourisme sexuel. L'intrigue prend place juste après le meurtre d'une jeune prostituée à Kabukicho justement. Elle à été violée, puis découpée en morceau, et ses membres éparpillés dans une poubelle. Ce meurtre trouble profondément Kenji, et le carctère louche de Franck ne fais rien pour le rassurer. Mythomane, dérangé, à la limite de la folie, Franck parle de manière compulsive, automatique, et il arrive parfois qu'il déblatère de longues tirades sans ponctuation, à un rythme effréné. Il se contredit sans cesse dans ce qu'il dit. Kenji vient alors à penser que ce personnage est le probable meurtrier. Jusqu'au moment ou il le voit sortir un billet taché de crasse et de sang pour payer une prostitué. L'intrigue monte crescendo dans la folie et l'horreur. Un bout de peau collé sur une porte en signe d'avertissement, des dialogues à double sens, et surtout, un massacre traumatisant. Vraiment traumatisant. Un peu comme du Maxime Chattam, mais version japonaise.

Mais tout cela est il réel? On peut se poser la question parfois, au vu des scènes atroces qui surgissent et des pensées  dérangées de Franck, d'autant plus que la frontière entre fiction et réel est un thème récurent de la littérature japonaise. Les actes d'un tueur en série ne sont ils pas, par essence, irréels, ou sont ils des symptômes exacerbés d'une réalité? "Miso Soup" détourne les règles du « thriller à la Seven » pour nous parler du monde moderne et des monstres qu'il crée.

Trois nuits. Trois nuits d'horreur, avec des passages a vomir de dégout. Une scène atroce au niveau des descriptions et des images. Des personnages torturés, une vision ultra réaliste du commerce du sexe et de ses dérives. Il est très compliqué de parler d'un livre pareil. Personnellement, j'en tire deux bilans. C'est un excellent contraceptif, et une transcription parfaite d'un monde chaotique, d'une déchéance dans la nuit.

A ne pas mettre entre toutes les mains.

 

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« Tout artiste est fatalement hanté par le désir de forcer l'accès difficile du monde des démons, et cette pensée, qu'elle soit apparente ou dissimulée, hésite entre la peur et la prière. »

Yasunari Kawabata est né le 14 juin 1899. Ses parents meurent tous deux de la tuberculose, son père en 1901, sa mère en 1902. Kawabata est donc orphelin à 3 ans, et est élevé par ses grands-parents paternels. Ceux-ci tentèrent de pallier le vide affectif traumatisant causé par la disparition de ses parents. La soeur de Kawabata meurt en 1909. Il n'assistera pas à l'enterrement, sa famille voulant éviter de lui infliger une fois encore l'épreuve d'une cérémonie funèbre, mais cela l'empêchera de faire le deuil réel de la jeune fille. Sa grand-mère meurt en septembre de la même année. En 1912, il décide de devenir écrivain et consacre son temps libre à la lecture et à ses premières créations.

Vivant alors seul avec son grand père, l'auteur tisse des liens affectifs très fort avec ce dernier, qui meurt en 1914. Il écrit alors son premier livre Journal de ma seizième année, publié en 1925. Dans ce roman, il conte la longue agonie de son grand père devenu aveugle. Alors, pourquoi toute cette description et ce récit du début de vie de l'auteur? Tout simplement car elle est enssentielle dans la compréhension de son oeuvre, et les thèmes récurents de son écriture.

Kawabata fut le premier écrivain japonais à obtenir le prix Nobel de littérature en 1968 pour son roman Pays de neige . La solitude absolue de ses premières années laissera une marque indélébille dans son oeuvre. L'univers de Kawabata marqué par la mort, le vide et l'absence.

L'ellipse, le flou, l'ambiguïté sont caractéristiques de son écriture. Comme dans beaucoup de romans japonais, le réel et l'irréel se côtoient, l'abondance des images alterne avec les blancs et les silences. L'écriture de Kawabata laisse transparaitre une recherche désespérée de la beauté, empreinte d'une tristesse et d'un désaroi abyssal. Deux ans après le suicide par Hara Kiri de Yukio Mishima (un autre maitre de la littérature japonaise) Kawabata se suicide à son tour, après un long combat métaphysique contre la mort.

Les belles endormies (Nemureru bijo en japonais) à été écrit en 1960. Et c'est un des romans les plus troublant de son oeuvre. Voici les synopsis:

Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchit le seuil des Belles Endormies? Ce roman décrit la quête des viellards en mal de plaisir. Dans une mystérieuse demeure, ils viennet passer une nuit aux cotés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques. Pour Eguchi, ces coirées passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de sa jeunesse, et de se plonger dans de longues médiation. Introspection dans la psyché d'un personnage au seuil de la mort, de retour dans la douceur de l'enfance et voué au pardon de ses fautes.

Le thème central du roman, c'est bien évidemment l'alliance entre mort et érotisme, ce qui n'est pas réelement étonnat dans le littérature japonaise. Je vous parlerai bientôt d'un autre roman japonais traitant le même sujet, mais avec beaucoup moins de poésie contemplative.
Le livre comporte 5 chapitres, qui sont autant de nuits passées par Eguchi dans l'établissement. Préalablement à son accès à la chambre, on assiste à la cérémonie du thé, longuement décrite. Je suis passé à coté de ce pan de l'oeuvre, car c'est une pratique de la culture japonaise que je ne connais pas bien.
Le bordel n'est pas un lieu de débauche, mais un lieu de méditation. Les jeunes filles sont vierges, elles ne se reveilleront jamais, et il est interdits de leur faire quoique ce soit de sexuel. Kiga, un ami d'Eguchi lui explique au début du roman que les belles endormies sont comme des Bouddhas. Et, en effet, Eguchi se rendra peu à peu compte que toutes ces femmes endormies poussent les vieillards allongés à leur côté qui peuvent les caresser et surtout les admirer à réfléchir sur leur vie, à faire les comptes. Chacune des filles avec lesquelles il va passer une nuit a ses particularités physiques et chacune d'entre elles provoque, à la manière de la madeleine de Proust, des souvenirs.

Ces nuits sont une longue préparation à la mort, une catharsis ultime, un moyen de se mettre au clair une dernière fois avec soi même, avec son passé. Le sommeil de mort dans lequel sont plongées les filles a une triple importance. La mort est un long sommeil et le sommeil dans lequel sont plongées ces filles est une promesse de mort à venir, promesse que les vieillards ne peuvent plus se cacher et qui les invite à réfléchir. Et toute l'oeuvre de Kawabata joue avec le contraste des symboliques, la contradiction entre symbole de la vie et de la mort.

Alors bien sûr le contact avec de jeunes corps abandonnés suscite certains fantasmes. Eguchi rêve furtivement d'étrangler une de ses compagnes, il tente d'en pénétrer une autre et renonce lorsqu'il se rend compte qu'elle est vraiment vierge. L'érotisme est controlé, les descriptions sublimes. Un livre profondémment humain en somme. Un livre que l'on pose en réfléchissant longtemps, très longtemps. Et c'est peut être également l'un plus beaux hymnes à la beauté des femmes.

Terminons cet article par une citation du livre:

« La beauté atteinte par les seins de la femme n'était-elle point la gloire la plus resplendissante de l'évolution de l'humanité ? »

 

 

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Haruki Murakami est un de mes auteurs, si ce n'est mon auteur préferé. Ses histoires mélangeant réalisme, fantastique et absurdes ont un effet extraordinnaire sur vous, et ses romans font partie de ces livres que l'on repose en réflechissant sur sa propre existence.

Mais ce qui est particulièrement chez Murakami, c'est l'aspect hypnotique de ses récits. Il a toujours les mêmes parternes, toujours les même personnage, mais le rythme de son écriture fait mouche a chaque fois. Et puis il y a cette force d'identification au personnage, qui est assez magique.

"Kafka sur le rivage" m'a transcendé. Je me suis projeté dans la peau de cet ado de 15 ans (j'en ai 17, donc ce n'est pas très compliqué), et j'avais l'impression que toutes ses préocupations avait un lien avec les miennes, et elles y amenaient des réponses.

"Danse danse danse" a eu le meme effet, mais le personnage était cette fois un trentenaire avec un rapport aux autres très humain.

Pour "La ballade de l'impossible", le charme agit encore.

Mais lisons le résumé avant tout.

Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : "Norwegian Wood". Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît... Hommage aux amours enfuies, "La Ballade de l'impossible" est un magnifique roman aux résonances autobiographiques, d'une tendresse et d'une intensité érotique saisissantes.

« Murakami place son roman sous la tutelle de Salinger et de Fitzgerald. [...] Il mêle la grâce à la noirceur avec une subtilité et une élégance qui sont, définitivement, la marque des grands écrivains.»
Raphaëlle Leyris, "Les Inrockuptibles"

Le déroulement est classique. C'est un trio amoureux, comme on en a tant dans l'histoire de la littérature. Mais l'histoire est complexe, les personnages ultra attachants, tourmentés, mais toujours très humain.

Et on rencontre surtout un érotisme cru, violent, mais restant toujours réaliste sans jamais sombrer dans la vulgarité.

Afin de décrire mieux ce livre, je le mettrait en parrallele avec le film de Tran Anh Hung, le réalisateur de "L'odeur de la papaye verte".

Adapter un livre basé essentielement sur la psychologie des personnages, c'est compliqué. Le livre est long, dense, intense émotionnelement. Il fallait donc faire des sacrifices.

L'histoire de Reiko, que je ne détaillerait pas, est zappée.  La relation entre Midori et Watanabe n'est pas vraiment abordée. La fin est décevante. La puissance érotique et la crudité érotique manque, ou est abordée maladroitement, et de nombreux passages sont beaucoup trop long, et on le regrette au vu de l'important nombre de scènes absentes.

Malgré tout, le film a des qualités. A commencer par son casting, emmené par Rinko Kikuchi (que l'on a vu dans Babel, d'Alejandro Gonzalez Inarritu), Kenichi Matsuyama et Kiko Mizuhara.

La bande son hypnotique de Jonny Greenwood, appuie une grande poésie d'ensemble, avec quelques plans magnifiques.

Bref, les amateurs du livre aimeront le film, meme si il est bourré de défauts.

Et ceux qui n'ont pas lu le livre vont se dépecher de se jeter dessus, tout de suite!

 

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Mon coup de coeur en ce moment, coté roman, c'est Kafka sur le rivage, du japonais Haruki Murakami, que l'on connait pour 1Q84 par exemple.

Le roman raconte deux histoire parallèles. D'un coté, on trouve Kafka Tamura, un adolescent ayant fuit sa maison pour échapper à une horrible prédiction que son père lui à assené, et de l'autre, Nakata, un vieillard simplet parlant aux chats, qui va être attiré sans savoir pourquoi à quitter sa région natale. Peu à peu, leurs destins vont se mêler, et ils vont croiser pêle mêle le colonel Sanders de KFC, un étrange tueur de chats, assister à des pluies de maquereaux, et surtout se poser beaucoup de questions sur leur propre existence et le sens de leur vie.

La structure narrative n'est pas originale, on alterne à chaque chapitre entre les personnages, mais c'est très efficace. Les personnages sont ultra attachants, et le procésus d'indentification autour du personnage de Kafka est très réussi (je n'ai que 2 ans de plus que lui en même temps ^^ ).

Un excellent roman initiatique, qui marie subtillement entre absurde et reflexion sur soi même. Une oeuvre magnifique et très touchante, qui se dévore sans peine malgré les 600 pages qui la composent.

Désolé pour les probables fautes.

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Édito

Toi qui entre ici, abandonne tout espoir. Tu rentres dans le domaine d'un cochon aviateur au nom hybride, dont le pseudo a été crée par l'esprit de la diabolique Metyst. On y parle de jeux flashs, de jeux indépendants, de jeux plus connus, ou pas. On y parle d'art, japonais, chinois, ou international. On y parle parfois de musique, et aussi de grosses conneries. A tes risques et périls, lecteur.

Avatar par Zachula

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ORIGINAL SOUND BLOGGERS, podcast sur les musiques de jeu vidéo animé par Poulpyblast, Onink et moi-même. (Et parfois, on a des invités qui transmettent une classe colossale par la voix. Si si.)

Egalement disponible sur Itunes dans la catégorie Podcast > Jeux et Hobbies > Jeu video

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