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Los Santos, nid de c*ns (maturité, faute des parents et autres légendes urbaines à deux balles)
est à vous

Los Santos, nid de c*ns (maturité, faute des parents et autres légendes urbaines à deux balles)

Le premier pas vers la vraie maturité, c'est assumer.
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Par Le Gamer aux Mains Carrees - publié le
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Un article du Gamer aux Mains Carrées coécrit par ISAAC WASHINGTON Maître de conférence en sociologie à Paris Motherf*cking VIII

Bon alors écoute, p’tit gars.

J’ai été patient, Dieu m’en est témoin.

Pendant des semaines, que dis-je, des mois, j’ai supporté tes jérémiades, je t’ai laissé jouer à ce que tu voulais, comme tu le voulais, sans jamais esquisser plus qu’un sourire condescendant, et je t’ai laissé déblatérer à l’envi, te la péter Cyber-Socrate 2.0 sans jamais broncher ni avoir la veine du front qui exploose, avec la sérénité et la tolérance du Bouddha en quatrième transformation. Oui, d’accord, je l’admets, des fois, Bouddha, il t’a un peu rougi les fesses, y’a bien un ou deux coups qui sont partis tout seuls pendant que je nettoyais mon bon sens, mais personne n’est parfait, t’es bien placé pour le savoir, et p*tain, on ne peut pas dire que tu m’as aidé à garder mon calme, avec tes c*nneries sur-mesure.

Mais ça va, quoi, ça aurait pu être pire, j’aurais pu redécorer tout Gameblog avec tes tripes, ça aurait pas été beaucoup plus moche (humour) et ça aurait été raccord avec le thème du site : le jeu vidéo. Qui, comme chacun sait, « n’est pas plus violent que le journal télévisé et que même que c’est la faute des parents alors ta gueule Claire Gallois, on te voit on te crève, ça t’apprendra à nous prendre pour des gamins immatures ».

Oui, là, je me f*us ouvertement de ta gu*ule, c’est bien de l’avoir remarqué. Et tu sais quoi ? ça soulage. Normal. Déjà que même si ton intelligence semble soluble dans la flotte qui te sert de cerveau, t’es pas trop buvable en période de sortie des Neptunia, des PES, des Assassin’s Creed ou autres Final Fantasy qui te titillent la tr*que, avec l’avènement de GTA V, t’as encore levelé dans le registre de la stupidité, et même que tu vas pas tarder à atteindre le niveau 99 (faut dire que sur ce plan, tu farmes comme un malade). Or tu vois, pour les mecs comme moi qui attendent (à tort, sans doute) un minimum de tenue et de cohérence de la part des personnes qu’il lit, c’est carrément devenu un supplice, du genre à te filer envie de te pendre avec le câble de ta souris. Sauf que j’ai une souris sans fil, b*rdel ! Alors à la place, tu m’obliges à me parjurer et à reprendre la plume, le temps de te faire bouffer tes balourdises jusqu’à ce que ton bide te fasse souffrir autant que tu fais pleurer tes neurones. Et ça, ça me f*ut les nerfs, tu peux pas savoir à quel point. Pour résumer, on va dire qu’il y a trois choses d’infini dans l’univers : l’univers en question, la bêtise humaine et mon point dans ta tr*nche.

 

Non parce que bon. On aurait affaire un jeu mature et subversif, à t’en croire, si j’ai bien tout compris à ta prose malhabile et à tes envolées lyriques de témoin de Jéhtéha. A quoi j’ai envie de répondre : MATURE MON C*L, ET SUBVERSIF LES POILS QUI SONT DESSUS !  Déjà, si tu permets, on va commencer par la base puisque visiblement, même les concepts les plus élémentaires, tu les maîtrises moins que le chourrage de caisse organisé. Normal, t’as pas eu de tuto. GTA V, au cas où tu serais passé à côté, en substance, c’est UN P*TAIN DE JEU. Un jeu auquel tu JOUES. Parce que c’est LUDIQUE et parce que ça t’AMUSE. C’est vertigineux, je sais. Partant de là, j’aimerais bien savoir ce que la maturité vient faire là-dedans – surtout sachant que le jeu, c’est la prérogative des chi*rds. Si par extraordinaire, tu serais assez schizo pour arriver à jouer de matière mature, tu prendras aussi cinq minutes pour m’expliquer ce qui différencie l’enfant d’un adulte, à part les boucles sur la toison du kiki. Mais je devrais pas te tendre la perche, vu que je sais que tu es capable d’ergoter des heures jusqu’à te donner l’impression que je suis un gros c*n, alors que je ne fais que m’en tenir aux définitions des termes.

Aussi vais-je enchaîner illico, ça nous fera gagner du temps à tous les deux. Revenons-en à nos moutons, ainsi qu’au jeu qui les fédère. L’amusement, dans GTA V, il vient de quoi, exactement ? Qu’est-ce qui fait qu’au-delà de son gameplay de qualité (je le reconnais), son scénario bien ficelé (je confirme) et de sa technique quasi-irréprochable (tu prêches un converti), il rencontre un succès excédant de manière surnaturelle ceux de ses concurrents de classe AAA - souvent aussi bien lotis que lui, en la matière ? Pourquoi un tel engouement psychopathe, des charrettes de préco en file indienne et cet indéniable pouvoir de fascination, capable de faire oublier les autres galettes du moment, y compris un FIFA qui n’arrive pourtant pas loin derrière en termes de cr*tinerie ? Pourquoi une telle emprise sur le public, au point de soulever les foules de manière aussi unanime et de se vendre comme des petits pains (fourrés à la cocaïne) ?

Boah, y’a pas à chercher loin.

La spécificité de la licence, c’est qu’elle permet de transgresser les règles de la société, sans qu’il y ait de conséquences. Et ça, c’est amusant. Il paraît. Oui, enfin, faut pas charrier non plus. C’est amusant, seulement si on a un problème conscient ou inconscient avec ces règles. Parce que transgresser quelque chose qui ne nous pèse pas, ça ne présente pas le moindre intérêt, ni de quoi se payer ne serait-ce même qu’une demi-molle. Car si ces règles n’engendrent pas de frustration, la catharsis proposée par GTA ne fonctionne pas, puisqu’elle n’a pas lieu d’être. CQFD. Ne reste alors, pour l’individu concerné, qu’un jeu vidéo ni meilleur ni pire que la moyenne, pas de quoi se cloîtrer chez soi et ne plus décoller de l’écran pendant deux semaines, hikkimori-style.

Oui, GTA V est un jeu de frustrés, pour frustrés, je n’invente rien, c’est un constat, comme dirait l’autre. Alors bon, je sais que ça te fera pas trop plaisir de lire ça et que tu risques de m’inonder sous les injures orthographiées au petit bonheur la chance, ou de m’ensevelir sous les pseudos-contre-arguments coécrits par la haute estime que tu as de toi-même (comme tout frustré qui s’ignore), mais voilà, c’est comme ça, c’est pas autrement et si ça te plaît pas, plains-toi à ton surmoi, personne t’as obligé à être un chouineur de première, inf*utu d’accepter les limites que le monde lui pose, c’était pas prédestiné, c’est un choix personnel… et ça, c’est ton problème.

Moi, j’enchaîne.

En toute logique, plus ta frustration sera grande, mon p’tit Kévin, plus tu vas apprécier. Forcément. C’est étudié pour. Du coup, pas étonnant que le titre soit si populaire chez les mômes colériques et les ados-que-de-toutes-façon-tu-peux-pas-comprendre-toute-leur-souffrance-à-eux-de-pas-avoir-de-baskets-adidas-et-d’I-Phone-5G-comme-les-autres. WESH ON PEUT PIQUER DES CAISSES ET B*ISER DES P*TES ET TUER DES GENS SANS ETRE PRIVES DE NUTELLA AU GOUTER ! GOTY, j’ai envie de dire. Mais juste pour me f*utre un peu plus de ta mouille, bro. Maintenant que je suis lancé, ce serait dommage de m’arrêter en si bon chemin.

Y’a que la première page sous Word qui coûte, à ce qu’on dit.

 

 

Pour la maturité, par conséquent, on repassera, elle s’accorde assez mal à la frustration infantile dont le jeu se nourrit. Frustration compréhensible, ceci étant : à une époque où les parents trouvent ça trop fatigant d’éduquer leur progéniture, où celle-ci est surprotégée jusqu'à l’absurde, où on lui offre tout ce qu’elle croit désirer depuis que son intellect est devenu une extension des plages-pubs d’NRJ12, et où l’école la place souverainement au centre de son système éducatif, l’encourageant ainsi à se prendre pour le nombril de toutes choses, quoi de plus naturel ? Et peut-on vraiment lui reprocher de griller un fusible, à cette jeunesse sous blister, quand arrivée à l’âge presque adulte, elle vit ses désillusions comme des injustices à réparer. Comment ? Elle doit faire la queue au supermarché ? Mettre le clignotant quand elle veut tourner ? Attendre son tour chez le médecin ? Alors qu’on est Sa Majesté Sérénissime Soi-Même, celle-là-même au pied de qui tous les adultes se prosternaient jadis ? ! Et aujourd’hui, plus rien ?  ça aussi, ça doit être PEGI 18+, comme baffe dans les gencives.

C’est les psychanalystes, les dealers et les mecs de chez Rockstar qui s’en frottent les mains. Avec des générations pareilles, la sécurité de l’emploi, pour eux, c’est plus un mythe - et pour longtemps. Au royaume de la crapule-roi, ça fait pas tâche dans le décor. Donner à un public immature, frustré et en demande exactement ce à quoi il aspire, tout au fond de lui, y’en a qui peuvent trouver ça subversif, hein, la stupidité n’est pas un délit, mais chez moi, on appelle ça du fan-service, au même titre que les culottes, les boobs, le blood et les costumes de chattes en DLC. Oh oui, GTA, c’est rebelle, ça bouscule, c’est sûr. Mais ça bouscule seulement celles et ceux à qui ce n’est pas destiné - ce qui, sur le plan financier, est bien br*nlé quand même, et représente un risque zéro.

Paie ta rebellitude !

70 euros, taxes comprises.

Partant de là, force est de constater que l’expression « monde bac à sable » n’est pas usurpée. GTA, ce n’est ni plus ni moins qu’une grande cour de récré où les (soi-disant, là encore) « adultes en devenir » vont pouvoir laisser tomber leur masque acnéique et renouer avec leur sale gosse intérieur, celui qui rêvait il y a peu de plonger les deux mains dans son caca, juste parce que c'est interdit et pour montrer qu’il a du pouvoir, lui aussi. GTA, c’est Charlie et la Chocolaterie au pays des flingues. Le concept de liberté, vu par un enfant de quatre ans pour qui l’idéal est dans l’absence de contraintes et le « je fais ce que je veux, comme je veux, quand je veux et si tu m’en empêches je pleure ». Quiconque ayant des notions de philosophie saura qu’a contrario, la liberté de GTA n’est qu’un leurre, un miroir aux alouettes, un fantasme indigent. Lequel, accessoirement, tend à suggérer que la transgression, c’est cool, ça fait bonhomme, ça fait Scarface, alors que respecter les règles, c’est petite b*te, c’est bon pour les nounours et les petits p*teux. Ce qui, entre les lignes, discrédite un système qui, à l’opposé, fait de l’être humain ce qu’il est et le distingue (peut-être) de l’animal. Finalement, c’est comme ça qu’on se retrouve avec des générations de dégénérés (si l’on peut dire) qui pensent qu’être gangsta, c’est hype, c’est être fort, c’est être un prédateur, alors que le gangsta, sans gars autour pour respecter les règles qu’il viole, il est plus rien. Merci Rockstar. Mes sept années de travail dans le social te doivent beaucoup.

 

J’ouvre une parenthèse, au passage, Kévin. Car comble de la misère humaine, ce qui, dans la réalité, ne t’arrache même pas un regard ou un haussement d’épaule, devient dans ton jeu préféré motif de pâmoison. OMAGAD IL Y A DES BUISSONS ! OMAGAD ON PEUT ALLER PARTOUT ! OMAGAD ON PEUT REGARDER LA TELE ET ECOUTER LA RADIO ! CE JEU EST D’UNE RICHESSE VERTIGINEUSE ! Des nèfles. C’est pas pour spoiler mais hé, on peut faire ça dans le vrai monde aussi, et c’est juste très très chi*nt. Sauf que voilà, le banal, dans un cadre virtuel, apparaît extraordinaire, alors que l’extraordinaire, dans un cadre réel, a l’air on ne peut plus banal. Ben oui, vu qu’on vit dedans tous les jours, on le trouvera forcément plus dépaysant dupliqué à l’identique, mais sur un écran de 44 pouces. Ok, d’accord, ça revient à faire la démonstration d’une non moins réelle limitation intellectuelle, et d’une absence de recul caractérisée, mais hé ! On l’a vu plus haut, personne n’est parfait. C’est que le joueur moderne s’est tellement auto-sucé le cerveau à travers la paille de son auto-satisfaction que les petits miracles du quotidien, il les a classé dans la catégorie « scrolling différentiel multiplans ». Alors que des lignes de code, c’est de l’art. Lamentable, mais dans l’air du temps. Sur ce, je referme cette parenthèse et j’essaie d’avancer. Mais c’est pas évident, j’ai l’impression désagréable de faire du Moonwalk dans la boue.

 

 

Après, va pas le prendre pour toi et partir dans un de tes traditionnels délires de persécution. On en a soupé, à force. J’ai rien contre GTA, moi. Je suis même sûr que c’est un jeu de qualité et tout. J’y jouerais certainement avec plaisir, si j’en avais l’occasion. Je suis juste pas dupe des cadavres dans les coulisses, et basta. Parce que je suis de ceux qui appellent un chat un chat, tu vois. Surtout quand c’en est un. Non parce que c’est pas pour de vrai, en théorie, chacun est libre d’avoir des goûts formatés ou de payer pour s’aliéner, ça devrait pas poser de problème. Et ça n’en poserait pas, dans un univers où les causes seraient sans conséquences, et où ce genre de produits de consommation (qu’on cherche à appeler art pour pouvoir se la raconter) ne viendraient pas alimenter une fange créative fleurant bon la marée montante - ou les slips de trois mois. Parce qu’y’a beau avoir un 18+ collé en évidence sur la jaquette, on sait bien que le gros du public concerné fait ses premières armes intellectuelles sur le forum 13-15 de jeuvidéo.com, et que dans 99,99 % des cas, ça fait mal aux f*sses à la raison pure. Pourtant, et bienheureux les simples d’esprits car le grand internet leur appartient, la grande majorité des joueurs en âge de parler, et suffisamment instruits pour parvenir à formuler deux-trois phrases correctes à l’oral (une élite) rétorquera qu’elle est assez mature pour savoir faire la part des choses ou distinguer le réel du virtuel. OR LA ENCORE, SUR LES MURS DES ECOLES, MON C*L, J’ECRIS TON NOM ! Déjà, parce qu’on l'a vu, ceux qui prétendent ça sont des frustrés qui s’ignorent, en butte symbolique aux limites imposées, et que ça f*ut pas en confiance non plus. Ensuite, parce que quand on lit leur réactions « passionnées » (comprendre : profondément débiles, au sens étymologique du terme), sitôt que quelqu’un ose émettre un avis ne serait-ce que mitigé sur l’objet de leur adoration, y’a de quoi avoir froid dans le dos. Si j’ai bien tout pigé, les mecs qui écrivent ça, ils prétendent aussi qu’ils sont assez matures pour ne pas laisser cette violence, ces transgressions leur monter à la tête ? Oh, et je sais pas, moi, ils voudraient qu’on les croit, ou c’est juste pour la forme ? Non parce qu’on est peut-être tous fins c*ns, hein, mais pas dans les mêmes proportions non plus, faut pas exagérer. Qu’on ne vienne pas me raconter que des mecs qui sont pas capables d’accepter l’idée qu’un tiers puisse avoir (et défendre) un avis différent du leur (au point de vivre celui-ci comme une agression) sont capables d’aborder ce genre de titres avec le recul nécessaire. Le type qui oserait affirmer ça en toute bonne foi, direct, je le réoriente en section Gameblag, avec mon like d’office. Et je le signale aux forces de police.

 

Alors voilà, je connais la chanson, c’est à peu près à ce moment là que les pistoleros de forums dégainent leurs 6 coups préférés. En tête : le désormais cultissime « je joue à GTA depuis que je suis tout bébé, c’est pas pour ça que j’ai été coffré pour trafic de poussettes ». Ou autre variations consternantes. S’il y avait d’ailleurs un jour un concours de gros n*zes sur internet, non seulement tout le monde aurait sa chance mais celui qui oserait mettre sa fierté de côté pour lancer une ânerie pareille, il creuserait l’écart sans forcer. Attention, moi, j’ai rien contre le fait qu’on soit idiot, hein, il faut de tout, dans la vie. Le problème c’est que comme la bêtise, chez l’homme, est une qualité innée qui se cultive d’elle-même, elle ne peut qu’être l’apanage du plus grand nombre – et, par conséquent, forger la norme. C’est ainsi qu’on se retrouve sur le web, ni vu ni connu, avec des valeurs inversées nivelant la société par le bas : pas de surprise, les raisonnements qui y seront taxés de « brillants » sont ceux que la masse ignorante sera susceptible de comprendre, et dont elle partagera les conclusions. Ce n’est pas leur qualité de construction ou leur précision sémantique qui leur vaudront tous les suffrages, rien d’aussi « intellectuel » que ça, ce serait bien trop compliqué, ça obligerait à faire marcher sa tête, ce serait risquer la migraine. Alors que le fait d’être d’accord avec son interlocuteur, c’est une valeur sûre et c’est très gratifiant, surtout si ça paraît logique. Le hic, c’est qu’au niveau zéro de l’intelligence, n’importe quelle idiotie convenablement tournée peut apparaître logique. A plus forte raison quand elle abonde dans notre sens, on ne va pas se fouler la patte à la remettre en cause. Les grecs avaient bien pigé le truc, d’ailleurs, ils s’en étaient fait une spécialité : enfumer pour rassembler, mentir pour mieux feindre la sincérité. Car ce n’est pas la raison, qui prévaut, dans les faits, mais le nombre. Et tant pis pour la vérité (ou ce qui s’en approche). C’est qu’un bon argumentaire, c’est du boulot. Et la plupart du temps, c’est au moins aussi complexe que la question sur le grill, ça demande beaucoup plus que des tâtonnements de l’esprit ou des certitudes mal placées. Sans compter qu’en termes de compréhension, ce n’est accessible qu’à ceux qui sont disposés à « faire l’effort », sous réserve qu’ils aient assez de bagage, d’expérience et d’esprit. Ben oui. Faut réfléchir, c’est fatigant, ça fait mal à la tête, c’est ça en moins de temps qu’on a pour jouer à GTA - et en plus on n’est pas d’accord alors c’est trop de la m*rde ce que tu racontes et t’es un gros c*nnard qui ferait mieux de se la boucler espèce de hater. C’est le pain quotidien du net, qui ne mérite décidément pas son nom. Car non content de faire dans le biaisé, le populiste et le mal-dégrossi, l’internaute moyen ne va même pas se donner la peine d’être con par lui-même, il va chercher plus talentueux que lui en la matière et le laisser faire le travail pour lui. La norme (qui a décidément bien des qualités) ne s'y trouvant constituée que de suiveurs et de feignasses, il suffit qu’un guignol doué du sens de la formule balance une tagline bateau (mais qui fera l’unanimité), pour que tout un chacun la reprenne à son compte afin de lui infliger les derniers outrages, sous formes de déclinaisons plus grotesques les unes que les autres, sans doute dans le but d’affirmer ce qu’il prend pour (Dieu lui pardonne) une identité. Comme les photo-montages, les vidéos ou les chaînes de l’espoir, les raisonnements, sur le net, ça se reposte ad nauseam. Formules toutes faites ("waaa le pavé de gros dégu’, sale hater/fanboy/blasé, espèce de consanguin/chômeur/nazi"), sophismes de bas étage, parodie de démonstrations philosophiques option « j’aurais peut-être mieux fait de redoubler ma terminale » : on a l’embarras ET le choix. Bon ou mauvais, on s’en tape, du moment que ça claque. La quantité, plutôt que la qualité, encore. Si tout le monde balance la même chose, tout le monde se donne raison et en critiquer un, c’est critiquer l’ensemble. Ça protège, ça rassure. Du coup, c’est bien fichu, c’est dissuasif. Même les ânes ont leurs finesses que la finesse ignore.

 

La faute aux médias, c’en est une autre, tiens, tant qu’on est parti à démystifier. Elle est marrante, celle-là, aussi. Et oui, absolument, je n’en pense pas un traitre mot. « Les Jeux vidéos, c’est violent, mais pas plus que le cinéma, la télé, les Bds, le journal de 20 heures et tout ». ça fait plus de 20 ans qu’on la sort, celle-là, et elle est toujours aussi déprimante tellement elle t'invite à bouffer du foin. C’est comme si au plus fort d’une guerre civile, on se faisait chopper en train de torturer un camion d’innocentes et qu’on rétorquait « ouais non mais arrêtez, c’est pas grave, ce qu’on fait, nous : traversez la rue et vous trouverez une bande qui torture des femmes ET des enfants ». Ha ben d’accord alors. Pardon de vous avoir dérangé, mon brave monsieur. Et merci pour le tuyau, c’est bien urbain de votre part. Là encore, c’est direct le retour en case cour d’école maternelle : « oui mais c’est lui qu’a commencé ». Su-per. Avec ça, on avance, c’est certain. OSEF, si ce n’est pas parce qu’un média ne constitue pas la totalité du problème qu’il n’en fait pas partie. Et qu'en faire partie, c'est déjà constituer un problème.

 

Sinon, dans le genre, y’a la faute des parents, aussi, qui revient tous les quatre matins avec son pain et ses croissants. La violence dans GTA V ? C’est pas la faute de Rockstar, allons, qu’est-ce que vous allez vous imaginer bande de haters ! C’est les parents qui ne sont pas assez éduqués, et qui n’éduquent pas assez leurs morpions ! C’est eux les méchants responsables, tout est leur faute ! Et puisqu’on en parlait et que le jeu lui fait la part belle, il faut le crier haut et fort : la drogue, c’est pas la faute des dealers ! LET THE DEALERS ALONE ! Vous êtes rien que des conformistes manichéens qui voient pas plus loin que la poudre au bout de leur nez ! LOL. C’est sûr que c’est sympa, le concept de responsabilité, quand on a deux de QI et la maturité émotionnelle d’un morveux de cours préparatoire. Y’a un responsable et si on le trouve, hop, ça donne l’immunité à tous les autres. Une bien belle chose que la pensée binaire. Il suffit de charger de tous les torts le parti qui nous agréera le moins pour absoudre nos chouchous, ni vu ni connu j’t’embrouille. Entre les vilains parents qui représentent si peu, mais quand même, les règles, et Rockstar qui sont nos copains artistes qui nous donnent juste ce qu’on veut et qui crachent sur cette société pourrite où on peut pas aller en boîte jusqu’à quatre heures du mat’, le cœur ne balance pas. Le problème, c’est les parents, c’est la société, c’est la télé, c’est le ciné, mais sûrement pas nos jeux vidéos adorés, ceux qui les font ou nous qui les achetons avec la bouche en cœur et le zizi tout dur.

 

Le constat est sans appel : Internet se donne de grands airs, il aime beaucoup s’écouter babiller, mais il ne sait pas penser. Du tout. 90% (si ce n’est plus) des raisonnements qui y sont étalés ne valent pas tripette, et encore suis-je optimiste quant à la fourchette. Ça implique que 90% des gens (au moins) ne sont pas fichus d’utiliser leur cerveau correctement. Et ça fait d'eux, au bout du compte, des abr*tis imbus de leur personne et de leurs capacités limitées.  Ça en fait, des guignolades prêtes à être absorbés telles qu’elles par l’équivalent humanoïde de la serviette-éponge. Constat tragique, aussi (et un rien méprisant mais comme je l’écrivais, j’aime appeler un chat un chat. Je ne suis pas responsable, par contre, du fait qu’il soit un chat). Mais constat objectif. Et justifiable sans trop forcer. Car la plupart des gens, sitôt qu’ils croient penser, font l’erreur de partir de la conclusion qui a leur faveur pour construire leur démonstration de façon à lui donner corps, et qu’importe si pour ça, il faut tordre des principes, jouer sur les mots, caricaturer.  L’essentiel, c’est que ça ait l’air cohérent et que ça nous conforte dans l’idée que nos goûts sont légitimes, que nos opinions sont sensées, que nos dogmes n’ont rien d’arbitraire. Une approche nombriliste, immature (on y revient) qui consiste à plier la réalité à nos désirs. Faire fi de ses limites, encore. Le tout, avec des outils langagiers plus douteux les uns que les autres - mal maîtrisés, pour couronner le tout. Une fois que tu enlèves du net tout ce qui relève de ces pirouettes maladroites, mon p'tit Kévin, il ne reste plus grand-chose. Essaie. Clique sur le lien hypertexte précédent, et sers-t’en de tamis, si tu peux. Tu verras que tous ces grands mots, ces doctes remontrances, c’est jamais que du flan. Alors qu’à l’opposé, la seule et unique façon de penser « pour de vrai », et je m’en c*gne si ça te défrise, c’est de laisser ses convictions de côté, de partir des éléments objectifs constitutifs de la question, de les soumettre à l’analyse, une fois, deux fois, trois fois, sans a priori ni complaisance, et de remonter leur piste pour voir où elle mène, que le panorama final nous plaise ou non. Et tant pis pour nous si on se retrouve en porte-à-faux, ou si on en sort malmenés, ça fait partie du jeu. Comment ne pas sourire avec mépris, dès lors, quand on discute avec des mecs qui, DE TOUTE LEUR VIE, n’ont jamais trouvé louche que leurs raisonnements et leurs goûts s’accordaient systématiquement, sans jamais diverger. A ce niveau d’aveuglement, c’est pas pour me moquer mais y’en a dans tes rangs qui frisent le 7ème sens.

 

 

Alors quand je te lis bomber le torse et affirmer avec l’assurance d’une grenouille de fable que « c’est n’importe quoi sale hater, la violence des jeux vidéo elle influe même pas sur le comportement d’abord », j’ai envie de te répondre en toute amitié : TA GU*ULE. Quand on ne sait pas de quoi on parle, on se tait. C’était une tradition tantôt et c’est bien dommage qu’internet lui ait tordu le cou. « Il faudrait faire des études scientifiques », nuanceront les plus mesurés. A quoi je rétorquerai avec toute la patience qui me caractérise : ETUDES SCIENTIFIQUES MON FI*N ! Qu’est-ce que tu veux balancer de l’argent là-dedans, quand il suffit de poser que tout ce que les êtres humains sont amenés à vivre représente une expérience, et que toute expérience contribue à forger ce que nous sommes, d’une manière ou d’une autre. Je ne vois pas comment le jeu vidéo serait le seul élément matériel du monde qui ferait exception. Ça, c’est de la vraie logique, tu vois. Pas de la rhétorique de supérette. Tu peux toujours te creuser la tr*nche pour me sortir un « oui mais » bancal censé me donner tort, tu n’y échapperas pas : c’est comme ça, pas autrement, et ça t’emm*rde (accessoirement).

 

Quant à cette influence, il ne paraît pas hasardeux de formuler une hypothèse qui voudrait que dans le fond autant que dans la forme, elle dépendrait du vécu, de la personnalité, de l’âge et de mille autres choses, si bien qu’elle diffèrerait d’un individu à l’autre jusque dans ses répurcutions. Sans qu’on puisse généraliser, ou nier pour autant. Tu le vois, le tableau, ou tu regardes le doigt ? 

 

Alors, c’est sûr, si j'étais toi, je ne changerais rien, Kévin. Je continuerais d’avancer sans jamais penser, ni douter, ni remettre en question, ni accepter la différence, ni aiguiser mon sens critique, ni mettre de la raison dans mes passions ou dans mes points de vue. Je traverserais la vie en freestyle avec un sourire Justin Bieberesque à pleins chicots, et je rêverais d'être retenu pour le prochain Secret Story..

 

Heureusement, je ne suis pas toi. Je l’ai p’t’être été, remarque, mais c’est loin.

Cette âme d'enfant-là, je l'ai achevée à coups de bêche.

 

Et je m’en f*us si à cause de ça, je dors pas bien la nuit parce qu’au moins, moi, j’avance les yeux ouverts.

 

Ou je m'y applique.

Et c’est déjà pas mal.

On se prend moins les murs, déjà.

 

Et du coup, on a l'air moins c*n.

Tu devrais essayer.

Tu verras, ça change la vie.

 

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