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Final Fantasy VII, Treize ans après. (Réédité)
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Final Fantasy VII, Treize ans après. (Réédité)

Retour sur un mythe du JRPG -
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Par balaziouf - publié le
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Fevrier 2010. Le mois de mes 27 ans. Voilà la date à laquelle je me fixais un objectif : entamer et achever Final Fantasy VII. Treize années après sa sortie, je me voyais ainsi motivé pour jouer au chef d’œuvre de Squaresoft, l’épisode référence faisant date et l’unanimité auprès des joueurs.

Pour ainsi dire, j’avais déjà entamé FFVII, il y a de cela quatre ans. De passage chez un ami, j’avais aperçu cette boite carrée, grossière, assez peu esthétique avec du recul. Un titre. Deux mots. Trois chiffres romains. Le tout estampillé Playstation et sous-titré ‘Platinum’.
Je demande à mon ami s’il a eu l’audace de parvenir à la fin de ce jeu dont la durée de vie était réputée légendaire. Sans s’enorgueillir de sa témérité (qui n’en était pas vraiment une), il me répond qu’il a effectivement terminé ce jeu non sans un certain enthousiasme. Au début, me confia-t-il, je ne m’attendais pas du tout à un RPG… j’imaginais plus qu’il s’agissait d’un jeu d’action.

 

Il avait en fait, au même titre que bon nombre de joueurs, été dupé par les cinématiques époustouflantes que l’on voyait au fil des différents teasers et bandes-annonces diffusées alors par le biais des CD de démos. Car effectivement, pour le joueur européen lambda qui n’était pas vraiment familiarisé avec la série de Squaresoft au milieu des années 90 (dont je faisais partie), Final Fantasy ne résonnait pas nécessairement comme étant la saga légendaire du jeu de rôle qu’elle était alors (1).

 

Car malgré la réputation des épisodes précédents sortis sur les consoles 8 et 16 bits de Nintendo, et la légende de la résurrection miraculeuse de Squaresoft, nombre de joueurs (notamment les pro-Sega) n’ont pas pu jouir de ces titres, trop occupés à passer leurs nuits blanches sur une autre grande saga de jeu de rôle sur console : Phantasy Star (premier JRPG à voir le jour en occident).

 

Car en 1997, la donne a bien changé. Nintendo a retiré ses billes du ‘projet Play Station’, laissant Sony seul, se lancer en indépendant avec le succès qu’on lui connaît aujourd’hui. Ensuite, ce sont certaines licences cultes de la marque au plombier qui passent à l’ennemi dont Final Fantasy et, dans une moindre mesure, Metal Gear (qui n’était alors pas encore la série qu’elle est devenue par la suite)… Or Final Fantasy VII se présente comme étant le premier épisode de la série à être développé en 3D. Une révolution.

 

« Oh, j’y ai bien passé une bonne centaine d’heures. » C’est très calmement que mon ami me glisse ce constat. Cent heures ? Je n’avais encore jamais passé autant de temps sur un jeu de rôle, d’action, ou d’aventure. Je comprenais que l’on épuise les jeux de sports, de course ou de combat... mais un jeu de rôle… avec une seule trame, une aventure… Cela me paraissait bien long.

 

Je sais bien que je ne prends aucun risque en lui empruntant cette boîte disgracieuse. Je me dis que je peux peut-être être à la hauteur et achever un jeu de rôle pour la première fois de ma vie. Dès lors je me suis jeté dans la bataille. C’était il y a un moment maintenant. Il m’en reste quelques souvenirs.

 

J’avais notamment montré ce jeu à ma compagne. Trop habituée à voir tourner des Black, Half-Life et autres Shadow of the Colossus et Dragon Quest sur Playstation 2, elle se laisse aller à un commentaire… « Mais c’est moche ! ». Que les puristes se rassurent, entre elle et moi, ça n’a pas duré. Tentant de l’ouvrir un peu plus au domaine vidéo-ludique, je m’empresse de lui faire comprendre que si elle avait partagé son quotidien avec un des nombreux fans de Cloud, sa tête aurait fini sur un piquet.

 

Il est vrai que les graphismes 3D peuvent un peu piquer les yeux (surtout sur les écrans HD) lorsqu’on connaît les productions actuelles, toujours chargées voire surchargées de détails, lumières et autres reflets. C’est vrai que les petits personnages aux poings cubiques peuvent interpeller les plus jeunes… Mais le design… et l’histoire…

 

Je pérore, mais il ne me restait pas grand chose de ce FFVII avant que je ne reprenne l’aventure… du début ! Car j’étais resté bloqué au bout d’une vingtaine d’heures. Je ne trouvais pas le Temple des Anciens. Puis j’ai arrêté de chercher. J’ai repoussé… repoussé mes recherches… et, coup classique du jeu que l’on met de côté pour une durée indéterminée, je ne suis jamais vraiment revenu dessus.

 

Puis l’autre jour, je me suis levé et là, ma vie de geek a pris un tournant. Je passe le plus clair de mon temps à jouer. C’est une passion… Mais il y a un moment où les passions faiblissent… J’avais toute une pile de jeux récents à continuer, entamer, achever… Mais pas un ne m’enchantait réellement.

Puis mon regard se posa sur la pile de vieux jeux Playstation prenant la poussière. Et là, c’était comme une illumination. Les réflexions qui suivent surgirent de mon esprit comme par enchantement. Je suis chômeur. Mais la vie et courte, et peut-être qu’un jour j’aurai un travail, que je rencontrerai une femme, aurai des enfants. Bref, peut-être qu’un jour, j’aurai une vie. Dès lors, je me dis que si je veux faire Final Fantasy VII dans son intégralité, c’est maintenant ou jamais. Seulement, voilà, je n’ai plus de Mémory Card Playstation… Dès lors, je me mets en quête de cet élément manquant au bon déroulement de ma tache. Finalement, au prix de recherches poussées, je parviens à retrouver un carte mémoire vierge que je vais pouvoir insérer dans ma PS2.
J’essaye le jeu, la carte, et tout fonctionne. C’est parti !

 

 

 

Ecologie, Cyber-punk, Fantasy

 

Pour les néophytes probablement peu nombreux, un petit pitch du jeu semble nécessaire. Vous incarnez Cloud, un Ex-Soldat qui rejoint un peu par enchantement le groupe de rebelles ‘Avalanche’ qui lutte contre la Shinra, une grande entreprise vidant l’énergie Mako (qui est le sang de la planète) pour la transformer en dividende fructifiant. A base d’attentats écolo-terroristes, vous vous lancez donc dans une aventure qui s’avérera bien plus complexe qu’une simple révolte contre l’ennemi capitaliste.

 

A travers ce périple vous rencontrerez nombre de camarades luttant à vos côtés pour la survie de la planète : Aerith, Barret, Tifa et autres Nanaki… Mais Final Fantasy VII est surtout reconnu pour son ‘Supervillain’ Sephiroth qui tend à transcender Cloud lui-même au fil de l’aventure. Son aspect élégant, son caractère pour le moins déséquilibré et ses apparitions épisodiques le rendent effectivement très charismatique. Ainsi Cloud, malgré un style encore non égalé au sein des autres titres de Square, fait figure de parfait disciple.

 

L’aventure mènera le joueur des bas fonds de Midgar, cité à l’inspiration résolument cyber-punk, aux bureaux des hauts fonctionnaires de la Shinra… Mais ce n’est que le début d’une histoire qui transporte au delà de cette capitale malfaisante, au-delà de toutes frontières, car une fois sorti de la ville, le monde s’ouvrira et les barrières, une à une, finiront par disparaitre. Des connaissances se feront et se déferont. Des histoires seront racontées mais surtout vécues.

 

Mais en faire le sommaire ici risque d’être trop peu exhaustif et, pour ainsi dire, inintéressant. Car faut-il vraiment se laisser aller à dévoiler les arcanes d’une telle oeuvre ou tenter d’en analyser les diverses subtilités narratives ? Là n’est pas mon propos. Tout ce que je me permettrai d’écrire, même si cela manque cruellement de profondeur, c’est que le joueur ira de rebondissements en rebondissements au sein de ce titre reconnu pour avoir un des scenarios les plus riches de l’histoire des jeux de rôle.

 

Un design de toute beauté

 

Mais appréhender FFVII peut paraître rebutant pour le joueur d’aujourd’hui si ce dernier ne jure que par la surenchère technique. A préciser cependant que celle-ci, même si elle n’est qu’un élément au sein d’un jeu (voire même parfois un artifice), demeure toute relative. Car à y regarder de plus près, je peine à imaginer que l’on ne trouve pas ce FFVII beau.

 

On pourrait ici recontextualiser le jeu dans son époque, ce qui ne serait pas inutile ; mais c’est ce que l’on fait peut-être un peu trop souvent afin de légitimer la qualité d’anciens titres. Certes on peut traiter ici de la révolution opérée par la 3D, des simulations de courses révolutionnaires en passant par les jeux de combats mythiques qui opposaient polygones A à polygones B… Cependant, là où certains aiment à critiquer la 3D vieillissante de FFVII, j’aurais tendance à la considérer d’un œil plus tendre.

 

Pour ma part, je tends à penser que l’aspect ‘mini’ des personnages les rend plus caricaturaux et sympathiques. Voir Barret pester face à la désinvolture de Cloud en bougeant ses gros poings et en faisant des bonds a quelque chose de franchement comique. Il s’agit d’ailleurs là d’un parti-pris des développeurs : créer un univers proche du manga. A ce titre, on notera d’ailleurs que Yoshitaka Amano, character designer des six premiers épisodes est, pour l’occasion, remplacé par Tetsuya Nomura. Les traits trop fin des esquisses d’Amano ne semblaient effectivement pas correspondre aux ambitions artistiques de FFVII. Nomura saisira sa chance et signera par-là même ses lettres de noblesse puisqu’il travaillera également à l’élaboration du scénario et sera le directeur des effets visuels lors des combats.

 

Cependant, si le jeu a su conserver son caractère par le biais de cet aspect manga très marqué, il est vrai que les périples à travers le monde s’avèrent bien plus éprouvants pour la rétine. C’est principalement là que l’on voit à quel point le soft a pu vieillir. La 3D affichée n’est pas des plus fines et la présentation de la map, si elle s’avère efficace, est loin d’être un modèle d’esthétisme (du reste, quelques années plus tard, en 2004, Tales of Symphonia reprendra ce système de vue avec une technologie toute autre certes, mais toujours aussi peu convaincant).

Cependant, que dire des environnements en 2D ? Ils sont juste somptueux. C’est un véritable plaisir de déambuler dans des décors dont la technique a toujours été maîtrisée de bout à bout par les équipes de Sakaguchi (on pensera notamment à Final Fantasy VI sur Super Nintendo). Cependant, la 2D atteint ici un palier supérieur (avec des effets de lumières de toute beauté). Car comme on a pu le constater au fil des épisodes, chacun de ces derniers se révèle être une vitrine technique (excepté les épisodes considérés bien souvent par la communauté de fans comme infidèles à la saga, à savoir notamment Final Fantasy Crystal Chronicles et Final Fantasy XI), et une certaine qualité graphique se fait d’autant plus attendre lorsque l’on change de génération de console. Or est-il réellement pertinent de rappeler ce qu’a apporté la Playstation dans le monde videoludique ?

 

Révolutionnant la 3D et imposant le support CD là où Sega peinait à convaincre, la console de Sony s’imposa ni plus ni moins comme une pierre angulaire de l’histoire du jeu vidéo. Et chez Squaresoft, le parti est déjà pris : cette console sera celle du lancement de Final Fantasy en Europe ou ne sera pas.

 

Car effectivement, le septième épisode de cette saga mythique est bel et bien le premier à voir le jour sur nos terres. Et quel succès ! 2.7 millions d’européens se lancent dans l’aventure et au final, ce n’est pas moins de 9 720 000 unités écoulées de par le monde (2). Squaresoft tient là sa plus belle réussite commerciale. Et à juste titre. Ce succès unanime, qu’il soit commercial, critique ou d’estime inspirera grandement Square qui n’hésitera pas à rééditer quelques uns des premiers volets sur Playstation (3) .

 

Mais traiter de la beauté de ce titre ne se fait pas uniquement par l’évocation d’une 2D irréprochable, mais plutôt par ce qui fit de ce titre une œuvre unique et révolutionnaire : les cinématiques.

 

                                                                             Seconde Partie

 

 

(1) Dès sa sortie en 1987, Final Fantasy obtient un succès critique et commercial (400 000 unités vendues), plagiant allègrement ce qui deviendra alors son concurrent direct Dragon Quest (développé par Enix). Seulement, les trois premiers épisodes (sortis sur Nes) ne seront vendus qu’au Japon, et ce n’est qu’à partir de Final Fantasy IV (et donc des épisodes Super Nes) que Square s’imposera aux Etats-Unis. Les choses se sont donc faites très progressivement.

(2)Source : www.jeuxvideo.com

(3) Egalement assujetti à un grand succès d’estime chez les joueurs, Final Fantasy VI se voit réédité sur la console de Sony en février 2002. Techniquement très réussi, ce soft se range tout juste au côté de son cadet dans le cœur des fans. Monument de la 2D, FFVI marque par la qualité de son histoire mais aussi par celle de ses graphismes et de sa musique. Trois mois plus tard, Final Fantasy Anthology paraît en France. Ce titre regroupe Final Fantasy IV et V. Puis moins d’un an plus tard, c’est Final Fantasy Origins qui voit le jour sur l’hexagone, reprenant, comme son nom l’indique, les deux premiers épisodes de la saga. A noter que chacun de ces cinq épisodes est réédité sous sa forme originelle agrémentée de quelques cinématiques.

 

 

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