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Castlevania Lords of Shadow, une trahison? Non, un renouveau!
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Castlevania Lords of Shadow, une trahison? Non, un renouveau!

Le jeu-hommage aux origines d’une licence culte
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Par KingTeDdY - publié le
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Après avoir terminé Lords of Shadow je me sens l'envie de réparer ce que je trouve être une petite injustice. Beaucoup de gens voit en lui une trahison, un "faux" Castlevania. Libre à eux, mais je vais exposer ici pourquoi, à mon sens, c'est faux. Attention je vais faire quelques spoilers.

La dualité de Castlevania

Avant de commencer il convient de faire un petit point historique sur la licence Castlevania histoire que vous compreniez bien mon propos.

Castlevania (ou Akumajo Dracula) est une série phare pour Konami. Depuis la fin des années 80, la lutte contre Dracula sert de prétexte pour que des joueurs puissent affronter un château remplis de monstres et de pièges mortels.

Bien avant que Resident Evil 4 vienne chambouler la licence culte de Capcom, Konami nous a fait un coup similaire (mais mieux accueilli par les fans) en 1997 avec Castlevania : Symphony of the Night sur Playstation et Saturn. Le jeu opérait un clivage complet avec les origines de la licence. Fini l’action/plate-forme de la première heure et place à un mélange d’Action-RPG et de Metroid. Castlevania perdait en linéarité et devenait un véritable jeu d’exploration.

On a salué Konami pour avoir su renouveler avec brio sa licence fétiche. La recette a d’ailleurs tellement été appréciée qu’elle a totalement fait de l’ombre aux deux Castlevania sortis sur Nintendo 64 qui n’étaient pourtant pas aussi mauvais que ce qu’on veut bien nous faire croire.

Il faut dire aussi qu’à l’instar de RE4, encore, Symphony of the Night a permis un pic de popularité de la licence et beaucoup de gens ont découvert Castlevania via ce jeu.  (Moi le premier car même si mon premier Castlevania fut sur N64, c’est en lisant le test de Symphony of the Night dans Console + que j’ai commencé à m’intéresser à cette licence à l’époque)

Forcément difficile de plaire à ces gens quand on est un premier essai 3D, sur une console pas forcément pratique pour ce qui est de la gestion de la caméra et la jouabilité et qu’en plus on est dans la droite lignée des opus 8 et 16 bits. (Avec un peu d’exploration quand même)

Je ne vais pas faire le procès des opus qui ont suivi mais sachez juste que le producteur de la série, Koji Igarashi (dit Iga) a sorti un nombre assez conséquent de jeux reprenant la recette de Symphony of the Night et a pris quelques décisions concernant la licence et qui n’est pas au goût de tout le monde chez les fans.  Par conséquent il y a depuis deux gros « clans » parmi les fans si on devait schématiser la situation. Il y a d’un côté ceux qui préfèrent les opus antérieurs à Symphony of the Night et de l’autre ceux qui préfèrent les jeux sortis après ce dernier.

Il est donc logique que l’appréciation de Lords of Shadow varie d’un fan à l’autre.

 

La quête personnelle et le voyage d’un héros

Commençons par le commencement : le cadre.

Depuis Symphony of the Night nous sommes habitués à explorer le château de Dracula et c’est tout. Cet épisode next-gen prend une route bien différente. On démarre dans une forêt, puis on visite des marais, des villages, des ruines et des étendues désolées. Finalement seule la région où règne Carmilla la Vampire propose un château, une crypte, un cimetière et autres joyeusetés du genre.

Sacrilège ? Pas vraiment. En fait il s’agit de quelque chose d’assez récurrent dans les anciens opus qui ne débutaient que rarement dans le château de Dracula et préféraient nous faire parcourir divers lieux avant de nous faire passer les portes de sa terrible demeure.

La diversité des lieux est même encore plus poussée dans Castlevania II qui nous fait démarrer dans un village et nous laisse libre de nos mouvements dans un monde quasi ouvert. (Avec cycle jour/nuit etc!!) Mieux, Castlevania Bloodlines (The New Generation en version Euro) nous fait visiter des lieux bien éloignés du château du vampire : la Tour de Pise, Versailles ou encore une usine d’armement en Allemagne ! Et je ne vous parle même pas de Castlevania 2 Belmont’s Revenge sur Gameboy où on pouvait explorer un lieu baptisé "le Palais des Nuages".  Le fait de faire dérouler le jeu en dehors du château n’a jamais été un problème pour Castlevania.

 

Forêts et ruines ne sont en aucun cas exclues de la licence Castlevania


Et donc au final, Gabriel suit le schéma classique de ses «frères » en visitant un tas de lieu avant d’arriver au château. (Qui contient des lieux emblématiques comme la Tour de l’horlogue, la crypte ou encore le labo de Frankenstein)

Et là vous me direz que le château n’est pas le lieu final du jeu. En fait ce n’est qu’à demi vrai. Oui nous visitons le château dans le deuxième tiers du jeu mais si on regarde les deux DLC on remarquera qu’ils nous ramènent dans cet édifice et même dans une prison dimensionnelle qui lui est liée ! Ces deux DLC servant d’épilogue aux événements du jeu (et de pont au vrai épilogue), on peut donc légitimement dire que l’histoire se conclut bien comme escompté dans le château !

 

Belmont, chasseur de v… D’un tas de trucs en fait !

La licence Castlevania possède un bestiaire excessivement riche. C’est bien simple : TOUT y passe. Que l’on touche à la mythologie, à la fantasy ou aux créatures classiques de la littérature horrifique ou même des légendes de différents pays, tout se retrouve dans Castlevania. D'ailleurs au fond, avant d’être des créatures du genre heroic fantasy, trolls et gobelins étaient avant tout une partie du folklore nordique. Ils étaient donc prédisposés à apparaître dans Castlevania, série qui adore mélanger les légendes populaires.

Aussi spectres, zombies et squelettes ne sont pas les seules choses arpentant les lieux de Castlevania. Une hydre, un dragon, des gobelins, des minotaures, des momies ou Cthulhu lui-même ont eu l’occasion de croiser le fer (ou plutôt le fouet) avec un héros de Castlevania.

Au final, les Belmont portent assez mal leur titre de chasseurs de vampire étant donné qu’on rencontre finalement très peu de buveurs de sang dans cette licence.  Finalement c’est sur N64 qu’on en aura le plus envoyés ad patres, du moins jusqu'à Lords of Shadow bien sur.

Par conséquent le bestiaire de Lords of Shadow n’est pas vraiment éloigné de celui de la licence. D’ailleurs une bonne partie des créatures qu’on y voit viennent carrément d’autres opus.

Prenez le Boucher, par exemple. Eh bien cet ignoble cuisinier vient tout droit d’Aria of Sorrow. Les Titans renvoient directement aux golems et autres créatures gigantesques qu’on a pu affronter dans d’autres opus, même dans les plus récents. Enfin le Dracoliche rappelle forcément les dragons zombies de Circle of the Moon. (Sans parler de tous les squelettes de dragons qu’on a pu éclater depuis le premier Castlevania  sur NES!) Un démon porte le nom de Malphas dans les opus récents ! A vrai dire je crois bien que seuls les chupacabras, l'ogre et les épouvantails sont inédits et je n’en suis même pas certain !

Dit en passant dans le premier DLC on peut voir des créatures aquatiques rôdant dans les profondeurs du château ce qui n’est pas sans rappeler les Mermen.

 

Dragons et colosses apparaissent dans la série depuis longtemps. Et déjà sur SNES on tuait du gobelins! Enfin les Mermen hantant les profondeurs sont une constante de la licence.

 

Une histoire de rédemption

D’abord, il faut savoir que Lords of Shadow ne tient pas compte de la timeline officielle de la licence.  A vrai dire vu le foutoir qu’est la timeline officielle je n’ai rien contre l’idée de repartir de zéro.

Essayons donc de voir ce qu’il y a de Castlevania dans le scénario de ce jeu.

Nous jouons donc Gabriel Belmont, qu’on dit héritier des Cronqvist, parti en guerre contre le Mal pour ramener sa fiancée à la vie. Au fur et à mesure que sa quête avance, Gabriel découvre que chaque Seigneur de l’Ombre est en fait la part de ténèbres d’un des membres fondateurs de la Confrérie de la Lumière, laissée sur Terre lorsqu’il est monté au ciel pour devenir une créature angélique.

Entre temps Gabriel fait la connaissance de Claudia, aghartienne muette qu’il tue sans s’en rendre compte. Il fait également la connaissance de deux sorcières : Malphas et Baba Yaga. Cette dernière dit servir le « Roi des anges ».

Arrive ensuite la confrontation finale entre Gabriel et Zobek, membre de son ordre qui est en fait le Seigneur des Morts et qui le manipule depuis le début pour récupérer le masque divin. Ceci fait, Satan débarque via Zobek et s’empare du masque. Heureusement  Gabriel est là pour l’arrêter et le renvoyer d’où il vient. Là la séparation entre le ciel et la Terre est anéantie, permettant aux âmes des morts de s’élever. Gabriel découvre alors avec amertume que sa quête a été vaine. Il ne peut ramener Marie et a accompli ses horreurs, au prix de son humanité, pour rien. Sa foi est ébranlée.

Le DLC montre alors Gabriel parti retrouver Laura, la « fille » de Carmilla, qui lui explique que la mort des Seigneurs de l’Ombre est en train d’affaiblir les barrières d’une prison dimensionnelle cachée dans le château. A l’intérieur est enfermé un puissant démon. (Tiré de Lament of Innocence d’ailleurs)Pour se rendre dans la prison, notre héros doit se nourrir du sang de Laura, devenant ainsi un vampire car seules les créatures des ténèbres peuvent entrer dans la prison.

Durant le combat Gabriel est exposé à une lumière provenant de l’ouverture menant au monde extérieur ce qui accélère sa métamorphose en vampire et décuple ses pouvoirs. Il tue alors le démon et détruit la croix de combat avant de se volatiliser.

L’épilogue du jeu montre alors Zobek, en 2010 dans une cathédrale à l’abandon en centre-ville. Là il retrouve Gabriel qui est à présent appelé Dracula le Prince des ténèbres. Zobek lui apprend que Satan va bientôt revenir et qu’il a besoin de son aide pour l’en empêcher car sinon ils vont tout deux subir sa colère. Il promet à Gabriel/Dracula de lui retirer son immortalité s’il accepte. Rideau!

Alors digne ou pas digne de la licence ? M’est avis que ce scénario est parfaitement dans le ton de Castlevania. On retrouve la classique quête du héros comme dans les anciens opus mais également des thèmes apparues dans Symphony of the Night comme la rédemption et la perte de foi.

Des tas de personnages sont directement inspirés d'autres issus d’anciens opus. Cornell renvoie au loup-garou du même nom que l’on joue dans Legacy of Darkness. Carmilla est un personnage assez récurent, d’ailleurs Laura est le nom de sa servante dans Rondo of Blood.  Orlox, quant à lui, est un personnage de Symphony of the Night.

Zobek, en tant que Seigneur des Morts, peut être considéré comme étant le nouveau Death. (Sa description dit qu’il est « La Mort personnifiée ».) Il est d’ailleurs dans les habitudes de Death de manipuler autrui (cf : Curse of Darkness) et il est dépeint comme un ami et confident de Dracula, ce que pourrait devenir Zobek après l’épilogue.

 

Lords of Shadow c'est aussi un tas de personnages emblématiques faisant leur come-back, château inclus!


Et là vous me direz : et Dracula ? Castlevania c’est la lutte contre Dracula!

Il est vrai que Lords of Shadow aura surpris son monde, moi inclus. Mais est-ce que ça en fait un « faux » Castlevania pour autant ? Oui traditionnellement on affronte Dracula en boss final mais ce n’est pas toujours le cas. Souvenez-vous d’Aria of Sorrow. Dans ce troisième opus GBA, on joue une réincarnation bénéfique de Dracula et on affronte une autre réincarnation maléfique de Dracula ainsi que le démon au cœur du château ! Dans Lament of Innocence le véritable antagoniste, Cronqvist, n’est pas encore tout à fait Dracula quand on le rencontre et d’ailleurs il tombe un peu comme un cheveu sur la soupe dans le scénario du jeu et on ne l'affronte même pas ! Dans Harmony of Dissonance le combat final varie selon nos actions dans le jeu et il est donc possible de ne pas affronter Dracula du tout!

De plus, à en juger par l’épilogue Lords of Shadow n’est finalement que le prélude d’une histoire plus importante. Ce jeu permet de donner une nouvelle origine à Dracula, préparant le terrain de sa suite.

Enfin comme je disais il y a des thèmes provenant de Symphony of the Night dans ce jeu, et ça vaut aussi pour son Dracula. Dans le célèbre opus, on apprend que Dracula est devenu ce qu’il est suite à l’exécution de sa femme chérie. Depuis il haït profondément Dieu et l’humanité qui lui ont tout pris. C’est une constante dans la licence depuis ce jour. Eh bien Gabriel suit le même schéma. Il est un guerrier de Dieu dont on a pris la femme et qui se sent trahi suite à sa quête. Il renonce à son humanité et se laisse submerger par les ténèbres.  Quelle différence avec Dracula tel qu’on le connaît ?

C’est un Belmont ? Et alors ? D’une part c’est logique avec son origine supposée (Belmont n'étant qu'un nom qu'il a pris. On le dit être né Cronqvist… Et Mathias Cronqvist est l’identité de Dracula dans Castlevania depuis Lament of Innocence) et d’autre part c’est plutôt malin pour lier la famille Belmont au célèbre vampire. (On imagine aisément un descendant direct ou non de Gabriel venir chasser son ancêtre déchu dans l'opus suivant par exemple)

Alors oui ce n’est pas Vlad Tepes , mais allez savoir ce qu’a fait Gabriel pendant les quelques siècles où il était vampire. Changer de nom c’est à sa portée !

Aussi on pourrait voir là un clin d’œil à la fin de Castlevania Legends qui avait fait beaucoup de bruit. En effet elle laissait supposer (mais ça n’a jamais été confirmé et Legends a finalement été retiré de la timeline officielle) que Sonia Belmont, premier membre de la famille à affronter le vampire à l'époque, avait eu un enfant, Trevor, avec Alucard ! Ainsi si c’était vrai les Belmont seraient des descendants de leur ennemi juré Dracula !

Ainsi à mon sens le scénario de Lords of Shadow ne trahit en rien la licence, au contraire. Il reprend l'essence de la série et propose une histoire inédite mais à la saveur familière car servie avec suffisamment de références.

 

Le sens du détail : les clins d’œil qui font mouche

Le design de Gabriel

Si depuis Symphony of the Night nous avons été habitués à une orientation différente du character-design, il serait malheureux d’oublier à quoi ressemblait un héros de Castlevania à l’origine.

Finalement quand on y pense. L’armure, qu’elle soit de cuir ou de fer, c’est tout de même plus pratique qu’un manteau de fourrure pour aller chasser quelques monstres belliqueux non ? Ainsi époque médiéval oblige, Gabriel porte tout un harnachement digne du parfait petit guerrier. Et la ressemblance entre son armure et celle de Simon Belmont fait chaud au cœur.

 

Dés le premier teaser, Gabriel portait fièrement une armure quasi-identique à celle de Simon Belmont


Mais le design de Gabriel, ce n’est pas seulement son armure. C’est également son équipement. D’abord du côté des armes secondaires, même si le cristal noir et les fées font dans l’inédit, on retrouve tout de même l’eau bénite et les dagues qui sont deux des emblématiques armes secondaires des héros de Castlevania. D’ailleurs au fond, pas besoin d’ajouter le crucifix quand on se dit que Gabriel se balade avec une croix tout le long du jeu en arme principale.

Enfin la « Croix de Combat » est comme un subtil mélange entre les deux époques de Castlevania. Son aspect métallique renvoie à l’époque des premiers opus où l’upgrade ultime du fouet lui donnait l’apparence d’un fléau d’arme ! (D'ailleurs avec la magie de l'ombre activée, on obtient un fouet enflammé) Ensuite, le statut de relique sacrée unique et le petit surnom donné au pieu intégré, rappellent sans mal le concept du fouet unique Vampire Killer inséré dans l’histoire de la saga petit à petit au cours des plus récents épisodes. Et n’oublions pas aussi que la façon dont notre équipement évolue et permet de s’ouvrir de nouveaux chemins n’est pas sans rappeler l’archétype suivi par les Castlevania post-Symphony of the Night. 

Sounds of the Gods

L’une des critiques récurrentes concernant Lords of Shadow tient en sa bande-son. Depuis des temps immémoriaux le fan de Castlevania est habitué à retrouver régulièrement des remix des morceaux les plus fameux de la série. Pour citer un exemple, le titre Bloody Tears apparaît dans pas moins de vingt jeux Castlevania  spin-off inclus ! Et vous pouvez y ajouter la version orchestrale sortie en CD.

Wicked Child, Vampire Killer, Simon’s Theme et bien d’autres musiques font que jouer à Castlevania rime souvent avec  « Tu vas en prendre plein les oreilles mon coco!! » et même les si mal-aimés opus N64 comportent leur lot de remix. (Ex : Divine Bloodline, le thème de Richter Belmont, joué au violon dans l’écran titre. A pleurer !)

Finalement Lords of Shadow peut contrarier à ce niveau puisque le nombre de remix est bien moindre que dans les autres opus. (Seulement deux, mais qui font bien plaisir : Waterfall de Super Castlevania IV dans le niveau des chutes d’Agharta et Vampire Killer lors du niveau de la boîte à musique)

L’orientation « épique » de la bande-son peut donc paraître très hollywoodienne. Néanmoins, force est de constater que ça colle avec le reste du jeu et que cela permet à Lords of Shadow d'avoir une vraie BO qui lui est propre et pas juste une compilation de morceaux célèbres. (Comme tout épisode finalement vu que majoritairement on retrouve à chaque fois des morceaux inédits) Et n'allez pas me dire que Castlevania s'oppose à une orientation orchestrale! Sinon pourquoi sortir l'album Dracula New Classic?!

Ses séquences d’anthologie

Lords of Shadow c’est aussi un melting pot de grands moments de la licence Castlevania.

Souvenons-nous de l’introduction de Rondo of Blood… Non pas la cinématique en allemand, la séquence d’ouverture avec Richter qui déboule en calèche et tombe sur Death. Il me semble assez évident que le court passage d’équitation de Lords of Shadow fait écho à cette séquence même si Death n'est pas là pour nous tomber dessus.

 

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On allait pas venir à pieds non plus!

 

Et pour revenir à la vidéo d’annonce de Lords of Shadow, avant que le nom de Castlevania lui soit officiellement décerné,  (Mais je pense que c’était prévu du départ) même s’il ne s’agit pas d’une séquence qu’on retrouve dans le jeu ça sentait franchement l’hommage à la licence de Konami !

 

Gabriel qui se recueille dans une chapelle avant de partir à l’assaut des forces du mal, ce n’est pas sans rappeler l’introduction de Dracula’s Curse où Trevor Belmont fait exactement la même chose.

 

Les séquences contre les Titans font grincer des dents certains joueurs. Forcément on ne peut pas ne pas penser à Shadow of the Colossus en voyant ça tant la recette est appliquée à la lettre. Escalader son bras, chercher un point faible lumineux sur son corps et le détruire.

Au final beaucoup voit là la marque d’un jeu manquant d’identité qui pioche à droite et à gauche et il y a d’autres séquences « empruntés » à quelques jeux célèbres pour renforcer cette impression.

Néanmoins prenez la situation dans l’autre sens. Vous êtes développeur du nouveau Castlevania en 3D. Vous voulez inclure un combat contre un golem, ennemi classique de la licence, en guise de boss. Vous vous y prenez comment ? Vous mettez juste un combat ordinaire contre un ennemi un peu grand (cf le golem de Lament of Innocence) ou bien vous vous inspirez d’un jeu qui a marqué les esprits par ses combats spectaculaires contre des créatures gigantesques ?

Me concernant le choix est vite fait. Je vois dans ces séquences empruntées non pas la preuve d’un manque d’idée ou d’identité mais la recherche chez des jeux célèbres du moyen de retranscrire de façon moderne et « cool » des éléments classiques de Castlevania.

Il en va de même pour l’orientation générale du jeu. Beaucoup le compare à God of War, ce qui n’est pas faux du tout. Mais franchement, comment auriez fait pour reprendre la formule originale de Castlevania et la retranscrire en 3D ? Les opus N64 ont montré que le public n’était pas chaud pour de l’action/plate-forme « basique ». (Alors qu’au fond le vrai problème du jeu c’était la jouabilité et pas son gameplay)

Un BTA à la japonaise avec combo de folie n’est peut être pas la chose la plus adaptée à Castlevania. (Même si, dit-on, Kamiya pensait le contraire lorsque la première beta de RE4 est devenu un projet à part nommé Devil May Cry) De même les deux jeux d’Iga en 3D sortis sur PS2 et Xbox ne sont pas franchement terrible d’un point de vue level-design et gameplay.

Au final Castlevania c’est un personnage qui avance dans des niveaux, parfois (souvent même XD) via des sauts bien dosés et en tuant un tas de monstres sur sa route. God of War correspond parfaitement à cette description. (Si ce n'est qu'à la base on one-shot beaucoup de créatures dans les vieux Castlevania) A mon sens, ce choix s’imposait donc de lui-même.

Un autre élément qui "fait God of War", les fontaines de vie. C'est selon moi accorder trop de mérite au jeu de Sony Santa Monica vu qu'un procédé similaire existait dans Prince of Persia Sands of Time. Et au fond est ce que disposer à certains points du niveau, parfois caché même, le moyen de recharger sa vie une fois c'est si différent que de cacher un objet de soin derrière un mur destructible? (Element classique de Castlevania, ici encore) D'ailleurs des éléments de décors qui partent en morceau il y en a beaucoup dans Lords of Shadow, tout comme dans ses ancêtres.

Enfin il y a plusieurs passages en vue de côté dans Lords of Shadow voire en vue éloignée et la nostalgie se fait sentir à ces moments là. En fait c'est tout simplement car ils rappellent des séquences connues des anciens opus. Je pense notamment au passage où on s’avance sur la chaîne menant à la tour principale du château de Carmilla ou même lorsqu’on se dirige vers la salle du trône, ce qui évoque dans les deux cas les nombreuses fois où on traversait la passerelle/l’escalier menant à Dracula lui-même !

Pour ce qui est des phases d'escalades et de plate-forme, là encore on nous renvoie aux précédents opus. Gabriel qui se sert de sa croix comme grappin ce n'est pas si différent de Simon qui fait pareil avec son fouet dans Super Castlevania IV

En bref sur le plan du gameplay, tout ce qu'on fait dans Lords of Shadow on le faisait déjà dans les anciens opus mais sous une forme un peu différente étant donné le niveau de technologie. Plus qu'emprunter des idées à ses concurrents, ce Castlevania se réapproprie des éléments de gameplay dont ses ancêtres avaient posé les premières pierres.

Bien sur il y a pleins d’autres moments forts rappelant d’autres Castlevania dans ce jeu, mais il serait trop long d’en faire la liste complète.

Noms et autres détails

Plus que des personnages emblématiques, il y a également des noms « connus » dans le casting de Lords of Shadow. L’abbé Dorin renvoie à un religieux du même nom dans Portrait of Ruin. Brauner, le commandant vampire rappelle le seigneur vampire de ce même jeu. Enfin, Gandolfi, ici forgeron de la Croix de Combat, est le nom donné au créateur du fouet Vampire Killer dans Lament of Innocence.

Il en va de même pour les lieux. Les bois de Veros apparaissent dans Castlevania 2 et j’ai pu lire sur internet que le village de Wygol vient tout droit de Order of Ecclesia !

De même le fameux château de Carmilla fait directement référence au château de Dracula que nous connaissons. On le dit être « vivant et doué de conscience » ce qui lui fait « varier sa forme à sa guise ». D’ailleurs le parchemin à ce sujet évoque les Bernhard, ce qui est le nom de famille du vampire qu’on vient tuer dans Lament of Innocence !

Enfin pendant l’épilogue on peut apercevoir le corps de Slogra, un boss de Symphony of the Night.

Là encore il y a beaucoup de références cachés dans le jeu et je vous invite à toutes les rechercher vous-même!

 

Lords of Shadow n'est donc finalement pas si éloigné que ça de la licence Castlevania. M'est avis que Dave Cox (Grand fan de Super Castlevania IV) et son équipe nous ont servi un jeu à la gloire des premiers opus tout en s'éfforçant d'inclure au mieux une miriades d'éléments des opus les plus récents. En tout cas tout ces éléments en sont pour moi la preuve. Peut être que pour certains joueurs cela ne suffit pas. Après, chacun est juge.


Vivement le 31!


(Merci à Castlevania.free.fr et à son forum Castlevania France d'être de si précieuses sources d'informations et d'images sur Castlevania)

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