Essai pour la préface de mon roman en cours d'écriture.

Je
me demande encore pourquoi je suis aussi lent et paresseux dans
l'écriture. Par manque d'habitude c'est évident, mais pas que. Il y a
d'autres paramètres mineurs qui rentrent en compte dans l'indécision
perpétuelle et le manque de courage générale.
La qualité globale de mon écriture est assez pauvre et quelconque. Mais
c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Cette phrase commune et
stéréotypée est tout à fait vraie, et j'espère devenir meilleur effort
après effort.
L'univers créé, la morale sous-jacente et douteuse, la cruauté du
propos, l'utilité de cette création; toutes ses remises en question ne
sont qu'un frein frustrant, peu productif mais nécessaire. Suis-je ce
que je créé, pense?
Chacun a ses peurs, ses idées non conformes à une majorité.
Même en écrivant ceci, je me demande si ce que j'écris à une progression
logique ou non, si je ne perds pas déjà le lecteur avec cette
introspection. La narration prévue est volontairement alambiquée, fait
de multiples histoires à tiroirs, de multiples thématiques, de
références conscientes ou non. Mon inspiration primaire pour la
narration est une série mondialement connue qui a changé ma vie, faite
de multiples jeux de pistes, de retournement de situations improbables
mais euphorisantes et potentiellement crédibles voire réalistes. La
narration me plait depuis pas mal de temps, je dirai au moins 1 an, mais
le temps passe si vite que je ne sais plus exactement.
Je me suis peut être entrepris dans un chantier trop gros pour moi. J'ai
même mis de côté un autre projet pour ses mêmes raisons. Il attend son
moment. J'ai peut être trop d'ambition. Trop gourmand. Trop créatif. Mon
intellect travaille 90% du temps que je consacre à mon roman. Le reste
n'est que tentatives d'écriture, perdu entre mes désirs et mes
capacités. Pourrais-je sauter assez haut la barre fixée à une hauteur
indéterminée? Saurais-je écrire ce que je pense? Quelques fois je suis
en joie de penser des phrases bien construites avec les bons mots. Mais
le papier ne transmet jamais au mot exact.
Ce n'est peut être pas le bon chemin pour moi, peut être que je rêve
d'une vocation qui ne l'est pas pour moi. Mais pour l'instant ce rêve me
permet de me projeter dans un avenir plus épanouissant que le travail
peu valorisant et intéressant que je fais depuis quelques temps.
Je me rends compte que certaines choses paraissent évidentes rien que
dans cette préface. Il est temps pour moi de rendre les armes et
d'attendre votre jugement prochain.
Et si j'étais fou?
18/10/2010, 14:58
18/10/2010, 17:05
18/10/2010, 18:12
Je pense que "narration" est trop vague. Ca peut être compris dans la phrase comme le fait d'écrire des histoires, mais aussi celui d'apprécier la qualité de celles qu'on te raconte. En plus, la phrase est moins bien tournée que le reste, et il me semble qu'il y a un s à "dirai" (à confirmer).
"Je me suis peut être entrepris" : je ne suis pas sur que la formulation soit juste.
"Trop gourmand. Trop créatif." Ce n'est pas fondalementalement ca, mais ca ressemble à de la vantardise.
"Pourrais-je sauter assez haut la barre fixée à une hauteur indéterminée?" Formulation à revoir.
C'est vrai que cette préface fait très "j'écris pour plaire". Après, si le livre est bon derrière, on ne te le reprochera pas ...
18/10/2010, 19:12
18/10/2010, 19:40
Ne jamais croire un manuel du genre "Comment écrire un roman", torché par un illustre inconnu. J'en ai feuilleté une dizaine, ils racontent tous des conneries.
Écrire comme on peut, et non pas comme on voudrait. Donc éviter de s'inventer un style, et plutôt trouver la manière qui nous est la plus confortable d'écrire, en utilisant un vocabulaire avec lequel on est à l'aise, même si ce n'est pas un vocabulaire de haut niveau.
Être précis avec le vocabulaire, être concis, économiser des mots le plus possible. Exemple : "Il était en train de regarder..." doit devenir lors de la relecture de correction :"Il regardait..."
Changer fréquemment le sujet de ses phrases pour éviter la monotonie.
Faire plusieurs courtes phrases, plutôt qu'une longue avec des "que". Un exemple à ne pas suivre : Le commentaire "que" je suis en train d'écrire, et "qui" est inspiré de mon expérience de l'écriture, "que" j'ai commencé il y a déjà quelques années...
Et surtout lire des grands romans. Même si on veut écrire de la science-fiction ou du policier, il faut lire les grandes oeuvres pour voir comment fonctionne le style, comment l'auteur utilise les effets, etc.
Y'a pas de recette magique, y'a pas de description trop longue ou trop courte. Le dosage se fait au nez. Chaque roman est à inventer. Le meilleur slogan me semble :" Si c'est chiant à écrire, ce sera chiant à lire".
19/10/2010, 11:42
19/10/2010, 20:46
Celui d'un ami, d' une connaissance, d' un pair, de qui l'on tire un peu de crédit.
Celui de l'auteur qui lance l'aventure.
Ici, elle est évidente et donne le "LA"; ton livre, je l'imagine...
Une musique irrégulière. Vers l'avant, vers l'arrière, des regards tout autour.
Un thème lourd pour rengaine, auquel on n' échappera pas.
Tout le propos y sera.
Ce propos qui passe avec le temps.
D'ici là, tu es libre d'en faire un livre.
Le travail, c' est important.
19/10/2010, 21:47