est à vous

Les premières fois

Témoignage
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Par DarkZem13 - publié le
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Qu’elles soient douloureuses, exceptionnelles, traumatisantes ou exaltantes, les premières fois ont ceci en commun d’être inoubliables, de par la découverte qu’elles apportent. Petit témoignage de mes fameuses premières fois liées au jeu vidéo qui ont en fin de compte suivi le fil de ma vie.

Tout d’abord, le premier contact. Né aux prémices des années 80, j’ai débuté l’aventure sur les fameux Game & Watch like, petits appareils électroniques monochromes sur lesquels les sprites avaient des animations saccadées et limitées. Marchant à l’aide de piles rondes, ces « consoles » portables monojeux ont été les premières sur lesquelles j’ai posé les mains, la gauche sur la croix directionnelle, la droite sur les boutons, bien sûr. Le temps de la découverte, de l’initiation.

Et puis, Noël 1988 ou 1989 (mes souvenirs se font vagues), le grand pas en avant. Deux consoles de salon ! La Matra 3600 (sorte de clone de l’Atari 2600) et la Sega Master System. Du bon côté d’avoir des parents divorcés. Un gros contraste entre les deux machines certes, mais pouvoir jouer à la même époque à un Space Invaders et à un Alex Kidd in the Miracle World, ça fait des trucs à raconter aux plus jeunes et déjà un petit pan de l’histoire vidéoludique qu’on peut mesurer directement.

S’il y en a un à qui cette passion a coûté cher, c’est bien mon grand-père. Combien de fois ai-je pu le supplier de me filer des pièces de 10 francs pour jouer sur des bornes d’arcade à Street Fighter II, Fatal Fury ou bien Shinobi… Et ça partait par paquets de dix… Et la fois où sans que je ne m’y attende, il sort de son portefeuille un billet de 200 francs pour m’acheter mon premier jeu de football : World Soccer sur Master System. Ce fut une surprise dont l’émotion est restée intacte.

Alors je ne vous dis pas quel fut mon plaisir quand je suis arrivé à le convaincre de combattre les voyous avec moi dans Double Dragon. Il n’avait jamais tenu une manette de sa vie (il n’a d’ailleurs pas dû le refaire depuis), et on était allé jusqu’au boss de fin, ce foutu mec à la mitraillette que j’arrivais à battre seulement de temps à autre. Plus qu’une première fois, un moment unique.

Et la première fois où on se dit : « Merde, qu’est-ce qu’il se passe ? Je viens de casser le jeu ou quoi ? », à cause de ces satanées cartouches NES dans lesquelles on était obligé de souffler pour les faire marcher. Ou encore le jeu Master System que l’on enlève sans avoir éteint la machine. Le moment de silence, de solitude et de doute qui s’ensuit est long, trop long…

Passée l’étape de pur apprentissage de la technique, vient le moment de jouer à des softs demandant de se servir de sa tête. Mon premier dans le genre fut Zillion sur Master System. En fait, il s’agissait seulement de retenir des symboles dans le but de débloquer les portes des salles constituant l’immense labyrinthe du jeu. Si je devais donner le premier jeu ayant mis mes neurones gravement à contribution, ce serait Fade to Black sur PC. Et oui, j’ai commencé tard, complexé jusque-là par l’idée d’être incapable de résoudre les énigmes proposées par les jeux d’aventure. Un déclic.

Ensuite, le premier jeu qui scotche tellement qu’il vous fait repousser vos révisions à toujours plus tard. Ce fut le cas de The Legend of Zelda : Ocarina of Time sur Nintendo 64. Une partie lancée pendant mes révisions du bac blanc, et c’était un travail encore et toujours remis à plus tard. « Allez, encore un petit quart d’heure et après, j’arrête… » Du coup, le temps que je passais plongé dans mes cahiers était plus court mais hautement productif. Paradoxalement, je n’ai jamais eu de meilleures notes qu’en jouant en même temps à des jeux addictifs et à la longue durée de vie. Du coup, à chaque période de révisions son RPG ou son jeu d’aventures. Non mais !

Une des expériences les plus difficiles fut certainement la découverte du jeu d’infiltration. Habitué jusqu’ici à l’action directe, j’avais dans un premier temps rapidement lâché Metal Gear Solid sur PS One. Frustré par la patience que le jeu requiert, je me souviens m’être assez rapidement énervé. Et pourtant, en lui donnant un peu de temps, j’ai pu ensuite goûter à l’un des meilleurs jeux d’action de l’histoire qui m’a marqué à jamais, par son histoire, son ambiance, ses rebondissements, ses personnages… Il m’a même redonné envie de lire en me penchant sur des livres de Tom Clancy dans lesquels j’espérais retrouver ce genre de scénario. Mes goûts littéraires ont depuis bien évolué, mais ce fut un nouveau départ.

Quand un jeu vidéo de football vous donne plus l’impression de jouer au foot qu’à un jeu vidéo, c’est qu’il y a un tournant qui vient d’être pris. Quelle ne fut pas ma joie en découvrant ISS Pro Evolution sur PS One. Pour la première fois, je pensais, prenais mes décisions comme si j’étais sur le terrain. L’intuition footballistique prenait le pas sur le pur skill manette en main. Et ça, c’était la marque du réalisme. Le début d’une longue histoire d’amour avec la série des Winning Eleven, un peu chahutée ces dernières années malheureusement… ISS Pro Evolution fut également le premier jeu dans lequel mon père s’est investi réellement, se créant alors une équipe de l’OM du feu de Dieu par le biais de la Ligue Masters. Lui qui se penchait dans les virages quand il jouait à Need for Speed 3, le voilà qu’il squattait ma console !

On peut être également déçu par un jeu vidéo. Ca arrive. De se sentir plus ou moins trahi par le fait d’avoir mis de l’argent dans un titre duquel on attendait beaucoup et qui se révèle bien en deçà de nos espérances. Heureusement, ça m’est arrivé assez tard, avec Splinter Cell : Pandora Tomorrow qui ne restera pour moi qu’un vulgaire add-on du premier qui m’avait tant plu. Une expérience dure à vivre quand on pense qu’un jeu doit nous divertir ; on ne s’attend pas à être déçu, du coup, plus dure est la chute. Mais au moins, on fait plus attention par la suite.

Il est des jeux qui vont au-delà de l’expérience purement liée au gameplay et qui continuent à vivre en nous, des années après. Shadow of the Colossus en fait indéniablement partie. Et je ne le remercierai jamais assez de m’avoir le premier permis de vivre l’expérience qui consiste à se poser le bien-fondé de mes actes en tant que joueur. Jusque-là, battre mon adversaire me paraissait être l’accomplissement de quelque chose de juste. Dans Shadow of the Colossus, quand le premier géant tombe face contre terre, accompagné dans sa souffrance par une musique poignante, on commence à regarder autour de soi et à se demander si on a bien fait et si on ne vient pas de commettre quelque chose d’irréparable.

Un sentiment grisant est celui qui nous envahit quand on fait un choix de jeu très personnel, dicté par le cœur, l’intuition et la recherche plutôt que par les lobbys et les gros effets d’annonces. Avoir joué à Dark Chronicle reste un moment de satisfaction rare qui m’a ouvert les yeux sur les studios dits « plus petits » et qui me font aimer les productions atypiques et indépendantes. Un signe de maturité dans l’évolution du médium et de la perception que j’en ai, sans aucun doute.

Enfin, pour terminer, je citerais tous les jeux qui m’ont fait découvrir une série ou un genre : mon premier Dragon Quest, le huitième de la série, avec son alliage entre old school, chara-design et enchantement permanent grâce au monde à explorer et au bestiaire ; idem pour la saga Final Fantasy que j’ai découvert avec le huitième opus ; le premier excellent jeu de combat, Street Fighter II sur Super NES ; la première bonne adaptation d’une licence qu’on adore, en l’occurrence Dragon Ball Z 2 sur Super NES et son Broly survolté ; BioShock, le premier jeu où on se surprend à reprendre son souffle lors des phases de sauvegarde…

En somme, ces premiers contacts ont été autant d’occasions de découvrir, d’être surpris, ému, bouleversé. Et surtout de m’ouvrir à des cultures et à des thématiques différentes et d’étoffer mon expérience. Et puis, comme le dit si bien Julien Chièze dans son test du remake de Chrono Trigger sur DS, « ce que le jeu vidéo a de plus beau à nous offrir, [ce sont] d’immortels souvenirs ».

 

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