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Les Licences oubliées #9 : Conker

Itinéraire d'un écureuil beurré
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Par psykomatik - publié le
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Sélectionné par la rédaction

Les opinions et vues exposées dans les articles lecteurs ne reflètent pas forcément celles de la rédaction de Gameblog.

Je vous propose de revenir chaque semaine sur une licence culte ou un jeu phare, histoire de partager ensemble un souvenir et de rendre un vibrant hommage à ces jeux "oubliés" qui ne cessent de flatter la fibre nostalgiques des plus retro-gamers d'entre nous. Aujourd'hui : Conker !

 

En ce début d'été, revenons sur une licence aussi légère que la saison estivale naissante, une licence qui fleure bon le kloug aux marrons – conkers signifiant un jeu traditionnel qui se joue avec des châtaignes en Angleterre et en Irlande – et vous rappelle avec émoi votre première expérience virtuelle franchement scatophile sur console de salon. Mais si, souvenez-vous, le petit écureuil tout mignon qui passe son temps à se bourrer la gueule avec ses copains au bar du coin et à ramasser des liasses de billets qui traînent par ci par là. Conker quoi ! tout un style, toute une époque. Baignant dans un humour parfois douteux à la South Park que l'on pourrait qualifier de pipi caca, Conker n'en oublie pas pour autant ses racines anglaises et sait parfois proposer un contenu proche des productions les plus surréalistes des Monthy Pythons, en y ajoutant une dimension anthropomorphique hilarante jamais vue jusqu'alors dans un jeu vidéo. Ses multiples détournements empruntés au monde du cinéma et du jeu vidéo attestent également du caractère ouvertement caricatural de l'ensemble, délicieusement emballé dans un jeu de plate-forme a priori tout ce qu'il y a de plus banal. Si vous n'avez jamais entendu parler de l'écureuil le plus frappadingue du monde vidéo-ludique, essayez d'imaginer un Disney avec des personnages vulgaires, trash et violents se retrouvant dans des situations cocasses souvent relativement obscènes, et vous aurez une bonne idée de ce qu'est l'univers joyeusement barré de Conker, l'antihéros par excellence !

Retour sur l'une des plus grosses perles de mauvais goût qui ait vu le jour au cours de la décennie précédente, et accessoirement le plus gros pied de nez jamais osé par l'entreprise britannique Rareware à l'encontre de l'univers aseptisé de la firme Nintendo ! Il n'y a qu'a voir en préambule du jeu la façon dont Conker débarque dès les premières images et découpe sauvagement le logo Nintendo à l'aide d'une tronçonneuse pour le remplacer par un logo Rareware. Le ton est donné, et ça ne va pas faire dans la dentelle !

Rien ne laisse présager de prime abord que le tout mignon rongeur, qui apparaît pour la première fois anonymement dans le jeu Diddy Kong Racing en 1997 surNintendo 64, va rapidement devenir le porte étendard d'une génération de joueurs adultes sur la console du Big N, pourtant dédiée dans l'esprit à des jeux plus enfantins, sinon moins polémiques. Après avoir vraisemblablement perdu son permis pour conduite en état d'ivresse et troqué son kart contre une bonne bouteille, c'est sur cette même Nintendo 64 que Conker débarque avec Conker's Bad Fur Day en 2001 – non sans avoir fait un petit détour franchement dispensable par la Game Boy Color en 1999 via Conker's Pocket Tales –. Le jeu failli d'ailleurs ne jamais sortir en Europe en raison du caractère politiquement incorrect qu'il renferme, et dut être édité par THQ pour pouvoir bénéficier d'une sortie digne de ce nom sur notre territoire. Nintendo avait en effet refusé de nuire à son image de marque en prenant le risque d'éditer le jeu ! Grâce notamment au rachat de Rareware par Microsoft Game Studio en 2002, un remake de Bad Fur Day a vu le jour en 2005 sur Xbox, intitulé Conker : Live & Reloaded, arborant des graphismes revus et corrigés et apportant un mode multijoueur en ligne (hélas fermé depuis, les serveurs de la Xbox première du nom étant clos depuis 2010).

 

Apparitions officielles de Conker :

Diddy Kong Racing 64 (Nintendo 64, 1997)

Conker's Pocket Tales (Game Boy Color, 1999)

Conker's Bad Fur Day (Nintendo 64, 2001)

Conker : Live & Reloaded (Xbox, 2005)

 

Jeunesse et innocence

la société britannique Rareware, à l'origine de nombreuses séries à succès notamment sur Nintendo 64 (Diddy Kong Racing, Banjo-Kazooie, Goldeneye 007, Perfect Dark, Donkey Kong 64...), donne vie officiellement à Conker pour la première fois en 1999 dans un jeu d'aventure plate-forme lambda sur Game Boy Color similaire à bien d'autres : Conker's Pocket Tales. L'écureuil fête son anniversaire avec sa petite amie Berri lorsque le diabolique Acorn (un gland ! Je vous vois venir mais non, rien de graveleux pourtant à cette époque) débarque et kidnappe cette dernière, en volant par dessus le marché tous les cadeaux de notre héros.

Voilà pour le synopsis plutôt banal de la première histoire officielle de l'intrépide rongeur. Au menu de l'aventure, récolte de glands et recherche des cadeaux volés dans l'espoir de retrouver Berri et de donner une bonne leçon à cet impétueux EvilAcorn.Franchement pas révolutionnaire et musant cinq petites minutes si l'on a rien d'autre à se mettre sous la dent, il faut reconnaître que la première apparition de Conker ne laisse pas un souvenir impérissable dans l'histoire du jeu vidéo, loin s'en faut.

 

Une gestation difficile

La véritable révolution de Conker intervient lentement mais surement avec Conker's Bad Fur Day, en 2001 sur Nintendo 64. En développement depuis 1997, le jeu de Rareware passe par de multiples étapes, avant de voir son concept totalement redéfini quelques temps plus tard. D'abord envisagé sous le nom Conker's Quest, le jeu propose une aventure joviale et colorée en monde ouvert à la Super Mario 64, très enfantine, avec de jolies petites musiques et des bruitages rigolos (30 minutes de gameplay à voir ici). Trop dans l'esprit Nintendo, le jeu – renommé en cours de développement Twelve Tales Conker 64 en 1998 – est certainement jugé trop similaire et peu original par ses propres créateurs par rapport à d'autres jeux de la compagnie Rare, Banjo-Kazooie et Donkey Kong 64 pour ne pas les citer. Le jeu repose sur un système coopératif entre Conker et sa bien aimée Berri, mais l'idée fait long feu car le tout ne se démarque pas assez pour en faire un concept original. En résulte une refonte totale de l'univers, alors que tout le monde pensait le projet mort et enterré faute de communication à son sujet dans la presse.

                                         Voici à quoi aurait pu ressembler Conker !

A la surprise générale, L'E3 2000 sonne l'avènement de Conker, qui fait enfin son come-back dans un jeu totalement repensé par rapport aux versions de démonstration des années précédentes. Il finit par sortir aux états-unis en avril 2001, alors que Nintendo refuse toujours d'éditer le jeu en Asie et en Europe. THQ prend le risque de le distribuer en Europe un mois plus tard (et parce qu'une pétition est lancée dans la foulée), mais en peu d'exemplaires – ce qui explique également son prix plus élevé (600 Francs, soit 90€) que la moyenne des jeux N64 d'alors (450 Francs, soit 75€) – et sans l'appareil marketing habituellement mis en place pour la sortie d'un jeu Nintendo. En résulte une logique implacable : Les ventes, aux USA comme en Europe, sont très faibles et le jeu ne connaît hélas qu'un succès d'estime... Conker est donc déjà un jeu RARE dans tous les sens du terme au moment de sa sortie, mais c'est encore bien pire aujourd'hui : sa côte actuelle sur le marché de l'occasion varie entre 70€ et 160€ dans le meilleur des cas ! (Encore pire sur Ebay)

 

Après la gueule de bois

Premier constat, le jeu est une baffe technique relativement impressionnante pour l'époque, proposant des graphismes fin et colorés de très grande qualité mais aussi une profondeur d'affichage inédite sur N64. Ici, point d'effet de brouillard comme dans la majorité des titres de la machine, mais une profondeur de champ permettant de bien voir la totalité des environnements visités. Bien que très cartoon, le niveau de détail et de soin apporté aux animations des différentes créatures peuplant le jeu est tout bonnement excellent, frôlant parfois de près la qualité d'un dessin animé. La performance est d'autant plus louable que le jeu ne nécéssite pas l'utilisation de l'expansion pack, comme nombre d'autres jeux Rareware pour fonctionner pleinement !

Le design de Conker évolue légèrement pour lui donner des traits plus adultes, alors que celui de Berri change considérablement d'apparence, de taille et même de couleur : elle a maintenant l'allure d'une pin-up! Le doublage est un très bon point, car en plus d'être techniquement irréprochable (synchronisation labiale quasi-parfaite) il renforce à merveille l'immersion dans l'univers gentiment hystérique de Conker, grâce notamment à cet accent so british qui fait toujours mouche.

Il faut d'ailleurs souligner que l'intégralité du doublage repose sur seulement trois personnes, notamment Chris Seavor qui se charge de doubler une très grande partie des protagonistes présents en plus de Conker lui même ! Et comme si cela ne suffisait pas, l'homme est également le réalisateur et scénariste du jeu ! L'animation des personnages n'est pas en reste et surclasse allègrement les standards de productions de l'époque, prouvant une fois de plus qu'une console en fin de vie est capable de prouesses dont on n'imaginait pas l'ampleur au moment de sa mise sur le marché.

La musique, entièrement composée par Robin Beanland (également responsable de l'écriture et de la réalisation graphique de certaines scènes avec Chris Seavor) colle parfaitement à l'ambiance bien distincte de chaque niveau : Tantôt jazzy dans un environnement cosy ou country dans une zone rurale, sombre et inquiétante dans un manoir infesté de zombies, la direction artistique sonore est de très bonne facture et dévoile parfois quelques surprises croustillantes, comme cette parodie désopilante de comédie musicale lors du combat contre The Great Mighty Poo, un étron géant ! Les bruitages et divers effets spéciaux – très bien échantillonnés – ne font pas non plus dans la subtilité et le bon goût mais sonnent toujours justes. Un régal pour les oreilles !

 

« I just wanna go home »

Mais vous l'aurez saisi, le plus gros point de détail vient effectivement de la refonte totale de l'univers, faisant passer Conker de simple petit écureuil à la vie bien tranquille à un personnage alcoolique, vénal et passablement irrévérencieux ! On est bien loin de l'image de mascotte qu'il semble donner au premier regard. Le tout début de l'aventure annonce le tableau en nous mettant au contrôle du malheureux écureuil complètement miné par une gueule de bois après un soir de fête, à la recherche de son foyer pour « terminer » sa nuit. La première mission consiste donc à trouver de quoi remettre Conker sur pied, afin qu'il puisse enfin rentrer chez lui... un petit doliprane providentiel et c'est parti ! Le développement de la narration a le mérite de faire sourire car sortant du carcan habituel des jeux d'aventures, qui ne proposent à cette époque tous qu'une approche plus ou moins commune et caricaturale du genre, bien souvent enrobée d'un scénario niais au possible.

Ni vu ni connu, la toute première zone de jeu fait l'objet d'un tutoriel tellement bien pensé qu'il en devient presque invisible, chapeauté de main de maître par le caractériel Birdy, un épouvantail alcoolique dégénéré qui essaye tant bien que mal de nous expliquer le pourquoi du comment (les context sensitive zones). C'est d'ailleurs très représentatif de l'esprit de ce Bad Fur Day : tout le petit monde gravitant autour de Conker semble complètement à coté de la plaque et en proie à tous les vices possibles et imaginables : Ça pète, ça rote, ça jure... ne vous attendez pas à des sommets de poésie dans ce jeu !

                                                         Le fameux Great Mighty poo !

 

On ne peut pas dire que l'enjeu scénaristique de Conker's Bad Fur Day soit vraiment captivant au sens strict – c'est même bien souvent un festival de grand n'importe quoi assez rocambolesque – mais c'est justement ce côté déglingué de l'intrigue qui donne tout son charme au jeu. L'espace de jeu est en monde semi ouvert qui permet d’accéder aux niveaux via ce « hub », et il revient au joueur de décider, avec plus ou moins de linéarité cela dit, quelle zone explorer en premier. Les divers objectifs sont bien entendus tous dictés par l’appât du gain sans précédent de Conker, qui n'accepte de venir en aide à tout un tas d'individus plus farfelus les uns que les autres que contre une bonne grosse liasse de billets verts. L'argent est d'ailleurs lui aussi anthropomorphisé dans le jeu, et invective violemment Conker à l'approche de ce dernier : « So, you want some green stuff » : « Hey im here hurry up, pick me up, shithead » ... «Hey where the fuck you've been you ginger bastard » 

Les univers interconnectés sont très différents les uns des autres, ce qui amène notre cher petit rongeur à passer bien souvent du coq à l’âne, sans qu'aucune logique apparente ne s'en mêle. Il faut quelque fois un peu de jugeote pour faire face aux petites énigmes disséminées ça et là, mais ce n'est franchement pas le but de l'exercice à dire vrai et on reste rarement bloqué plus de 30 secondes. En fait, il faut se dire que la solution est forcément absurde, et à partir de là généralement tout coule de source. La palette de mouvements de notre cher écureuil s'étoffe au fur et à mesure de la progression, notamment grâce à l'usage des zones contextuelles en fonction des situations. Conker peut planer quelques secondes en faisant l'hélicoptère avec sa queue (hommage à Tails?), à l'instar de Rayman (1996) avec ses cheveux, ou encore nager, utiliser diverses armes, se transformer en enclume, porter des déguisements...etc.

 

Un joyeux bordel de cinéphile

Fous rires garantis également en découvrant les surprises et les parodies aux plus grands chefs d’œuvres du 7eme art que les développeurs nous réservent.

On trouve pêle-mêle : Orange Mécanique dans une scène d'introduction mythique, les Dents de la mer, Dracula, Matrix, La nuit des morts vivants, Terminator et encore bien d'autres ! Production Anglaise oblige, on sent d'ailleurs que l'équipe doit avoir un certain penchant pour les films de Kubrick car on retrouve pas moins de 3 films parodiés ; Orange Mécanique, Docteur Folamour et Eyes Wide Shut... Eyes Wide Shut quoi ! Respect total. Le cinéaste étant décédé en 1999, on imagine aisément qu'ils aient pu vouloir lui rendre hommage à leur façon. On trouve également une réfèrence à Reservoir Dogs dans le mode multijoueir "Heist, qui consiste à braquer une banque accompagné de trois autres larrons. Les citations de jeux vidéos sont aussi légion, mais plutôt à chercher dans le gameplay que dans les cinématiques : le boss de fin à faire valdinguer tel bowser dans Mario 64, planer dans les airs façons Tails, etc.

Conker, parfois pleinement conscient de son rôle de personnage de jeu vidéo, brise à plusieurs reprises le quatrième mur, tout comme c'était déjà le cas auparavant dans une autre production Rare, Banjo & Kazooie. Ainsi bien souvent, il s'adresse directement à nous pour nous faire part d'une remarque du genre comment zapper une cut-scene, ou bien il cite lui même des références issues du jeu au cours de l'aventure comme par exemple lorsqu'il reproche au videur du nightclub Rock Solid de n'avoir pas vu le prologue de Bad Fur Day ! A un moment donné, il est même question d'un faux bug qui fait freezer le jeu, on voit alors Conker s'adresser directement aux devs en toquant à l'écran pour leur demander des comptes. Conker s'impatiente aussi lorsqu'on lâche le pad trop longtemps : Il prend alors son yo-yo, ou se lance dans une partie de jeu vidéo sur sa Game Boy Color (GBA dans la version Xbox) en attendant qu'on en reprenne le contrôle! Franchement bien vu et pas si fréquent que ça dans le monde du jeu vidéo (on pense évidemment tous d'abord à Metal Gear Solid quand on évoque le quatrième mur), ce petit plus apporte vraiment une touche unique à la création des studios Rare et accentue encore davantage son statut d'ovni du jeu vidéo.

               En attendant que le joueur se décide, Conker se paie une petite partie !

 

La cerise sur le caca

Que serait un jeu Rare sans un mode multijoueur totalement addictif ? Déjà auteur des excellents Goldeneye 007 et surtout de sa suite non officielle Perfect Dark et de son mode multijoueur extraordinairement riche et varié (respectivement 1997 et 2000 sur N64), l'équipe récidive également et propose de nombreux modes de jeux plus amusants les uns que les autres, jouables jusqu'à 4 en écran splitté. Au sommaire, du deathmatch classique bien sur, mais également quelques petites missions sympathiques en prolongement du solo à faire en coopération avec des potes (braquage de banque, capture de drapeau, etc). Il est même possible de refaire des courses de surf sur lave, comme dans le mode solo (scène d'ailleurs fortement inspirée par la course de hoverboard de Retour vers le futur II) ou Conker devait poursuivre des loubards préhistoriques lui ayant piqué son fric. Rien d'étonnant tant ils ont su exceller par le passé dans ce domaine sur Diddy Kong Racing. Il est par dessus le marché possible de continuer la guerre entre les Écureuils et les Tediz, entamée dans le chapitre « It's war »... et même de piloter des tanks pour s'entrainer au combat ! Un mode multi assurément complet et varié, qui agrémente merveilleusement l’expérience de jeu globale et qui achève de rendre ce Bad Fur Day éminemment savoureux !  

 

By the way : do you speak english ?

Ah oui, autre point important que je n'ai pas encore mentionné : le jeu ayant été sorti an catimini par THQ alors qu'il ne devait même pas voir le jour en Europe, il ne possède pas de doublage et se veut jouable uniquement dans la langue de Shakespeare (textes et voix). Les plus anglophobes peuvent toutefois se rassurer : la version Xbox sortie 4 ans plus tard à elle par contre bénéficié d'une localisation en bonne et due forme.

Bonus : si vous n'êtes pas totalement hermétique à l'anglais, je ne saurais que trop vous conseiller cette série de vidéos de Bad Fur Day commentées par les créateurs du jeu ! On y apprend énormément de choses amusantes sur la création de l'univers déjanté de Conker

 

La suite annulée

Dès l'année suivant la sortie de Conker's Bad Fur Day, les développeurs se remettent au travail dans l'optique de délivrer une suite aux aventures du petit rongeur alcoolique. Ayant débuté avec le nom de projet Conker's Other Bad Day, cette suite fut ensuite apparemment renommée Conker : Getting Medieval ! Avant d'être orientée vers un remake (Live & Uncut, puis finalement Live & Reloaded) à cause du rachat de Rare par Microsoft Studios. Nul ne sait sur quel support était prévu le jeu. On apprend sur le wiki de Conker que le créateur, Chris Seavor, avait prévu une toute nouvelle histoire mais également de nombreuses autres références cinématographiques  pour cette suite. On y apprend aussi que Berri, bien que tuée à la fin de BFD, aurait du faire son grand retour sous la forme d'une sorte de Terminator voulant détruire Conker !

Voici la traduction (par mes soins) de ce qu'il déclare à propos de cette suite avortée :

« Nous avons en fait commencé à travailler sur une suite directe qui devait s’appeler Conker's Other Bad Day, dans laquelle conker montre son incapacité manifeste à diriger le royaume dont il hérite à la fin de Conker's Bad Fur Day. Il dépense tout son argent durement gagné dans l'alcool, les fêtes et les prostituées. Jeté en prison, il doit alors faire face à la perspective d'une exécution prochaine. Le jeu commence donc par son évasion de la plus haute tour du château dans lequel il est enfermé, boulet et chaîne au pied. »

Chris Seavor donne de nouvelles informations sur ce qu'aurait pu contenir cette suite en septembre 2012 lors d'une interview :

« Il y avait aussi le caca de l'espace géant : le Cthulpoo (parodie du Cthulhu de Lovecraft), méchant principal du jeu. Plein d'autres choses étaient prévues également, notamment de nouveaux personnages et d'anciens faisant leur retour. On devait aussi en apprendre plus sur l'enfance de Greg (la petite mort de BFD) et pourquoi il détestait autant les chats. Il y avait tout un tas de nouvelles parodies de films plus contemporains, et un double maléfique de Conker que l'on pouvait contrôler à un moment dans le jeu. Et Birdy (l’épouvantail) mourrait. Ce genre de truc... Et tout comme l'original, l'ensemble se terminait sur une note douce-amère. »

Pour les anglophones, voici une longue interview de Seavor, dans laquelle il aborde bien d'autres sujets et licences de Rare depuis son départ de la compagnie en janvier 2011. 

                           Dessins préparatoires de Conker's Other Bad Day

 

Au delà du jeu

Petit bonus de derrière les fagots pour ceux voulant aller encore plus loin dans le délire : Une petite série de vidéos animées par les créateurs originaux du jeu, parues en 2002 sur le site officiel de Conker ! Parce qu'ils ont certainement eu l'envie de faire vivre encore un peu plus leur personnage au delà de Conker's Bad Fur Day, Chris Seavor et sa bande en remettent une couche avec ces petits "guides du savoir vivre façon Conker" ! Voilà le résultat en vidéo grâce à nos amis youtubers.

 

Live & Reloaded

Faute à des conditions d'édition pas optimales comme dit plus haut, le jeu ne connaît pas le succès escompté lors de sa sortie initiale et les chiffres de ventes ne décollent jamais vraiment. Toutefois, cela n’empêche pas Rareware, désormais sous le giron de Microsoft, de s’atteler à un remake de Bad Fur Day, intitulé pour le coup : Conker : Live & Reloaded. Pourquoi un tel nom ? Tout simplement parce que Rare décide de mettre en avant le multijoueur avec cette nouvelle édition, en introduisant une nouvelle séquence d'introduction fortement inspirée par Terminator.

Certes, l'upgrade graphique de l'ensemble est significatif (voir le petit comparatif vidéo ici), mais le jeu reste globalement inchangé (même le doublage initial est conservé, et la VOST fait son apparition via les textes des bulles traduits) et n'apporte rien de singulièrement nouveau qu'un bon gros lifting et une auto-censure plutôt dommageable à l'esprit Conker... des mots comme "Shit" ou "Twat" sont maintenant censurés alors qu'ils ne l'étaient pas sur N64. Un comble, quand on sait qu'à l'origine Rare travaillait depuis 2002 sur une version de Bad Fur Day dénuée de toute censure, intitulée Conker : Live & Uncut  ! Toujours sympa toutefois de pouvoir jouer ou rejouer au jeu 4 ans après dans sa forme la plus aboutie graphiquement.

La vraie valeur ajoutée de cette version est l'arrivée d'une mode multijoueur en ligne. C'est d'ailleurs mis en avant dans le titre : « Live & Reloaded », on ne peut faire plus clair. En plus du mode multi original qui permettait à 4 joueurs de s'affronter dans des mini-jeux débiles, il est cette fois possible de jouer jusqu'à 16 en ligne, et un mode plus complexe permet à deux clans de s'affronter dans une guerre sans merci, dans le prolongement du mode solo : Les Écureuils contre les Tediz, incluant un système de classes assez bien foutu. Enfin, permettait, puisque tout cela c'est du passé, les serveurs de la Xbox première du nom étant fermés depuis 2010, il est hélas impossible d'y rejouer aujourd'hui. Voici tout de même un petit aperçu de ce que cela donnait

                                    Un petit air de Don Mattrick n'est-ce pas ?

Au final

Pour résumer ce qu'a été Conker pour moi, je m'en vais lui emprunter ses propres mots : « It's true what they say, 'The grass is always greener, and you don't really know what it is you have, until it's gone … gone … gone … »

En clair, on ne réalise ce que l'on a qu'au moment ou on le perd, et c'est exactement ce qui s'est produit avec ce jeu mythique : On ne réalise que maintenant l'impact d'une telle production, totalement hors des sentiers battus de manière générale, mais surtout très au delà des codes de bienséance de la ligne éditoriale de Nintendo. Il est d'ailleurs possible que Conker's Bad Fur Day ait été l'un des éléments déterminant dans l'équation de la rupture des relations de travail entre Big N et Rareware, qui fut racheté par Microsoft en 2002, soit un an à peine après la sortie du jeu.

                Conker, logo version Live & Uncut (projet initial de Live & Relaoded) 

 

Chris Seavor ayant quitté Rareware en janvier 2011 après 17 ans de bons et loyaux services au sein de la compagnie, il est impossible de dire à l'heure actuelle si cette licence sera exploitée à nouveau un jour. Il parait difficile de l'envisager tant elle semble associée de très près à l'homme parce qu'il est la voix de Conker, mais aussi le scénariste de ses pérégrinations fantasmagoriques.

Il fonde dans la foulée le studio de développement indépendant Gory Detail Limited, et crèe un petit jeu pour iPod et iPhone : Parashoot Stan. Aux toutes dernières nouvelles, il préparerait son grand retour chez Nintendo car travaillant actuellement sur The Unlikely Legend of Rusty Pup, prévu prochainement sur l'eShop de la 3DS et de la Wii U ! A suivre... 

 

Petit bonus de fin :
la publicité T.V américaine de Conker's Bad Fur Day en version longue 

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