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Bon sang ! Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Il y a
quelques minutes à peine j’étais encore à Poke et j’acceptais de partir
récolter quelques cristaux en échange d’une poignée de Zenis (la monnaie
du patelin où je crèche avec mes chats), histoire d’arrondir la fin de
mois. Et maintenant me voilà pourchassé par une tonne de muscles, de
crocs et de griffes qui ne rêve que de m’ajouter sur la liste des
desserts… Voilà ce que j’ai pensé lors d’une de mes premières missions
sur Monster Hunter Freedom Unite (MHFU pour les intimes). Et même par la
suite j’ai continué à me demander : Mais pourquoi sont-ils aussi
méchants ? La réponse n’est pas « Parce que ! » mais tout simplement
parce que nous autres joueurs, sommes du mauvais coté de la chaîne
alimentaire dans ce monde peuplé de créatures plus gigantesques et
sournoises les unes que les autres.
Ici la chasse aux monstres est une
activité sérieuse, on ne rigole pas avec ça. C’est vrai que dans un
monde où même les mouches sont grandes comme des planches de skateboard,
il vaut mieux savoir comment survivre devant une Wyverne que connaître
les lois de l’urbanisme. Dans Monster Hunter le joueur incarne un
chasseur de monstre débutant qui va devoir faire ses preuves en
affrontant des monstres de plus en plus puissants pour acquérir
l’expérience et la technique, ainsi qu’un équipement approprié, afin
d’en affronter des encore plus féroces.
Mais attention ne
cherchez pas d’histoire ou de scénario ultra développé pour vous pousser
dans des situations aussi impressionnantes que mortelles. Il n’y a pas
plus de scénario pour Monster Hunter que pour expliquer pourquoi tonton
Roger va chasser le sanglier, et une raison s’il en faut une c’est tout
simplement le salaire. En effet, chaque fois que vous partez affronter
un monstre, et que vous revenez vivant, on vous gratifie d’un salaire en
plus des bonus en nature que vous récupérez sur le monstre. Pour
simplifier vous êtes une sorte de chasseur à gages : un monstre mange le
bétail d’un fermier ? Pas de problèmes, on pose une annonce avec une
récompense en monnaie sonnante et trébuchante et y’aura bien un
inconscient pour aller risquer sa peau devant une montagne de crocs et
de griffes profilée pour tuer …
Enfin, voilà pour ce qui est de l’univers, même si je ne vous
ai pas tout dit, mais ce qui nous intéresse, à nous les joueurs, c’est
le jeu en lui-même. Monster Hunter est une Simulation de chasse de
monstres, et je dis bien Simulation (avec un grand S). Ici pas de combos
ravageurs et aériens, pas d’esquives hallucinantes, pas d’explosions
pyrotechniques à tout va, pas de leveling forcené pour tuer les monstres
d’un regard. Ici on chasse, on prépare le terrain, on apprend les
habitudes de sa proie avant de devenir la proie à notre tour. C’est un
vrai investissement personnel que de jouer à Monster Hunter.
On
commence par choisir une arme et on a le choix. De l’épée et bouclier à
l’arc, en passant par la lance et le marteau, sans oublier la grande
épée et la fusarbalète lourde, c’est au final 11 types d’armes
différentes qui nous attendent. A chacun son style de jeu, la lance est
peu mobile mais offre un potentiel défensif non négligeable avec son
bouclier, le marteau frappe fort et ne gêne pas les mouvements, la
fusarbalète légère permet d’attaquer vite et loin … Bref, à chaque
chasseur son arme et sa façon de l’utiliser. Cette arme nous suivra
pendant toute la mission, impossible d’en changer en cours de route, on
ne pourra en changer qu’une fois revenu dans sa maison après la mission.
Il est donc important de trouver « son » arme, celle qu’on maîtrisera
le mieux. Une fois équipé on peut partir à l’aventure.
Les
premières missions sont relativement simples et peu dangereuses. On nous
demande de tuer de gros herbivores pour ramener de la viande, de
ramasser quelques herbes ou de tuer de petits prédateurs ressemblant
étrangement aux raptors de Jurrassic Park. Ces missions nous permettent,
en dépeçant les monstres et en ramassant divers minerais à l’aide de
pioches, de récupérer les composants nécessaires à la création d’armures
et d’armes plus « efficaces » pour faciliter la vie dans les missions
suivantes. Bien entendu plus le monstre dont on a récupéré les
composants est dangereux plus les armures et armes réalisables seront «
efficaces ».
C’est au bout d’une demi-douzaine de mission que
le jeu commence vraiment à prendre son ampleur. En effet, les missions
nous proposent enfin d’occire des vrais monstres de plus de 10m de long.
Et là, c’est le drame. On part confiant, son arme sous le bras, le
sourire aux lèvres et Paf ! On se fait ramasser par deux chats qui nous
bennent au camp de départ en nous disant : « ce sera retenu sur votre
prime ». Hé oui ! Ca change tout quand on fait face à des monstres
capables de nous enlever la moitié de nous même d’une seule attaque, et
encore c’est pas les plus méchants. Là il faut ruser, poser des pièges,
utiliser les faiblesses du monstre : il craint la chaleur ? Utilisons
une arme qui entraîne des brûlures. Il est sensible au poison ? Alors
empoisonnons-le. C’est maintenant que la connaissance du monstre fait la
différence. Connaître ses habitudes permet de placer intelligemment les
pièges et d’utiliser les objets adaptés pour désorienter le monstre et
gagner ainsi de précieuses secondes pour frapper. Il faut aussi choisir
son équipement de façon adaptée. Les armes ont parfois des attributs, il
vous faut choisir l’attribut que craint le monstre pour occasionner des
dommages plus importants, choisir une armure vous fournissant les
résistances et talents adaptés pour résister aux attaques du monstre
plus longtemps. Bref, il faut vous préparer. Ne pensez pas qu’une armure
et une arme puissantes vous dispensent de stratégie, peu importe le
monstre et votre niveau d’équipement, les monstres sont dangereux tout
le temps. Et ne pensez pas voir la barre de vie du monstre, comme dans
la vraie vie, les animaux ne se baladent pas avec une barre de vie
au-dessus de la tête, c’est à vous de découvrir les mouvements qui
indiquent que le monstre sent que son heure est proche. Mais bon quelle
fierté quand on a terrassé son premier Kut-Ku, son premier Tigrex ou son
premier Arkantor, là on peut se promener la tête haute : on est un vrai
Hunter.

Voilà pour la partie Solo,
mais comme vous le savez tous, Monster Hunter a aussi une partie
multi-joueurs. Bon alors j’annonce de suite : pas de jeu en ligne par
Wi-Fi (sauf par des programmes tiers comme le Ad Hoc Party de la PS3 ou
Xlink Kai) et pas de possibilités de jouer à plusieurs avec un seul jeu.
Mais si vous avez la chance d’avoir des amis équipés de Monster Hunter
et d’une PSP, d’avoir un salon ou une chambre où vous pouvez passer
plusieurs heures sans danger, et des paquets de chips ainsi qu’un pack
de soda (ou de bières) vous êtes un chasseur heureux car les quêtes de
la guilde vous sont ouvertes. Monster Hunter vous propose un hall de
rassemblement en LAN où vous pouvez retrouver les chasseurs de vos amis,
d’ici vous pourrez partir affronter des monstres plus féroces et
mortels qu’en solo, avec bien sûr des récompenses adaptées. Vous pourrez
frimer en montrant vos plus belles armes et armures ou bien demander
l’aide de vos amis pour les créer. Je vous arrête de suite, on ne se
prête pas d’équipement et on ne se donne pas d’argent. Pour réussir on
doit s’en donner les moyens et la guilde est très stricte là dessus, au
maximum vous pourrez vous échanger quelques composants utiles à la
mission comme des munitions ou des potions. Les parties à plusieurs
changent radicalement des parties en solo. Il vous faut faire attention à
ne pas gêner vos camarades lors de l’affrontement : faucher un
compagnon avec un coup un peu trop ample peut donner au monstre
l’occasion d’en faire son quatre heures, envoyer voler ses camarades
avec un coup « de la mort » n’est pas toujours une bonne idée car 3
personnes qui attaquent font toujours plus de dégâts qu’un coup « de la
mort ». Bref, il faut penser en groupe. De même un groupe va prendre ses
habitudes pour gérer un monstre, les placements vont se faire en
fonction des capacités de chacun, les stratégies en fonction des armes
disponibles. Le jeu demande un vrai travail d’équipe. De plus la prime
va être partagée entre tous les participants et un joueur mis K.O réduit
cette prime d’un tiers, et une fois la prime arrivée à zéro, soit 3 K.O
dans l’équipe, la mission est un échec. Le travail d’équipe est
d’autant plus important que certains monstres ne peuvent être affrontés
que dans la guilde, et que même si on peut accepter en solo les missions
de la guilde, les monstres ont beaucoup plus de vie et font beaucoup
plus mal qu’en solo. Bref prévoyez des séances de chasse avec les
collègues, vous verrez c’est vraiment magique.
Pour finir je vais vous parler du reste : la maniabilité, les
musiques, les graphismes… La maniabilité est assez surprenante au
début, surtout en ce qui concerne la caméra. Autant les commandes sont
simples et rapides à intégrer, autant la caméra demande un vrai
apprentissage. C’est dû au fait que le jeu est avant tout adressé aux
joueurs japonais qui tiennent bizarrement leur PSP. Il vous faudra un
petit moment avant de placer comme il faut la caméra et de la bouger
pendant le combat mais, chose surprenante, ça devient complètement
instinctif. Vous vous surprendrez à modifier la caméra sans même vous en
rendre compte. Et je vous garantis que vous n’aurez plus aucun problème
avec les placements de caméra dans les autres jeux.
Concernant
les graphismes, c’est à mon goût le jeu le plus abouti de la PSP. Pas de
décors vides, des monstres ultra-détaillés, des modèles 3D criants de
réalisme, l’animation ne souffre d’aucun ralentissement. Certes tout ça
est contrebalancé par des zones assez réduites et des chargements entre
chacune d’elles. Mais les détails de l’animation ne sont pas juste là
pour en mettre plein les yeux : regardez le ciel, si un vol d’oiseaux
passe c’est parce qu’un monstre vient de les effrayer, il ne vous reste
plus qu’à trouver le point de départ des oiseaux.
Les musiques
quant à elles sont tout bonnement épiques. Très discrètes, on se rend à
peine compte de leur présence en combat et pourtant on sent qu’il manque
quelque chose quand on coupe le son. On se surprend à monter le son à
fond pour entendre les musiques à certains moments tant on se sent
héroïque avec elles. Et puis comme pour les graphismes, il y’a un aspect
ludique lié à la musique : faire cuire un steak demande de prêter
attention à la musique pour trouver le bon moment pour le sortir du feu
au risque de le faire cramer.
Au final Monster Hunter Freedom Unite est plus qu’un bon jeu,
c’est une vraie expérience. Son gros défaut vient de l’investissement
personnel qu’il demande, il faut jouer une bonne dizaine d’heures avant
d’apprécier le jeu à sa juste valeur. D’un autre coté une fois ses 10
heures passées vous êtes partis pour une durée de vie digne d’un MMORPG,
et je sais de quoi je parle avec près de 1500 heures de jeu sur le duo
Monster Hunter Freedom 2 et Unite. En plus Monster Hunter vous
réconcilie avec les journées de Gamer, comme au temps où on invitait les
collègues ou amis d’école à venir jouer à Street Fighter tout l’aprem.
Et je tiens juste à préciser une chose : Monster Hunter n’est pas un
RPG, certes certaines données sont chiffrées mais le chasseur ne prends
pas de niveaux et ne gagne pas de compétences. Réussir à Monster Hunter
demande de la pratique de la part du joueur, on ne peut pas être un bon
chasseur en faisant du bashing, le bon chasseur connaît les monstres,
leurs faiblesses et leurs forces et en tire partie.


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