est à vous

Scrapland

Histoire d'une frustration
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Par Morki - publié le
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American Mac Gee, c'est quand même le mec qui a fait Alice. Scrapland, c'est un trip complètement différent. Science-fiction au sens primal du terme, ça change de la dark fantasy dérangée d'une visite psychiatrique dans la tête d'une Alice prostrée sur un lit d'hôpital. Voyons ça de plus près.

Amis de la poésie, bonjour. Lisez le titre, et le ton est donné. Scrapland, c’est l’histoire d’un robot qui s’est fait tout seul (me demandez pas comment, j’en sais rien) répondant au doux nom de D-Tritus qui va faire un tour du côté de la ville-monde éponyme. Une ville futuriste avec des autoroutes aériennes, que des robots partout, et tout et tout. Comme tous les robots doivent avoir un emploi, notre héros se retrouve avec un job de journaliste collé aux fesses. Personne n’en veut parce que c’est super dangereux parce qu’à ce qu’il paraît, tout tourne autour de paris, de courses et de combats entre navettes ici.

C’est là que les ennuis commencent. Vous ne ferez jamais ce taf. Jamais. Vous pouvez oublier. Quand vous êtes impliqué dans une course ou un combat, vous êtes toujours aux commandes, et ce n’est JAMAIS pour couvrir l’évènement. Lorsqu’on vous donne du boulot qui a un lien avec le journalisme, c’est « va voir untel pour interview ». Et c’est tout. Généralement, on va voir untel dans l’un des bâtiments disponibles : commissariat, banque, temple, mairie, maison de presse ou chez le parieur fou. C’est là que le gameplay commence à montrer le bout de ses pattes. Dans ces zones, vous croisez divers personnages (tous génériques sans aucun trait distinctif, sauf cinq chefs et quatre autres) qui errent un peu au pif.



Non en fait complètement au pif, ils se balladent dans le bâtiment sans rien faire d’autre que de se fritter de temps à autre. Mais y’a pas quelqu’un qui disait au début que tous les robots sont censés avoir un boulot ? Alors pourquoi tout le monde est en train de glander partout ? D’ailleurs les chefs on les trouve à des endroits un peu improbables (pourquoi le maire est-il toujours dans un coin où y’a que des caisses entassées ?). Cela dit, vous pouvez vous télécharger dans la caboche de ces robots pour en prendre le contrôle, un peu à la manière d’un The Nomad Soul, sauf que là vous pouvez reprendre votre apparence (où n’importe quelle autre) à partir d’une base de données. A chaque apparence est liée un pouvoir qui verse à l’occasion dans la parodie : le policier extorque des fonds, le banquier pique de l’argent, le fonctionnaire se sauve à toute berzingue, le maire endort tout le monde avec ses discours, etc.

Seulement télécharger sa matrice dans quelqu’un d’autre est illégal, donc quand vous le faites, tout le monde vous court après. Et ça ne sert à rien de vouloir le faire quand il n’y a personne en vue puisque ça déclenche quand même l’alarme parce que le robot dans qui on se télécharge se respawn aux accès de la base de donnée susmentionnée. D’ailleurs à ce sujet, quand vous vous balladez dans le champ de vision d’un robot unique et que vous portez son apparence, il ne trouve pas ça bizarre. Et tout le monde vous reconnaît. Vous êtes D-Tritus, vous l’aspect d’un messager, mais vous gardez la même voix et tout le monde vous traite comme si aviez votre apparence normale !

… Je comprends pas. C’est crédible pour un personnage en particulier, mais pour aucun autre. C’est juste pas logique ! Il prend la matrice d’autres robots pour pas être reconnu ! Et puis pourquoi c’est illégal ? Okay se télécharger de force dans la tête de quelqu’un je comprends qu’ils soient pas fan, mais pourquoi ne pas avoir le droit de prendre une autre apparence sous peine de se faire dénoncer par ces yeux enchâssés dans une boule de métal couleur flic avec un doigt accusateur ? Ils ont pas d’émetteur à la police pour savoir exactement quel robot a fait quoi s’il y a litige ? Et comme tous les robots sont censés avoir un emploi, ils sont censés y être, hein ?

Enfin… Au fil des missions que procure un scénario qui progresse n’importe comment dans lequel on ne se sent pas du tout impliqué, on est amené à prendre l’apparence de l’un ou l’autre robot qui sera plus adapté (voire indispensable) pour accomplir la mission en question. Si vous voulez faire un break dans le scénario, vous pouvez tenter les paris fous du parieur du même nom, un cinglé chez qui on ne peut même pas utiliser la moindre aptitude. On sait pas pourquoi. Mais très vite vous vous apercevrez que c’est la même chose en fait, seul le but de la mission change. Prends telle apparence, utilise son pouvoir et fais ci. Ou ça. On sent qu’il y a quelques efforts consentis pour rendre la progression dans le scénario principal plus variée, mais ça revient trop souvent à faire les mêmes choses. C’est là que l’absence TOTALE d’implication se fait cruellement sentir. Les personnages uniques n’ont aucune importance, on les croise de temps en temps pour échanger trois mots, donc même si le chara design est accrocheur on ne s’attache aucunement à eux. De plus à part les paris fous (bute tant de gens sous l’apparence de D-Tritus. Assommes-en tant d’autres en infirmier. Et ainsi de suite), il n’y a rien. Pas un seul petit scénario annexe, rien pour creuser l’univers, rien.

D’ailleurs au fait, cet univers. Vous savez, la ville futuriste dont je vous parlais tout à l’heure. C’est complètement barré dans le bon sens du terme, c’est gigantesque, plein de voies de traverses, l’ambiance de ville futuriste avec ses différents quartiers (de la décharge mal famée au centre-ville) est vraiment bien foutue. On s’y ballade librement, on peut péter la gueule à des gens qui passent, ce qui fait rappliquer les flics, dont il faut se débarrasser. Pourtant, quand d’autres gugusses attaquent des navettes de gens, tout le monde s’en fout, les flics s’en branlent. La jouabilité est bien, c’est très arcade avec des power up qui traînent par-ci par-là pour redonner de la vie et des munitions à sa navette. D’ailleurs à ce sujet, les navettes. Pour l’améliorer, c’est toujours la même chose. X vous donne les plans ou le mec du garage (qui d’ailleurs se trouve à l’identique dans TOUS les quartiers de la ville avec la même config et le même robot UNIQUE à l’intérieur. Etrange) vous dit « Eh ! Y’a les plans de telle navette à tel endroit. Va me les chercher, tu verras, c’est de la balle ! » Et donc il vous faut crapahuter dans des endroits complètement incohérents dans une chasse qui ressemblerait presque à une chasse aux œufs de pâques.

Le pire c’est que la plupart des navettes sont inutiles parce que déjà complètement outrunnées quand vous vous en procurez les plans, et comme personne ne nous demande jamais de se faire passer (à si une fois en fait. Oui je suis mauvaise langue) pour quelqu’un d’autre dans la rue, on ne s’en sert PAS. D’ailleurs, si vous vous attendiez à faire des combinaisons de moteurs, de châssis et autre pour faire the navette ultime, laissez tomber. A part une navette plus rapide que les autres que j’upgradait au fur et à mesure de l’acquisition de nouveaux moteurs pour la faire aller plus vite et que j’utilisais UNIQUEMENT en cas de course pure parce que les moteurs m’obligeaient à virer l’armement et le blindage au fur et à mesure, quand vous recevez de nouveaux plans, vous pouvez oublier tout ce qui a précédé. C’est frustrant. De ce point de vue, Need for Speed Most Wanted était beaucoup mieux vu que la customisation de la puissance de la caisse était beaucoup plus poussée. Je sais pas, de vraies quêtes annexes comme la quête des perles dans Beyond Good and Evil dans des endroits annexes de la ville, histoire de mettre en scène des personnages et tout pour creuser l’ambiance !

Parce qu’outre le gameplay qui est quand même bien sympa quoique répétitif, le gros point fort de Scrapland c’est bien son ambiance. Avec ses robots qui glandent dans les bâtiments mais que interagissent entre eux, avec ses quartiers animés où on se ballade en navette, l’identité de ce jeu est forte et originale par rapport à ce qui existe sur PC (et pour ce que j’en sais, c’est valable aussi sur console) et c’est vraiment un plus appréciable qui fait sortir du lot ce jeu somme toute moyen. Mais rien pour creuser cette ambiance. Un manque cruel de contenu qui dessert vraiment. Mais vraiment ! Okay on peut faire défier n’importe qui à la course ou au combat, les différents quartiers offrent un panel de circuits assez imposant, mais ça ne fait pas tout ! Il aurait fallu des petites histoires annexes, de meilleures implications dans le scénario (d’ailleurs, tout le monde entre en communication avec D-tritus, mais pourquoi ne peut-il communiquer avec personne sauf quand on lui dit de le faire !). Exemple : à un moment, il faut piquer les données d’un robot et c’est identique à celles d’un autre, alors que c’est censé être impossible. Et le dialogue en reste là. Le héros s’en fout. Le sujet ne revient sur le tapis que bien plus tard.

Pareil quand on lui demande de faire des trucs douteux, il ne se pose jamais de question, rien de rien de rien ! Un syndrome Serge dans toute sa splendeur. Passons.

La difficulté est correcte, jusqu’à un moment où elle subit un brusque pic vers le haut pour un truc complètement idiot (un petit robot qui te force à faire une course avec les meilleurs pilotes de la galaxie parce que tu veux lui racheter un meuble où t’as planqué un truc illégal ++) et ce pic est en général maintenu, voire à des passages limites impossibles où j’ai l’impression d’y être arrivé par coup de bol plus que par maîtrise. D’ailleurs dans ce passage, une incarnation d’un schizophrène se trouve à un endroit et l’autre à un autre endroit, à faire deux choses en même temps, ce qui est littéralement IMPOSSIBLE !

Malgré tout ce bla bla, Scrapland n’est pas vraiment un mauvais jeu. C’est un jeu moyen. La maniabilité est bonne, c’est fun, original, varié, de ce point de vue là c’est bien. Mais on a aucune implication dans le scénario, on erre toujours dans les mêmes dédales de couloirs, aucun attachement vis-à-vis des personnages (je sais pas, dans Megarace 3 on arrivait au moins à mépriser le teubé qui se croyait drôle avec ses vidéos lamentables à l’orée de chaque course), on a l’impression de tourner en rond (sur une musique de merde. Je préfère même pas en parler parce qu’elle se fait discrète, peut-être parce qu’elle sait qu’elle est pas terrible).

Donc oui frustration. Parce que Scrapland avait du potentiel : avec des lieux annexes, plus de personnages et des petites histoires à côté, il aurait peut-être pu se hisser au niveau de Beyond Good and Evil. De manière très différente. Mais laisser un genre de souvenir comparable.

Frustration.

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