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Shadow of the Colossus, le jeu le plus surestimé de l’histoire
est à vous

Shadow of the Colossus, le jeu le plus surestimé de l’histoire

Ou le game design gigantesquement calamiteux
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Par hopper - publié le
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Retour sur un jeu cultissime, Shadow of the Colossus. À vos mollettes !

Il a fallu attendre cinq ans pour que ces monstres classiques que sont Ico et Shadow of the Colossus nous parviennent en version remastérisée. Critiquer ces deux « chefs-d’œuvre » tiendrait de la gageure, tellement cet encensement dépasse le cadre vidéoludique. Joueurs et professionnels les décrivent comme des pièces d’art, des expériences cathartiques. Mais, s’il est vrai que Fumito Ueda a de la patte, pourrait-on pardonner à ses bébés toutes leurs errances ? Autant Ico est animé d’une fougue et d’une fraîcheur salutaire, autant son successeur m’a semblé rébarbatif et perfectible sur bien des plans. C’est avec une appréhension non dissimulée que je m’apprête à vous narrer le récit de mon désenchantement dans les plaines désolées.

Il s’appelle Wander, le cheveu brun, le visage atterré, il se rend dans des terres maudites. Là-bas, le jeune homme signe un pacte avec Dormin, une entité mystérieuse qui lui promet la résurrection de sa bien-aimée contre le meurtre de seize créatures légendaires. Voici en gros le programme : une cinématique indique le prochain colosse à abattre. Ensuite, au joueur incombera la tâche de trouver l’arène où se tiendra le combat selon les indications de son épée magique. Ce faisant, l’affrontement s’enclenche puis, une fois à bout de la créature, exécutez quinze fois ces trois étapes pour compléter le jeu.

Bien qu’Ueda affecte le minimalisme et la suggestion comme outils narratifs, Shadow of the Colossus souffre d’une structure répétitive qui évolue peu ou prou : si les colosses se succèdent différents les uns aux autres, l’histoire en elle-même demeure très obscure jusqu’à une conclusion symbolique qui laisse bien des questions en suspens. Malgré le rythme lent de la narration, le problème se situe davantage au niveau de l’enjeu. Alors que la relation entre Ico et Yorda renforce l’identification au héros et l’inquiétude, la détresse de ce qui pourrait arriver à sa compagne, Shadow of the Colossus perd cette portée universelle en nous plongeant dans une quête où nous sommes plus emportés par la curiosité et la dimension épique des duels. En effet, incarner Wanda, c’est se sentir faible, mais paradoxalement dangereux, égoïste, s’empreindre de ruse et de cruauté.

Au risque de décevoir les aficionados, Shadow of the Colossus entretient un lien particulier avec le joueur qui vogue entre satisfaction et frustration due notamment à ce schéma linéaire, cette routine susmentionnée. Libre à chacun de voir midi à sa porte, cependant, une fois la surprise passée, le jeu devient prévisible et ne s’autorise aucune folie, hormis une ou deux exceptions. En comparaison de Metal Gear Solid 3, un autre représentant de l’ère PS2, Hideo Kojima se permettait des idées inattendues tels le passage à moto, la montée de l’échelle ou l’installation des explosifs sans omettre les boss.

Ici, la manière d’appréhender les golems demeure la même : il faut chercher à escalader l’ennemi puis accéder à ses points faibles, sans espérer des à-côtés en dehors des combats, ni des variations dans le gameplay. Baser un jeu entièrement sur l’affrontement contre des boss n’est pas une mince affaire. Si l’on pouvait nourrir (grâce à la chasse) et abreuver le cheval voire cueillir des fleurs et décorer l’autel, cela n’aurait pas dénaturé l’expérience de jeu. De même, si l’on assistait en temps réel à la résurrection de Mono ou à sa guérison en sachant un peu plus sur la dame, le bébé d’Ueda aurait consolidé son engagement avec l’audience. Shadow of the Colossus s’apparente en effet plus à un exercice de style (déroutant) qui laisse une impression d’inachevée, de potentiel gâché.

L’univers du jeu est vide, très vide, ce qui est fort dommage, car il y avait manière d’exploiter tout cela. Les heures de promenade peuvent décevoir malgré la beauté et le soin apporté aux panoramas. Il n’y a pas de réelle progression en dehors des combats contre les colosses ce qui amortit le sentiment d’accomplissement au profit de l’ennui. Sur le papier, le concept ne pouvait être qu’alléchant : si le propos se révèle sublime, le jeu en lui-même est court et très peu diversifié. Le plus grand défaut d’Ueda et aussi son originalité est que sa vision du jeu vidéo (la « conception par soustraction ») repose exclusivement sur la direction artistique. La recherche esthétique (visuelle, musicale) se fait au détriment de la jouabilité et ses aspects analogues.

D’autant plus que Shadow of the Colossus est un jeu linéaire qui ne laisse aucun choix au joueur. Ce dernier aura beau déployer toutes ses capacités et sauter comme un aliéné à la fin du jeu, il devra coûte que coûte accepter ce que lui impose l’intrigue. Un constat d’autant plus condamnable que jouabilité (approximative) et scénario constituent les deux mamelles du soft. Comment ressentir alors la pitié ou de la culpabilité envers nos adversaires quand nos actions sont si limitées, décidées à l’avance et qu’on n’a pas notre mot à dire (sans oublier notre ignorance totale sur la mythologie et le contexte) ?

L’argument du fatum semble bien creux, libéré de son écrin poétique, allégorique. Attention, j’aime bien le jeu, je ne critique que l’écart entre la promesse et ce qui tourne dans ma console. Parfois grisant, souvent monotone, Shadow of the Colossus m’abandonne avec un soupçon d’hésitation et d’embarras. Ce n’est pas un chef-d’œuvre, c’est une portion de chef-d’œuvre qui aurait pu s’en rapprocher encore plus ! La forme, l’enrobage impressionnent seulement le fond, pauvre, creux et sibyllin, ne suit pas, ne surprend guère. Ayant préféré Ico, pourquoi la mayonnaise n’a-t-elle pas pris avec cette suite spirituelle ? Suis-je le seul à trouver le jeu surestimé au vu des espérances placées en lui et des louanges ? Et à mon avis, le game design n’est pas du tout exemplaire. Une fois, le mécanisme enclenché, il devient naturel d’enchaîner les colosses et perdre de vue l’histoire qui n’est finalement qu’un prétexte pour conférer un semblant de sens aux combats. Seules la direction artistique et la musique se montrent inattaquables ; pour le reste, je reste sur ma faim, le titre demeurant trop conventionnel et prévisible. Silent Hill 2 et Metal Gear Solid 3 surclassent Shadow of the Colossus qui n’est finalement pas le jeu ultime de la PS2, car dirigiste, répétitif, ne requérant aucune compétence particulière, mais une implication passive du joueur. Mon reproche : ne pas avoir été surpris, ne pas avoir été comblé, ne pas me sentir concerné ni impliqué dans la quête de Wander. Ueda ne récompense à aucun moment son public pour sa patience et son acharnement. Une fois bouclée, il est difficile de relancer le jeu si ce n’est par amour du défi (ce qui contredit un peu sa nature) et les plus curieux s’interrogeront sur le sens de l’œuvre à défaut de trouver une réponse, la manette en mains.

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