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Interview : Rurik Sallé (Mad Movies, Fugu Dal Bronx, + ou - Geek et bien plus !)
est à vous

Interview : Rurik Sallé (Mad Movies, Fugu Dal Bronx, + ou - Geek et bien plus !)

On parle journalisme, cinéma, musique et jeu vidéo
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Par Parker32 - publié le
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Tout vient à point ! Voici enfin venue cette magnifique interview, promise depuis un petit moment déjà. Une bonne interview pleine d'amour, d'humour et de joie que je vais partager avec vous. Mais qui est Rurik Sallé ? Il répondra mieux que moi à cette question mais je vais tout de même vous rafra

Cinémad-Panoramad :

Tout d'abord Cinémad et Panoramad, deux émissions présentés par le sieur Rurik Sallé. Deux émissions pour présenter les films Mad du moment  que ce soit en France ou au States mais aussi parler du box office. Deux excellentes émissions donc. Le tout est traité avec beaucoup d'humour aussi. 

+ ou - Geek :

Emission mensuel traitant de l'actualité Geek. Ciné, Série, manga, Bd et jeux vidéo. Chaque section bénéficiant de son chroniqueur. Notez que la section jeu vidéo est animé par le Joueur du Grenier ! Encore une fois, pour voir les émissions, allez faire un tour sur le facebook de l'émission ! Allez ! 

Fugu Dal Bronx :

On parle musique maintenant ! Je vous renvois à mon ancienne parenthése musicale ainsi qu'à la dernière partie de l'interview pour en savoir plus ! 


Commençons ! 

 

- Peux tu nous présenter déjà un petit peu ce que tu fais à l'heure actuelle pour que chacun puisse te situer ?

 


 

A l’heure actuelle, je suis en train de taper sur un clavier d’ordinateur portable. Oui, car aujourd’hui les stylos n’existent plus. Ca fait chier tout le monde, les stylos. Le papier c’est old-school, les ratures c’est ringard... Pourtant, moi j’aime. J’aime les stylos, et surtout le papier. D’abord, parce que ça pollue (enfin je ne sais pas, mais j’éspère), mais surtout parce que ça permet d’abattre les arbres, et je n’aime pas les arbres. Qui aime les arbres ? Les arbres, c’est con. Avez-vous déjà essayé de parler à un arbre ? Il ne répond rien. Certains  diront que c’est parce qu’il est sage, mais non. C’est parce qu’il est con. C’est parce qu’il ne sait rien. Un arbre, c’est comme de l’emmental, c’est vide.

 

Un arbre ne saurait même pas présenter mes activités, non plus. Remarquez, difficile de lui en vouloir, parce que je ne parle pas aux arbres. Comment serait-il au courant, alors ? Je suis acteur, et compositeur. Pour le côté média, je suis journaliste pour la presse papier spécialisée (Mad Movies et Impact, mais aussi des participations à d’autres mags, musicaux et autres), et présentateur (« Cinémad » et « Panoramad » sur Mad-Movies.com, et chroniqueur pour « + ou – Geek » sur Vosges TV et Dailymotion). Sous la torture, et si vous insistez poliment, je mangerais même des choux de bruxelles froids.

 

- Comment as tu été amené à faire du journalisme ?


Je crois bien qu’on m’avait amené en taxi. Hors de question de venir en métro, ça me rappelle mes racines populaires, alors que je fais tout pour me rapprocher de la haute bourgeoisie, ses perruques, ses rires de convenance, ses partouzes à Versailles. Tout petit, d’ailleurs, je portais des chemises à jabot, des boucles de ceinture en or massif, et je faisais des fanzines. Dès l’âge de 7 ou 8 ans. J’ai continué à faire des fanzines au collège, puis au lycée, puis à la fac. J’ai toujours écrit, des critiques, des textes, des histoires.... Vers 16 ans, j’ai fait de la radio sur Radio Beur, une émission hebdomadaire. J’y parlais de cinéma, on recevait des gens comme Michel Field, Smaïn, Alex Metayer, Patrice Drevet... On est même partis au festival de du film américain de Deauville. Il y avait là Sharon Stone, avant Basic Instinct ! Et puis un jour, bien des années plus tard, j’ai proposé à Alain Schlockoff, qui est rédacteur en chef de L’Ecran Fantastique, de participer à Toxic qu’il venait de relancer. Toxic, c’était le penchant « extrême » de L’Ecran. Je lui ai envoyé quelques critiques pour qu’il voie un peu, et je lui ai parlé du temps que j’ai passé en Asie. Il a été enthousiaste, et m’a proposé une rubrique de deux pages dans chaque numéro sur le cinéma asiatique ! J’étais aux anges. J’ai ensuite écrit parallèlement dans L’Ecran Fantastique, et je crois bien que mon premier papier dedans était une preview du Talisman, de Peter Pau avec Michelle Yeoh, que je venais de voir à Shanghai.

Je me souviens de deux anecdotes marrantes à ce propos. Ca va vous faire chier, mais c’est pour votre bien. D’abord, lorsque je me suis retrouvé devant le ciné à Shanghai, les mecs qui étaient là m’ont fait signe de rentrer dans la salle, et j’ai vu qu’il avait commencé. J’étais étonné : la première scène mettait le paquet au niveau des effets spéciaux... Mieux : tout le monde y crevait, ou presque ! Je ne comprenais pas très bien... Sauf que le film s’est terminé 15 minutes plus tard. C’était la fin de la séance d’avant, et ils m’avaient fait rentrer ! Ah les enfoirés... Ahah ! L’autre anecdote, c’est que j’avais remarqué le bras droit principal du méchant du film, un occidental qui se cognait avec grande virtuosité contre Michelle Yeoh. Je me suis dit « C’est qui ce con de blanc ? ». Il m’avait vraiment marqué. C’était Manu Lanzi, futur chorégraphe de A l’Intérieur, Vertiges, Mutants, Captifs, Livide, adversaire de Jet Li dans Danny The Dog... Et aujourd’hui c’est devenu un ami, un mec que j’adore, et qui m’entraîne au combat depuis plus d’un an ! Parfois, je me dis que les coïncidences de la vie sont étranges.

En parallèle à L’Ecran Fantastique, j’ai rejoins les rangs de Hard n’ Heavy. Une sorte de Mad Movies de la musique, le meilleur mag de metal en France. Une maquette incroyable, un esprit libre, drôle, et droit, avec une vraie ligne éditoriale... C’était un magazine rare, et pour moi comme une famille. 90% de l’équipe est encore pote aujourd’hui, c’est dingue. Il y avait des mecs brillants dans ce magazine. On a fait tellement de conneries... On avait notre coin backstage au Hellfest, y’avait Anthrax qui venait faire des photos chez nous, Dani Filth qui venait faire une interview croisée avec Biff de Saxon, les mecs de Envy... J’ai vécu des moments fabuleux avec ce mag, comme les autres de la team.

En plus de tout ça, j’ai écrit pour des mags comme Rock One, Rock Sound, L’Echo des Savanes, Asia Pulp. Et puis un jour, j’ai rencontré l’équipe de Mad Movies, et ça a tout de suite collé entre nous, naturellement

Un peu plus tard, je suis devenu rédacteur en chef de Hard n’ Heavy. C’était vraiment une période géniale : rédacteur en chef du meilleur mag de metal français, et rédacteur au sein de Mad Movies, je ne pouvais pas souhaiter mieux ! Malheureusement, l’éditeur de Hn’H a arrêté toutes ses publications, alors le mag a disparu et n’est jamais réapparu.

Enfin bref, c’était quoi la question, déjà ? Ah oui, comment je suis arrivé au journalisme... Je ne sais pas. Pour moi les choses sont naturelles, je ne me dis pas « je vais aller là, ou là. », je me contente de suivre simplement mes envies, mes passions. J’ai toujours écrit, et le cinéma et la musique sont mes passions. Je fais les trucs avec sincérité, toujours. Vous voyez, je n’ai rien à renier de ma période journaliste, pas un seul mag auquel je regrette d’avoir participé . Je n’ai jamais vendu mon cul, ou fait quelque chose auquel je ne croyais pas. Le jeu n’en vaut pas la peine. Enfin, vendre son cul, ça peut être sympa, mais je ne l’ai jamais fait. Par contre, parfois je le montre gratos !

 - Et pourquoi Mad ?

Et là, j’aurais pu dire « pourquoi pas » ? Mais ça ne résumerait pas l’histoire. Non. Mad Movies, c’est avant tout un attachement sentimental. C’est un mag à part. On ne lit pas « une revue de ciné » quand on lit Mad, on lit Mad ! J’enfonce des portes ouvertes en disant ça, mais bon... Je lisais Mad Movies et Impact quand j’avais 15 ans. C’était en 1948. Ca fait longtemps, ça vous installe une histoire, ça. Ca vous marque.

- En quoi consiste ton travail dans Mad Movies ?

Il consiste essentiellement à vérifier que Mathieu, notre graphiste (et cadreur/monteur de Cinémad et Panoramad), arrête de fumer. Je n’y arrive pas, il n’a jamais autant fumé. Alors je me rabat sur Julien Sévéon, que j’essaye de dégoûter de l’Asie, mais je n’y arrive pas non plus : au bout de 36 secondes, on parle des Shaw Brothers. Du coup, je rédige parfois des critiques, des dossiers, fais des interviews, et présente Cinémad et Panoramad toutes les semaines. Lorsque je pars dans des festivals à l’étranger, je ramène aussi souvent des images. Je monte alors moi-même des émissions spéciales, comme celles tournées en Corée pour le festival Pifan, à Hong Kong pour le Filmart, ou alors l’interview de Alice Cooper filmée au Hellfest.

-  Je suppose que c'est la passion qui t'a amené à te tourner vers le cinéma de genre, est-elle toujours présente ?

Non, je n’ai plus de passion. Je n’ai plus de vie sexuelle non plus. Je ne mange presque plus, et je vote pour des candidats qui ne se présentent même pas aux élections. En 2007, j’ai voté Pompidou. Je ne sais même pas qui c’est. Je n’aime pas le cinéma, ni la musique, ni toute forme de création. Vous souvenez-vous de ce que dit ce vieux Goebbels, que lorsqu’il entend le mot culture, il sort son revolver ? Je pense pareil. La culture, c’est de la merde. Les livres, comme énoncé plus haut, c’est juste intéressant car ça permet la déforestation, et donc la destruction de certaines espèces animales.

Le cinéma de genre ? Mais qu’est-ce que le cinéma « de genre » ? C’est comme la « musique indé ». C’est quoi ça ? Ca décrit quoi ? Une appartenance à une major, ou non ? C’est nul. En ce qui concerne le cinéma, tout est un genre. La comédie est un genre. Le film à costume, le polar... Et puis a t-on besoin de classer ? Moi j’aime le cinéma, comme j’aime la musique. Je peux regarder un Kim Ji-woon, puis un Godard, puis un Carpenter, puis Argento, puis Dumb and Dumber. Mais bien sûr, je comprend ce qu’on appelle le « cinéma de genre »... Mais je n’ai pas d’affection particulière pour ce cinéma-là, car je l’aime autant que « l’autre ». D’ailleurs, je refuse d’opposer ce qu’on appelle les films de « deux-pièces cuisine » tournés à Paris, et le cinéma « de genre ». Le cinéma, c’est le cinéma. Il n’y a pas d’échelle de valeur entre les « genres », et tous peuvent co-exister. Au contraire, il faut croiser les familles, il faut être cannibale, et se nourrir les uns des autres pour grandir. Ca aère, ça fait vivre, ça offre des perspectives. Regardez Lynch, il plait à tous, il s’en fout d’appartenir à un genre ou un autre. Carpenter fait du fantastique qui ressemble parfois à des westerns. Quentin Dupieux, l’un des réalisateurs français les plus intéressants, aime Massacre à la Tronçonneuse et il fait Rubber.. J’aime les surprises, les prises de risques. Mais j’adore aussi des trucs comme Piranha 3D, par exemple. C’est, pour moi, la quintessence du film drive-in : tout ce qu’il promet, il le donne. Du cul, du sang, des injures, des conneries, du rire. C’est créatif, c’est vivant, c’est fou. Voilà, je pense, un film très honnête.

- Quel regard portes-tu sur le cinéma d'aujourd'hui ? Trop de remake ? C'était mieux avant ?


C’était mieux avant, bien sûr. Avant, c’est toujours mieux. Avant, tu étais encore vierge, tu rêvais aux femmes nues. Tu les imaginais magiques, féériques, et maintenant tu sais qu’elles sont comme toi, sauf qu’elles n’ont pas de bite. Que reste t-il de tes rêves, petit homme ? Monte en haut de la montagne, regarde l’horizon, plonge tes yeux dans les nuages, et tu trouveras la solution. Tu te diras que les remakes, en général on s’en fout. Les gens (tu sais, ces étranges créatures...) disent « mais pourquoi font-ils un remake de ce film.... ?? ». Mais pour faire de l’argent, ma petite dame... Ne le saviez-vous pas ? Il y a des cons qui se disent « On ne va pas se faire chier, on va refaire un vieux film qui a marché, parce que ça veut dire qu’il marchera à nouveau, et en plus on va vraiment pas se faire chier parce qu’il est déjà écrit ». Hitcher, Prom Night ou Fog, c’est vraiment de la merde en barre Leader Price. Meurtre à la Saint Valentin 3D, c’est pas terrible non plus. Maintenant, il y a aussi beaucoup de remakes corrects. The Grudge est meilleur dans sa version US, je trouve, puisqu’il apporte une dimension décalée en amenant cette américaine au Japon. L’original est très mal joué. Et puis parfois, des remakes sont très intéressants car ils ressemblent à des variations sur un même thème, un peu comme les morceaux de Beethoven sont repris par 56790 orchestres de par le monde. L’Armée des Morts est un très bon remake de Zombie, on peut même parler de nouvelle version. Tout comme The Thing de Carpenter, chef d’oeuvre hallucinant, est une nouvelle version du film de Christian Niby des années 50. Dans le genre réussite rare, il y a aussi Body Snatchers : le premier remake, celui de Kaufman, est un chef d’oeuvre absolu. Celui de Ferrara est intéressant. Celui avec Kidman est relou, mais bon... En fait, le seul intérêt d’un remake est de réadapter le film original pour en faire autre chose. Sinon, ça n’a pas beaucoup d’intérêt artistique.

Au niveau du regard que je porte sur le cinéma aujourd’hui, je dirais qu’il n’est pas meilleur ou moins bon qu’il hier, il est juste différent, et reflète son époque. On sait davantage, on a davantage accès à ce qui a été fait. Des mecs qui avaient vu 3000 films, je ne pense pas qu’il y en avait beaucoup dans les années 60. Alors forcément, ça donne parfois un cinéma de la citation, un cinéma de l’hommage, ce qui m’emmerde royalement. Je m’en fous des hommages et des citations. Ce qu’il faut, c’est continuer à avancer, inventer. Que feront les cinéastes dans 30 ans, s’ils s’inspirent de films qui passaient leur temps à citer et à faire des hommages ? Ca fera comme les enfants consanguins, ça fera des films mutants. Des films qu’il faudrait 6 yeux pour les regarder. Des films avec 12 scénarios, mais aucun qui vaille le coup. Halte là ! C’est important d’avoir une culture, quoique finalement, ça ne soit finalement pas si indispensable. L’essentiel, ça n’est pas la technique, ça n’est pas la connaissance. L’essentiel, dans la vie comme dans l’art, c’est la sensibilité. Je l’ai lu dans un carambar.


 - De plus, même les grands noms du cinéma d'horreur/fantastique commencent à perdre en crédibilité, comme Argento ou bien Carpenter et son décevant The Ward, le cinéma de genre est-il en perte de vitesse ou n'est-ce qu'un cruel manque d'imagination ?


Ah, je pense que je t’ai répondu un poil, déjà, avec ces histoires de citations permanentes... Pour ce qui concerne Argento et Carpenter, ce sont des cas particuliers. D’abord, ils sont âgés. Ils ont donné, beaucoup, des films qui font partie des plus belles choses du cinéma. Ca n’est pas rien... Mais Carpenter est à mon avis un peu désabusé, et pense à sa tune. De gauchiste (They Live), il est passé à capitaliste. C’est lui qui le dit. Il parle se sa nouvelle piscine... Un grand nom du fantastique américain que je ne nommerais pas m’a confié que Carpenter passait maintenant son temps devant sa télé géante à regarder du basket. Argento, lui, il est fatigué. Quand il prenait de la drogue, quand il avait 30 ans de moins, il était fou, il faisait des trucs fous. Après, il a commencé à vouloir « faire du Argento », mais sans l’âme, sans l’impulsion. Et puis il n’a, me semble t-il, aucun recul sur ce qu’il fait. Quand c’était incarné, ça donnait des folies incroyables. Aujourd’hui, c’est parfois douloureux.

Pour ce qui est du ciné « de genre » dans son ensemble, je ne pense pas qu’il y ait de perte de vitesse. Quand je vois Enter The Void, Rubber, Vorace ou Machine Girl, je sais que rien n’est perdu ! Je pense, comme je l’ai dit plus haut, que cette mode de la citation est un écueil sans intérêt, mais heureusement il reste des gens qui ne sont pas du tout là-dedans.

Par contre, et là le problème est plus profond, je pense que le public est de plus en plus ramolli. On ne peut pas lui en vouloir non plus : la télévision et les magazines offrent, pour certains, des trucs de plus en plus abrutissants. De plus en plus cons. La connerie a toujours existé, la manipulation, la bêtise, évidemment. Mais on est tombé beaucoup, beaucoup plus bas, en ce qui concerne l’éducation, la culture, la tolérance. Les grands médias, aujourd’hui, n’aident pas le public à être clairvoyant, exigeant. Du coup, le public ne donne pas beaucoup de chances à la nouveauté. Regardez ce que dit Philippe Lefait, qui anime « Les Mots de Minuit », sur France 2. Il parle de son émission, certes assez poussée culturellement, comme l’un des derniers refuges de la culture à la téloche. Il n’a pas tort. Et elle passe à 1h du mat’ ! On a une multitude de chaînes, plus que jamais, et pourtant peu d’émissions innovantes. Mais attention, je ne dis pas « c’est foutu... Tiens, je vais reprendre un verre de rouge. » Non ! C’est un passage. Les époques changent, mais elles reviennent aussi. La France s’était droitisée à l’extrême il y a peu. Elle n’est pas encore revenue à gauche (qui s’est aussi droitisée, comme le disait avec justesse Mélenchon), mais elle est quand même revenue de certains excès ultra-capitalistes. Je pense que rien n’est jamais perdu, jamais, ni politiquement, ni culturellement, ni amoureusement, ni rien. Même les cheveux !

- Comment expliques tu ce "dédain" pour le cinéma d'horreur français actuellement ? Alors que beaucoups de ces films sont plutôt bons, à l'intérieur, La horde où même les premiers Aja.

Quand j’étais en CM1, les gens disaient déjà la même chose dans la cour d’école : « c’est un film français, c’est de la merde ». Ahah, mais c’est vraiment con ça ! Je pense que c’est très français, aussi. On est très, très critique sur ce qu’on fait. En même temps, il y a un paradoxe, parce qu’on est aussi très fiers... Mais je n’ai jamais vu, dans un autre pays, un tel rejet, une telle moquerie de sa propre culture. Pourtant, le cinéma français est un cinéma hallucinant. Hallucinant ! Godard, Clouzot, Chabrol, Tavernier, Yves Boisset, Alain Jessua, Verneuil, Jacques Audiard, Kassovitz, Dupieux, Gaspard Noe, Patrice Leconte, Yann Kounen... Regardez leurs films, tous très différents, ces mecs utilisent des codes « de genre », font des films dramatiques, drôles, fous, intelligents... A l’Intérieur est un film intense. Martyrs est un film stupéfiant, droit, et d’une maîtrise technique incroyable. Maléfique est vraiment réussi, Haute Tension fonctionne totalement, et j’aime beaucoup le suspense de Ils. Le dédain, je l’explique par ce côté « français = merde » qu’a le public, mais aussi parce qu’en France, le cinéma est considéré comme un art et pas un business. Ca n’est pas toujours vrai, évidemment, on peut trouver mille exemples du contraire, mais aux USA ils ont ce réflexe de faire des films pour le public, et pas pour satisfaire la vision d’un auteur. Evidemment, ça a ses limites parce que les films deviennent souvent de simples produits, mais en échange le public va au cinéma comme il va à la fête foraine, pour s’amuser. En France, « populaire » et « culturel » sont deux termes qui n’ont jamais bien fonctionné ensemble, dans la tête des gens. Le preuve, c’est que lorsqu’un film devient un triomphe, beaucoup de gens vous diront que c’est de la merde, sans même l’avoir vu. Juste parce que c’est populaire.


Les films que j’ai cités, Martyrs, A l’Intérieur, sont des films qui ne caressent pas le spectateur dans le sens du poil, même celui des couilles. Ce sont des films intègres mais durs, très durs, très violents, très éprouvants. Les Saw aussi, mais les Saw sont aussi très entertainment. Pas A L’Intérieur et Martyrs, qui restent très extrême. On ne peut donc pas s’attendre à ce qu’ils fassent 500.000 entrées. Par contre, le ciné « de genre » français n’ayant pas réussi à créer une lignée, après le triomphe du Pacte des Loups, ou les succès de Promenons-nous dans les bois ou Haute Tension (qui réussissait à être intègre  et  tourné vers le public, d’ailleurs), le public ne fait pas encore confiance aux films « de genre » français. Pour lui, ça va être chiant. Le grand public français veut rêver, il veut de l’Amérique, il veut du dépaysement. Pour une comédie, voir son voisin de palier marcher dans la merde, ça le fait rire. Pour l’horreur, le grand spectacle, le mystère, il préfère l’Amérique.


Mais ça va changer, par exemple si on aligne quelques jolies réussites, quelques réussites flagrantes. Si elles ont un vrai retentissement réel à l’étranger, alors la France commencera à se poser des questions, peut-être, comme le Japon l’a fait pour Kitano, dont les films ont marché à l’étranger (notamment en France !) avant que le Japon ne s’y intéresse. Il nous faut produire des films réussis, des idées intéressantes, et surtout ne pas perdre notre personnalité. Essayer de jouer l’americano, c’est ringard, et ça marche pas. Nous sommes français, nous avons une personnalité et une histoire qu’il faut creuser pour que le public aime le cinéma « de genre » français, qu’il cherche à retrouver cette couleur particulière, et qu’il ne le considère pas comme un cinéma américain raté.

 

 

 

Deuxième partie, le journalisme, l'évolution du média :

- Journaliste depuis un moment, comment vois tu l'évolution des médias de ton côté ? Le métier de journaliste ne doit plus trop être le même qu'avant non ? 

Je te l’ai dit, c’était mieux avant ! Tout est mieux avant. Avant, les morts étaient encore vivant, et les cons n’étaient pas nés. Avant, le net n’existait pas, et la presse radio/papier/télé avait du poids. On ne s’improvisait pas journaliste, et les places étaient chères... Aujourd’hui, tu peux faire ton propre site. Ca démocratise. Ca ne veut pas dire que tous les sites sont bien, et il y en a tellement que c’est sans doute le bordel. Mais en même temps, tu peux avoir une voix, alors que tu n’es pas connu, que ça n’est pas ton travail officiel, que tu n’as pas la tune qu’il faut pour lancer un canard. Aujourd’hui, tout le monde peut être entendu aux quatre coins de la planète, c’est pas mal. Donc en ça, le métier de journaliste a changé. Aujourd’hui, le côté « journaliste » ne suffit plus pour séduire les femmes. Il faut en plus que tu appartiennes à un organe de presse prestigieux, sinon elles s’en foutent. Ou que ton organe à toi soit prestigieux. Mais seul Dieu décide du prestige qu’aura ton organe. Je tiens d’ailleurs à le remercier. 

 

- Comment vois tu Internet ? Une évolution ou ce qui a un peu "tué" le marché ? On voit beaucoup de revues mourir à cause de ça, pas assez de ventes, la gratuité du net brisant l'envie de payer pour ce que l'on trouve sur la toile.

Oui, il ne faut pas se leurrer, le net a tout changé, dans beaucoup de domaines, et pas seulement la presse. La musique, le cinéma aussi. Aujourd’hui, alors que le monde n’a jamais eu autant les moyen de voyager, de s’informer, d’échanger, de communiquer, on s’enferme, devant un ordinateur, un téléphone. Marrant, non ? Regarde tous ces mecs dans la rue, avec leur casque sur les oreilles. Ils sortent, et ils emmènent leur propre environnement. Ils emmènent leur maison chez les autres. Alors que dans la rue, il y a des sons, des discussions, des bruits étranges... C’est enrichissant, mais non, on s’enferme. Ahah !! Comme ça c’est mieux : on peut insulter n’importe qui, il n’entend rien. Voilà qui est bien pratique. 

Et oui, donc, le net a changé les choses. Les grandes revues, celles qui ont une âme, subsistent et résistent, parce que le public n’y cherche pas qu’une source d’info (qu’il aura plus vite, et gratos, sur le net), mais un avis, un ton. Et puis l’objet a encore de la valeur, un peu. Une belle revue, c’est quelque chose qu’une fichier pdf ne remplacera pas de sitôt. Mais d’une manière générale, oui, le net change l’économie, et les générations nouvelles, qui n’ont jamais acheté un cd ni une revue, elles vont sur le net et s’en foutent. C’est pourquoi, pour un objet, la seule manière de subsister est de prendre conscience qu’il n’a plus le monopole absolu, et qu’il faut qu’il séduise le public à nouveau. C’est comme quelqu’un, qu’on appellera Raymond, et qui voudrait séduire une autre personne, qu’on appellera Bleu de Bresse. Raymond est le seul candidat à la séduction, fainéant, et il n’a pas beaucoup de pression. Si Bleu de Bresse veut coucher avec quelqu’un, ça sera forcément avec Raymond. Et puis tout à coup, y’a un car qui débarque, et t’as 56 candidats à la séduction qui débarquent. Là, Raymond, il se dit qu’il va falloir qu’il fasse des efforts pour parvenir à ses fins. Qu’il n’est plus seul, qu’il doit mettre les petits plats dans les grands .

 

-  La presse spécialisée est elle le seul média pour toi à avoir encore de l'avenir ? Se concenter sur un seul domaine pour pouvoir attirer un public bien précis quite à s'enfermer dans un genre pour ne pas la perdre ? 

Oui, la presse spécialisée a encore de l’avenir, parce que la spécialisation demande de la connaissance précise, et ça prend un certain temps d’acquérir ça. Et les passionnés sont des gens qui vont continuer à aller vers la presse spécialisée, parce qu’ils recherchent une presse de référence, exigeante. Mais la presse générale a aussi de l’avenir, si tant est, une fois de plus, qu’elle trouve sa voie et sa voix, qu’elle se donne une raison d’exister. Qu’elle propose un regard qui est le sien. L’info est à portée de main, alors il faut pouvoir donner un point de vue personnalisé, un ton unique, pour sortir du lot. Je pense que l’avenir appartient à l’identité, à l’originalité, à l’imagination. Rien ne peut battre l’imagination, et certainement pas la mondialisation. L’applatissement des différences n’a aucun avenir, et l’inventivité fera toujours la différence. Oui, je pense que Starbucks, c’est le McDo du café, et je n’ai aucune envie de retrouver le même café quand je pars à 12 heures d’avion de chez moi. Je ne vais pas chez le voisin pour retrouver mon salon.

 

- Vois tu l'émergence des podcasts, émissions sur le net comme une alternative ? Un moyen de continuer à informer, parler de ce que l'on aime, autrement que par le mag' spé ? 

Oui, bien sûr, c’est ça. Le souci, c’est qu’on est abreuvé de trucs, partout... T’imagines le délire : avant tu allais chez la vieille en bas, t’achetais ta petite revue, tu lui volais des bombons, tu te masturbais devant les revues de fesses, puis tu partais chez toi manger des frites. Ta vie se résumait à ça, on le sais tous, ne mens pas. Aujourd’hui, tu peux faire la même chose mais la vieille a été remplacée par un jeune avec des cheveux, et en plus tu as tellement de sites internet à visiter que tu sais plus où donner de la tête. C’est fou ce qu’on nous propose. Des centaines de chaînes de télé, des milliers de sites internet... Mais bon, je pense que le but pour chaque podcast n’est pas de conquérir le monde, mais de trouver son public. Aujourd’hui les gens s’échangent les bons plans, les liens, les trouvailles, les choses marchent comme ça, le buzz peut être dans les mains du public, c’est cool. 

 

- Comment imagines tu l'avenir de la presse spécialisé papier dans l'avenir ? Une prochaine disparition ? 

De toutes manières, le monde va disparaître en 2012. Il reste quelques mois pour tout faire. Si vous n’avez jamais essayé la sodomie, c’est maintenant ou jamais ! Pensez-y. La presse papier, elle, a déjà essayé la sodomie, c’est bien. Elle ne disparaîtra pas de sitôt, mais va devenir comme le cd : un objet à petit tirage, pour contenter ceux qui s’attachent encore à l’objet. Je ne la vois pas disparaître, mais devenir une référence un peu « hype » :  

- Aujourd’hui t’as fait quoi ?

- Je suis allée me faire refaire le nez, et toi ?

- Moi, j’ai acheté une revue.

- Ouah, une revue, trop coooool ! Laquelle ?

- Je ne sais pas, mais la couv’ était troooop douce.... Hmmm..

S’ensuit une scène de sexe.

 

- Parle nous un peu de tes projets persos, tu es acteur, musicien, et journaliste ou  j'en oublie ?  :

Tu oublies que je fais de bonnes sauces salade. C’est peut-être un détail pour vous, mais...

En temps qu’acteur, j’ai fait brièvement partie d’un conservatoire dramatique à Paris il ya quelques années, mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais et je me suis cassé. Maintenant, je travaille régulièrement le jeu avec une amie qui est coach. Acteur, c’est une vraie vocation, pas une lubie passagère... Ça fait très longtemps que je le fais en dilletante, et j’ai décidé il y a quelques temps de faire passer cette passion au premier plan. Je n’ai pas de types de rôles préféré, j’aime tout jouer. À travers mon travail avec Manu Lanzi, j’essaye aussi d’apporter au jeu une dimension plus « physique », parce que j’aime beaucoup les scènes d’action. Je viens de tourner un court-métrage fantastique/dramatique dans lequel j’ai le premier rôle, Innocence. C’est un personnage torturé, et j’ai un aussi affrontement assez brutal avec un adversaire. Le tournage était intense, on a tourné cette scène à 23h, il y avait de la poussière partout, c’était sale comme il faut... J’ai aimé aussi jouer des personnages plus farfelus, comme dans Zombinladen ou Bloody Christmas 2. Je rêve de jouer des personnages très noirs, très méchants, comme des choses plus naturalistes, dramatiques ou carrément absurdes... J’ai vu Polisse, c’est un bonheur pour les acteurs, j’aurais adoré faire partie de cette troupe ! Je ne m’impose pas de limites particulières. Qu’on joue ou qu’on fasse autre chose, il me semble qu’il ne faut pas faire les choses du bout des doigts.

 

Je suis effectivement aussi musicien depuis que je suis très petit. J’ai toujours eu des instruments dans les mains, en plus de ma petite flute secrète. C’est assez spontané et d’ailleurs, d’une manière générale, je fais beaucoup confiance à l’inspiration et l’instinct. En tout cas pour ma part, ça a toujours été le moteur d’idées bien meilleures que si j’y avais réfléchi des heures. « L’Imprudence », disait Bashung. J’ai fait beaucoup de musique sur ordinateur, à l’époque de l’Amiga. Il faudrait d’ailleurs que je les foute en ligne un de ces jours, histoire de les faire vivre ! Parce qu’elles ne respirent pas, coincées dans leurs disquettes de plastique bleu. J’ai aussi fait partie de quelques groupes, assez variés, avant de monter mon propre groupe rock Nu Kaiju. J’étais chanteur et guitariste, il y avait un bassiste et un batteur. Le bassiste, Olivier Mezzadri, avait joué quelques années à Los Angeles, dans un groupe appelé Casino Drive. Il avait même joué au Budokan à Tokyo, et auditionné pour Ozzy Osbourne avant qu’il ne trouve Robert Trujillo ! Après Nu Kaiju, je suis parti vers la musique de films, notamment la b.o. d’un long-métrage muet de DW Griffith, « La Conscience Vengeresse », qui est sorti en dvd ici. Ensuite, il y a eu les bandes originales de 13 courts-métrages de Griffith. C’était un truc de fou : 3h30 de musique, composée, jouée et mixée en 20 jours ! Ahah... France 3 les a tous diffusés, certains assez récemment. Je pense d’ailleurs en sortir une sélection en cd bientôt, pour faire vivre les morceaux. C’est une musique un peu étrange, parfois. Cédric Delelée a parlé de la b.o. de La Conscience Vengeresse dans Mad, en citant John Carpenter et le Kronos Quartet. Ca m’a beaucoup touché ! Mais touché quoi ? Ah ça... Coquins...

 

- D'ailleurs en parlant d'acteur, c'est bien toi dans le court métrage sur Zombin Laden ? Un projet avec des amis ? 

Oui, c’est bien moi ! Ou un sosie homonyme ? En ces temps de clonage, plus rien ne devrait nous étonner. Je ne connaissais pas Clément Deneux, le réalisateur, avant le tournage. On s’est rencontrés, on a parlé du projet, et on s’est bien entendu. Clément est un mec cool, et il a du talent. Le tournage s’est partagé entre Paris et Belle-île en mer. On a bien rigolé, notamment avec mon pote maquilleur David Scherer, et en même temps c’était très pro tout ça ! François Reumont, le chef op’, a fait une très belle lumière. Je trouve le film très réussi. Zombinladen a cartonné, on parle d’un million de vues sur internet. Il s’est retrouvé en « une » de Dailymotion, Ecrans, sur le site de Tf1... C’est mérité, parce que le sujet est fou, et le film est vraiment bien foutu.

 

- Tu es aussi le présentateur de Panoramad et Cinémad, peux tu nous expliquer le déroulement d'une de ces émissions ? Préparation, improvisation ? 

La préparation consiste, pour moi, à regrouper les infos, à préparer le sommaire. Une fois que je sais ce dont je vais parler, une fois que j’ai sélectionnées les bandes-annonces, les sujets, c’est de l’impro totale. Il n’y a pas une ligne, en 300 émissions, qui ait été écrite ! On me l’a pourtant suggéré, au début, mais si j’avais écrit mon texte, je me serais fait chier rapidement, les gens aussi, et j’aurais déjà arrêté. Cette émission reste vivante parce qu’elle me fait marrer aussi. Si je me faisais chier, je ferais également chier les gens. Pour moi, c’est autant une émission d’information qu’une performance. Et je pense que c’est aussi ce qui plait aux spectateurs, ce ton libre, vivant, imprévu. Avant une prise, je sais de quel sujet je vais parler, mais je ne sais jamais ce que je vais dire ! 

 

- Tu participes à l'émission + ou - Geek, comment  en es-tu venu à travailler dessus ? 

David Frécinaux, le producteur et animateur de l’émission, connaissait mes émissions sur Mad-Movies.com. De mon côté, j’avais entendu parler de Daroo Productions, sa boite, et je l’avais croisé au festival de Gérardmer lors d’un débat. Une nuit, alors qu’on errait nus dans le bois de Boulogne, un gyrophare de la police nous a éclairés. On s’est reconnus l’un et l’autre, et on s’est fait jurer de ne jamais révéler notre secret. Pour sceller le pacte, nous avons décidé de travailler ensemble sur une émission TV. C’est devenu + ou – Geek, émission mensuelle diffusée sur Vosges Tv et Dailymotion. Oui, Vosges Tv ça fait toujours rire, parce que les gens se disent « ahah, une chaîne qui sent le sapin !! », ou alors « une chaîne locale ? Ahah, mais moi je ne regarde que Tf1 !! ». Et pourtant, une chaîne locale, ça touche des millions de personnes... Vosges Tv est dispo sur la freebox, les Vosgiens la regardent, n’importe qui peut la regarder en fait, et elle a un gros avantage : ses dirigeants sont accessibles, ils ont le matos, des studios, et les projets se font rapidement. J’ai été vachement impressionné de ce qu’ont accompli les gens de Daroo Productions en si peu de temps, sérieusement. Sur une chaîne majeure, ce qui leur a pris quelques mois aurait pris plus d’un an.

 

 - Question geek donc, joues-tu ? Et si oui à quoi ? Un jeu culte ? 

Je ne joue plus beaucoup aux jeux vidéos ! D’abord parce que je n’ai pas l’électricité chez moi, et ensuite parce que je n’ai pas de console. Pourtant, j’adore les trucs comme GTA, Max Payne... Ou même les trucs de guerre. Mais si je commençais à jouer aux jeux, je ne foutrais plus rien. C’est un piège, ça prend des heures et des heures, et j’ai trop de projets dans lesquels je suis ravi de m’impliquer pour pouvoir passer 5h par jour sur des jeux. Mais j’aime bien ! Quand j’étais petit, je jouais beaucoup aux jeux d’arcade dans les salles ou les cafés. Ca coûtait 1f la partie, t’imagines ça ? 1 franc ! 15 centimes d’euros ! A la fin, c’était 2 euros, 12,50f. C’est ce qu’on appelle de l’inflation, ou je ne m’y connais pas. J’ai aussi beaucoup joué sur Amiga. Puis quand c’est devenu trop compliqué, genre « pour donner un coup de pied, tourne à droite, puis gauche, puis haut, puis bas, puis le tout à répéter 45 fois », j’ai un peu laissé tomber. Mais mon rêve était d’avoir une borne d’arcade, une vraie, comme dans les café. Je l’ai réalisé : j’en ai deux ! Avec des trucs mega old-school, comme Vigilante, Shinobi, Double Dragon, Crime Fighters... D’ailleurs, il y a 2h, je me suis fait une partie de Street Fighter II’, mais sur un émulateur sur mon ordinateur. 20 minutes, ça m’a suffi, juste pour voir que j’étais encore capable de botter le cul de cette salope de Ryu avec M.Bison.

 

- Tu me disais travailler pour le prochain film des réalisateur d'à l'interieur, Livide, comment as-tu été amené à travailler pour eux ? 

Je connais très bien Alex et Julien, ce sont de vrais amis. Ils connaissent aussi ce que je fais, comme je connais leur travail. On a parlé de la possibilité que je fasse un morceau pour Livide, et je suis passé au montage voir la scène qu’ils voulaient que j’illustre, celle du pub, où les trois personnages principaux sont en train de parler et s’engueulent. J’ai alors composé le titre « Tonight, Every Night », puis je l’ai enregistré avec deux des musiciens de mon groupe Fugu Dal Bronx : Franck Barraud à la basse, et Marie-Anne Favreau au violon. Un troisième larron, Alexis Cotterau, a joué de la batterie, tandis que j’ai fait la guitare et le chant. La chanson a plu à Alex et Julien, ils ont décidé de la garder pour le film, et elle accompagne maintenant toute la scène du pub. C’est un titre assez mélancolique, mais aussi rock, avec pas mal de parties de violon, un truc assez évolutif. Dans la foulée, ils ont également choisi une autre chanson à moi plus ancienne, qui s’appelle « Croissant’s », et c’est cette chanson qu’on entend à fond lorsque Felix Moati allume l’autoradio quand les trois personnages sont dans la voiture et qu’elle ne démarre pas, et que les trois gosses en masques de Halloween débarquent... Ces morceaux, on peut les trouver en téléchargement sur www.rurik.bandcamp.com. Allez jeter une oreille ! Et allez voir Livide, qui sort le 7 décembre en salles !

 

- Parle nous un peu de ton groupe, Fugu Dal Bronx :


Fugu Dal Bronx qui, en vieux gallois, signifie « mange donc des cornichons, grognasse, et cesse de geindre comme une fougère », est un groupe de rock instrumental, un truc dont je rêvais depuis un moment, et qui regroupe une violoniste (Marie-Anne Favreau, donc), un bassiste (Franck Barraud, donc aussi), un batteur (Paul De Castro), et moi à la guitare. Nous avons aussi Randy aux claviers, mais il n’aime pas trop qu’on parle de lui. Il est curieux, Randy... 

Pour décrire la musique, Franck a l’habitude de dire qu’on joue des chansons, où le violon remplacerait la voix... Le violon, c’est un instrument incroyable. Et Marie-Anne, elle joue vraiment bien ! Le groupe est influencé par le rock, le metal, mais aussi par la musique de film... François Gaillard, réalisateur de Blackaria, m’a parlé de Megadeth en écoutant Fugu. Certains ont cité Goblin... Vous savez, il y a cette phrase : « parler de la musique, c’est comme danser de l’architecture ». Je suis assez d’accord ! J’adore des mecs comme Carpenter, Morricone, Goblin, Kilar, Silvestri pour Predator 2, et des groupes comme Megadeth ou Danzig... Il y a des trucs chez Dimmu Borgir qui sont hallucinants, qui évoquent des images, comme l’incroyable « Kings of the Carnival Creation » par exemple. C’est un morceau délirant. Dans Fugu Dal Bronx, il y a peut-être un peu de tout ça, toutes proportions gardées... Mais une chose est sûre, on ne copie rien, on s’en fout. Les morceaux ne sont pas des citations, et n’ont pas de format pré-établi. Sur notre 5 titres qui sort bientôt, on trouve autant un rock froid, distordu et mécanique comme « Insistation » qu’une mélodie acoustique mélancolique comme « Musoo ». 

 

- Certains internautes me demandaient quand allait sortir l'Ep de votre groupe. Une date ? 

Notre Ep s’appellera « Ti Nedo To Xtro », et à vue de nez je dirais qu’il sortira juste après Noël, donc courant janvier 2012. Soit quelques mois avant la fin du monde... D’où l’intérêt de ne sortir qu’un Ep, cinq titres. Personne n’aurait eu le temps d’écouter avec attention 10 titres alors que l’apocalypse est à nos portes. On a un un site qui permet de se tenir au courant, www.fugudalbronx.com. La jaquette du cd est géniale, c’est une amie peintre qui l’a créée. On la postera très bientôt sur le site ! On va aussi bientôt commencer à travailler sur un clip, et 2012 sera l’année des concerts pour Fugu Dal Bronx. Le dernier, on l’éspère, sera sponsorisé par Paco Rabanne.

 

- Et enfin, l'interview touche à son sexe, un mot pour la fin ? 

Que l’interview touche à son sexe, c’est une bonne chose, mais j’aimerais autant qu’il touche au mien !

Le groupe : www.fugudalbronx.com

L’actorat : www.ruriksalle.com

Les chansons de Livide : rurik.bandcamp.com


Je me permets de rajouter les liens pour les feignasses, des différentes émissions : 

 Cinémad et Panoramad : http://www.mad-movies.com/

+ ou - Geek : http://plusoumoinsgeek.com/accueil.html


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