Claquettes sous la pluie

L'après Heavy Rain

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Gautoz13h38 | 8 Décembre 2010 | 19
Divers
par Gautoz
Il est de ces titres dont l'appréciation nous déprécie socialement (qualitay de punchline, bac+2 les enfants). Cela dépend des cercles, mais dans les miens, parfois ça ne pardonne pas. Alors j'y vais. Bonjour à tous, je m'appelle Gautoz, et j'ai aimé Heavy Rain (en choeur : "Bonjour Gautoooz").

 

On va éviter la grosse rotative à trolls : je ne vous fais le détail ni du pourquoi, ni du comment. Je dirai simplement que j'étais en pleine possession de mes sphères psychologiques et sensorielles au moment des faits, qu'aucun psychotrope d'aucune sorte n'est donc venu altérer mes perceptions, et que je n'ai pas honte. Ce sera notre postulat de base. Appellons-le "Luc".

Tout cela ne m'empêche pas, comme à peu près... tout le monde, d'avoir enduré le matraquage pré-release avec les dents du fond qui baignent : grand pas pour le jeu vidéo, blabla, émotions, lolilol, ferme-ta-gueule-batard-de-journaleux-ado-bourrin, toussa.

Après avoir bouclé le titre, j'étais tout zen à l'intérieur, comme après ingestion massive de Bifidus Actif : j'avais aimé Heavy Rain mais pas le jeu Heavy Rain. Je l'avais consommé comme un truc qu'on insére dans sa PS3, point. Problem was : c'était pas tout à fait comme ça que ce grand loliste de David Cage le fourguait à la planète.

Fast forward, almost six months later. Une demi-année placée sous le signe des lapidations culturelles en réunion, sur ma carcasse recroquevillée gémissant "Mais je l'ai aimé... mais pas comme un jeeeeeuuuuu ! S'il vous plait, pas les petits cailloux qui coupent !" Et toujours ce petit espoir que peut-être, dans son grand bureau très froid, le sieur Cage soit entrain de plier mollement des origamis en regrettant sa grande supercherie, se jurant que la prochaine fois, il ferait un jeu vidéo.

Alors quand MuseoGames a programmé une conférence intitulée "Les jeux vidéo se jouent de nos émotions" et aligné le sus-nommé côté intervenants, l'attraction s'est faite trop forte. Je devais voir le numéro de claquettes de mes yeux. Ou être agréablement surpris (euh...lol ?).

Résultat pêle-mêle, sans citations (enfin presque) et dans le désordre : les FPS les loulous, c'est bien pour les jeunes et les adolescents, mais on finit par s'en lasser. Si l'on ne se met pas à chercher du sens, l'industrie ne sortira jamais de sa niche. Et puis un game designer avec un minimum de bouteille en a vite marre de faire des jeux de tir ou de plateformes, donc bon. Ne pas sortir des titres comme Heavy Rain "ce serait dire que le cinéma c'est Rambo et point barre". Et de s'indigner devant le succès d'un jeu de pan-pan tout juste sorti (comprendre Halo Reach) qui n'installe ni les personnages, ni le pourquoi du comment des rafales de pétoires. Devant un auditoire un brin fanboy, Cage aborde tout de même le sujet du succès critique mitigé, rappelant que quand le cinéma est passé de muet à parlé, il y a eu des gens pour critiquer...

Et là j'ai envie de danser une gigue. Car si l'on doit indéfiniment comparer jeux vidéo et cinéma, l'expérimentation Heavy Rain, ce n'est pas "Hey les mecs, moi je vous fait du cinéma avec le son en plus !" C'est plutôt "Hey les mecs, je vous propose le... CINEMA... SANS IMAGE !" Donc de une, tu poses cette caméra et de deux, tu vas me rendre le "jeu" de jeu vidéo, genre tout de suite. Que je sache, des aspirants réalisateurs qui font des jeux, l'industrie en a plein les poches. Mais qu'on ne continue pas à me rabacher que c'était le seul moyen de procéder. Hideo Kojima (qui je le rappelle, est mon papa) passe ses nerfs sur le JV depuis quinze ans mais a au moins le respect d'entrecouper son film avec des séquences de gameplay. L'appareil narratif d'un Bioshock m'a immergé et impliqué comme jamais et c'était pourtant un jeu, avec des flingues et presque pas de cutscenes.

Un peu médusé, j'attends la fin de la conférence, espérant un mea culpa pendant les questions-réponses. Qu'est ce que j'espérais ? On parle là d'un jeu qui frise les deux millions d'unités vendues... Première question, première réponse qui tranche net dans mon espoir :

"Je n'aime pas trop ce terme, jeu vidéo. Je préfère parler d'interactivité."

 

Je pense que tout est dit.

 

COMMENTAIRES
ippo
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ippo
08/12/2010, 15:49
C'est étonnant comme une même chose peut laisser deux impressions différentes suivant les personnes.
Un coucher de soleil peut, dans certains cas, émouvoir le spectateur comme il peut laisser indifférente la personne pourtant juste à coté.
Pourtant, il s'agit bien du même coucher de soleil. Mais peut-être faut-il essayer de le regarder sans trop le juger. En plissant un peu les yeux si la lumière commence à nous faire mal, mais sans détourner non plus détourner le regard, ou lui reprocher de nous éblouir. L'apprécier dans son ensemble, sans chercher à simplement y voir une bête boule de feu qui disparait à l'horizon.

Je ne compare pas David Cage à un coucher de soleil, et je ne cherche pas à démontrer que tu fais preuve de malhonnêteté.
Simplement, je constate : nous n'avons pas vu la même chose. (entendu pour être exact).
Et pourtant, il s'agit de la même conférence.

Cette conférence, je l'avais déjà écouté en mp3 au moment de sa diffusion, intéressé que je suis par le discours de David Cage et par celui d'Eric Viennot, sur leurs ambitions pour la création du jeu vidéo en France et dans le monde.
Et je l'ai donc réécoutée, suite à ton article.
Pour être sûr.

Voici le lien pour la télécharger

Contrairement à toi, je vais citer David Cage dans le texte. Grosso modo, ses 10 ou 15 premières minutes de prise de parole.
Les mots ont leur importance, parce qu'ils sont factuels : il n'y pas mon ressenti personnel, juste une citation (du mieux que j'ai pu : pardon si certaines formulations ne sont pas exactes, malgré tout).

David Cage :
"Je vais faire un peu caricature : la plupart des jeux sont basés sur des émotions assez primaires en général on est vraiment sur l'adrénaline le stress la compétition l'agressivité la frustration. Choses relativement faciles à générer.
Dans les autres médias: émotions sociale, empathie, tristesse jalousie.
Le jeu vidéo est traditionnellement vides de sens, ne va pas changer qui vous êtes ni vous marquer de manière durable (contrairement cinéma / littérature
qui peuvent contribuer à nous forger et nous donner une sensibilité)."

"Le jeux vidéo est le média le plus puissant en terme d'émotions, de choix moraux. Transforme l'expérience en "notre" expérience.
(il cite Flower et ICO avec passion, idem pour Limbo, qu'il apprécie "en ce moment")"

"Le jeu vidéo en tant que vecteur de nouvelles expériences a un immense avenir.
Le jeu vidéo est aussi un défouloir : je ne suis pas en train de vous dire "tous les jeux vidéo doivent se métamorphoser pour porter un message à la planète demain matin". Mais le marché est réceptif à ce type de jeu. Nécessaire, respectable, et utile."

"Par contre si l'industrie se limite à ca : ça me pose un problème.
Si le cinéma se limitait à Rambo, une grande partie du public en aurait rapidement marre et se retournerait vers la littérature.
On limite le média en se contentant de ça."

"Je milite pour une diversité.
Ouverture du média. Oui on peut tirer, sauter : mais dommage de ne faire que ca.
On peut aussi créer des expériences qui apportent du sens. Des expériences qui vous changent."

"Au delà des jeux très rentables ("ado" - call of duty), d'autres gens ont envie d'interagir. La Wii la démontré (nos parents, grands parents etc.)
Nous cherchons à attirer un public plus vaste.
Mes parents ne jouent pas. Ils vont par contre au cinéma, lisent, vont au musée : mais jeu vidéo non. Comment faire pour les convertir demain ? Apporter du sens et de l'émotion est un des moyens d'y parvenir !"

"Les prochains Kubrick ou Hitchcock émergeront de l'industrie du jeu à condition qu'on leur permette, que l'industrie les autorisent à créer."

"Faire passer l'interactivité du stade de jouet à une forme d'expression, et si on y arrive à une forme d'art. On y est pas encore."

(Lors du passage autour de Halo Reach, cité sans le nommer, et après avoir parler de la façon dont on peut s'attacher au fils d'Ethan Mars dans Heavy Rain et se mettre dans la peau du personnage)
"comment on créé l'émotion ? on le fait par la narration ET par la caractérisation. Cette dernière est extrêmement importante et totalement négligée dans 99% des jeux.
Je suis halluciné (pour Halo Reach ET au sujet de la caractérisation, donc): le jeu commence, aucune information sur qui je suis d'où je viens on s'en fou. Va-y tue des troll. Bon ben je le fais mais sans grande conviction alors que la caractérisation est un élément essentiel."


Ensuite il parle de son ambition plus globale sur le jeu vidéo etc. Mais je laisserais le soin aux intéressés de prendre le temps d'écouter la conférence en entier.
Je me pose une question : pourquoi tant de médisance dans cet article ?
David Cage porte un discours, SON discours, sur sa vision du jeu vidéo. Il argumente son point de vue, le fait calmement, sans obliger personne à le suivre aveuglément non plus.
Pour lui, l'industrie du jeu vidéo se doit de diversifier le jeu (en l'ouvrant à plus d'émotion) afin d'éviter de rester enfermé dans une niche (il fait alors allusion aux Comics, par exemple). Et pour se diversifier, l'industrie du jeu doit aussi s'ouvrir à de nouveaux publics (il cite la Wii).
Bref, il ne dit pas que les genres de jeux qui prédominent (le marché) actuellement doivent disparaitre, mais qu'ils ne l'intéressent plus véritablement à son âge et qu'il souhaite militer pour DIVERSIFIER le jeu vidéo. A sa façon.
Selon moi, proposer autre chose, proposer plus : c'est positif pour tout le monde.
Après, qu'il le fasse "mal" avec ses moyens ou son talent chacun en jugera, moi j'ai adoré JOUER et VIVRE Heavy Rain.
cela ne m'oblige pas à ne "jurer que par Heavy Rain" : cela fait 20 ans que je joue, je suis passé par bon nombre de genres, et je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin.


Tu précises dans ton introduction : "Il est de ces titres dont l'appréciation nous déprécie socialement [...]. Cela dépend des cercles, mais dans les miens, parfois ça ne pardonne pas." Puis, plus loin, "j'avais aimé Heavy Rain mais pas le jeu Heavy Rain. Je l'avais consommé comme un truc qu'on insère dans sa PS3, point."
Je trouve cela dommage de se forcer ainsi à "jouer à un jeu auquel on ne joue pas, finalement", puis "d'avoir honte de dire autour de soi qu'on l'a apprécié". Je me permets de te conseiller un article, fort apprécié par le cercle de la communauté ici présente, à ce sujet. D'un certain Gautoz :).

Crois-tu que "si tu n'avais pas joué à Heavy Rain, tu aurais raté ta vie ?"
Il me semble que si on n'en a pas envie, de jouer à un jeu, il faut aussi avoir la force ne pas l'insérer dans sa console.
De même, si un homme ou son image, son propos vous répugne : pourquoi ne pas essayer d'éviter d'analyser chacune de ses interventions avec autant de véhémence ?

Je n'ai absolument aucune inimitié contre toi. Sincèrement.
Mais je tenais à faire part de la façon dont, moi, j'avais contemplé ce même coucher de soleil.

upselo
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upselo
08/12/2010, 16:09
Sur les citations extraites par ippo, je retiens pas mal de choses.
D'une je partage son constat sur l'état du marché. Ca a pas mal jaser la dessus, avec ses détracteurs disant qu'il méprise le jeu vidéo et se place en Messie. Peut être. Moi je vois surtout que ça reste super rare des titres qui font autre chose, qui sortent vraiment de la norme et le font bien. C'est pas pour rien que certains évoquent Planescape Torment, Grim Fandango ou ICO la larme à l'oeil. Il dit bien "la plupart" des jeux, pas tous.
Après, que sa tentative perso (Heavy Rain donc) soit loin d'être satisfaisante pour beaucoup de gens n'enlève rien à la pertinence de son objectif initial (plus de diversité, plus de propos).
Donc il n'a surement pas de légitimité à donner des leçons à toute l'industrie, mais on ne pourra jamais lui enlever la volonté d'essayer concrètement.

Je replace une de mes vidéos favorites sur le sujet.

ippo
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ippo
08/12/2010, 16:28
Merci upselo pour cette vidéo : il parle vite, mais il dit beaucoup de choses intéressantes... qui se recoupent avec l'ambition de David Cage.
Sauf que le monsieur de Destructoïd (c'est bien ça ?) se place d'un point de vue extérieur : celui du joueur, et que David Cage se place du point de vue du créatif qui doit aussi défendre sa propre position et tracer sa propre voie. Mais les deux points de vue se rejoignent vraiment, à mon sens. Encore merci !

Faskil
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Faskil
08/12/2010, 16:28
Il a vraiment cité Rambo (aka First Blood) pour parler de film sans message ? Il l'a vu au moins ? Ou il se contente du ressenti qu'il en a eu en lisant le résumé probablement exhaustif de Télé 7 Jours ?

Donc, non seulement, le monsieur fait du très mauvais cinéma pseudo-interactif, mais en plus il a une culture cinéma à côté de la plaque ?

Plus ça va, plus je pense que ce type n'est rien d'autre qu'un imposteur pluri-disciplinaire.

upselo
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upselo
08/12/2010, 16:36
@Faskil : l'exemple est certainement mal choisi, mais on comprend tout de même ce qu'il veut dire. Même si cette image est imméritée, Rambo est associé à la violence gratuite.
Comme dit BlackLabel dans son article à côté, certains soldats pensent bien que Full Metal Jacket ou Apocalypse Now font l'apologie de la guerre.

Faskil
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Faskil
08/12/2010, 16:37
En outre, lire ce genre de propos emplis d'une suffisance démentielle, ça me fait bondir...

"Les prochains Kubrick ou Hitchcock émergeront de l'industrie du jeu à condition qu'on leur permette, que l'industrie les autorisent à créer."

Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il ne parle pas de lui, là.

ippo
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ippo
08/12/2010, 16:38
@Faskill : euh Rambo, que j'adore au passage, laisse il me semble dans l'imaginaire du grand public l'idée d'un monsieur baraqué et huilé qui tire sur tout ce qui bouge avec une grosse mitraillette.
Il dit "Si le cinéma se limitait à Rambo, une grande partie du public en aurait rapidement marre et se retournerait vers la littérature" : il ne dit pas qu'il n'y a pas de message dans le film, mais qu'une grande partie du grand public trouverait cela lassant si tous les films au cinéma s'exprimaient de cette manière là. En quoi est-ce une idiotie ? Il milite pour la diversité des genres, il ne dit pas qu'il faut éradiquer les Rambo (ou les Call of Duty).

Bref, encore une fois : si on déteste un personnage avant même qu'il ouvre la bouche, il est inutile d'écouter ce qu'il en sort -> cela ne nous plaira pas. Un peu comme si on s'en tenait aux muscles de John Rambo plutôt qu'à son message, non ?

Faskil
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Faskil
08/12/2010, 16:42
Sauf que Rambo (le premier en tous cas), c'est tout sauf "un monsieur baraqué et huilé qui tire sur tout ce qui bouge avec une grosse mitraillette." Venant d'un gars qui se dit fan de cinéma, ça fait tache de réduire le film de Kotcheff à cette caricature.

Et puis, parfois, il est bon aussi de s'interroger sur les raisons d'une telle vendetta à l'égard de monsieur Cage. Sa suffisance et le côté caricatural et réducteur avec lequel il s'exprime en permanence n'y sont sans doute pas pour rien.

Gautoz
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Gautoz
08/12/2010, 16:43
@ippo :

Je pensais avoir correctement installé la subjectivité complètement assumée de l'article, mais il semblerait que non.

Comme dit, j'attendais beaucoup de cette conférence. J'ai un relationnel très particulier avec Heavy Rain : je l'ai apprécié mais la manière dont il a été commercialisé; à savoir comme un jeu, me déroute au plus haut point.

David Cage n'a cessé de marteler qu'Heavy Rain serait bel et bien un jeu. Aussi j'attendais beaucoup d'éclaircissements de sa part. En lieu et place de cela, j'ai eu droit à un créateur faisant machine arrière par rapport aux mois de promotions pre-release. Deux millions d'unités vendues plus tard, dire qu'on ne parle pas de jeu vidéo, c'est presque malhonnête.

Le reste du texte découle de cette frustration. Ca s'appelle un rant et c'est en effet empreint de véhémence. Si j'avais voulu faire une compte rendu, j'aurai cité mot pour mot.

ippo
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ippo
08/12/2010, 16:46
@Faskil [En outre, lire ce genre de propos emplis d'une suffisance démentielle, ça me fait bondir...
"Les prochains Kubrick ou Hitchcock émergeront de l'industrie du jeu à condition qu'on leur permette, que l'industrie les autorisent à créer."
Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il ne parle pas de lui, là.]

Je te conseille d'écouter la conférence, je n'ai pas pu tout retranscrire non plus, désolé :)
Mais ce n'est pas parce que l'on a un ou plusieurs modèle artistique qui nous "fait pousse et nous motive" que l'on se place à son niveau, non ?
Il parle d'avenir, il ne dit pas qu'il est le nouveau Kubrick. Il dit qu'il y a une place, si l'Industrie leur laisse la place : il parle aussi "d'émergence de nouveaux talents" sans avoir forcément la chance de le faire. Lui se dit très chanceur de pouvoir le faire, à Quantic Dream.
Encore une fois, il parle de futur (du jeu vidéo), pas de présent, en citant des grands auteurs du ciném.

upselo
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upselo
08/12/2010, 16:48
@Faskil : le monsieur est peut être un connard fini et un abruti, ça veut pas dire que tout ce qu'il dit est stupide pour autant et doit être ignoré d'office.

Faskil
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Faskil
08/12/2010, 16:51
@upselo : certes, mais s'il y a un fond intéressant dans son message (ce dont je me permets de douter, à titre perso), il est malheureusement complètement noyé par un ego surdimensionné. Pour moi, Heavy Rain est une régression ludique sans précédent. Alors, forcément, quand son créateur me parle de l'avenir du jeu vidéo, j'ai plutôt tendance à être très sceptique.

Gautoz
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Gautoz
08/12/2010, 16:54
@ippo Si la retranscription peut être mise en cause dans l'extrait re-cité par Faskil, elle ne l'est aucunement sur le passage où, abordant le sujet des haters, Cage cite le passage du cinéma muet au cinéma parlé.

Sans aucune attention accordée au ton, le propos mégalo est là et ne saurait être discuté.

ippo
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ippo
08/12/2010, 16:54
@Gautoz : en quoi Heavy Rain n'est plus un jeu ? Tout cela parce que son auteur parle désormais "d'interactivité", n'aimant pas le terme "jeu" (trop proche de "jouet") ? On joue sur les mots, mais je pense que comme tous ceux qui ont joué à Heavy Rain, tu avais une manette en mains, tu as du agir et intéragir pour avancer dans l'histoire. Pour bouger, regarder, décider, avancer, te tromper et choisir.
Je pense que comme David Cage, on joue sur les mots.
Ok pour la forme du texte, je ne suis pas très au fait de ce genre d'exercice de style. Mais encore une fois, pas d'inimitié de ma part.

@Faskill : tout dépend de l'image que tu te fais de Rambo. Effectivement, le 1 et le 2 n'ont rien à voir dans l'imagerie qui peut en rester. Toujours est il qu'il s'agit, quand même, de films "d'action". Avec un message ou pas, mais d'action.

En ce qui concerne la vendetta à l'égard de David Cage, pour sa suffisance et son coté réducteur etc. : c'est bête à dire mais je trouve qu'il s'exprime comme bon nombre de journalistes qui parlent de littérature, de politique etc. à la tévision. Un ton très "parisien" vu de ma petite province. Mais qu'importe, non ?
Le ton ne fait pas le propos, comme l'habit ne fait pas le moine !

upselo
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upselo
08/12/2010, 17:00
C'est sans doute régressif par raport à un Fallout ou un Deus Ex, y'a pas de doutes là dessus. Mais un Canabalt, c'est limité et c'est génial. Heavy Rain, c'est toujours plus ludique qu'un film. Y'a pas qu'une seule bonne manière de faire un jeu vidéo. Et Heavy Rain empêche pas Starcraft II ou Black Ops de sortir non plus, donc je me sens pas menacé par ce genre de production.
Après, l'égo surdimensionné qui vient polluer la discussion, je cherche pas à le défendre à tout prix (surtout après certaines de ses réactions face à la critique), mais je pense qu'on peut très bien faire abstraction de sa personnalité pour parler du fond (ce qui n'est apparemment pas forcément partagé :P).

ippo
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ippo
08/12/2010, 17:05
@Faskill : là où tu (et d'autres) vois un régression ludique, on peut y voir l'apport d'une diversité. L'ouverture à un public différent. Ce n'est pas LE futur du jeu vidéo, mais une de ces multiples facettes. Comme Kinect ou le Playstation Move par exemple. Je ne suis pas fan de ce genre d'interface, ni ne les pratique, mais il faut se rendre à l'évidence : elles ne feront sans doute pas disparaitre les manettes. Elles apportent un "plus" (pour certains).

@Gautoz : David Cage est surement excessif dans certains aspects, je ne dis pas le contraire. Mais la mégalomanie de Hideo Kojima te gêne moins ? Moi ni l'une ni l'autre ne me gênent, le propos de fond m'intéresse plus que certains écarts qui remontent à la surface pour masquer un plus vaste océan. Question de point de vue, je ne nie pas que David Cage puisse s'emporter, mais ce n'est pas l'essentiel de son propos.

Gautoz
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Gautoz
08/12/2010, 17:17
@upselo @ippo

Pour moi un "jeu" repose sur un gameplay, des mécaniques de récompenses/punitions et de courbes de progression. Ca vaut pour Call of Duty autant que pour Canabalt. Si je peux bénéficier, en plus de ces fondamentaux, d'un propos et d'affect, je dis banco avec grand plaisir.

Sur Heavy Rain, les trois fondamentaux sont remplacés par un système de récompenses/punitions totalement basé sur l'empathie qui sera créée (ou non) chez le "joueur". Pas assez d'affect pour un protagoniste = aucun intérêt à aller de l'avant. La tentative est louable, mais dans le faits, on ne joue pas. On participe à l'intrigue.

Soyons clairs : aucune complainte du roxxor ici. Je ne crie pas à la mort du skill. Je n'ai juste pas "joué" à Heavy Rain. Ca m'appartient et comme dit en début d'article, je n'avais pas pour objectif de ré-ouvrir la boîte de Pandore.

upselo
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upselo
08/12/2010, 17:25
@gautoz : J'aimerai pousser la discussion à ce sujet plus loin (vu que je ne suis pas du tout d'accord ^^), mais c'est vrai que c'est pas le sujet.

ippo
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ippo
08/12/2010, 17:29
@gautoz :
Effectivement, c'est ton point de vue, que je respecte.
Mais nous n'avons pas la même définition du jeu.
Pour ma part, (et mince, c'est comme David Cage), le jeu est synonyme d'interactivité. C'est ce qui le caractérise à plus bas niveau.

Les mécaniques et les systèmes de récompense / punition ainsi que la courbe de progression se sont greffés en fonction des genres.

Heavy Rain base effectivement tout son système sur l'empathie créée sur le joueur, comme tu le soulignes. Soit le joueur est emporté, soit il ne l'est pas.
Mais au même titre qu'un genre qui plait aux uns et pas aux autres, on ne peut pas forcer quelqu'un à apprécier un jeu de voiture, de foot ou un rpg s'il est réfractaire au genre. Faire une course de voiture sans envie et sans plaisir nous donnera aussi que peu l'impression de "jouer". Mais de "suivre" ce que le jeu nous demande de faire.
Bref, comme tu dis ce n'est pas le sujet de l'article !

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