Flower : art floral

Retour très personnel sur une œuvre différente

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ippo14h59 | 2 Avril 2010 | 26
Divers
par ippo
Sélectionné par la rédaction
Retour très personnel sur une œuvre différente.

Pas de texte. Mais une histoire contée, en filigrane, par vos actes.
Pas de voix. Simplement le son du vent.
Pas qu’une musique. Mais une ambiance musicale que vous agrémenterez au gré des tumultes d’un pétale de fleur embrassant d’autres pétales de fleurs.
Pas onéreux. Il vous en coûtera moins de 8€ en téléchargement sur le Playstation Store.
Pas de personnage à contrôler. Juste une brise.
Pas d’ennemis. Mais une lutte pour la vie.
Pas de limite de temps. Sauf celle que vous vous imposerez, flânant, virevoltant, jusqu’à ce que la pollinisation de ce monde monochrome ait atteint son but.
Cette histoire, il vous faudra la vivre jusqu’au bout.
Pour en comprendre le message.

Simple harmonie
Flower est un ovni dans le paysage vidéoludique.
Mais pas seulement.
Il est anticonformiste.
Mais pas seulement.
Il est différent, unique.
Mais pas seulement.

Imaginez que tout ce que vous pensiez connaître depuis tant d’années, toutes ces vérités, tous ces mécanismes, ces automatismes, ces finalités. Que tout ceci est balayé. Que cela n’existe plus. Terminées les quêtes de Link, les chevauchées d’Epona, les parties de pêche, et le duel contre Ganondorf pour sauver la princesse Zelda. 

…un gameplay si épuré…
Envolées les cinématiques verbeuses pour démêler les complexes imbrications politico-familiales de ce cher Solid Snake.
…une narration si subtile…
Flower nous offre l’essentiel. Il redéfinit la simplicité du jeu vidéo sans laisser de coté la richesse narrative. Il la place même au cœur du jeu. 

Il nous réveille, comme il nous éveille. Un concentré de pureté. La simplicité des mouvements. La liberté des déplacements. La narration faite d’actions.

Cela commence manette en mains. Doucement. Quelques pots emplis de terre sont alignés devant une fenêtre. Une fleur dans chaque pot. A chaque fleur son périple, et une histoire à insuffler. On se dirige alors vers l’une d’elle, la première accessible, en mimant le mouvement pour s’en approcher. Nos doigts, libérés de toute contrainte, pressent timidement - au choix - un bouton, une gâchette ou un stick analogique. Si on se rapproche suffisamment, l’histoire de cette fleur va pouvoir nous être contée. Quelques images défilent, illustrant le contexte. Puis disparaissent. On ouvre les yeux.

Les brins d’herbes se relèvent et se couchent, ondoyants au gré du vent. Et on observe cette fleur, seule. Au milieu. Ici. Juste ici. Tout prêt. On presse, tendrement. On souffle, un peu. On souffle comme chacun l’a déjà fait au moins une fois dans sa vie, pour voire s’envoler une à une les aigrettes soyeuses d’un pissenlit. Beauté éphémère. Pas d’aigrette ici, mais un pétale qui se détache, qui quitte pour toujours sa fleur. Sa dernière histoire commence. A la rencontre d’autres pétales, d’autres fleurs. Avec comme destin la pollinisation de terres de plus en plus mornes, de moins en moins vivantes. Redonner de la couleur, ou faire renaitre la lumière. Et faire éclore une autre fleur. Les premiers instants passés avec Flower sont inoubliables. Dès que le pétale se désolidarise, poussé par notre impulsion, on découvre le déplacement dans l’espace via la reconnaissance de mouvements de la manette. On hésite, on tâtonne. Des notes de musiques se mêlent aux timides gémissements du vent. Puis, rapidement, on commence à prendre confiance. On accélère, on monte, toujours plus haut pour redescendre en piqué et frôler le sol, pour voir s’écarter devant nous les centaines de brins d’herbes en signe de révérence. L’assurance aidant, on se risque à percuter d’autres fleurs, chaque contact écrivant de nouvelles notes sur cette exquise partition musicale. Et on finit par former une longue farandole colorée, serpentant de plus en plus loin dans le sillage de notre premier pétale - toujours en tête.

Dans Flower on sait prendre son temps. On ose prendre son temps. Sans remords. On apprend à s’arrêter. Car rien ne presse. On prend le temps de regarder cette prairie cabossée, imparfaite, vivante des mouvements reposants de ces dizaines de milliers d’herbes hautes. On apprend à écouter, sentir cette douce brise qui berce notre inexorable chute. Et on ressent l’apaisement. L’harmonie. La sérénité. Sans aucune contrainte que celle dictée par notre propre envie de continuer le récit, maintenant ou plus tard. On respire. On sent. On ressent. Puis on se décide enfin. Repartir. Alors on file de plus belle, mimant une direction d’un geste, faisant éclore de nouvelles fleurs qui nous offrirons en retour de garnir un peu plus notre ondulant bouquet, semant la vie tout autour de nous.

Art, populaire
Le propos de Flower, chacun y trouvera une résonnance particulière. Toute personnelle. Dans mon expérience, Flower m’a projeté en plein cœur ce sentiment puissant du poids de la Vie. De l’importance de la Vie, quels que soient les obstacles, quelle que soit sa propre fragilité. De toujours avancer, dans les moments de joie, de doute, dans la tempête, l’obscurité ou même la peur : conserver l’espoir de cette vie qu’il ne tient qu’à nous de continuer à faire avancer, progresser, briller, tournoyer. Flower m’a ému. Il m’a fait m’envoler et rêver. Tout à fait conscient. Des étoiles dans les yeux. Et chose inédite, il m’a fait entrevoir le beau. Mais pas simplement lors de la contemplation, comme une œuvre dans un musée qui vous toucherait de plein fouet, mais dont la distance, forcée, vous en interdirait la parfaite fusion. Flower est un jeu vidéo, et seul un jeu vidéo aurait pu arriver à ce degré de symbiose des sens avec son média. Est-ce de l’art ? Peut-être bien. Un moment particulier du jeu me procure ce sentiment unique. A chaque fois.

Le monde de la seconde fleur. La fleur rouge. Ce monde vaste et vide. Aux teintes grisâtres. Fade. Passé la première zone, qui reverdit peu à peu, nous arrivons sur un second espace où l’herbe va désormais aussi revêtir des couleurs bien plus vives et improbables sur notre passage. Puis le ciel s’assombrit, et une pluie éparse commence alors à tomber. Nous arrivons enfin, sur ce dernier tableau où trône une palette de trois puits de couleur. Bleu. Jaune. Rose. La mélodie change. Mélancolique, emprunte de nostalgique. Chant d’une nature en quête de couleur. A chaque puits libéré, à chaque couleur éveillée, tous nos pétales se colorent à l’unisson. Et pendant un court instant, quelques fugaces secondes, notre serpent floral devient pinceau. Chaque brin d’herbe frôlé conserve notre couleur, et prend vie sur cette immense peinture végétale. Passer du bleu, au jaune, puis au rose. Dessiner notre sillon et laisser notre trace sur ce paysage, avec cette musique si saisissante, monter dans les airs et suspendre son vol, en tournoyant très lentement avant de plonger à nouveau vers une autre couleur.

Ce moment là, mélange parfait de beauté visuelle, auditive, et de totale liberté artistique fut comme une révélation. D’une intense, vibrante, pure émotion. Comme pénétrer, plonger en apnée dans une toile de maitre, le corps tout entier. En étant à la fois le pinceau, l’artiste, la toile, la peinture. La véritable fusion parfaite avec une œuvre, pendant quelques minutes, jusqu’à étancher sa soif.

Ce sentiment, très subjectif, bref, mais pourtant systématiquement reproduit au même moment, me laisse penser que Flower réussit à s’approcher du beau, à toucher au sublime. 

S’approcher de l’œuvre d’art, active.
De l’art accessible à tous. Non joueur ou joueur, homme, femme ou enfant, jeune ou vieux. Qui peut s’apprécier quelque soit notre passé, nos connaissances, notre sensibilité : ne serait-ce qu’en volant, tout simplement, libre comme l’air.

Chacun se retrouve nu face à Flower. C’est une expérience avant d’être un jeu vidéo. Un jeu vidéo avant d’être une œuvre d’art. Et peut-être bien les trois à la fois. Difficile à décrire, plus évident à vivre, Flower repose sur une ambivalence. A la fois régit par une délicate simplicité à tous les niveaux, il provoque de puissants, profonds, raffinés et parfois complexes tourbillons émotionnels. Jenova Chen, son auteur et co-fondateur de thatgamecompagny, le dit lui-même sur son site « il souhaite élargir le spectre émotionnel du jeu vidéo […] et comme Hayao Miyazaki l’a fait pour l’animation, il souhaite être l’un de ceux qui élèveront le jeu vidéo vers une certaine forme d’art and play qui puisse être appréciée par chaque être Humain ». Avec Flower, Jenova Chen montre qu’il est assurément sur la bonne voie, et que ses ambitions étaient loin d’être démesurées. Une œuvre majeure, tout simplement.

COMMENTAIRES
IceCream
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IceCream
02/04/2010, 19:29
Magnifique! J'ai rarement vu un texte aussi bien écrit, aussi bien argumenté. On te sent vraiment vivre ce jeu. Tu nous plonges vraiment dans l'univers exceptionnel qu'est celui de "Flower". Un grand bravo à toi et un énorme respect! =)

Chipster
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Chipster
02/04/2010, 19:31
L'un des plus beaux jeux de l'histoire, le niveau 5 m'a émotionnellement choqué par son ton si triste, si lugubre et éloigné de ce qu'on a pu parcourir avant. Si peu de couleur, cette musique plus sombre, cette pluie qu'on ne peut arrêter et qui comme son mouvement nous tire presque inexorablement vers le bas.
Très bon billet ;)

Stellaire
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Stellaire
02/04/2010, 19:42
La première fois que j'ai vu tourner Flower, chez un ami, je me suis ouvertement moqué de lui. Et j'en ai encore rajouté quand il m'a dit qu'il avait payé pour ce jeu.

Faut avouer qu'en sortant d'un Wipeout Fury et avant d'enchainer sur un jeu de baston quelconque, la pause Flower n'était pas des plus appropriées.

D'autant plus quand sa présentation donnait quelque chose comme "tu va être le vent qui porte le petit pétale délicat" (a imaginer avec tout l'accent et les yeux illuminés que peut avoir un gamer voulant jouer au poète).

Le temps du chargement et me voila lancé a gigoter la manette en espérant qu'il se passe quelque chose, vainement, accompagné par les "appuie sur le bouton, voila, tu es le vent ! Regarde comme le petit pétale virevolte"

5 minutes plus tard c'était plié et on pouvait enfin en revenir aux vrais jeux ! (les vrais jeux avec du poil autour ! Ceux ou on tue tout ce qui bouge en se faisant courser par les flics zombies du chaos qui font des Shoryuken )

Puis quelques mois plus tard quand j'ai eu ma propre PS3, c'était comme un impératif. Une sorte de petit quelque chose qui dérange mais qu'on ne peut pas quitter des yeux.

Alors j'ai craqué et depuis... Je suis le vent qui fait virevolter le petit pétale délicat (si si on peut poutrer du zombie et aimer les petits pétales délicats !)

Une de mes plus grande déception aura été de montrer ce jeu a ma femme, pensant réveiller son coté poétique et montrer toute ma sensibilité la sensibilité de mon coté féminin... pour finir par me manger a peu près les mêmes vannes que ce que j'avais pu sortir la première fois que j'ai vu flower tourner.

Aki
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Aki
02/04/2010, 19:43
La comparaison avec Miyazaki est évidente, quand je joue à flower, je ressens le même genre d'émotions que lorsque je regarde Mon voisin Totoro, ce sont deux chefs d'oeuvres, un du cinéma, l'autre du jeu vidéo.

romrom
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romrom
02/04/2010, 19:50
le niveau 3 avec le vent qui nous pousse et cette musique qui fait ressentir comme une urgence de vivre où il faut aller plus vite plus loin encore et encore ...

Kain2097
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Kain2097
02/04/2010, 20:08
Magnifique article.

mercobenz13
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mercobenz13
02/04/2010, 20:33
bravo!

upselo
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upselo
02/04/2010, 21:13
Article bien sympathique sur un jeu très réussi. Il y a toutefois un point dans l'article qui me dérange. Car je le vois revenir souvent, et que je ne suis toujours pas d'accord avec.
Il s'agit du passage
"Imaginez que tout ce que vous pensiez connaître depuis tant d’années, toutes ces vérités, tous ces mécanismes, ces automatismes, ces finalités."
Malgré toute sa réussite au niveau du narratif, des sensations et des émotions qu'il peut procurer, je trouve que le jeu ne s'émancipe pas du tout du carcan du jeu vidéo.
Le découpage en zones bride immédiatement les espoirs d'un vent libre. On doit accomplir des tâches pour progresser.
Le jeu ne manque pourtant pas de marqueurs de progression, comme le retour des couleurs, mais le jeu se sent tout de même obligé de nous présenter un carotte, la suite du niveau.
De même, la perte de contrôle momentanée pour montrer, de façon presque exagérée, qu'une série de fleurs est terminée, est assez frustrante, trop orientée vers la réalisation d'un objectif.
Je comprends que les objectifs du jeu servent sa narration, mais je trouve ses mécaniques trop intrusives, quand le simple plaisir d'incarner le vent et de ramener la lande à la vie aurait été un moteur suffisant, sans ces barrières que je perçois trop.
C'est encore plus notable lors des parties ultérieures. Pour arriver à la zone "libre" que tu décris, avec les couleurs, il faut accomplir fastidieusement les tâches présentées auparavant, avec les longs travellings pour bien te montrer que tu as coloré la moitié des rochers...
J'ai trouvé dommage que pour toute son ambition et sa réussite narrative et sensitives, le jeu ait encore peur d'effrayer les joueurs, en leur imposant des objectifs clairs, le guidant de façon très linéaire. Le jeu reste trop gamer selon moi.
Ce qui ne m'a pas empêché de beaucoup l'apprécier. Juste, je ne pense pas qu'il s'affranchisse réellement des mécanismes du jeu vidéo.

FuckinGaulois
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FuckinGaulois
02/04/2010, 21:21
Et ben...je me sens seul de n'avoir pas accroché du tout a ce jeu. Je l'ai bien fini tout de même pour en voir tous les mondes mais non, la "magie" n'a pas pris sur moi. Et qu'on ne vienne surtout pas me dire que c'est à cause d'un quelconque manque de sensibilité ou d'ouverture d'esprit.
Le concept est excellent, original, l'ambiance...je crois que c'est là que ça blesse, je n'ai pas DU TOUT réussi a rentrer dans le monde, ça ne m'a pas transporté comme peuvent le faire d'autres jeux, films, musiques, livres. Je n'ai également pas réussi a me faire a la jouabilité...étrange, on dit pourtant partout qu'il n'y a pas plus jouable. Ça confirme bien ce que je pensais : moi et la reconnaissance de mouvement, on est ennemis...
Dommage je dirai, mais hé, c'est la vie, comme dirait l'autre.

Ludojak
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Ludojak
02/04/2010, 21:43
Félicitations pour ce grand ("great") article, à l'image de ce jeu unique que tu défends magnifiquement et qui a révélé en moi des sentiments jamais (ou rarement) rencontrés devant un jeu vidéo - sentiments qui semblent se rapprocher des tiens si je puis me permettre, ce qui a décuplé mon plaisir de lecture.

Merci d'avoir partagé ton ressenti avec nous, en ce qui me concerne, je n'oublierai pas Flower, tout comme je n'oublierai pas Braid. Je suis fier d'être passionné de jeux vidéo.

Ludojak
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Ludojak
02/04/2010, 21:51
A upselo : "Je comprends que les objectifs du jeu servent sa narration" : narration qui, en ce qui me concerne, est l'un des principaux vecteurs de l'émotion ressentie. Cette dernière étant LA qualité du jeu à mes yeux, je n'ai pas été gêné par le maintien de ces mécaniques. C'est peut-être superficiel, mais ça m'a justement rappelé qu'on était dans un jeu vidéo et que ce médium était capable de me faire ressentie une telle expérience.

Oxilion
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Oxilion
02/04/2010, 23:25
très bel article!

Multani
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Multani
02/04/2010, 23:28
Comme FuckinGaulois, je n'ai pas été transporté par le jeu. Pourtant j'en avais envie, je l'ai acheté en pensant que j'allais vivre un moment unique, et en fait je n'ai rien ressenti. Si, j'ai par moments été grisé de pouvoir m'envoler vers les cieux et la seconde d'après foncer vers le sol.
Mais c'est tout. Dommage..

chaton51
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chaton51
03/04/2010, 09:38
un sacrément bon jeu !

aapolo12
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aapolo12
03/04/2010, 13:10
un article a la hauteur du jeu .... exceptionnel

Numerimaniac
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Numerimaniac
03/04/2010, 13:10
Article sacrément bien écrit! Je j'ai pas de PS3 donc pas de Flower, je ne pourrais pas en dire davantage.

Ceci étant dit, je connais deux textes d'Ippo : Heavy Rain et celui-ci. Et j'ai peur d'une chose. Porter ces jeux au statut d'½uvre d'art (comme Ico, Shadow of the Colossus, Braid, Bioshock dans une moindre mesure), sous entende que le reste de la production (grosso modo 99%) soit d'une médiocrité sans nom, d'autant que les avis sont tellement unanimes que j'ai parfois l'impression d'un... panurgisme.

Or, si je suis prêt à encenser les jeux que je cite, je ne suis pas prêt, en réaction, à nier les formidables qualités du reste de la production. Ainsi, j'aimerais poser une question à Ippo :

Que penses-tu de la production vidéoludique en général?

SebNiners
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SebNiners
03/04/2010, 14:26
Très bel article pour un très beau jeu.
Merci beaucoup ippo pour cette production.

Lutcho
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Lutcho
03/04/2010, 14:39
Très bon article, bien écrit et tout, mais je rejoins upselo, ce jeu est encore très marqué par certains standards du jeu vidéo. "Les cinématiques" n'étaient vraiment pas nécessaire, je pense qu'on aurait pu garder le contrôle en continu, et certains passages ne sont pas si simple que ca, tout comme le fait d'avoir une zone de jeu assez linéaire au final.

La maniabilité m'a parfois dérangé, mon plus grand kiffe étant de voler au ralenti le plus haut possible, de tourner la caméra et de voir au ralenti les pétales tournées, mais ce n'était pas toujours si facile de déplacer tout ca comme je le souhaitais.

Je ne l'ai fait qu'une fois (n'ayant pas de PS3), mais j'aimerais bien le refaire un jour mais en essayant d'être le plus efficace possible, le plus rapide, pour justement avoir un sentiment différent, sentir la musique monté plus vite, faire parti intégrante de l'univers, être pleinement actif et ressentir l'urgence de sauver le rêve de ces fleurs.

Emphyrio
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Emphyrio
03/04/2010, 18:44
A la suite de ce très bel article, j'ai téléchargé le jeu ( oui, je suis un garçon influençable... ) que je voyais auparavant comme le Fantavision de la PS3 : une démo technique colorée mais d'un intérêt ludique limité.
Les deux premiers mondes m'ont conquis ( je ne suis pas allé plus loin pour faire un peu durer le plaisir ). Les yeux écarquillés et la mâchoire béante, c'est l'expression que j'ai arborée tout le long de cette première séance de jeu.
Si comme moi vous recherchez immersion et émerveillement alors ce jeu sera votre petit Graal.
Maintenant, pour aller dans le sens de Numerimaniac, je ne jette pas pour autant aux orties le reste de la production actuelle, plus conventionnelle : Vive assassin creed 2 et God Of War III !
( ... et tant pis pour Heavy Rain dont je salue l'originalité mais sur lequel je n'accroche décidément pas ).

ippo
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ippo
03/04/2010, 22:57
@IceCreamn, Chipster, Kain2097, mercobenz13, Oxilion, aapolo12, SebNiners : MERCI !

@Stellaire
Merci pour ton anecdote. Le coming-out de Kratos en quelque sorte, qui a beau arracher des têtes, aime également respirer le parfum enivrant des fleurs . . . pendant quelques instants ;) Tu es la preuve, s il en fallait une, que l un n est pas incompatible avec l autre. Attention, je ne te juge pas, ton histoire n a rien de ridicule. Au contraire, je trouve qu il est d autant plus « courageux » de revenir vers un jeu dont tu t es « moqué », et finalement te laisser toucher et emporter par cette ½uvre.

@Aki
Etant moi-même un grand amateur du travail de Miyazaki, et ce depuis quinze ans maintenant, je comprends ce que tu veux dire. Ces ½uvres, bien que différentes, ouvrent des vannes de sentiments qui ne sont pas très éloignées l une de l autre.

@Romrom
Flower a beau ne proposer que peu de niveau, il est intéressant de voir que tous ne sont pas touchés par les mêmes moments, et que chaque niveau véhicule des émotions distinctes des autres.

@FuckinGaulois
Oui je comprends ta frustration, quelque part. Mais tu as beau être quelqu un de sensible et ouvert d esprit, ce dont je ne doute pas un instant, tu ne peux pas commander tes sentiments. On ne peut pas tout aimer ;).

@Multani
Comme pour FuckinGaulois, je « compatis », vraiment : mais on ne se commande pas, surtout dans ce domaine.

@Ludojak merci à toi, c est très touchant !

@Upselo (et Lutcho)
Pour te répondre, je rejoins Ludojak. Les aspects que tu mets en lumière, ces ficelles du jeu vidéo, ne m ont pas gênée lors de la première fois. Ils étaient suffisamment discrets et courts pour ne pas gâcher le plaisir ni l immersion. Mais je conçois que lors d autres parties, ou pour d autres personnes ces ficelles puissent être plus ou moins visibles. Même le découpage en niveau par « pot de fleur » n a pas provoqué de césure dans l expérience. Tous ces éléments me semblent indispensables justement pour concrétiser le propos et la narration. Trop de liberté nous aurait peut être fait raconter « notre propre histoire », alors qu ici nous suivons le fil narratif imaginé pour nous. Le jeu aurait été bien différent, sans ces ficelles, non ?

@Chaton51
Je ne te le fais pas dire ;)

@Numerimaniac : merci à toi. De mon coté je te connais par ton site perso, et venant de toi ton compliment me touche d autant plus ;)
Je suis heureux que tu me poses cette question : est-ce que je dénigre le « reste » des jeux vidéo, 99% de la production grosso-modo, en comparaison de ceux qui se rapprochent le plus d ½uvres d art.
Eh bien détrompes toi, cher Numerimaniac. Je joue aux jeux vidéo depuis un peu plus de vingt ans. Avec l âge, avec la vie, mes goûts se sont modifiés, [r]affinés. Mais je suis avant tout passionné, profondément passionné. Et certainement pas sectaire. Il est vrai qu avec les années, j ai mis de coté certains genres tout entier, non pas par médisance ou jugement de valeur, mais parce que je préfère multiplier les expériences plutôt que de me faire dévorer par un jeu chronophage. Exit donc, les jeux de sport, de combat, de course automobile . . . voire même les rpg, la larme à l ½il. MAIS cette passion inébranlable me pousse toujours à découvrir avec envie, curiosité et impatience de nouveaux jeux. Toujours. Pour te donner un ordre d idée, depuis septembre 2009 (en 7 mois donc), j ai joué (= acheté et terminé, hein !) : Batman Arkham Asylum, Uncharted 2 (3 fois de suite), Call of Duty Modern Warfare 2, Assassin s Creed 2, New Super Mario Wii, Zelda Spirit Tracks, Trine, Braid, PixelJunk Shooters, Darksiders, Heavy Rain . . . et je me balade sur Gran Pulse dans FFXIII ces derniers temps. Je compte poursuivre avec God of War 3, Red dead Redemption, Mario Galaxy 2 etc.
Je ne joue pas par « boulimie », à mon âge, ou en tout cas dans MA vie, j ai dépassé cette façon de consommer. Donc si je joue c est parce que j ai envie de jouer, parce que j aime toujours ça comme au premier jour. Cela fait partie de moi.
Donc je ne renie pas le reste de la production, et je pense que je ne le renierai jamais. Je ne peux pas le concevoir ! Par contre, il est certain qu après avoir joué à « tant de jeux » depuis de si nombreuses années, je développe malgré moi (et mine de rien) un regard assez critique sur les jeux. J ai moins apprécié Modern Warfare 2 que le premier, Trine ne m a pas autant emballé que le laissaient le présager les tests. Mais j ai adoré Batman alors que je suis assez étranger à cet univers, j ai surkiffé Uncharted 2 comme jamais, j ai trouvé PixelJunk Shooters extra d un point de vue gameplay avec mécanique des fluides, Darksiders m a redonné quelques échos de Zelda et Soul Reaver sans pour autant me transporter par son histoire, et Braid m a renversé. Enfin, bref, il me serait difficile de te parler de tous ces jeux, sans en faire des tartines, et ma réponse est déjà bien longue ;)
Alors non, je ne me contente pas que de la face visible de « l iceberg artistique » du jeu vidéo. Mais dans mon projet personnel, je tente dans un premier temps écrire sur des jeux qui me permettent de m exprimer avec ce que je suis vraiment : mon âme, et mon « style ». Ce texte sur Flower est une fenêtre ouverte sur ma personne. Et à ceux qui y voient de l exagération, du pathos, je leur demanderai de bien vouloir croire sur parole que mes textes sont le reflet SINCERE de ce que je ressens.
Désolé pour la longueur de ma réponse, mais j espère qu elle balaie les doutes que tu pouvais avoir sur le « bienfondé » de ma passion, de notre passion. Et pour terminer, j ai également écrit un texte sur Uncharted 2, que tu trouveras sur mon recueil personnel que tu connais déjà http://gamersfeeling.wordpress.com. C est un texte plus « classique », mais le jeu se prêtait moins au déversement des sentiments ;)

@Emphyrio : heureux d apprendre que ce texte est à l origine d un passage à l acte. Excellent ! ;) Il est loin d un Fantavision, n est-ce pas ;) Je te laisse lire ma réponse faite à Numerimaniac, et je te le réaffirme à 100% : je prends tellement de plaisir dans cette passion du jeu vidéo que je ne bouderai pour rien au monde « le reste de la production actuelle » ! Vivement que je tâte GOW 3 . . . mais FFXIII doit être conclu avant.

Jaydes
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Jaydes
04/04/2010, 00:24
Personnellement les murs invisibles et les check-point à base de colorations des zones on réellement cassé l'immersion pour moi. Du coup je restait focalisé sur : "Mais elle est ou cette satané fleur ?".
Je ne parle pas de la direction qui se fait avec l'inclinaison de la manette, au bout de 5 mn j'en avais assez.
J'ai l'impression que c'est le même syndrôme que la WII lors de sa sortie, je me suis dit et même aujourd'hui encore : "Whaou, super idée, excellent concept"
Mais au finale je ne m'y amuse pas plus de 10 mn chez des amis.

Bref à chacun ça sensibilité.
Très chouette article en tout cas. Bisous mes petites fleurs :)

+
Jaydes

Numerimaniac
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Numerimaniac
04/04/2010, 11:09
@ Ippo : merci beaucoup d'avoir pris le temps d'écrire une réponse aussi détaillée. Une réponse qui me fait plaisir d'autant plus! Tu es lavé de tout soupçon Ippo! :-)

FuckinGaulois
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FuckinGaulois
04/04/2010, 13:53
@FuckinGaulois
Oui je comprends ta frustration, quelque part. Mais tu as beau être quelqu un de sensible et ouvert d esprit, ce dont je ne doute pas un instant, tu ne peux pas commander tes sentiments. On ne peut pas tout aimer ;).

tout à fait^^

ginko
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ginko
06/04/2010, 15:04
bravo , magnifique article !!

upselo
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upselo
06/04/2010, 15:16
@ippo : comme je le disais, ils ne m'apparaissaient pas indispensables ces éléments ;) Mais j'aurai évidemment voulu garder ce fil narratif.

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