"Metal Gear Solid c'est un monument du jeu vidéo" Ah oui?
Je ne me permettrai pas de polémiquer bêtement sur cette affirmation mais elle me permet d'ouvrir sur une problématique plus générale : qu'est-ce qu'un bon jeu?

Vaste question, tellement subjective. Cela dit, il existe des critères suffisamment quantifiables pour être discutés : narration, qualité graphique, immersion, ambiance visuelle et musicale en font partie. Metal Gear Solid, par exemple marque des points dans toutes ces catégories, c'est indéniable. Mais le gameplay?
J'ai rebranché récemment Metal Gear Solid (1998) ou encore Shenmue (1999) considérés, à juste titre, comme des opus majeurs du jeu vidéo. Visuellement ca à vieilli, mais on leur pardonne et c'est normal. Par contre, l'ambiance est toujours là, l'écriture scénaristique est toujours appréciable, l'immersion est de qualité. Et le gameplay alors? Pourquoi devrait-on leur pardonner aux "vieux" jeux d'être aussi rigides et frustrants? Car c'est indéniable, on ne peut pas dire que les commandes soient réactives. En revanche, prenez Super Mario Bros qui date de 1985, sa maniabilité n'a pas pris une ride, ca réagit au quart de tour, c'est vif et précis; bref, on s'éclate toujours. Et c'est notamment pour ça qu'il est un monument du jeu vidéo. J'ai pris ici quelques exemples mais on pourrait illustrer avec bien d'autres jeux; mon but est plutôt d'aller dans le fond des choses.
L'argument du réalisme ne doit pas excuser les carences du gameplay. Pourtant, on le pardonne trop facilement, face à des arguments esthétiques ou narratifs.
Car chaque nouvelle génération nous aveugle par ses claques graphiques, ou ses trouvailles scénaristiques. Mais il ne faut pas oublier les points importants du jeu vidéo : l'interaction, d'où nait le plaisir. (ceux qui ont connu Hugo Délire sur FR3 comprendront où je veux en venir)
L'édito de JulienC sur Shadow of the Colossus m'a conforté dans ma réflexion. Car là aussi, il y a à redire. Personne ne peut nier le fait que les contrôles sont assez hasardeux sur le dos d'un colosse. On sait ce que l'on doit faire mais on ne sait pas pourquoi ça ne fait pas ce qu'on voudrait. Et la frustration apparait. Et pourtant, Shadow of The Colossus a une aura incroyable qui ne peut laisser de marbre.
On pourrait me répondre qu'un Mario de l'époque, c'était plus réactif car plus simple techniquement. Mais c'est justement là que doit se trouver l'intelligence des développeurs. Savoir palier la frustration, même si le jeu tente de reproduire des mouvements réalistes dans des univers richement travaillés. Prenons des jeux actuels pour analyser cette question, un Uncharted ou un Assassin's Creed par exemple. C'est graphiquement poussé, les animations sont très complexes et pourtant ca réagit très bien, du moins on en a l'impression. Car même si les sauts sont assistés, on a la sensation que le personnage fait ce qu'on lui demande. L'illusion (de Drake!) fonctionne, le plaisir est là.
Alors oui, je critique des jeux comme MGS, Shenmue et bien d'autres monuments de ce medium que l'on aime tant. Alors oui, je n'ai pas joué à la sortie de ces jeux là (j'étais à cette époque sur N64); je n'ai donc pas connu l'excitation de la découverte de ces titres qui ont révolutionné le genre, chacun à leur façon. Mais en même temps, je n'ai pas le regard biaisé de la nostalgie.
Pour conclure cette analyse d'un vieux trentenaire à qui on n'a rien demandé, on peut en tirer quelques leçons. Un peu comme les éditos de Rahan qui permettent de réfléchir à notre divertissement préféré, il faut savoir prendre du recul et essayer de regarder le passé sans ses yeux nostalgiques pour bien apprécier les choses. On a le droit d'avouer, avec le temps, qu'un jeu qu'on a adoré se révèle être moins attractif aujourd'hui. Non, ce n'est pas honteux. Par ailleurs ca permet de mieux visualiser le panorama du jeu vidéo dans sa globalité et d'en voir s'en détacher encore mieux les jeux qui ont marqué leur passage. Ce regard permet aussi d'éviter les écueils du "c'était mieux avant". Car oui, chaque génération de jeux apporte toujours plus de trouvailles, ce qui renforce le plaisir de jeu. Dans la mesure où la jouabilité reste un élément central dans la conception d'un jeu.
Pour compléter cette analyse, je vous conseille cet article de Barre de Vie, des plus intéressants. Il aborde un autre aspect du gameplay, son lien par rapport aux contrôleurs de jeu.
07/01/2012, 20:12
07/01/2012, 21:22
On a le droit de ne pas aimer et ne pas adhérer à quelque chose, ca ne rend pas cette chose inexistante pour autant juste mauvaise selon nos goûts.
08/01/2012, 10:30
08/01/2012, 15:13
Pareil, c'est pour ça qu'avec le recul j'ai une grande tendance à trouver les vieux survival-horror particulièrement nazes niveau gameplay, ou que Sonic est en fait surestimé (Mario c'était vraiment le cran au-dessus).
Par contre MGS je trouve que ça vieillit plutôt bien.
Assassin's Creed c'est assez pourri à contrôler, il va vieillir très mal. Nous on y arrive car c'est un jeu actuel, mais c'est approximatif et les combats sont nuls.