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Kratos ou le crépuscule des dieux

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Par Poisan - publié le
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Que ressent-on lorsqu’on tue un dieu ? La question sert de postulat pour la série des "God of War" et se trouve encore recentrée dans l’ultime volet de la trilogie, où le déroulement du jeu est construit comme un crescendo de mises à mort des divinités antiques.

Mais malgré la démesure constante du titre, la brutalité originale de ces séquences provient d’un refus inattendu de démiurgie pure, où les dieux, pour redevenir mortels, sont réduits à des êtres de chair et de sang.

(Attention : spoilers !)

À la fin du premier God of War, Kratos faisait face au dieu de la guerre, Arès, immense masse mesurant plusieurs centaines de fois la taille du héros. Pour se hisser à son niveau, Kratos avait recours à la boîte de Pandore qui lui permettait de grandir et d’affronter Arès d’égal à égal. Après ce combat final, le trône vide d’Arès revenait logiquement à Kratos. Ce n’est pas tant le fait d’avoir occis un dieu qui lui permettait de revendiquer lui-même le statut de dieu, mais plutôt celui d’avoir atteint l’ampleur sur-naturelle d’un dieu (tant au point de vue des pouvoirs ou de la force physique que de la destruction déployée pendant toute l’aventure). En se faisant aussi grand qu’un dieu, Kratos gagnait son droit d’entrée dans l’Olympe.

Dans God of War 3, il n’est plus question de se faire aussi grand que les dieux. Au contraire, il faut les ramener à notre taille. Dès la première demi-heure de jeu, Poséidon fait les frais de cette cruelle politique de sapement. Après avoir frimé avec ses superpouvoirs, il est expulsé de sa carapace de dieu gigantesque rempli à ras bord de magie, réduit à un corps humain. C’est justement au corps à corps que Kratos le tue. La violence d’exécution est celle des poings et des sons d’une chair en train d’être battue. Ce moment inaugural deviendra une règle pour chacun des autres conflits contre les dieux : c’est en détruisant, au sens propre, l’enveloppe charnelle des dieux que Kratos parvient à les éliminer.

À ceci s’ajoute le fait que, dans God of War 3, aucune des divinités ne semble posséder de réel pouvoir démiurgique. Leurs capacités caractéristiques ne leur sont pas innées, elles proviennent en fait d’objets magiques qu’ils portent sur eux et que Kratos récupère pour lui une fois qu’il les a tués. Ainsi, si Hermès va plus vite que le vent, c’est parce qu’il porte des bottes enchantées, si Hercule a une force de demi-dieu, c’est parce qu’il possède des gants indestructibles, si Hadès est le maître des enfers, c’est parce qu’il se sert de crochets qui lui permettent d’attraper les âmes, et ainsi de suite. Une fois privés de ces objets-atouts, les dieux redeviennent des mortels, vulnérables à la brutalité musculaire de Kratos.

Les dieux apparaissent alors comme des charlatans, des minables qui se font passer pour des surhommes grâce à des accessoires pipés, des magiciens d’Oz projetant leurs ombres enflées aux mortels pour pouvoir régner sur eux. Leurs plus redoutables ennemis, les titans, savent cela et veulent exposer au grand jour cette divine mascarade. Gaïa et Cie sont, eux en revanche, de vraies figures légendaires par nature. Démesurés, inhumains, irréductibles, ils sont nés pour être supérieurs à tout. Et pourtant ils se sont fait chiper la place de maîtres du monde par ces dieux bluffeurs, parce que ces derniers possèdent les objets et l’intelligence nécessaires à la domination. C’est dans ce sens que God of War 3 est absolument fidèle à la mythologie antique : c’est la technique des dieux, et non la force des titans, qui représente la vertu suprême. On dirait du Homère.

Ultime étape dans cette « mortalisation » des dieux, le combat final de God of War 3, contre Zeus, est un retour au fondamentaux. On revient aux bases du beat them up et de la baston, avec une vue en 2D (pendant la première partie du fight), une minimisation des coups magiques et une accentuation des coups physiques. Zeus est à taille humaine et, au cœur du titan, il fait vraiment riquiqui. Le pauvre est même forcé d’aller se recharger en points de vie de temps en temps, exactement comme Kratos le fait. Son coup le plus spectaculaire est un leurre, un attrape-nigaud, un coup de charlatan fait pour tromper l’adversaire : la démultiplication en plusieurs faux Zeus. Franchement, on se croirait revenu aux decoys à deux balles de MDK ou même à la ruse  de dédoublement de ce bon vieux Shredder, boss de fin du beat them up Teenage Mutant Ninja Turtles de 1989.

Non, vraiment, Zeus n’a plus rien d’un dieu. Et ce qui est sûr, c’est que Kratos aura sa revanche !

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