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Critique - Tron: Legacy

Un petit problème de passation
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Par Rockolarea - publié le
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Tron est sans doute la première émotion cinématographique dont j’ai un véritable souvenir. C’est sans doute également une des origines de ma passion actuelle pour le jeu vidéo, la technologie et l’univers que certains aiment à appeler "geek".

Je ne devais pas avoir alors plus de 7 ou 8 ans et je me rappelle avoir été littéralement envouté par l’univers coloré, futuriste et enchanteur crée par le génial Steven Lisberger.

Film culte, transmis jalousement de génération de geeks en génération de geek, Tron est un symbole que j’ai toujours considéré comme ne devant jamais être touché car jamais égalable. C’est donc avec une grande appréhension que je me suis rendu hier soir à l’avant-première organisée par Disney pour son film Tron : Legacy, suite à l’œuvre que fut la première version sortie en 1982. L’univers allait-il être respecté ? Le film allait-il être aussi visionnaire que le fut son ancêtre ? Allais-je retrouver cette magie, cette excitation du moindre de mes sens de technophile ? Pour avoir la réponse, lisez la suite.

Une bien belle grille

Tron ne serait pas ce qu’il est sans son univers visuel si spécifique où l’orange et de le bleu s’affronte dans une lutte sans merci pour le contrôle de la grille. Disons-le tout de suite, Tron : Legacy est beau, très beau même. La ville numérique créée par Kevin Flynn est somptueuse, les décors réussis et propres et les costumes stupéfiants. Une combinaison de cuir noir, un casque en verre fumé et quelques lignes fluorescentes (alimentées par batterie pour l’anecdote) suffisent à distinguer clairement les personnages, leurs affinités et leurs caractères.

Certaines scènes d’actions sont à couper le souffle. On ne citera pas forcément les scènes attendues de combats au disque ou les courses-poursuite de motos sur la grille qui, même si bien réalisées, sont parfois confuses et auraient pu être plus spectaculaires. Non, on parlera ici plutôt de la scène de corps-à-corps dans la boîte de nuit dont le rythme, cadencé par la musique des Daft Punk (dont nous reparlerons plus tard) est époustouflant. Mention spéciale également pour la séquence de combat aérien splendide, dont la lenteur poétique exalte les courbes inspirées.  Les effets spéciaux sont également très impressionnants, notamment la désintégration des programmes ou bien encore les explosions des motos virtuelles.

Le petit bémol pour ce qui est de l’aspect graphique vient de l’utilisation de la 3D. Encore une fois je n’ai pas été du tout convaincu de l’intérêt de cette technologie. On nous force à porter des lunettes qui provoquent invariablement de fortes douleurs nasales pour un résultat décevant. En effet, de trop rares scènes profitent vraiment de l’effet de profondeur. Pour le reste la 3D ne fait que rendre l’image légèrement floue et certaines scènes confuses. De plus, le fait que les lunettes ternissent les couleurs est très dommageable à un film qui tire une grande partie de sa patte graphique du contraste entre un blanc immaculé ou un noir profond et des bleus ou oranges chatoyants. On se retrouve ici souvent avec des tons de gris qui font perdre un peu de son charme à cet univers visuel pourtant si réussi.

Mais une grille bien… plate !

Nous l’avons déjà dit, si Tron premier du nom est devenu un film culte c’est notamment par son esprit visionnaire et novateur, qui laissait grandement présager de la décennie à venir lors de sa sortie. Sur ce point, Tron: Legacy rate complètement le coche. On se retrouve avec une reprise pure et simple des idées et inventions déjà présentes dans le premier film de la série, sans ouverture aucune sur ce que pourrait être le futur de la technologie, sur ce que les années 2020 pourraient changer pour nous.

L’univers et les personnages restent complètement inchangés, malgré l’apparition de nouveaux personnages tels que Sam Flynn, fils du célèbre créateur de la grille et donc lui aussi élevé au rang de Concepteur. Leurs aventures sont téléphonées et ne sont qu’une suite trop logique et sans imagination du scénario originel. Les rebondissements sont tellement attendus qu’ils en perdent tout impact et les enchaînements de séquences sont trop faciles. Tous les personnages arrivent trop aisément à leur fins, tant et si bien qu’on se demande pourquoi un des deux partis sort victorieux de l’aventure, à part pour que le bien remporte la partie (comme dans toute bonne production hollywoodienne à grand spectacle qui se respecte). Ajoutez à cela des longueurs récurrentes et un montage qui rend l’histoire parfois incompréhensible voir illogique et vous obtenez un raté scénaristique total.

La série perd donc totalement sont côté intimiste, interrogateur et novateur en ne proposant que du réchauffé et de l’attendu. Les personnages sont eux aussi trop peu travaillés et trop prévisibles malgré un jeu d’acteur à la hauteur. On retrouve Jeff Bridges avec une joie non dissimulée et son interprétation croisée de Kevin Flynn et de Clu est tout à fait convaincante même si les actions prêtées à ses personnages sont d’une platitude navrante. Son fils, joué par Garett Hedlund peut être classé à peu près dans la même catégorie de l’acteur efficace mais dont le personnage manque cruellement de relief et de surprises. Reste Olivia Wilde dont le personnage est central à la métahistoire de Tron mais qui ne se voit donner que des répliques banales et inutiles au film pris seul. Quorra n’est donc qu’une jolie paire de fesses et de seins serrées dans une combinaison en cuir et c’est bien malheureux quand imagine quel profondeur l’histoire des Iso pourrait avoir eu. Reste Castor, personnage à la fois adjuvant et traître interprété par un Michael Sheen titubant entre le Johnny Depp d’Alice aux Pays des Merveilles et Fred Aster pour un résultat sur-interprété frisant le ridicule. Bref, de bons jeux acteurs dans l’ensemble gâchés par une écriture totalement banale de leurs rôles.

Last night a DJ saved my life

Ma peur de ce nouveau Tron avait été tempérée par la promesse du B.O. extraordinaire car réalisée par les plus grands artistes électroniques de tous les temps (si si), j’ai nommé les Daft Punk. Oh bien sûr j’avais une bonne idée de ce que donnerait cette nouvelle création du duo mythique par le biais des trailers du film et par la sortie de l’album sur les sites de téléchargement (légaux).  Mais, j’étais loin de m’imaginer l’ampleur que cette musique prendrait couplées avec les images du film.

On peut le dire, la musique et les effets sonores sont tout bonnement époustouflants. Les thèmes léchés accompagnent parfaitement les différentes séquences du film que ce soit les scènes contemplatives ou les scènes d’action pure. Dès les premières secondes du film on est scotché par la profondeur des sons et par l’adéquation des rythmes et tonalités choisies par les deux compères avec l’univers du film. La scène de la boîte de nuit montée sur le désormais mythique Derezzed vous couplera le souffle, vous entraînera avec elle et vous donnera envie de vous jeter dans la mêlée dans un style de combat mêlant kung-fu et jump style.

Les deux artistes français font d’ailleurs une appariation remarquée lors de cette scène (je n’irais pas plus loin pour ne pas spoiler) mais on regrettera simplement que cette apparition n’ait pas été plus discrète et qu’elle perde ainsi de son côté clin d’œil. Mais, Daft Punk signe ici une grande B.O. qui marquera sans doute les esprits. Il est amusant à ce propos de savoir que la version que vous pourrez écouter dans le film est en fait la deuxième mouture proposée par les artistes aux producteurs qui avaient refusé la première. Je serais curieux de voir ce que donnait ce premier jet !

Conclutron

Tron : Legacy est au final un film plutôt bien en soi mais qui ne tient pas une seconde la comparaison avec son illustre ancêtre. L’ensemble est agréable, beau, envoûtant par moment mais n’innove en rien (à part la musique) et se content de mettre à jour l’œuvre geek de 1982. Si vous êtes fans de Tron, des Daft Punk ou bien des deux, je vous conseille d’aller tout de même voir le film, mais sans illusion ou espérance autre que celle de baver sur un univers somptueux sublimé par une bande sonore exceptionnelle. Conseil supplémentaire : économisez 3€ et allez voir le film en 2D.

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