Sous ses allures de réflexion sociologique profonde et d'expérience objective sur le terrain, cet article est en fait totalement improvisé et parfaitement subjectif.

Lorsque j'étais adolescent et que j'avais le droit de regarder un film le soir dans le salon avant d'aller me coucher, je savais que je souffrirais lorsqu'à la télévision était diffusé un vieux film de guerre chiant, de ceux avec par exemple Michael Caine quand ses cheveux étaient encore roux... C'était sûr, impossible d'y échapper ! mon père allait choisir CE film-là. Exodus. Un pont trop loin. Les canons de Navarrone. Ces titres m'ont traumatisé. C'était souvent plan-plan, avec une image années 60-70 sans éclat, des acteurs qui ne m'intéressaient pas du tout. En plus ces films duraient des heures... Quand il n'y avait pas de film de guerre, et qu'un autre m'intéressait genre Conan le Barbare, mon père disait "Ça a l'air con" les yeux mi-clos. Évidemment, il ne comprenait rien ! Il était borné, ne saisissant pas du tout de quoi ça parlait... jusqu'à ce que moi aussi un jour, en voyant par exemple la bande-annonce du film Thor, je me dise la même chose "Ça a l'air con quand même...", et que devant The Dark Knight, que j'apprécie, j'ai également comme un frisson de honte.
Ma génération, celle de Récré A2 et du Club Dorothée, de Musclor et des Chevaliers du Zodiaque, c'est la génération qui ne parvient pas à sortir de l'enfance. Pas tout le monde évidemment, mais c'est assez généralisé. Et d'ailleurs c'est vrai également en Amérique du Nord pour ce que j'en ai vu, car aujourd'hui, les films de super-héros, ce n'est plus aux enfants qu'ils s'adressent. Aux alentours de la vingtaine, je suis allé avec des amis à un Glooby Boulga Night (pas sûr que ça s'écrive comme ça...). Peu enthousiaste au départ car j'avais déjà déchanté sur Internet en revoyant des extraits de vieux DA de mon enfance, j'ai un peu eu l'impression qu'on pourrait avoir dans une secte, une sorte d'incompréhension. Il y avait des trentenaiers et même des quarantenaires tout joyeux de revoir des génériques de DA pourris et un bonhomme déguisé en Casimir. Ce n'est pas tant le thème de la soirée qui me dérangeait, car au fond c'est rigolo de revoir ces trucs-là en groupe, c'est l'ambiance, comme si personne n'avait grandi.
Pareil avec les figurines. J'en ai eu, puis un jour j'ai tout bazardé. Par contre j'ai des amis qui, même en appartement, marié, avec enfants, ont un petit spiderman dans le salon, ou des figurines des Chevaliers du Zodiaque dans une vitrine. Je peux me tromper, mais je crois que la génération d'avant finissait un jour par ranger les joujous dans un carton au grenier, pour les ressortir plus tard pour les enfants. Notre génération les expose. Certains moins que d'autres car leur femme ne veut rien savoir, et là le mari droit à son petit musée personnel dans une pièce minuscule. Ça me met mal à l'aise.
Est-ce dû à une génération gavée aux dessins animés, et aux jeux vidéo ? Je joue en ce moment à Super Mario Sunshine, et à l'époque de sa sortie je n'avais pas vu à quel point ce jeu, visuellement, s'adresse d'abord aux enfants en très bas âge. L'univers de Mario Bros, c'est celui du Petit Ours Brun ou des Télétubbies. On ramasse des pièces, on évolue dans des décors colorés peuplés de personnages rigolos. Si ce n'est un gameplay qui s'adresse à des joueurs confirmés, le reste fait penser à ces jouets qu'on accroche au-dessus du berceau de bébé. Y'a des couleurs, ça fait du bruit, c'est rigolo.
Adolescent, j'avais déjà un pied dans l'âge adulte. Comme j'aimais Clint Eastwood pour les films où il tabasse tout le monde en compagnie d'un orang-outan, je m'intéressais également à ses autres films. Certains me semblaient chiants, d'autres me fascinaient même si, je m'en rends compte aujourd'hui, je n'y comprenais pas grand-chose. Pareil avec Harrison Ford. Les acteurs qui évoluaient à la fois dans le divertissement et le film plus sérieux m'ont comme ouvert doucement la porte du cinéma pour les grands.
Mais ma génération a été bombardée par des oeuvres qui nous attachent à l'enfance. C'est l'explosion du jeu vidéo avec la PS1 puis la 2, l'explosion des mangas et des animés japonais, on trouvait aussi beaucoup plus facilement qu'avant des boutiques spécialisées dans le comics. Comme tout le monde, j'ai eu une période où je me disais que les mangas "C'est vachement mature, Gunnm !" Là où les adultes d'avant retombent dans l'enfance à l'occasion, comme on a pu l'observer avec le phénomène Harry Potter, nous, nous sommes limite englués dedans. En contrepartie, on reste jeune plus longtemps, mais pas forcément jeune de la bonne manière.
Le jeu vidéo souffre et participe à cette stagnation dans l'adolescence ingrate. Nos jeux les plus adultes, ou que nous considérons comme tels, sont souvent assez risibles. Silent Hill 2, son doublage ressemble à un cours d'anglais pour les collégiens, sa mise en scène est molle, le jeu d'acteurs lors des CG pas beaucoup mieux qu'un soap-opera. On le voit pourtant comme un des meilleurs jeux vidéo qui soit. Metal Gear Solid, une catastrophe scénaristique, une narration imbuvable. Grand Theft Auto 4 ou Red Dead Redemption, un festival du cliché, de l'immaturité et de l'incohérence. Comme nous, les devs nourris à la sous-culture n'ont pas les outils intellectuels nécessaires pour faire du meilleur jeu vidéo. L'ambition et l'envie sont là, on les sent dans la part toujours plus grande de la narration, mais le résultat, à part de très rares fois, reste au mieux maladroit, au pire affligeant.
Internet ne nous aide pas beaucoup non plus. Si les bases de données permettent des recherches faciles sur des sujets qui nous intéressent, ses sites de téléchargement nous offrent le fast-food culturel gratuit, et à volonté. Plus besoin de choisir, on peut consommer indistinctement du bon comme du mauvais film, passer de Murnau à Transformers. Il y a tellement à voir qu'on devient des touristes. Je n'ose même pas imaginer d'ailleurs comment les nouvelles générations découvrent le sexe, et comment cela façonne leurs rapports amoureux.
Si je suis parfois nostalgique de mon enfance, c'est parce qu'à cette époque, les adultes étaient habillés... en adultes, et que leur monde n'était pas le mien. Ils faisaient des choses d'adultes, que je pouvais trouver chiantes parfois, fascinantes d'autres fois, et auxquelles j'avais rarement accès. Mais quand je pouvais, quel privilège ! C'est peut-être aussi parce que les films pour enfants des années 80 étaient certes moins nombreux, mais bien mieux faits et surtout pas débiles comme aujourd'hui. J'aime bien l'idée du père qui souffre devant un film pour enfants au cinéma, pour faire plaisir ses gnomes. J'aime aussi l'idée de comprendre ce que mon père voyait dans Exodus, ou Un Pont Trop loin, par finir par le voir, moi aussi, à ma façon. C'est un modèle, c'est la prochaine étape à franchir. Pour le jeu vidéo, les DA ou certains films, notre monde d'adultes aujourd'hui, c'est déjà moins flagrant. Même des niards de douze ans peuvent trouver Metal Gear Solid, Grand Theft Auto ou The Dark Knight formidables, et probablement parce qu'ils ne le sont pas tant que ça.
Ceci était un message du vieux con blasé B)
13/02/2012, 16:28
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Moi aussi j'ai hérité de la blasitude de ton père mais tu peux pas avoir honte juste parce que des enfants apprécient The Dark Knight ou un Fight Club ! ça fait limite prétentieux et vexant ;_;
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C'est peut-être du au côté horrible de cette génération, ou on fait plus la distinction entre innocence et mature parce que sérieux j'ai l'impression d'être né dans une génération horrible. On doit toujours penser à notre avenir, la violence est partout dans les médias, le sexe aussi. Pourtant quand j'entends une blague de "Service Après vente des émissions" que mes parents rient et moi pas je comprends que ça c'est vraiment mature et que c'est pas pour moi.
Mais le constat avec le jeux vidéo, c'est pas la bonne piste selon moi. Le jeux vidéo, c'est jeune on est toujours enfermé dans la course au graphisme, au gameplay original, à l'histoire what the fuck pour justifier les masses informes et connes qu'on va trucider.
Le comparatif avec Silent Hill 2 n'a rien à faire là aussi selon moi. Le jeu vidéo je pense pas qu'à l'époque on avait beaucoup de respect pour qu'ils puissent dégoter des comédiens et des metteurs en scène de qualité.
Au final la conclusion ressemble plus à un "si c'est pour les enfants ça doit plaire qu'aux enfants et c'est pas bon pour les adultes" et vice-versa. Je peux pas approuver mais garde quand même le billet aux archives pour tes hypothétiques enfants xD
13/02/2012, 16:49
Oui je tiens un discours décousu, mais bref, très bon article
13/02/2012, 17:24
En somme, il nous faut assumer le fait que l'on soit une génération charnière. A mon avis, si nous sommes particulièrement attachés à cette culture, c'est tout simplement parce qu'elle est nouvelle, qu'elle a bercé notre enfance, et qu'avant nous, elle n'existait pas. Avant, le gosse matait de Gaulle à la télé, et jouait avec son train en bois. Point barre. On a vu plus rock'n'roll comme enfance. Du coup, étant adulte, il préfèrera logiquement vivre sa vie...d'adulte.
De notre côté, il faut croire que notre enfance a tellement été gâtée par des divertissements à ne plus savoir qu'en faire, qu'elle nous est apparue comme paradisiaque. Du coup, c'est compréhensible qu'on veuille y rester.
Après, je pense que malgré ce qu'on pense, cette culture est en train d'arriver à maturité. Les narrations murissent, les thématiques murissent, les réflexions murissent... Selon moi, il faudra moins de temps que prévu au média qu'est le jeu vidéo, pour se définir comme adulte.
13/02/2012, 17:51
Alors oui, effectivement, on peut voir des trentenaires/quarantenaires qui se comportent comme des gamins sous le coup de la nostalgie. Cependant je pense surtout que c'est les "média" qui traitent ces divertissements comme un truc de gamin. Et je pense que ta façon de penser en découle aussi puisque nous sommes tous influencé par les médias.
"Le jeu vidéo est un truc de gamin." "Les dessin animées c'est pour les bébés". "Les jouets c'est pour les enfants" (dit l'homme qui a une collection de 120 Ferrari toutes identiques en modèles réduits)
NON, les adultes d'aujourd'hui ne sont pas plus gamins que ne l'étaient ceux de la génération d'avant. Combien de fois j'ai vu mon père (ancien chef d'entreprise et figure paternel oblige
C'est simplement un phénomène d'acception culturel mais aussi accepter le fait que les générations d'avants ont continués à "jouer" sans que nous le sachions. Je reprend l'exemple des modèles réduits (voiture/trains électrique/avion) qui sont aujourd'hui devenu des Figurines Saint Seiya d'expositions (putain merde les armures torp belles quoi ><). Les affiches de films, les vieux albums... C'est pas parce que c'est vieux que c'était mieux vu à l'époque; Faut pas oublier qu'il y a 60-70 ans, c'était mal vu de lire des livres ! Ma mère, enfant, se cachait pour lire !
Et pour finir je dirais qu'au Japon, le phénomène a été déjà bien établi. Les mangas, y'en a pour les enfants et d'autres pour les adultes, pareil pour les dessins animés, les films, les jeux vidéos, et tout le s'amuse avec les choses de son âge. Osamu Tezuka a fait plein des mangas différents, des fois pour les enfants et des fois juste pour les adultes avec des thématiques bien spécifiques.
Les dessins animés diffusés au Club Dorothés n'étaient pas pour nous, enfant de 5 à 10 ans mais bien destinés, au Japon à des enfants de 12 à 15 ans ! (Bon ok pas tous, mais une bonne partie des Shonen). C'est juste qu'en France, à côté y'a que de la merde, qualitativement parlant, en dessin animé.
Donc pour moi, les adultes d'aujourd'hui ne sont pas plus cons ou pas plus gamins. C'est juste que les produits culturels ont changés et se sont massifiés et ne sont pas encore reconnu culturellement.
Personnellement, je suis fan (modéré mais fan quand même) de Saint Seiya, j'ai des Myth Cloth et pourtant je monte ma boite, je suis hyper pro avec mes clients et je ne laisserais personne me traiter de gamins au vu de la façon dont je gère ma vie. Mes loisirs sont ce qu'ils sont, à leur places, quelle qu'en soit leur origines et leur état. (et je me tient informé de se qui se passe dans le monde et en politique).
13/02/2012, 17:54
13/02/2012, 19:30
Et actuellement (à 26 ans), j'avoue avoir du mal à me projeter dans un quotidien d'adulte responsable (ou pas). Et comme le dit Leobiwan, je pense que notre enfance, pour beaucoup d'entres nous, a été bien fournie en divertissements de tout genre et on finit par s'accrocher à ces bons souvenirs et renier le présent (pas tout rose, n'ayons pas peur de le dire).
13/02/2012, 20:38
Nous, on a eu quoi ? Une crise pétrolière, Mitterand, Indochine et Dorothée. Nos grands actes de rebellion qu'est ce que ça a été ? Les manifs du CIP ? Le boycott de l'Episode 1 ? Forcément, quelque part, ça "marque".
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13/02/2012, 21:15
Dans les années 70, quand les nouveaux films Dracula avec Christopher Lee arrivaient, ils ont méga marché parce que toute la génération des adultes qui avaient connus le Dracula des années 30 avec Bela Lugosi sont allés le voir par nostalgie. C'est pareil pour les premiers films de science fiction de Spielberg (Rencontres du troisième type, par exemple), qui rappelaient des souvenirs à ceux qui ont connu l'âge d'or de la science fiction des années 50 comme It came from outer space ou le jour où la terre s'arrêta.
Vu que c'est notre génération, et qu'il y a internet pour nous faire comprendre que c'est généralisé, on croit peut être que ça nous est réservé, mais je pense sincèrement que non
(désolé d'avance si j'ai loupé le point principal de cet article, c'est ce que j'en ai retenu ^^)
13/02/2012, 21:16
1) Je n'ai pas dit "c'était mal vu de savoir lire", j'ai dis "lire des livres"
Évidemment peut-être pas partout mais vraiment, avant c'était mal vu (tout comme le "rock" à son époque).
2) On voit que tu ne vas pas souvent voir des peintres du dimanche exposer leur oeuvres d'art. Ou encore des musique de merdes (Renée la Taupe) ? Encore une fois c'est une question d'acceptation. Pour moi le JV est un art c'est une évidence
3) Je ne sais pas ce qu'on véhiculera aux générations suivantes mais, par exemple, j'ai un neveu qui a 12 ans et que je connais depuis l'age de 4 ans. J'ai bcp joué avec lui et il me kiffe à fond. On joue au jeu on parle de jeu. Mais ça n'empêche qu'il m'arrive souvent de lui apprendre des choses de la vie (par exemple être TRES prudent avec internet et avec qui on discute). Faut juste savoir GÉRER un peu au lieu de flipper parce qu'on a des figurines chez nous.
13/02/2012, 22:30
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Et puis il suffit d'observer ce besoin constant du média "jeu vidéo" d'être "reconnu" par les médias traditionnels. Sur GB on fait une news dès qu'un développeur montre le bout d'une fesse dans le 6 minutes. En faisant de la psychologie de comptoir, y a clairement un besoin de reconnaissance du père là, un besoin d'acceptation, une espèce de honte mal digérée par un média tout entier, celui d'être "l'enfant" par rapport à "l'adulte" (aussi dysfonctionnel soit-il). C'est peut être du au jeune âge du média, mais pas seulement. Cette histoire de plombier, c'est pas net, et je pense qu'inconsciemment on s'en rend tous bien compte (valable aussi pour les trucs "matures" genre MGS).
13/02/2012, 22:40
Devenir adulte ce n'est pas renier son enfance quoi qu'on en dise.
14/02/2012, 11:37
Je suis de la même génération, j'ai pu observer les mêmes choses, mais ma propre réflexion m'a amené à une conclusion à l'opposé.
On n'est pas moins adulte aujourd'hui, on fait juste moins bien semblant de l'être (précisément parce qu'on croit sans doute moins au concept de "l'adulte").
Quand on les observe, les adultes, on se rend compte (et même enfant, on a pu s'en rendre compte) que ce ne sont jamais que de "vieux enfants", qui ont les mêmes réactions, les mêmes colères, les mêmes caprices, mais qui, en société, savent ajouter une couche de vernis à tout ça pour paraître plus sérieux.
Maintenant, il ne faut pas tout confondre non plus : sérieux ne veut pas forcément dire "adulte". Il y a là la persistance d'a prioris implicites véhiculés par l'école, comme quoi le divertissement, c'est sale, ce n'est pas intelligent, c'est pour les bébés, etc, etc... mais non, ce qui est chiant, ou statique, ou pédant n'est pas forcément plus adulte, bien au contraire. La plupart des drames psychologiques à l'européenne sont tellement farcis de suffisances, de stéréotypes et de facilités qu'un Pirates des Caraïbes sera toujours plus adulte, dans l'écriture, l'exécution ou le projet que ce genre de machins "pour faire genre". On pourrait dire, par exemple, que Benjamin Button est plus adulte que the Dark Knight, là où l'un est juste infimiment mauvais (le premier) et le second très bon dans sa catégorie.
Pareil pour les mangas : il n'est pas plus adulte de lire L'Incal que de lire One Piece, il ne faut pas se leurrer.
Si par "adulte", on entend une forme de maturité, alors ce ne sont pas aux oeuvres d'être adultes à notre place : le caractère "adulte", il doit être dans notre regard, pas dans ce qui est regardé. Sinon on laisse aux oeuvres le soin d'être adultes à notre place.
Par contre, il y a aujourd'hui un vrai problème dans l'éducation des nouvelles générations, je suis d'accord, et internet n'y est pas étranger. Trop de facilité, trop de protection, trop de libre-accès à trop de choses... Or une personnalité se construit aussi dans les limites qu'on lui pose : elle en a BESOIN (je n'invente rien) pour se développer de façon saine et équilibrée. Et de la même façon pour les sanctions ou pour la frustration. ça a été démontré. Donner tout ce qu'un enfant souhaite (voire plus), ou le laisser imaginer qu'il a tous les droits (respect, etc...) sans aucun devoir, même si ça part de bons sentiments, c'est infantiliser d'autant le futur adulte qu'il sera.
14/02/2012, 11:49
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Oui, comme mon oncle avait des jouets d'adulte, dans son grenier y'avait de quoi créer une ville miniature avec un train qui tourne autour (qu'il n'a jamais fait).
Moi ce que je dis, c'est que notre génération reste avec des jouets d'enfants, et que la culture du divertissement aujourd'hui, bien loin de Tintin ou Astérix, ne nous aide pas à sortir de l'enfance.
14/02/2012, 13:09
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Les dessins animés que j'ai aimé dans mon enfance, j'ai l'impression qu'ils étaient géniaux par rapport à ceux sur lesquels je tombe aujourd'hui. Je pense à Babar, au Petit Dinosaure.
En terme de goûts, j'ai opéré une rupture il y a quelques années, qui m'a en quelque sorte coupé de tout ce qui m'avait plu à l'adolescence. Maintenant quand je parle de mes films ou jeux préférés ce sont ceux que j'ai aimé au cours des deux voire trois dernières années.
Du coup mes goûts d'aujourd'hui ce sont vraiment ceux d'aujourd'hui, mes goûts de jeune adulte, et j'ai pas de mal à les assumer et les comprendre. Je ne nourris pas de nostalgie pour des vieux trucs, puisque c'est comme s'ils avaient touché une autre personne que celui que je suis aujourd'hui.
Cependant, je ressens encore quelque chose pour des oeuvres que j'ai découvert dans ma petite enfance. J'ai cité Babar, le Petit Dinosaure, mais je pense aussi à des films comme Le Sixième Continent, Le Monde Perdu, Les Sept Cités d'Atlantis et puis Terreur Dans Le Shangaï Express. La rupture avec mon enfance, bien que présente, est moins forte que celle avec mon adolescence.
14/02/2012, 13:30
Cependant, je ressens encore quelque chose pour des oeuvres que j'ai découvert dans ma petite enfance.
Je dirai que, de mon point de vue, c'est un parcours normal. Forcément c'est amusant de replonger dans les trucs de l'enfance, et y'a quelque chose aussi de touchant quand tu vois des aînés chanter les trucs de leur enfance que tu connais pas. Mais c'est le temps d'une heure, ou d'une chanson.
J'ai l'impression que l'étape que tu as connue, cette rupture, aujourd'hui beaucoup ne la vivent plus, ou alors elle s'étire. Ils baignent encore dans les mêmes références, les mêmes amours, car ces amours nous suivent. Hier Mario Bros, aujourd'hui Mario Galaxy. Pareil pour Sonic, Street Fighter, etc., régulièrement, avec plus ou moins de succès, remis au goût du jour.
Y'a un nivellement par le bas aussi. Ces "oeuvres" ne contiennent rien pour les adultes. Je me souviens que dans Conan le Barbare avec Arnold, certaines scènes me fascinaient enfant, et lorsque je l'ai revu adulte, ces scènes-là, je les ai comprises, là où le sens m'échappait avant, comme lorsque James Earl Jones fait signe à une fille de sauter dans le vide. Le nouveau Conan, y'a rien qui peut échapper à un enfant, c'est basique et débile, y'a aucun travail de mise en scène non plus, c'est du pur fast food.
Quand tu grandis avec Tintin et Astérix, devenu adulte ça te parle encore, car y'a des références culturelles que tu saisissais pas à l'époque, tu vois ça différemment. Mais les trucs avec lesquels nos générations grandissent, elles ne s'adressent plus au futur adulte qui est en nous. C'est souvent juste du divertissement dans sa forme la plus pauvre.
Moi par exemple j'ai jamais accroché aux films de super-héros, probablement parce que ça a commencé à déferler au cinéma à un âge où j'avais connu ma propre rupture. Mais si j'avais été fan... Avec tous les moyens mis en oeuvre niveau effets spéciaux, les casting souvent prestigieux... Tu n'en sors plus.
Je connais ça avec les jeux vidéo. J'ai beau trouver ça complètement débile la plupart du temps, je garde espoir, je suis l'actualité. La rupture ne se fait pas, car le jeu vidéo, même s'il appartient intellectuellement à l'enfance, il a quand même des fois des allures séduisantes pour les adultes. Juste les allures, malheureusement...
14/02/2012, 13:59
Mais parlons sans détour. Silent Hill 2 est réellement un chef-d’œuvre adulte. Même si on suit cet exercice que tu avais mis en avant dans un de tes articles, celui de transposer son histoire et son univers au cinéma, je suis certain qu'on obtiendrait un grand film, ou tout du moins un bon film. Tout n'est pas compréhensible du premier coup d’œil, le symbolisme et les inspirations convoqués par les développeurs sont la preuve d'un gros travail de recherche artistique. Et en plus de ça, c'est un jeu qui n'a pas oublié d'être un jeu (MGS est dans le viseur) : La peur est étalée sur plusieurs niveaux, de la plus primaire à la plus subtile et ce, uniquement parce qu'ils ont su tirer parti des particularités du média.
Après, j'ai toujours eu un certain attachement pour les doublages de Silent Hill 2. On ressent bien la folie d'Angela dans ses sautes de voix, et la banalité du personnage de James ; je ne vois pas où est le problème. La mise en scène aussi est très travaillée, avec beaucoup de plans de caméra qui savent transmettre une idée, un message, installer une ambiance ou aiguiller le joueur... Il n'y a que certaines animations des personnages (notamment lorsqu'ils courent) qu'on sent qu'on reste quand même sur PS2.
Bref. Si tu condamnes Silent Hill 2 pour ces travers-là (qui pour moi n'en sont pas), alors c'est vrai que le reste du paysage vidéo-ludique doit te paraître bien fadasse. Quoi qu'il en soit, je ne comprends toujours pas ce que vient faire cette perle dans ton article.
14/02/2012, 19:39
Oui, c'est comme The Dark Knight, c'est pas forcément un bon exemple non plus car tu dois pas le regarder pour les mêmes raisons à 12 ans et à 22.
Mais Silent Hill 2 pour moi, et le survival-horror de cette époque, ce sont d'abord des jeux que je trouve très déficient au niveau du gameplay, avec une peur qui repose trop sur une maniabilité pénible. Silent Hill 2, niveau scénario, c'est surtout la forme qui me dérange, cette mollesse complète de la mise en scène. Rien que le début où le gars met 5 minutes à sortir trois phrases sur une image fixe, je supporte pas ^^
14/02/2012, 20:23
14/02/2012, 21:04
Je crois qu'il faut simplement arrêter de se poser ces questions et aimer ce que l'on aime, sans chercher l'approbation à tout prix. Quand on vit en société, en compagnie des autres, on a pas la possibilité d'être entièrement nous même. Je bosse dans la fonction publique et ça ferait mauvais genre vu mon poste de ramener mes goodies mangas/jeux vidéo/ciné au bureau. Mais dans mon espace privé, je ne me pose pas de question : je profite de ce que j'aime, je suis moi-même.
L'important, je crois, c'est d'être ouvert d'esprit et de ne surtout pas se poser de barrières, surtout comme celles-ci !
14/02/2012, 23:38
Le vrai souci vient surtout du fait que les gens - et ce en général - ont beaucoup de mal à remettre en question l'univers qu'ils ont appris à aimer et donc à donner une espèce de coup de pied dans la fourmilière qui les entoure. Remettre en question leur façon de vivre, leur regard, ce qui les définie en somme, peu de personnes en ont l'envie et/ou le courage. La plupart préfère se complaire dans un univers qui leur est familier... ce qui au final les empêche tout simplement d'évoluer, de mûrir, de grandir justement.
Hors l'homme a un besoin vital d'évolution. S'empêcher de grandir uniquement parce qu'on a peur de changer et de ne plus penser comme avant, de ne plus voir les choses de la même façon, de perdre son univers, ses repères c'est à mon sens la pire des erreurs à faire. Il ne faut pas hésiter à bazarder ce qui nous définissait avant si cela nous empêche d'avancer et d'évoluer. C'est en tout les cas mon intime conviction !
Mais bon j'ai eu une journée difficile, je suis crevé et j'ai donc aussi pu dire beaucoup de conneries.
15/02/2012, 00:02
Toujours est-il que je constate un phénomène très simple : je m'assume tel que je suis, en société ou sur mon lieu de travail. Et comme je suis partiellement autiste, c'est forcément déstabilisant pour les personnes en face, parce que je ne cherche pas, justement, à paraître "adulte", au contraire. Du coup, généralement, il y a d'abord une phase de regard désapprobateur, avec réflexion du genre "mais tu es un vrai gamin, toi !". Puis, comme je ne change pas mon fusil d'épaule pour autant et qu' côté de ça, j'assume (plutôt bien) les tâches complexes qu'on me confie, on finit... par m'emboîter le pas. Timidement d'abord, puis avec plus de conviction. Quelle que soit la génération, d'ailleurs... Comme si mon attitude faisait tâche d'huile. Mais elle ne change pas les gens, ce serait prétentieux de penser ça : elle donne juste une opportunité de s'exprimer à certaines choses sous-jascentes qui existent chez chacun, mais que ce même chacun refoule allègrement.
Après, pour chacun de mes choix, chacune de mes attitudes, etc, si infantiles soient-elles, je suis en mesure de les justifier à grands renforts d'arguments mûrement réfléchis, ce qui me permet d'être tout à fait à l'aise dans mes chaussures par rapport à tout ça. Parce que lire One Piece ne m'empêche pas de lire Nietzche, et vice versa. De même qu'Arté n'est pas une chaîne plus intelligente que TF1, si on se contente de la regarder bêtement.
15/02/2012, 14:15
Je n'ai pas répondu à ton premier message car il me semblait à côté du sujet, mais comme tu persistes ^^
Je m'en fous totalement du paraître. Je me pose la question par rapport à ce que nous sommes. Et je trouve que culturellement, la trop grande place accordée à l'enfance et l'adolescence, en plus de sa qualité souvent médiocre, ne permet plus d'évoluer intellectuellement, ou beaucoup plus lentement. On reste plus longtemps dans des univers fictifs, imaginaires, grossiers, et on est moins préparé à la vie réelle car on n'a pas les bons outils.
Et tout y participe. Le cinéma de divertissement qui est de plus en plus débile, le jeu vidéo, l'explosion du manga, Internet où tu collectionnes 200 amis sur Facebook.
C'est peut-être réactionnaire, mais quand je vois des types de mon âge habillés en ados, avec des crêtes sur la tête, avec des figs de superhéros dans le salon, ça me fait pitié. Et lorsque je joue aux jeux vidéo, que j'aime ça dans l'idée mais qu'en même temps je supporte de moins en moins sa débilité profonde, je me pose aussi des questions. Pourquoi j'arrive pas à y mettre un terme définitif, et à investir dans une activité plus enrichissante ?
Citation
Quand tu es tout seul dans ton coin tu n'es personne. C'est en compagnie des autres qu'on se définit. Et si tu fais pas de différence entre un enfant et un adulte, je vois pas trop sur quelles bases on peut discuter...
Citation
En même temps quand tu es né dans la secte du divertissement, t'as des années de formatage intellectuel derrière toi. Pas facile de retirer de si vieilles oeillères.
15/02/2012, 19:23
Ca c'est un sujet qui divise les philosophes : est-on quelqu'un sans les autres ? Débattre de ça nous écarterait trop du sujet (et pour dire vrai, j'ai la flemme) donc passons...
Pour la différence "enfant-adulte", je te posais justement la question sur ce que tu définissais comme "adulte". Aucun critère objectif ne définit ce qu'est être un adulte. L'âge ? La majorité est différente selon les pays. La maturité ? Un critère subjectif : on est toujours le "con" d'un autre. Certains groupes ont des "cérémonies de passage à l'age adulte" mais là encore, elles sont différentes.
Au final, je suis d'accord avec toi : si tu ne définis pas la différence entre enfant et adulte, on ne peut pas discuter.
Mais à mon sens, "être adulte" reste un concept culturel et la culture évolue. Ce que tu trouves "mature" aujourd'hui était peut-être considéré comme de l'immaturité hier et inversement. Donc au lieu de se poser des questions, autant rester soi-même autant que l'on peut et apprécier pleinement sa vie.
15/02/2012, 19:38
Après, l'idée de mûrir est clairement subjective suivant l'individu concerné.
15/02/2012, 20:54
Avec le temps on acquiert de l'expérience, de la maturité, du contrôle de soi, et nos goûts évoluent et deviennent plus fins, nos sentiments sont moins puissants, mais plus profonds, la vie se charge aussi de nous donner des responsabilités, et on finit aussi par comprendre, au contact des enfants, certains comportements de nos parents qui à l'époque nous exaspéraient. C'est la somme de tout ça qui fait qu'on devient adulte, même si certains ne le deviennent jamais.
Si tu vois pas de quoi je parle, je ne peux rien faire de plus.
Et être le con de quelqu'un d'autre, ça ne veut pas dire que cet autre a raison sur ton cas.