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Par 01010110 Blog créé le 05/08/12 Mis à jour le 11/11/16 à 18h15

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C'était il y a plus de deux ans. J'ai eu vent par un ami qu'un truc ultra barré venu tout droit du Japon (comme d'hab' quoi) venait de sortir en France et que ça avait tout du bon gros nanar. En fouillant un peu, je me suis rappelé de ce jeu - Rainy Woods - qui avait été annoncé en 2007 et qui devait à la base sortir sur PS2 (ce qui explique pas mal de choses). Jusque là, rien de super excitant à vrai dire, surtout quand on voit la tronche de trailer. Mais un petit détail m'a convaincu de me le procurer : un petit encart sur la jaquette. Ca n'a l'air de rien, mais sur cette dernière apparaissait (et apparait toujours, je viens de vérifier) une note de 10/10 et un "Perfect" (de Destructoid) un poil louche, étant donné que le titre avait l'air d'être tout sauf parfait. Il semblerait en définitif que l'auteur de cette review se soit retrouvé dans un état mental tel, qu'il lui a été impossible de haïr ce jeu et donc de le déconseiller, au contraire même. Ce qui fait que cette note - qui avait tout du troll avant que j'y joue - me parait presque crédible aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que je n'en suis, moi non plus, pas sorti indemne.

Il y a pas mal de scènes et de références à la bouffes dans le jeu. Ici, il s'agit d'un dîner entre les principaux protagonistes et je dois dire que j'aime particulièrement la façon qu'a York de le rendre un peu plus sympa.

Mais avant de déverser 20 heures de frustration et de craquage dans un avis (presque) à chaud, il faut savoir que j'avais déjà posé mes mains sur le jeu peu après l'avoir acheté. Une heure. C'est le temps que j'ai tenu avant de déclarer forfait, abattu par tant vide. Un premier gunfight mou à crever contre des créatures tout droit sorties de Silent Hill, puis de longues minutes à courir sous la pluie au rythme des bruits de pompe atroces du héros ont suffit à me plonger dans état de mort cérébral. Il faut dire que je me suis d'abord crue dans un GTA ; alors que s'il y a bien une règle à retenir, c'est que Deadly Premonition est réaliste. Non, pas réaliste dans le sens vraisemblable, mais dans le sens chiant. Chiant à s'en ouvrir les veines. Bref, tout ça c'était avant que je décide, le week-end dernier, de devenir un homme et de terminer cette abomination afin purifier ma ludothèque de cette boite marron caca du plus mauvais effet. Quelle merveilleuse idée j'ai eu là !

Dans Deadly Premonition, la barbe pousse en temps réel, on peut se raser, on peut fumer, il faut manger et dormir pour survivre, mais aussi changer de vêtements pour éviter d'attirer les mouches. Ca fait juste super chier, mais je suis obligé de m'incliner devant tant de features inutiles.

Deadly Premonition a eu un effet sur moi que je n'aurais jamais imaginé. Car au-delà d'une lancinante douleur au cul, j'en suis sorti exténué, retourné et habité par la ferme intention de vouloir partager cette expérience avec autrui ; et qui sait faire naître des envies. Si je vous dis que le jeu vaut surtout pour son dénouement (et 5 minutes une fois toutes les 2 heures) et qu'au delà de ça c'est juste une gigantesque purge. Vous la sentez l'envie monter en vous ? Ok, là c'est normal. Mais si je vous dis que malgré tous ses défauts (on est pas loin du crime contre l'humanité à ce stade), je pense que c'est un jeu unique que vous devez absolument faire ? Ah, voilà c'est ça. Un jeu unique. Mais unique comment ? Unique comme un truc qui va tellement à l'encontre du jeu vidéo, du bon sens et du bon goût que ça en devient génial. En fait, c'est tellement aberrant sur certains aspects qu'on finit petit à petit par prendre tout ça au 11ème degré. C'est bien simple : ludiquement, je n'ai jamais vu ça. C'est même pas nul, c'est beaucoup plus que cela.

Oui, on peut pêcher. D'ailleurs, j'en ai pas parlé mais vous êtes dans un monde ouvert où vous pouvez faire plein de quêtes secondaires pas marrantes du tout, débloquer des armes inutiles, gagner de l'argent qui ne sert à rien, aller parler à des gens chelou, jouer à faire l'enquêteur et tout et tout. Dans ce cas, vous êtes partis pour 40 heures de souffrance extrême. La faute à une carte toute nulle et à l'absence de déplacements rapides. Réaliste quoi...

Au début, je me voyais déjà jouer à un truc du genre Killer 7 (en un peu plus naze), mais là où le titre de Suda51 se laisse tout de même jouer, là pas du tout. C'est pas juste bancal - non - je dirais plutôt que c'est presque de l'anti-jeu. J'en suis donc venu à penser que cette quasi-souffrance à évoluer dans l'univers était voulue. Comme une métaphore du personnage principal qui peine à progresser dans cette ville qu'il ne connait pas. Ouais, non, en fait je raconte n'importe quoi, mais au final je dirais presque que ce non-gameplay a renforcé mon expérience de jeu. En fait, toutes les tares du jeu ne gâchent pas l'aventure, mais la renforce. C'est bizarre. Ce n'est pas comme si les défauts venaient gâcher quoi que ce soit puisque le jeu lui-même est un gigantesque défaut. Mais dans ce cas, comment expliquer le fait que j'y ai joué 20 heures en deux jours sans m'arrêter ? (...) Je dirais que le jeu parvient toujours à surprendre. Surprendre par les dialogues, par les situations, mais également parce qu'on se dit que "nan, là vraiment c'est juste n'importe quoi" avec l'envie de voir jusqu'où les mecs vont aller dans le grotesque.

Le traitement sonore du jeu est à l'image du reste, c'est-à-dire mal branlé. La syncro labiale est à côté de la plaque la moitié du temps et on a l'impression qu'il y a cinq pistes qui tournent en boucle (pourtant l'OST dure deux heures et déchire pas mal). Il n'est donc pas rare d'entendre une petite musique guillerette durant une scène en apparence sérieuse. Autant vous dire que certains passages ont une saveur très particulière. Sinon là, je vous ai mis le morceau qui tourne lorsque vous faites des courses de voiture (oui, il y a des courses de voitures) et qui est une repompe à peine déguisée de "American Idiots".

Car je n'ai pas encore parlé de l'intrigue, ni des personnages, mais c'est pourtant pour cela que l'on joue (et termine) Deadly Premonition. J'ai lu un peu partout qu'il y avait du Twin Peaks là-dedans, mais comme je n'ai jamais regardé de série de ma vie (exepté Marié, deux enfants en fait), j'y ai seulement vu un thriller comico-tragique. Comique parce qu'on se marre quand même pas mal et tragique parce que c'est souvent très glauque (viol, meurtres, ambiance cradingue). Pour faire court, vous êtes un mec du FBI qui débarque dans une petite bourgade (Greenvale) où on a retrouvé une gonzesse éventrée accrochée à un arbre façon JC. Il va donc falloir faire équipe avec les flics du coin pour résoudre cette enquête. Au départ assez convenu, le scénario va au fil des heures verser dans le grand n'importe quoi. Véritable pot-pourri blindé de scènes mi-cultes, mi-ridicules (ridiculte donc), le jeu joue avec nous, bien plus que le contraire. Reste qu'en tant que thriller, le tout fonctionne à merveille et il est d'ailleurs impossible d'imaginer une seule seconde tout le lol qui vous attend vers la fin.

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais été touché par une histoire d'amour dans un jeu vidéo (je n'ai d'ailleurs pas de coeur). Sauf dans Deadly Premonition où la relation entre York (vous) et Emily Wyatt (dont le nom et le visage rappelle Naomi Watts) va au-delà de la simple relation amoureuse en devenir.

En effet, ça a beau partir dans toutes les directions avec un héros cinéphile accro à la clope qui semble s'adresser à nous (Zack) pendant toute l'aventure, un flic homosexuel, un super saiyan, une histoire de signe de paix inversé, des zombis, des arbres partout partout, des graines rouges, des salles blanches, un connard en imperméable, une vieille qui promène son fait-tout, des meurtres en série les jours de pluie, un handicapé masqué; et bien tout ça a un sens. Enfin quand je dis un sens, je veux dire que ça peut s'expliquer. Après, je ne dis pas que vous allez forcément adhérer. Nan, parce que ça reste assez perché quand même dans l'ensemble. Il n'empêche que le tout reste cohérent. Peut-être même que le jeu ne m'aurait pas autant perturbé si le fond n'avait pas aussi bien collé à la forme. Et quelle forme ! Mon dieu que c'est laid ! Je ne parle pas ici uniquement de l'aspect technique (bug, scintillements, ralentissements, clipping, textures cracra, syndrome du "je-suis-sous-la-pluie-donc-je-deviens-un-être-mi-homme-mi-bump-mapping"), mais de l'esthétique globale. Ici le mauvais goût est élevé au rang d'art et devient un style à part entière que l'on finit presque par apprécier. Oh !  Et je vous ai parlé du level design ? Vous saviez que dans le jeu, il y a un hôtel avec des couloirs sans portes ? Un couloir qui est juste là pour qu'un joueur avance dedans et puis rien. Ou qu'en difficile, il fallait à peu près 200 balles de mitraillette pour buter un ennemi de base ? Donc un conseil : un succès de 200G ne vaut pas la peine qu'on décuple autant la pauvreté d'un système de combat. Jouer en facile est un défi déjà bien relevé. Pour votre esprit j'entends...

Bien plus qu'une merde vidéoludique, Deadly Premonition est une torture dont je suis certain de garder les séquelles durant les 10 prochaines années. Si ça, c'est pas la marque des grands jeux...

Achetez Deadly Premonition. "So says Mr Stewart"

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Commentaires

Nemesis-8-Sin
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Nemesis-8-Sin
Cet homme m'a donné envie de relancer un jeu que j'ai acheté il y a deux ans, testé dix minutes il y a trois mois, et lâché immédiatement.

Si ça c'est pas la marque d'un grand rédacteur...
Joniwan
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Joniwan
GOTY 2010.