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Par Toshiro Blog créé le 09/04/10 Mis à jour le 02/09/13 à 00h17

Salut. Je post rarement. Genre 1 fois tous les an.

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Bonjour,

 

Je prends mon clavier aujourd'hui pour vous faire partager un petit texte que j'ai écrit. Ce texte est né d'un petit week-end de réflexion sur un sujet imposé dans un forum d'écriture.

Les contraintes étant :

  • 500 mots maximum,
  • Votre personnage est un traître. Mais les conséquences de sa trahison ne sont pas celles qu'il pensait engendrer, 
  • Votre trahison a un impact sur votre plus grand rêve,
  • L'histoire se passe en Asie.

Les contraintes sont importantes à la compréhension du texte. Je suis conscient que ce n'est pas parfait, que mes idées sont un peu confues, mais j'en était content. 

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Une légère vapeur d'eau montait dans les airs jusqu'à atteindre la peau de mon visage, ce qui fit légèrement perlait mon front. Il arrivait sept heures que déjà, le soleil du printemps commençait à disparaître à l'horizon. L'herbe, si luxuriante la veille perdait de sa couleur, pour devenir noire comme si le manque de lumière lui était fatal. J'observais ce paysage d'une beauté étrange, les yeux fermés. L'odeur sucrée et irrésistible de la rhubarbe qui flottait dans l'air guidait tous mes sens et mes souvenirs. J'avais passé tant de temps, assis, face à ce soleil couchant, attendant. Attendant.

Je pris la tasse à deux doigts, sentant la chaleur au creux de ma main, et l'amena à mes lèvres. J'humidifiai celles-ci avec le liquide, encore bien trop chaud. C'était la seule fois depuis que j'étais arrivé dans cette campagne qui m'était devenue si chère, que boire un thé me fît si mal. Je ne pouvais l'apprécier, et l'odeur qui me faisait chavirer à l'accoutumée ne pût me convaincre. Paradoxalement, ce ne fut pas l'arôme du thé qui me vint en bouche. Ce fut un goût dans ma gorge. L'amertume envahit doucement ma bouche, et saisit enfin ma langue. Ce dégoût m'obséda pendant de longues minutes m'empêchant ainsi de profiter de ces dernières brises de paix. Je bus mon thé à contrec½ur, espérant que son goût fasse s'éclipser mon malaise, en vain. Je me levai en rentrai enfin pour aller admirer Xia[1], celle pour qui j'étais resté. Elle traçait, inlassablement, avec ce pinceau qu'elle ne quittait jamais, les mêmes signes. Des gouttes coulaient le long de ses joues pour aller se mélanger à l'encre, fraîchement déposée par le pinceau. Je l'observais calmement, tandis qu'il régnait un silence lourd, imperturbable. Je traversai le bâtiment pour aller à son entrée. Je m'y postai en tailleur, sentant les vibrations du sol. Les tambours arrivaient. J'attendais, encore.

Les tambours, et ce qui s'en suivait amenaient avec eux les vents déchaînés du Nord. Ils perturbaient le calme ambiant et la douceur. On m'avait demandé de venir habiter ici, de me lier avec les dirigeants, puis après plusieurs années de me montrer favorable au pouvoir impérial, afin que celui-ci contrôle la ville. La dynastie régnante n'a pas voulu entendre mes arguments. Ils n'eurent pas le choix. Seulement, l'empereur ne m'avait pas fait parvenir ses projets en cas de refus de la part de l'autorité locale. Il ferait comprendre qu'il ne faut pas résister. Je fis cela pour une liberté fictive que l'on m'avait promise, à ma famille et moi, mais j'en rêvais.

Seulement, j'aimais cette province, et Xia, que je venais de rencontrer. J'avais trahi mes amis, l'herbe brûlait, la terre allait être gorgée du sang de tous les habitants de la province, moi y compris.

Le soleil se coucha, et j'allai rejoindre Xia. Nous mourrons ensemble. Elle écrivit une dernière fois ses signes favoris, « Xi Wang [2]», puis nous allâmes boire un dernier thé, au c½ur de cette ville qui deviendra Xuecheng[3].

 



[1] Xia : Signifie « La lueur du couché de soleil »

[2] Xi Wang : « Espoir » en chinois.

[3] Xuecheng : De « Xue », sang en chinois, et « cheng », ville en chinois.

 

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Commentaires

Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Yop,

Donc, voici.

Mes remarques : travaille tes temps. Distingue toujours bien le passé simple de l’imparfait, ou tes infinitifs. Par exemple, ici : « ce qui fit légèrement perlait mon front. » où tu devrais avoir « perler ». Il y a quelques autres moments dans le texte où tu dérives un peu aussi. Cela ne paraît rien, simple délire de fondamentaliste de la langue, mais en fait, ce genre de fautes t’extrait directement du texte, t’en chasse. On trébuche à la lecture, une fois, deux fois et puis, hop, on se met à chercher les chausse-trappes au lieu d’apprécier le texte. Donc, fait attention. La concordance des temps aussi : usage et emploi des deux subjonctifs.

Ensuite, je trouve ton texte très léger, très fluide. C’est assez amusant, parce qu’en regardant dans le détail, je ne retrouve pas cette fluidité, ou pas partout. J’aime bien. Il coule doucement, c’est agréable. Comme le thé que boit le personnage.

En ce qui concerne le respect de la consigne, par contre, je trouve que tu as fait le service minimum. Faire dire à son personnage « Je suis un traître », c’est un peu vulgaire. Tout ton texte est dans le fluide et, là, nous prenons un grosse pierre dans la tronche. Donc c’est pas super super.

Tu utilises la virgule d’une manière étonnant. Elle sert à la pause, pour la respiration. Chacun utilise les virgules comme il l’entend, il y a sans doute des règles, mais on s’en fout. L’important, en fait, c’est le rythme. La virgule, le point virgule, les deux points, tout cela marque du rythme. Ils doivent te servir à obtenir quelque chose qui te plaise et qui aille dans le sens de ton texte. Par exemple, ici, du coulé, du fluide.

La première phrase est raté, pour moi. Trop lourd, trop d’adjectif et d’adverbe inutiles, qui ne nous apprennent rien. C’est dommage.

Les facilités : les adjectifs, les adverbes, les lieux communs (le soleil couchant, l’herbe luxuriante), toutes les petites choses si faciles, si rassurantes, c’est laid. Par exemple : « tant de temps ». Ce n’est pas très euphonique et ça sent l’expression courante à plein nez. Et pouf, on décroche encore.

La répétition : ça, j’en use et j’en abuse. À mon avis, il faut toujours aller au-delà d’un duo de répétition. Trois ou quatre. Pour marquer. Pour le rythme. Mais ça…

Méfie-toi des images. « Je prie la tasse à deux doigts, sentant la chaleur au creux de ma main. » Ah bon ? La main forme un creux quand les doigts font une pince ? C’est idiot, mais ça fait tiquer.

« C’était la seule fois depuis que j’étais arrivé dans cette campagne qui m’était devenue si chère, que boire un thé me fît si mal. » Là, je ne peux pas. C’est… Comment dire. Je vois ce que tu veux exprimer, je le sens et c’est bien. Mais la phrase est laide, pataude, lourde. La virgule un peu bizarre y est pour quelque chose, mais il y a surtout l’enchaînement de verbes : trois fois « être » en une ligne. C’est pas terrible.

Ah, tiens. Une règle toute bête mais qui sert : il n’y a pas de virgule avant « et » sauf en cas d’incise : « Il marchait, rieur, et nous dévisageait » et pas « Il ne pouvait se retourner, et nous voir. » Sauf, encore une fois, si tu cherches un décrochage.

Goût en bouche, amertume dans la gorge. Des précisions qui font tâche. Surtout que ton parcours est étonnant : bouche, gorge, puis bouche et enfin langue. C’est assez étrange et ça fait tiquer, un peu.

« Elle traçait, inlassablement, avec ce pinceau qu’elle ne quittait jamais, les mêmes signes. » Une phrase qui passe à rien d’être très belle. Il lui manque quelque chose, mais je ne saurai dire quoi.

« Des gouttes coulaient le long de ses joues pour aller se mélanger à l’encre, fraîchement déposée par le pinceau. » Alerte au cliché. Un cliché, c’est pas une mauvaise chose si tu en fais quelque chose. Là, t’as pris une image très classique et très jolie et puis plus rien. C’est un peu faible.

Bon, je vais m’arrêter là pour cesser d’être pédant.

C’est un petit texte sympathique, sans prétention, avec de jolies choses, une ou deux, par endroit. Et c’est déjà pas mal.
En défaut, je dirai qu’il est banal, sans ton et sans couleur propre. Il n’y a pas de style. C’est-à-dire que… Le texte, au final, est plat. Tu n’as pas encore (et c’est normal, j’aimerais bien en avoir une aussi) de patte, de touche personnelle qui l’amène quelque part. Là, tu proposes quelque chose que, finalement, n’importe qui aurait pu écrire. Alors, ce n’est pas un appel à l’originalité pour l’originalité.
En fait, il faut trouver une voie et une voix. Et cela demande beaucoup de travail, de refonte, de recherche et de tartes dans la tronche. Je sais, je suis encore sur la route.

Celim.

Ps > Bien évidemment, ceci n'est que mon avis, l'avis d'un connard, d'un jaloux complètement incompétent, hein ?
Toshiro
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Toshiro
Un grand merci pour vos retour, je ne m'y attendais pas.
A bientôt.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
Non, ce n'est pas nul. Moi aussi, je trouve qu'il y a du bon là-dedans.
Simplement, l'écriture, c'est un animal sauvage à dompter. Y parvenir demande des années (si tant est que ça soit possible, d'ailleurs, ce dont je doute très sérieusement). On peut toujours s'améliorer, c'est à la fois le drame et la beauté de la chose. Alors forcément, le chemin est long, pénible, douloureux, et le travail que ça demande énorme.
Il y a des choses à corriger, d'autres à revoir, d'autres à développer, d'autres à mettre plus en valeur parce qu'elles le mériteraient.
Il y a de bonnes bases et tu sembles avoir ce qu'il faut pour poursuivre dans cette voie.
Donc poursuis. ;)
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Non, ce n'est pas nul. Y a du bon là-dedans, de jolies intuitions.
Je voudrais juste savoir si tu supporterais les critiques ou non. Inutile que je perde mon temps à détailler ce que je considère comme "bien" ou "pas bien" si c'est pour lire en réponse "De toute façon, toi, t'es un connard."
Ce qui, au demeurant, n'est pas faux.
Jette un oeil sur mes pas à pas sur mon blog si tu veux avoir un aperçu de ce qui peut te tomber dessus.

Merci, Anfa', c'est gentil.

Celim.
Anfalmyr
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Anfalmyr
haha t'inquiètes pas, y'a pas mieux que de passer sous le regard de ces deux-là. Ils sont exigeants avec les mots et ceux qui les utilisent surtout. c'est sympa ces challenges en tout cas, n'hésites surtout pas à en faire d'autre, voire même à refaire la même histoire sous différents angles (ça c'est un exercice que je trouve très complexe et très instructif).
Toshiro
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Toshiro
J'en déduis que c'est vraiment nul alors.
Le Gamer aux Mains Carrees
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Le Gamer aux Mains Carrees
C'est sûr qu'il y a des imperfections, inévitablement, mais je salue tant l'effort que l'envie. Ainsi que le capital qui ne demande qu'à fructifier.
Celimbrimbor
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Celimbrimbor
Une question, sans méchanceté, avant d'aller plus avant.
Quel genre de retour souhaites-tu en postant cela sur ton blog ? Des compliments ou des choses vraies ?

Celim.

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