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Mirror's Edge ou Le reflet comme représentation suggérée (part 2)
est à vous

Mirror's Edge ou Le reflet comme représentation suggérée (part 2)

2ème partie
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Par Alastorgz - publié le
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A une ville surprotégée, dans laquelle l'altérité n'est plus qu'une menace, est associé une héroïne qui lutte contre vents et marrée pour sauver sa sœur, son double, son reflet. Si sa démarche est toute inverse à celle d'un Narcisse, comment interpréter le symbolisme de ce même jeu de miroir ?

 

 

 

Cet article faite suite à une 1ère partie : Le mythe de Narcisse

 

2ème Partie :   

 

La symbolique inversée

 

I - La force de la représentation

 

1) Le spectateur, premier acteur et complice d'une représentation suggérée

Matrix. Premier cadre : la ville. Une course poursuite.  D’entrée. Une femme habillée tout de latex noir, poursuivie par les forces de l’ordre, puis bientôt par des hommes en costumes, oreillette bien visible, comme un semblant d’agents spéciaux ou de gardes du corps, fuit dans une course effrénée  à travers la ville, vitale. Piégée, réduite à l’impuissance dans une cabine téléphonique,  nous la croyons perdue. La rage de ses poursuivants à vouloir son anéantissement plutôt qu’à l’arrêter, l’interpeller, trouve son écho tout particulier, en résonnance, en proportion,  dans ces quelques secondes impossibles où elle disparait tout simplement de la cabine, se volatilise comme une nuée de vapeur, comme une fumée, comme un rêve, comme une illusion.

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 D’ores et déjà, cette scène rompt avec notre expérience quotidienne, notre bon sens,  notre quiétude, nous déstabilise. Nous savons qu’il se passe des choses étranges dans ce monde qui nous est présenté en reflet du notre. Tout n’est pas identique ; « il va falloir ouvrir votre imagination cher spectateur pour suivre cette histoire » semble nous indiquer ces premières scènes. Voilà peut-être le moment où le spectateur doit choisir pour lui-même entre la pilule rouge ou bleue.  S’il veut voir la suite, découvrir l’histoire, il devra abandonner l’idée des codes, des règles de la vie quotidienne, l’expérience commune et journalière.

Sinon, il devra se lever de son siège et quitter la salle de cinéma, ou éteindre son écran et trouver une autre occupation, retourner à une « vie normale ». Nous somme de fait les premiers à qui l’on demande de faire un choix dans le récit : celui de voir, celui aussi d’ouvrir notre esprit au différent, à la nouveauté, à s’attendre à l’inattendu en tout instant, attentif donc ; mais aussi, tout autant,  à nous pousser à nous représenter cet univers déstabilisant, nouveau, en comprendre les règles, peut-être pour les créer dans notre esprit aussi, nous convaincre, nous immerger en notant en permanence les différences avec « notre » propre univers, notre quotidien.

 

2) Le choix comme révélateur(des valeurs intimes et des volontés inconscientes)

 A suivre Neo depuis sa chambre, en passant par une boite de nuit, et enfin jusque dans son bureau, nous nous accoutumons à sa vie quotidienne, à son univers. Ou plutôt à sa représentation de son univers propre, quotidien, la façon dont il le perçoit. S’il s’était agit d’une autre personne dans les mêmes décors, les mêmes murs, pièces, rues, bâtiments ou buildings, même s’il s’était agit des mêmes rencontre, que ce soit ceux qui l’accompagne dans la boite de nuit ou la confrontation avec son patron, il ya fort à parier que nous n’aurions pas perçu l’univers de la même façon. C’est qu’en suivant un individu, de fait, nous percevons l’environnement à travers sa présence et à travers ses yeux. Un univers bien personnel donc, en représentation. Représentation par et pour Neo mais aussi par et pour le spectateur.

neo choix pillule

Dans la continuité du récit, Neo se voit alors proposer les deux pilules, choix en retard par rapport au nôtre tout autant qu’il contient en son cœur la délivrance de la révélation, autant pour Neo que pour nous. Révélation d’autant plus difficile à accepter qu’elle semble correspondre à un univers fantasmagorique, apocalyptique. Le monde imaginé nous semble être celui des machines cultivant les hommes à travers des champs inifinis ; c’est ce monde que l’on nous décrit comme réel qui nous nous semble le plus imaginaire. C’est que de tous les univers qui existent, celui qui nous semblera le plus réel, et aussi le plus familier, sera peut être celui le plus conforme à nos rêves, à notre imaginaire, à nos désirs plutôt que celui qui le sera à notre raison, nos expériences, notre bon sens. C’est aussi une façon d’interpréter la difficulté de Néo à entrer dans le monde réel sur le Nebuchadnezzar (le vaisseau dont Morpheus est capitaine). Biensûr, il a vécu toute sa vie dans un univers imaginaire, nous dit-on, dans la matrice, dans la ville moderne, son sens de la « réalité » s’est donc forgé via cette représentation.Mais il ne s’agit pas seulement de vécu. La matrice lui semble bien plus réel parce qu’elle correspond à un monde conforme à ses désirs et à ce qu’il peut accepter. C’est aussi ce que suggère le film : nous ne voulons pas voir.

 

3) La représentation comme première composante de l'action

matrix enfant cuillèrematrix neo cuillière

Plier la cuillère par la force de l’esprit ? Un rituel. Un passage qui transforme l’enfant en adulte : éprouver la compréhension des forces qui régissent nos univers et donc leur réalité. Il concentre à lui seul tous les exercices de Neo pour s’ouvrir aux règles de ce nouveau monde, autant qu’il symbolise les rites de passages présent  dans les  sociétés les plus primitives jusqu’aux plus évolués, mais en élaborant ses propres valeurs. Il n’en reste pas un moins un symbole du passage de l’enfant du village ou de la cité qui se fait homme. Mais ici, dans la matrice, les rôles sont inversés. L’enfant est le sage, plein du savoir, dans le plus simple apparat, comme drapé de blanc, qui rappelle que le dénuement, la pauvreté est synonyme de richesse intérieur, tandis que l’adulte, fashion victime, costard et lunette noirs, comme un négatif photographique, est tel un apprenti de la vie, un nouveau né (Neo !) qui en est encore au tout début du chemin.

 Plus encore que l’imagination, c’est ici la force de la représentation qui est en question. « Il ne faut pas essayer de plier la cuillère. A la place, il faut prendre conscience de la réalité : la cuillère n’existe pas !  » Nous voilà révéler le secret le plus intime de tout lien entre un univers réel ou imaginaire et ses acteurs : l’univers, qui est en fait mon univers, c'est-à-dire l’univers tel que je le perçois, est assujetti à mes représentations. Dessiner le monde tels les premiers hommes, se le représenter, c’est le comprendre et ainsi se donner les moyens d’agir sur lui. Le modèle, la représentation, l’imaginaire étant des medium, des passerelles vers des univers, qui sont d’autant plus puissant à agir sur le concret qu’ils sont abstrait. Peut-être une idée connue déjà dés l’âge de pierre si l’on considère les dessins des premiers hommes dans les cavernes de Lascaux. Les écrits religieux ou les théories des physiciens modernes ne sont peut-être rien d’autre que ces dessins abstraits.

 

II - Le modèle de la cuillère

Vous êtes vous déjà regardé dans une cuillère à soupe ? Si vous faisiez l’expérience, vous constateriez que ce miroir à des propriétés bien particulières, qui changent ses propres règles de réflexion suivant la face que l’on observe. Le symbole à lui seul de la différence d’interprétation qui existe entre le mythe de Narcisse et l’histoire de Mirror’s Edge. Cuillère fort puissante pour modéliser puisqu’elle pourrait tout aussi bien symboliser les façons de se représenter des univers parrallèles : des univers mimétiques (Narcisse, Matrix dans une certaines mesure)  ou des univers inversée (Alice au pays des merveilles, voire Star Wars).

 

Prêtez donc attention aux deux images plus haut dans l'article se référant à la scène de Matrix entre l'enfant et Neo : en jetant un œil attentif vous pourrez apercevoir sur la surface de la cuillère sur chacune des deux images tantôt le visage du jeune enfant à l’endroit (c’est qu’il est du côté extérieur de la culière) tantôt le visage de Neo mais inversé (c’est qu’il regarde la face intérieure de la cuillère).

mirroir concavemirroir convexe

La cuillère étant incurvée d’un côté, elle a donc deux faces bien distinctes : l’une, face qui sert à réceptionner les aliments,  incurvée vers l’intérieur, et l’autre, correspondant au dos de la cuillère, face incurvée vers l’extérieur. Prenez donc le temps de faire l’expérience par vous-même si vous ne l’avez déjà fait : regardez votre visage sur chacune des deux surfaces et agitez le bras libre pour identifier et la position de la tête et les symétries. Eh oh surprise, les reflets ne sont pas les mêmes des deux côtés !

Sur la face extérieure, identiquement à un miroir usuel, l’image respecte l’orientation verticale, ainsi que les mouvements symétriques des bras par rapport au plan du miroir (bien qu’il y est inversion des bras gauches et droits du reflet par rapport à notre corps), nous nous voyons dans le bon sens, presque "tel que nous sommes"  ; tandis que sur la face intérieure (imaginez une photos à l'envers, inversant haut et bas), notre image est inversée verticalement : elle est à l’envers. En fait, c’est exactement la même image que dans un miroir habituel, mais inversée. L’impression donné est que le mouvement de notre reflet semble a contrario de celui notre propre corps, opposé (le mouvement du bras droit correspondant à un mouvement du bras du côté gauche de la cuillère, inversé et opposé donc). Le premier miroir  est dit miroir sphérique convexe, tandis que le second est dit miroir sphérique concave.

 

 

III - Interprétation du mythe de Narcisse et de l'histoire de Mirror's Edge

Voilà ici symboliser les deux expressions des univers que nous recherchions, si l’on veut percevoir un lien qui uni le mythe de Narcisse à l’histoire de Mirror’s Edge (indépendamment de l’interprétation que l’on pourrait donner à l’univers de Matrix).

 

Dans un cas, Narcisse voit son double, son reflet, à l’identique (hormis l’inversion droite/gauche) comme dans un miroir convexe : c’est que l’eau est un miroir qui respecte les mêmes règles que l’extérieur de la cuillère.

Mais, dans l’autre,  tout à l’inverse, Faith et Kate sont en reflet, mais en reflet inversé (haut/bas). C'est que ce n'est pas le mêm jeu de miroir ; le reflet de la ville est un reflet correspondant aux règles du miroir intérieur de la cuillère, une inversion des « règles » de réflexion dû à un changement de forme de ce miroir : le double est inversé, en négatif, verticalement.

Le drame de Narcisse, peut-être plus dans une interprétation moderne que classique, c’est qu’il ne veut pas de l’union de ses semblables. Il désire l’identique ; non le semblable, ou le différent. Cet échange à sens unique entre lui et son double liquide se traduit par une image, un reflet, dans le même sens, qui mime chacun de ses gestes, presque à l’identique, quasiment indifférenciable d’un véritable être humain, méconnaissable (en fait un humain idéalisé, en ce qu'il ne nous contredit jamais ; une vue de l'esprit).  

 

Ce qui fait toute la différence avec l’histoire de Mirror’s Edge, c’est que Faith et Kate ont beau être jumelle, ont beau être double, peuvent même être interprétées en  terme d’image et de reflet, il n’en reste pas moins, qu’elles ne sont pas identiques, mimétiques. Elles s’opposent même, agissent inversemment dans leur métier, portent des valeurs opposés de la société, etc. Tout cela renvoie au second type de miroir, qui inverse les reflets. C’est que le lien qui unit les deux sœurs n’est pas le même que celui qui relie Narcisse à son double. Entre Faith et Kate, il y a sans doute de la défiance, mais il y a surtout de l’amour. Mais un amour de l’autre en ce qu’il est différent,  malgré leur position et métier respectifs. Elles se voient clairement comme opposée ; non comme d'autres formes d'elles mêmes tels des "Narcisses". Et si la « symétrie mimétique » perd Narcisse, il se pourrait bien que « l’antisymétrie inversée »  de Mirror’s Edge sauve  les deux sœurs.

 

kate

Le principe du jeu de miroir peut être le même, les principes fondamentaux en jeu  identiques, et pourtant, relativement à un système de reflet, créer des doubles (et a fortiori des univers) qui n’obéissent pas au mêmes règles mais qui surtout, dans notre cas, n’ont pas la même symbolique.

 

Ce qui meut autant Narcisse que Faith, c’est le double, qu’il soit fait d’eau ou de chair. A la réaction mimétique du double de Narcisse qui se refuse à donner du différent, de l’inattendu, qui tend ses lêvres, répond le double inversé des sœurs qui se refuse à imiter, à reproduire, à reconnaitre, à aimer pourrait-on croire. L’harmonie bat son plein dans le premier cas, tandis que la discorde règne dans l’autre. Et pourtant, il ne faut pas toujours se fier aux éléments que reflètent les apparences.

 

Les deux sœurs ont beau être en désaccord, voire en conflit ouvert à propos de leur relation à leur père, de la mort de leur mère (comme on peut le voir dans les comics), de la façon dont elles ont vécu tout ceci, leur façon d’avoir surmonté leur passé, leur relation aussi, les paroles aiguisées par les tensions entre « camp » de la ville, elles témoignent néanmoins une relation fraternelle dans les moments critiques et souvent révélateurs, relation non aseptisée come celle qui uni Narcisse à son double ; la relation des sœurs est même tout le contraire : elle est conflictuelle, en contradiction, porte la voix, franche, inversée donc, comme l’image que renvoie la cuillère ;  une relation « sale » aussi,  en opposition à l’amour « propre », inversée.  Mais c’est que la vie n’est pas propre. La propreté, c’est l’éradication de la vie, son élimination. Rendre propre, au sens de propriété, c’est aussi écarter tout ce qui n’est pas moi, tout ce qui ne m’est pas propre ; en somme, tout ce qui est étranger à moi.

 

Propre et sale sont peut être les adjectifs qui permettent le mieux de différencier les deux types de relation ; ce qui laisse aussi à penser que l’amour partagé est permis lorsque chacun amène du différent, et que l'autre accepte de recevoir ce "non propre", c'est à dire "salit l'autre", le  pollue, polluer étant l’acte d’aimer.Ceci est en fait le langage d’un Narcisse, même si ce la recouvre une même réalité, un amour partagé à deux, puisque autrui le "salit" nécessairement, si l'on considère que le sale est ce qui 'est pas moi, comme cracher dans une soupe revient à salir la soupe d 'autrui, non tant parce qu'on y apporte des bactéries mais parce que ma salive n'est pas celle de cet autre.Je me l'approprie, je me la rend propre.

Les valeurs et les représentations de Faith sont d'ailleurs sans doute en opposition à celles de Narcisse : pour Fatih, l’autre est perçu comme enrichissant parce que différent. Les systèmes de langage, où le propre et nettoyer s’associe pour Narcisse d'un côté, et où autrui et s’enrichir se marie pour Faith de l'autre, sont probablement respectifs à chaque personnage tandis qu'ils véhiculent en même temps des systèmes de valeur. Aimer chez Faith, c'est-à-dire aimer autrui, doit signifier polluer chez Narcisse en parlant d’autrui. Mais les deux langages recouvrent la même réalité. Si l'on voulait exprimer un amour dans un sens positif qui nous serait commun dans nos expériciences, à deux, mais avec un langage Narcissien, il faudrait presque dire : Je ne suis pas toi, je ne t’appartiens pas, je ne te suis pas propre, et en t’aimant, en m’unissant à toi, à la fois en me « salissant » de toi et te polluant de moi, nous faisons de cet amour un amour partagé. Au couple (propre/sale) correspond un couple (nettoyer/polluer). Entre Narcisse et Faith les corps s'opposent, mais le langage aussi.

 

 

IV - Metissage

 

matrix code vertmiror's sens urbain vert

 

Si les reflets du monde que je perçois me sont suggérés, si je ne suis pas maître dans mon esprit des représentations qui s’imposent à moi, au moins puis-je avoir conscience que ces reflets d’un monde suggéré ne sont pas miens, pas totalement. Si la société de Mirror’s Edge est dangereuse, elle l’est surtout pour ceux qui sont sourds, qui ne voient pas les déformations de la réalité, des Narcisse en puissance, qui  veulent croire aux mensonges des puissants de New Eden sans les remettre en question, au discours sécuritaire qui privent des libertés, sans qu’on ne puisse rien leur dire, représentation appropriée (« propre »). La frontière est mince entre foi et raison, si mince que certains se jetterons à corps perdu dans le fleuve, tandis que les que les autres sauveront leurs proches. Qui peut dire de quel miroir nous apercevons le reflet ?  Qui peut dire si nous sauvons ou si noyons ?

 

Neo et Faith ont néanmoins une caractéristique commune qui  a pu les aider à le discernerr. Tandis que l’un, Neo, en prenant conscience au fur et à mesure de la réalité, en maitrisant ses propres représentations via un rite initiatique, voit les « fils » codés de vert de la matrice, l’autre, Faith, figure de la révolte, en restant à la marge, à la frontière, suite à un parcours initiatique, voit les routes alternatives brillant d’un rouge révolutionnaire éclatant. L’un et l’autre ont un point en commun, central : ils sont tous deux métissés. Au départ neutre, c'est-à-dire appartenant au deux mondes, métissés donc, ne prenant pas partie mais évoluant sur l’interface, le fil du miroir, leur liberté, et leur révolte leur vient de ce qu’ils peuvent s’ouvrir à d’autres formes de représentation, tout en ayant les distances suffisantes et les cultures appropriées pour respectivement prendre conscience et déchiffrer.

 

C’est que les frontières entre deux mondes sont souvent confondues  avec les objets de symétrie, ici le plan du miroir ou l’éloge de la pluralité, symétrie culturelle. Etre sur la frontière, c’est n’être nulle part, puisque la frontière n’appartient à personne,  et, en même temps, appartenir aux différents univers, puisque l’interface, couche mince, ne peut faire le lien que s’il touche chacun des côtés, chacun des univers.  Etre entre, être à l’interface, ou comment être le messager, le lien harmonique, le moyen de coexister.

 

V - Faith, Figure de l'apprentissage

 faith broken mirror

Notons au passage la figure de l’apprentissage à travers le parcours de Faith. Celui-ci est d’ailleurs parallèle à celui du joueur qui au fur et à mesure de l’aventure doit maitriser de plus en plus de combinaisons de touches, avec une précision et un timing de plus en plus serré et exigent puisque la difficulté du jeu progresse crescendo.

En effet Faith passe par différentes étapes caractéristiques (que l’on peut relever en croisant les comics et le jeu), d’ailleurs aussi reconnaissable chez Luke Skywalker dans Star Wars ou chez Neo dans Matrix) , sachant que chaque héros appartient à la fois au deux univers qui se font face :

-          il y a d’abord l’isolement et la solitude (Faith, lorsqu’elle est très jeune fille, s’enfuit de la maison, et traine dans les rues; Luke est abandonné par ses parents et passent beaucoup de temps seul dans le désert ; Neo vit seul dans un appartement, avec peu de relation sociale),

-          puis la découverte d’un maître, d’un pédagogue (qui  Faith comprend et qui la prend sous son aile ; Luke rencontre un maitre Jedi qui le forme ; Neo rencontre un mentor, Morpheus, qui voit en lui l’élu) ;

-          puis vient la période la formation (Faith s’exerce sur les toits en compagnie de Merc, son formateur ; Luke se retrouve sur une planète désolé avec Ioda qui le forme ; Neo s’entraine avec Morpheus aux arts martiaux et à ouvrir son esprit) ;

-          puis vient l’annonce de la révélation (un autre coursier, Jack, apprend à Faith le début de la vérité et l’incite à « passer de l’autre côté du miroir » ; Dark Vador révèle à Luke la vérité sur leur relation et l’incite à passer du côté obscur ; l’Oracle annonce à Neo son futur et l’incite, ou le prépare à prendre position) ;

-          et enfin, vient l’accomplicement (souvent en pleine action, dans le danger, seul, et qui aboutit à la destruction du « mal » ; Faith qui découvre que Jack est de fait le traitre et l’oblige ainsi à passer de l’autre côté du miroir ; Luke qui perçoit l’étendue des pouvoirs grâce au côté obscur, mais en ne s’y livrant pas finalement, détruit l’empire ; Neo qui ouvre de nouvelles portes de consciences et repousse les machines)

 

VI - Blade Runner et Mirror's Edge

blade runner

Et pour finir (cette partie faudrait-il dire, peut être, tant il reste de choses à dire…), je voudrais juste signaler, ou proposer une courte comparaison pour illustrer le modèle de la cuillère ou y coller avec un autre exemple qui me frappe tout autant : l’univers inversé, tel mirror’s edge, et celui mimétique de Bladerunner.

 A suivre une intuition et les quelques indices laissés ici ou là, on pourrait en effet considérer, interpéter l’univers de Bladerunner comme un parallèle à celui de Mirrors’.

 

A la ville blanche résonne la ville noire ; à la ville éclatante, la ville de l’obscurité ; à la ville du Soleil éblouissant, la ville de la pluie continuelle ; l’héroïne fuit, tandis que le héros poursuit . Tout semble donc les opposer. Et pourtant…

Dans les deux cas, il s’agit de sécurité. Dans les deux cas, la ville cadre de l’histoire principal est une ville futuriste verticale. Dans les deux cas il s’agit de chasse à l’homme et de course à la vérité. Dans les deux cas, l’étranger est banni. Beaucoup d’éléments permettent donc des rapprochements.  

Dans un cas, les deux sœurs, et les deux parties de la cité de Mirror’s Edge, s’opposent ; dans l’autre , bladerunner, si l’on note que les réplicants sont des êtres conçus pour ressembler le plus possibles aux être humains, on peut considérer le héros et le dernier réplicant comme des figures mimétiques, ils veulent la même chose, vivre comme des hommes libres. C’est en quelque sorte la rencontre de Narcisse et de son reflet. Rencontre qui aboutit, tant l’homme voulait créer un double à son image, un amour propre, à la destruction du couple humain/réplican.   

 

Une suite, je l'espère, à venir très bientôt ;)

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