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[Avis à chaud+Dossier] After Earth de M.Night Shyamalan par Vincent N.Van
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[Avis à chaud+Dossier] After Earth de M.Night Shyamalan par Vincent N.Van

Un auteur toujours en convalescance
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Par Madealone - publié le
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Après un atterrissage forcé, Kitai Raige et son père, Cypher, se retrouvent sur Terre, mille ans après que l’humanité a été obligée d’évacuer la planète, chassée par des événements cataclysmiques...

 

Introduction :

Dire que la dernière réalisation de M.Night Shyamalan est très attendue serait un euphémisme. A croire qu’After Earth pourrait presque sortir dans l’indifférence générale ou en tout cas, qu’il soit largement moins attendu que lorsque l’auteur de Sixième Sens était au top de sa forme. « Mouais j’attends de voir » diront dorénavant les cinéphiles. En effet, ex-petit génie pour certains ou réalisateur bien trop sur-estimé pour d’autres, Shyamalan traverse une période sacrément difficile et c’est peu de le dire. Un cinéaste qui marche grandement à l’affecte ou chaque critiques négatives (et même positives) à l’encontre de ses œuvres et surtout de sa propre personne le touchent particulièrement. Arrivé à un tel point qu’il finit par se mettre à dos toute l’industrie d’Hollywood d’abord en n’hésitant pas une seule seconde à s’attaquer à l’une des plus grosses production de cinéma (Disney) pour ensuite finir par se farcir les critiques et cinéphiles les plus cyniques envers ses œuvres.

 

Lorsque l’on voit comment Hollywood peut arriver à se débarrasser des artistes qu’elle a elle-même « créé », atteignant pourtant le fameux « rêve américain » ou « success story », on se dit effectivement que M.Night Shyamalan est un fou à lier. Un jeune réalisateur totalement inconscient qui n’a visiblement pas su à quoi ni à qui il s’attaquait réellement.

 

C’est un fait, After Earth arrive au beau milieu d’une guerre. Celle dont Shyamalan s’est (maladroitement) auto-désigné comme étant le porte étendard d’un mouvement visant à ouvertement critiquer les rouages d’un système Hollywoodien. Système qui peut sans le moindre mal vous faire grimper au plus haut des sommets de la réussite mais qui peut aussi vous faire considérablement chuter quitte à ce que vous finissiez six pieds sous terre (une pensée pour toi McT). Depuis et notamment à cause d’une forme d’inconscience totale ainsi qu’une certaine fierté mal placée, le jeune auteur se perd dans une bataille qui dure depuis maintenant 7ans. Et même si After Earth n’est pas encore la renaissance de l’auteur/réalisateur d’Incassable, il montre quand même une petite lueur d’espoir. Ainsi, pour parfaitement comprendre le contexte dans lequel chaque films de ce réalisateur doit être vu puis interprété, il est impératif de revenir là ou tout à commencé.

 

Shyamalan’s Story :

2006, c’est à travers un comte pour enfant que Shyamalan décida d’entamer son premier round contre l’Industrie. L’Histoire, pratiquement tout le monde l’a connait. Suite au semi-échec du Village jugé impardonnable de la part des patrons de Disney, Shy décide de revenir à une forme de cinéma proche d’un ultra premier degré exacerbé qui prenait complètement à contre emploi la mécanique de ses précédentes œuvres. Mécanique durant laquelle il s’était enfermé depuis Sixième Sens (fin à twist quasi-obligatoire entres autres). Les costards cravate de Disney n’arrivent plus à comprendre la vision de leur jeune prodige, le divorce fût prononcé, particulièrement lourd et difficile à accepter. Shyamalan finit en dépression.

 

Une narration plus naïve, une réalisation moins « poseur », sophistiquée ou même stylisée ainsi qu’une fin à twist volontairement avortée, La jeune Fille de l’eau finissait par imposer au public de faire un choix. Celui de Croire ou de ne pas Croire à son histoire mais aussi et surtout en son Auteur, balayant d’un revers ses propres codes en tournant même plus d’une fois certaines scènes à l’auto-dérision. Avec le recul, La jeune fille de l’eau se pose comme étant sans le moindre doute l’une des œuvres les plus sincères qu’un cinéaste puisse léguer au cinéma et aux cinéphiles. Mais elle aussi la plus dangereuse car en même temps, l’auteur donne clairement le bâton pour ce faire battre plus facilement si il le faut. Ainsi, sur ses propres thématiques et sur une certaine vision d’une Industrie qui l’a pourtant amenée à avoir une certaine renommée internationale, Shyamalan se pose (à travers l’un des personnages du film qu’il interprète lui-même) comme étant un artiste en proie aux doutes. Un artiste qui a toujours imaginé et écrit ses histoires selon les diverses choses qui le touchaient émotionnellement à travers son quotidien mais que des producteurs ont voulu, au final, enfermer dans un moule. Le Village symbolise bien une sorte d’appel au secours de la part du cinéaste. Le communication autour du film est mal comprise par Disney. Une récente interview du cinéaste vient coroborer cette imcompréhension :

 

« Je prépare du thé, mais on le vend comme du Coca-Cola. Les spectateurs sont déroutés: ils s'attendaient à du Coca et on leur sert du thé! Forcément, ils pensent que c'est le pire Coca qu'ils ont jamais bu! Le contexte et les attentes créés par le marketing me nuisent souvent. »   

 

Fallait-il y voir des premiers « Signes » annonciateur ? Ceux de sa probable chute sans le moindre doute.

 

Et donc pour La jeune fille de l’eau, l’auteur/réalisateur se renferme d’avantage sur lui-même en racontant l’histoire d’un gardien d’immeuble qui décida volontairement de se déconnecter du monde suite à un trauma lié au décès de sa femme. Sa rencontre avec une Nymphe aquatique va le pousser à s’ouvrir (pour ne pas dire s’exposer) puis à s’entourer d’une petite communauté de gens , à comprendre par là ses détracteurs ou ceux en qui il espère arriver à « croire » ET à faire croire de nouveau. Shyamalan situe son histoire uniquement à l’intérieur de « La Crique », ne dévoilant jamais le monde extérieur et tout comme Cleaveland Heep, il n’est pas encore prêt à l’affronter.

 

En plus d’une très belle histoire pour peu que l’on arrive à se sentir émotionnellement, totalement impliqué, La jeune fille de l’eau traite tout simplement d’un sous-texte riche et passionnant. Une mise à nue et une remise en question totale d’un auteur sur son Cinéma, face à son public et aux Critiques. En tant que véritable auteur (puisqu’il a toujours écrit ses scénarios jusqu’à After Earth), Shyamalan a toujours travaillé sur des traumas profonds qui lui sont proprement personnels. La jeune fille de l’eau ne déroge donc pas à la règle, réussissant de manière insidieuse et avec un certain tour de force à (malheureusement pour certains) faire surgir cette forme de cynisme latent présent en chacun de nous. Un cynisme qui ne demande qu’à être réveillé, attendant simplement le film idéal pour le faire. Exactement au même titre qu’un Cheval de Guerre, La jeune fille de l’eau confronte ainsi le spectateur à ses propres doutes, à sa capacité de savoir si il peut toujours arriver à « croire » et à « accepter » de s’impliquer de manière « naïve » dans une histoire où c’est bien une forme d’ultra premier degré qui prime. Deux œuvres profondément sincères car dénuées de tout artifices de la part de leurs auteurs donc mais littéralement casse-gueule au possible à l’arrivée. Certains diront sans doute « j’ai passé l’âge » d’autres diront « ça aurait marché si j’avais eu 10 ans de moins ». Mais attention ne nous méprenons pas car pour ces œuvres il ne s’agit pas ici de faire preuve de complaisance, bien au contraire. Ils ont leurs défauts comme n’importe quels autres films et l’interet dans ce dossier n’est pas de les défendre mais de prendre au moins quelques instants pour les « comprendre ». Ce genre de films "anti-cyniques" au sens propre tente néanmoins d’apporter une réelle réflexion sur la façon dont nous percevons les films au fil du temps et des années qui passent. Sommes-nous devenus plus exigeant ? Attendons-nous une forme de cinéma de plus en plus « sophistiquée » pour arriver à « croire » ?

 

La jeune fille de l’eau ne manque pas de se faire assassiner par la critique américaine. Le bouche à oreille ne fait pas son effet, l'œuvre trimbale avec elle toutes les casseroles possibles. Trainant une réputation de « film d’un auteur malade », Shyamalan connait son premier vrai bide au box-office.

 

Shyamalan’s Therapy :

« Vous sentez-vous une place dans le club des réalisateurs confirmés, à Hollywood ? »

« Je ne fais parti de rien. Je suis un solitaire, un vrai. Je n’ai même pas d’amis. Je suis juste content d’être avec moi-même »

 

2008, après que Shyamalan se soit fait conspuer puis lynché, se faisant traiter d’ex-enfant pourri-gâté d’Hollywood traversant une crise existentielle profonde, notre auteur/réalisateur revient avec Phénomène. Et ici ce n’est plus le public ni les critiques en qui il désire lui-même se confronter mais bien la nature et le Monde qui l’entoure. Conscient qu’il ne sera plus l’enfant prodige d’Hollywood, Phénomène est bien une métaphore sur la peur qu’a Shyamalan non plus envers l’Homme mais envers ses propres croyances les plus profondes., Shy fuit une menace invisible, probablement lui-même d’ailleurs, en espérant se retrouver dans un endroit sûr. Son Village et sa Crique n’auront pas suffit à lui redonner une quelconque lueur d’espoir.

 

Phénomène sera le premier film durant lequel il décida de ne faire aucune apparition.

2010, Le dernier Maitre de l’air ou « le choix de la raison ». Shy a besoin de retrouver la côte. Il ne peut pas rester plus de 3ans sans réaliser un film. Le cinéma est bien plus qu’une passion chez ce réalisateur. C’est pour lui un besoin viscéral et naturel. Probablement la seule manière de pouvoir s’exprimer, pour le pire et pour le meilleur. Le problème avec Le Dernier maitre de l’air est que Shyamalan ne sait pas tenir, faire et construire un blockbuster. Il n’est clairement pas à l’aise avec un tel exercice qui necessite un savoir faire bien particulier. Il n’est pas non plus à l’aise avec « les grands espaces ». Le Dernier Maitre de l’air souffre même techniquement, certains plans en fond vert sont hideux, la conversion en 3D imposée par le studio s’avère être catastrophique... Le film reste pourtant largement bénéficiaire malgré un succès relatif. En revanche, Shyamalan ne manque pas de se faire crucifier une fois de plus.

2013, quintessence-même de toutes les thématiques liées à son cinéma, dire qu’After Earth ne possède en rien la patte du cinéaste ou même son ombre serait justement faire preuve d’un certain manque de connaissances envers les diverses œuvres du réalisateur mais aussi et surtout, les différents contextes durant lesquels ils ont pu voir le jour (Durendal1 ce message est pour toi). Comment ne pas reconnaitre cet aigle qui ressemble comme deux gouttes d’eau au grand Eatlon, oiseau mythique de La Jeune fille de l’eau ? Ou encore la manière dont Kitai se débrouille pour faire chuter l’un de ses agresseurs tout comme Ivy dans Le Village durant sa confrontation avec Noah Percy ? Une héroïne qui devait elle aussi, traverser une forêt « à l’aveugle » remplie d’obstacles et de pièges. Le thème de la paternité visible dans Incassable retrouve sa place, sans compter le parallèle qu’il peut y avoir entre la fin de Phénomène ou la nature (re)prenait le dessus sur l’Homme et le début d’After Earth. Deux oeuvres qui peuvent très bien s’inscrire dans une certaine continuité scénaristique.

 

Bref à travers After Earth, Shyamalan en profite pour nous dire qu’il prolonge toujours ses rendez-vous quotidiens avec son thérapeute, attendant patiemment de ressentir à nouveau cette petite chose qui lui permettra de retrouver pleinement la possession de ses moyens. En attendant (tout comme le jeune Kitai), Shyamalan se laisse guider, contrôler à distance mais arrive néanmoins à nous transmettre un message, à nous dire qu’il est toujours là en parsèmant son petit film de commande de quelques clin d'œils bienvenus.

 

Conclusion :

Qu’on soit très clair, After Earth est bien une petite déception car à chaque nouveaux projets de Shyamalan on espère toujours prendre une claque, pour ne pas dire la même qu’en 1999. Il n’est pas encore LE film qui fera renaitre tel un Phoenix le réalisateur de Sixième sens mais c’est quand même un bon petit encas bien plus digeste que ne l’était Le Dernier maitre de l’air. Si pour une fois Shyamalan n’est pas l’auteur de son film, cela lui permet au moins de pouvoir se (re)concentrer davantage sur sa réalisation. Des idées de cadrages et de mises en scènes ponctuent certaines séquences qui retrouvent (enfin) une vraie puissance émotionnelle. La scène de l’envol en témoigne tout comme cette gestion quasi-parfaite du silence, de ces dialogues « chuchotant » et de ce rythme lent dont le réalisateur se sert pour accentuer davantage l’Action quand celle-ci détonne enfin. Une des principales qualités unique et propre à ce cinéaste qui nous avait cruellement manqué.

 

Non, le vrai problème d’After Earth n’est pas son sois-disant sous texte scientologue (encore une fumisterie de la part de certains critiques qui l’ont toujours mauvaise) ou de la mauvaises interprétation des Smith. Le petit Jaden est très bon tout comme le jeu de Will Smith tout en retenu. Non le vrai problème d’After Earth est son scénario. On aurait très bien pu se passer de ses flashbacks incessants sur le trauma du petit Kitai qui ne font que plomber le rythme du film. Au-delà de ça, After Earth nous fait passer un bon moment de cinoche, certes en dessous de ce que nous proposait Shyamalan il y a quelques années.

 

Toujours en convalescence, le jeune indien préfère se laisser guider par ce projet « made in Smith ». Retrouvant peu à peu confiance en sa mise en scène, il en profite pour réinjecter dans l’univers d’After Earth ses petites créatures et thématiques véhiculées dans ses précédentes œuvres. La toute première rencontre entre le public et l’une des créatures d’After Earth n'est pas anodine. Première petite bébête qui nous ramène à nos peurs enfantines faisant naitre pour certains une phobie bien connue.

 

Shyamalan nous confirme bien que malgré un certain cynisme latent qui est aussi présent en lui et qu’il s’évertue à contrôler, il reste toujours un grand enfant en dépit de la sale période qu’il traverse.

 

Par Vincent N.Van.

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