Le jeu vidéo est trop cher ! Une phrase que je n'ai de cesse d'entendre, même de la bouche de ceux qui gagnent plus de 4.000 euros par mois, et qui ont pourtant achetés toutes les versions de Final Fantasy XIII, y compris les versions brésiliennes et moldaves collectors.

Et certes, même en faisant abstraction des revenus de chacun et du Syndrome de Diogène qui touche une quantité non négligeable de joueurs, le jeu vidéo reste objectivement une passion qui coûté la peau du cul ! Mais ce serait sans compter sur la libre concurrence (ou le dumping social et économique, selon les avis) qui touche le secteur de la distribution de jeux vidéo. C'est ainsi que de nombreux joueurs se tournent vers le Royaume Uni, qui propose des prix imbattables via la distribution en ligne.
Cet article ne sera pas l'occasion de vous filer des bons plans - d'autres sites comme hamster-joueur.com sont spécialisés dans ce domaine, vous y trouverez votre bonheur. Essayons plutôt de répondre à la question suivante, que l'on retrouve d'ailleurs assez souvent sur les blogs et sites JV : pourquoi ? Oui. Pourquoi les rosbeefs arrivent à pratiquer des prix de loin inférieurs à ceux des fromages qui puent ? Encore un Coup de Trafalgar ?
Internet, cet outil qui te permet de te passer d'employés syndiqués...
Avant même d'essayer de comprendre pourquoi les jeux UK sont moins chers que les jeux FR, il convient de rappeler en quoi la vente sur le net présente bien des avantages par rapport à la vente en magasin. En effet, les joueurs comparent spontanément les prix en magasins et les prix sur le net, alors qu'il s'agit bien évidemment de deux modèles de distributions différents, qui ne sont pas sur un pied d'égalité en termes concurrentiels. En outre, il est évident que le joueur français n'a pas le choix d'acheter dans un magasin physique UK, distance oblige. En soi, la Manche représente donc déjà un avantage commercial (je sais, c'est paradoxal) pour le marché britannique car le joueur français consommera des jeux UK nécessairement via le net, alors qu'il aura toujours le choix d'acheter dans un magasin physique français par facilité... puis de se plaindre ensuite des prix plus élevés dans ces enseignes. Tout en affirmant : les jeux UK sur le net, c'est beaucoup moins cher !. Certes. Mais sur le net français aussi, c'est moins cher...
Alors, pourquoi le JV est-il moins cher lorsque on le commande sur le net ? Quelques éléments de réponse :
- la vente numérique permet de réaliser d'immenses économies d'échelles par rapport à la vente physique, car un site internet n'a qu'une seule enseigne (virtuelle) à gérer alors qu'une chaîne de magasins de JV ou de produits culturels - ou bien encore un supermarché - en a souvent des centaines. Par exemple : si une chaîne de magasin a besoin de centaines de directeurs commerciaux présents sur le terrain, une enseigne sur le net en a besoin de beaucoup moins, puisqu'il n'existe qu'un seul lieu de vente.
- la vente numérique permet de rationaliser la gestion des stocks. En effet, plutôt que de stocker les jeux dans les arrières-boutique de centaines de magasins, les sites de vente en ligne possèdent un (ou plusieurs) immenses centres de stockage. Après chaque commande, les flux sont gérés de façon extrêmement méthodique, selon des procédures standardisées - et largement automatisées - ce qui permet une réduction des coûts très importante. Incidemment, un unique centre de stockage, planté en rase campagne, coûte infiniment moins cher en loyer et/ou en foncier que des magasins implantés en plein coeur des zones commerciales des grandes villes. Le m² n'est pas au même prix en plein coeur de Paris ou de Londres, que dans un trou perdu des Yvelines...
- la vente numérique permet enfin de rationaliser la gestion des ressources humaines. Alors que pour une chaîne de magasins franchisés par exemple, la culture d'entreprise peut radicalement changer d'un site à l'autre, une enseigne numérique n'a à gérer ses ressources humaines que sur un ou plusieurs centres de stockage. E pluribus unum, "de plusieurs, un" (un seul peuple, une seule nation) comme il est apposé de coutume sur le sceau du Président des Etats-Unis. A l'évidence, il est plus facile de faire travailler à l'unisson des employés lorsque le DRH joue à domicile, et qu'il peut motiver l'ensemble de ses employés en une seule fois. Là encore, je vous laisse imaginer les gains de productivité générés, qu'une chaîne de magasins ne pourrait même pas oser rêver...
Gains de productivité, meilleure gestion des stocks, économies d'échelle, voici les principales raisons qui expliquent que la vente en ligne est bien plus compétitive que la vente en magasins. Néanmoins, la vente en ligne FR bénéficie peu ou prou de ces mêmes avantages - ce qui explique que Amazon.fr pratique des prix parfois très intéressants - il reste donc encore à expliquer pourquoi les anglais sont plus compétitifs que les français, même sur le terrain numérique.

Un centre de stockage d'Amazon. Ca calme...
Dumping économique, dumping social, dumping fiscal...
La concurrence entre les enseignes numériques françaises et britanniques est loin d'être pure et parfaite. Le Royaume-Uni pratique en fait un dumping (concurrence déloyale) intensif, ce qui explique en partie les différences de prix entre les deux pays. Sans que les enseignes numériques françaises puissent y faire quoi que ce soit, car elles ne sont pas maîtresses des contextes économique, social bien ou encore fiscal dans lesquels elles pratiquent leur activité économique.
Le dumping économique et social tout d'abord. Sans analyser en détail le contexte économique du Royaume-Uni, il faut bien garder à l'esprit que ce pays connait une croissance économique supérieure d'un point en moyenne a celle de la France depuis les années 80. Or, une entreprise qui a de meilleures perspectives de croissance peut se permettre de marger un peu moins sur chaque jeu vendu, en escomptant un nombre de ventes plus élevé afin de se refaire une santé. Le contexte social est encore plus favorable au Royaume Uni - pour les entreprises, pas pour les salariés, cela va sans dire. Là encore, on entrera pas dans les détails, cet article n'est pas un traité de droit social comparé. Mais entre la non-limitation du temps de travail aux Royaume-Uni (les heures supplémentaires sont payées au tarif de base, sans bonus), et à l'inverse, la CSGen France qui pèse énormément sur le coût du travail, le dumping social est patent. Faute d'harmonisation européenne. On pourrait aussi parler des cotisations pour les retraites : système par répartition en France (ponction directe sur les salaires), mélange de répartition et de capitalisation (ponction indirecte et optionnelle sur les salaires) au Royaume-Uni. On s'arrêtera ici pour le dumping social, il est aisé de comprendre que à salaire égal, un employé britannique coûte beaucoup moins cher qu'un employé français. Et cette différence, elle est répercutée (au moins partiellement) sur le prix de vente de votre jeu vidéo UK.
Mais surtout, c'est le dumping fiscal qui explique une telle différence entre un jeu UK et un jeu FR. Contrairement aux idées reçues, la TVA n'est pas plus faible au Royaume-Uni qu'en France, les taux respectifs sont de 20% et 19.6%. De même, les jeux vidéo ne sont pas soumis a une TVA réduite au titre du statut de produit culturel au Royaume-Uni, français comme britanniques pratiquant une discrimination honteuse envers le jeu vidéo. Alors, ou est-ce que les britanniques grattent pour proposer des jeux moins chers ? L'Impôt sur les Sociétés est un peu plus faible au Royaume-Uni, les impôts locaux le sont à peine. Alors ? Quel est le secret des sites de vente en ligne UK ? Simple. La plupart d'entre eux sont domiciliés dans les Iles Anglo-Normandes (Jersey et Guernesey), territoire autonome sous domination britannique, paradis fiscal offshore situé en plein coeur de l'Europe, à quelques kilomètres seulement des côtes françaises. Les impôts y sont quasi-inexistants pour les entreprises. Un avantage fiscal dont ne peuvent pas bénéficier les sites de vente en ligne français, à moins éventuellement de s'exiler en Polynésie Française - et encore, on serait loin du compte.
Le jeu vidéo UK est moins cher, avant tout cas son prix repose sur une concurrence totalement déloyale. N'allez surtout pas imaginer que les vendeurs UK sont plus philanthropes que les vendeurs français.

Iles Anglo-Normandes. Un micro-climat très favorable pour le jeu vidéo, a n'en pas douter...
Taux de changes, cycles d'obsolescence, libéralisation du marché...
Un des autres avantages pour les joueurs français qui achètent des jeux UK résulte du taux de change entre l'Euro et la Livre Sterling. Attention tout de même à ne pas se laisser abuser par une idée reçue, qu'il convient de démonter tout de suite : il ne suffit pas de payer en monnaie forte dans un pays qui a une monnaie faible pour faire des économies. Et même, la Livre Sterling est une monnaie plus forte que l'Euro (actuellement, un Euro s'échange pour environ 0.85 livres sur le marché des changes) le rapport entre les deux progressant même de façon très défavorable pour les joueurs français depuis au moins deux ans, après une embellie de plusieurs années de la monnaie européenne - disons plutôt, une dégringolade de la monnaie britannique, ce serait plus juste. Alors, ou est l'avantage pour le joueur français ? En considérant que les prix à la consommation varient beaucoup plus lentement que les taux de change, une brusque baisse du taux de change de la livre sterling sur quelques semaines, couplée à une stagnation des prix à la consommation dans le pays d'achat, provoque mathématiquement une hausse du pouvoir d'achat pour l'étranger qui choisit de commander dans ce même pays. Il n'y a donc aucun avantage aujourd'hui a acheter UK pour le joueur français si l'on se cantonne au domaine des taux de changes des monnaies... sauf à jouer sur les variations a court terme, ce qui permet parfois de gratter 5% ou 10% de pouvoir d'achat. Mais c'est aussi un jeu auquel le joueur peut perdre - et depuis deux ans, le joueur français perd presque toujours à ce jeu, après plusieurs années extrêmement favorables. Préférez a la limite les achats aux Etats-Unis, les taux de changes sont bien plus favorables aux joueurs qui payent en monnaie européenne.
Les taux de change, c'est mort. Les autres avantages du marché UK pour les joueurs français ? Un des secrets des sites de vente en ligne UK (outre l'évasion fiscale), c'est la réglementation sur les soldes au Royaume-Uni. Alors qu'elles sont limitées à des périodes très précises en France, déterminées par arrêté préfectoral, au Royaume-Uni, les commerçants font absolument ce qu'ils veulent, quand ils veulent - même si en pratique, les soldes les plus intéressantes se situent juste après Noel. Cela équivaut pour les commerçants UK a une autorisation perpétuelle de vendre à perte (sauf en cas d'abus de position dominante), ou/et de vendre tout en prenant des marges très réduites. Alors, forcément, là encore, les commerçants français ne peuvent pas faire le poids... et même hors soldes, les commerçants UK ont de toute façon tendance à marger plus gentiment qu'en France, car la concurrence est bien plus féroce chez les mangeurs de pudding, et tire naturellement les prix à la baisse.
Dernière spécificité du marché UK : le cycle d'obsolescence des jeux. En France, une nouveauté, si tant est qu'elle trouve son public, verra son prix maintenu au plus haut pendant six mois au moins - voire plus, n'est-ce pas Activision... Et si une nouveauté ne trouve pas son public, il faut vraiment que le jeu se prenne une gamelle mémorable pour voir son prix baisser avant les trois premiers mois de commercialisation. Incidemment, si les prix du neuf restent élevés, les prix des jeux d'occasions le restent aussi. Au Royaume-Uni ? Même un jeu AAA peut voir son prix chuter fortement au bout d'un mois, et si un bon jeu ne rencontre pas son public, son prix peut baisser de 70% après quelques semaines de commercialisation - seulement 15 jours parfois. Le joueur français peut vraiment jouer a tout petit prix aux jeux récents en achetant sur les sites UK, a la condition stricte de ne pas vouloir absolument, et a tout prix, vouloir jouer a une nouveauté le jour même de sa sortie. Il n'est pas rare de voir un jeu vendu a 70 euros en France a sa sortie, disponible sur des sites UK a 20-25 euros 15 jours après...

Dead Rising 2 est en soldes, faites vite, profitez-en !
En fait, bien plus que d'essayer d'exposer les raisons qui expliquent le faible prix des jeux UK, j'ai surtout essayé de vous démontrer que les revendeurs français ne sont pas forcément des escrocs. Ils doivent avant tout faire face à des contraintes économiques que les revendeurs UK ne connaissent pas. Tout au plus, pourrait-on accuser certains revendeurs français d'entente sur les prix, et de marges abusives sur les jeux d'occasion, mais globalement, le revendeur UK ne veut pas plus de bien à votre portefeuille que le revendeur français. Il pense avant tout à son propre compte en banque en déjouant la concurrence, et en profitant d'un contexte économique très libéral pour l'affronter... tant mieux, puisque tout le monde y gagne, y compris les joueurs français. Quoique... les emplois perdus en France à cause de la concurrence des sites de vente en ligne UK, ça intéresse quelqu'un ? Non ? Bon. C'est bien ce que je disais, tout le monde y gagne...
BigBossFF, qui cherche sur son plan SNCF/RATP la Trafalgar d'Austerlitz...
Retrouvez cet article sur mon blog Wordpress :
http://experiencesvideoludiques.com/2011/08/21/pourquoi-les-jeux-video-sont-ils-moins-chers-au-royaume-uni-business/
N.B : désolé pour la mise en page approximative, le transfert de Wordpress/mon blog GB vers la section "articles de GB" est un peu complexe.
21/08/2011, 20:50
21/08/2011, 20:59
21/08/2011, 21:10
21/08/2011, 22:53
Quant à l'argument de la croissance meilleure aux UK qu'en France, je crois que tu fais fausse route. S'il suffisait d'avoir un PIB élevé pour que les entreprises investissent, ça se saurait. Regarde le Brésil qui a un taux de croissance à 7,5% en 2010...
Pour finir, le jeu vidéo ne coûte pas si cher que ça. Par rapport au cinéma, où tu paies 10 euro pour une heure et demi de spectacle, je trouve que c'est plus qu'honnête.
Enfin, dire qu'il existe une "discrimination" faite au jeu vidéo qui n'a pas le statut de produit (j'aime le terme produit pour une oeuvre culturelle, au passage) je trouve que c'est plus que discutable. Après, si pour toi la culture c'est le Playstation Home, Lucha Fury, Wii fit, Singstar ou COD (et ça marche aussi avec la filmographie de Uwe Boll et Frank Dubosc, ou la discographie de Patrick Sébastien), alors....
21/08/2011, 23:27
De rien.
@ Jaydi :
Dans l'ordre :
- la CSG et les cotisations retraites, que ce soit l'employeur ou bien le salarié qui la paye, au final, elle pèse sur le coût du travail, non ? Au passage, les cotisations retraites sont aussi payées par les employeurs.
- pour la croissance, je n'ai pas dit "qu'il suffisait"...
- je n'ai pas dit que le jeu vidéo était cher... en tout cas, pas de manière péremptoire et absolu, comme tu le rapportes ici.
- ton dernier paragraphe est caricatural, et tu le sais très bien. Je ne rebondis pas là dessus, et vais de ce pas lancer mon Shadow of the Colossus.
N.B : le JV est A LA FOIS produit et oeuvre culturelle.
22/08/2011, 00:45
J'ignore si la démonstration est correcte n'ayant de connaissance en économie mais elle est cohérente. Personnellement elle me convainc. Ou disons presque, au sens où, comme cette concurrence déloyale, puisque c'est là la cause finnallement , n'a pas tuer depuis bientot plus de 20 ans le commerce français depuis tatcher, je me dis que ton article ne peut être exhaustif sur les causes
Du coup ta conclusion est un tantinet péssimiste, mais vu le raisonnement c'est logique. Il s'est passé la même chose dans les années 80 avec les supermarchés, les centrales d'achats, etc et les petits commerçants en france, sans que ces deniers ne disparaissent complètement du paysage (même sils ont diminués drastiquement...) ce qui est assez logique : un gros poisson ne peux pas tout faire, en particulier le "sur mesure"... La même chose aussi fin 90 avec la presse papier et internet.
Mais c'est un phénomène plus large en fait : un changement de support et de modèle économique... Pour autant les journalistes sont toujours là, les vendeurs aussi mais sous d'autres formes... ça, ça serait la visoin un peu trop optimiste, je te l'accorde
Si du haut de mon inculture je peux te proposer humblement mais avec enthousiasme un lien pour illustrer cet auteur et cette lecture éclairante :
- Sur la (ou les) crises
- Une démonstration sur le ou les nouveaux mondes
Je rajouterai au moins deux argument qui irait à l'encontre et qui illustre un peu ma gêne :
- d'abord, peu de gens sont au courant gains en consommation UK ou les utilisent. LA consommation made in uk resten marginale, icompris dans les jeux videos. La grosse partie casual (dans la consommation de masse, ça a son importance) n'est même pas au courant de ces pratiques.
- Les couts de la distributions, et le grand nombre d'intermédiare, a souvent été cité pour rallonger les prix en Fr. Et ce n'est pas vrai que pour les jeux video apparemment...
Après je veux bien croire que la direction ne soit pas propice aux magasin FR, notamment avec des sites comme Amazon, les pratiques évoluant de plus en plus vers les achats en ligne apparemment... C'est possible, je ne connais pas l'avenir. Mais j'aimerais au moins te dire que si les emplois en FR nous indéfférents peut être nous joueur (si jamais il t'étais venu à l'esprit de nous culpabiliser, c'est de bonne guerre après tout, vu ce qu'essui les vendeurs de magasins régulièrement
Si je n'achetais que sur amazon (neuf) ou d'occaz en magasin, ce serait 1 jeu contre 2 au uk ; en neuf, en magasin, n'en parlons pas, 1 jeu contre 3 ou 4... Ya pas photos. Classics ou pas je m'en tamponne (tampis la collection) tant que je peux y jouer. C'est mon modèle économique : avoir du retard et acheter uk... Ca a aussi des conséquences sur mes autres consommables : sorti, resto, ciné. Ya une forme de sacrifice, c'est vrai, mais je l'y retrouve au final sur une pratique, il faut bien le dire pour moi maintenant bientot plus de 25 ans (j'ai 32ans
Les vendeurs ne sont pas des philantropes, les joueurs n'ont plus. C'est un échange commercial, chacun y cherche son interet. Tu m'aurais demander du bénévolat, je l'aurais fait. Tu me demandes de sortir de l'argent de ma poche, je te dis "je fais avec ce que j'ai".
Après c'est sans nul doute une histoire de politique, mais peut être pas de politique traditionnelle... car contrairement à ce qu'on veut nous faire croire, il n'est pas dit que les lois ne peuvent rien contre l'économie et les grands groupes financiers, mais peut être par des institutions autres.... C'est en tout cas au moins la demission du politique qui le permet. Mais, pourrait on dire, où sont donc passer tous nos idéaux ? On croirait tout le monde résigner à ce qu l'économie ultralibéral gère nos vies...
Il faut dire aussi que le chômage est fort, les salaires stagnent et les prix de consommation augmentent... C'est clair, il est difficile de vivre. Car c'est bien le fond du problème : c'est un problème beaucoup plus large et général... C'est la même chose pour la bouf, et là ça pose d'autre problème vu que c'est autrement essentiel... J'aurais tant aimé que tu creuses ces questions là, et ces causes là, puisque ce n'est pas propre au jeux video mais à toute forme de "consommable".
Très bon article en tout cas, ça fera référence
22/08/2011, 01:33
Merci.
Pour info, j'achète la plupart de mes jeux en version UK, autant dire que je ne cherche a blâmer personne, ni culpabiliser qui que ce soit. On fait avec ce que l'on a dans le portefeuille...
Je tempérerai un des points que tu as développé, sur les achats UK des français : en fait, la pratique est déjà courante. Pas majoritaire, pas même assez répandue encore pour véritablement influer sur la consommation intérieure, mais elle est en tout cas loin d'être anecdotique, et je rajouterai qu'elle est tout aussi étendue chez les casuals que chez les core gamers, pour une raison très simple : les casuals gamers sont aussi très souvent par ailleurs des consommateurs avertis d'autres produits culturels (livres, musique, films, etc...) et dans ce cadre, ils connaissent déjà les avantages a acheter UK.
Et ils reportent naturellement leurs pratiques de consommation dans le secteur du JV.
Enfin, pour les questions que tu soulèves dans la fin de ton post, elles sont évidemment liées au sujet de l'article, mais elles débordent largement du cadre de celui-ci. La politique m’intéresse beaucoup mais... je ne pense pas qu'elle intéresse beaucoup de lecteurs de cet article.
N'empêche que le sujet est politique, car si a priori, les pratiques UK ont l'air favorables pour le consommateur UK, elles ont aussi tendances a casser le petit commerce, a briser le tissu social, et a tirer vers le bas le droit du travail. Le soldes illimitées, la vente a perte sans grande réglementation, c'est une catastrophe pour les plus faibles. Mais bon, si la France est pavé de bonnes intentions, le résultat est tout aussi pitoyable en fait : les conditions de travail sont désastreuses chez Micromania, et les supermarchés écrasent la concurrence, achat de gros et marges arrières oblige. Le politique a ici toute sa place pour changer cette situation française, aussi injuste (dans les faits, pas en droit) qu’innefficace en termes de compétitivité, et pas franchement favorable au pouvoir d'achat des français de surcroît.
22/08/2011, 01:57
Car j'ai édité un peu mon post précédent entre temps (en fait pendant que tu répondais... arf).... Bon. Notamment un petit texte explicatif sur un auteur, suivi deux peitits liens youtube en gras qui je pense permette d'attaquer la question sous une une lumière différente ou plus large pour ceux qui serait susceptible d'être intéresser ou comment dépasser les questions financières... Car au moins le mec ne seras pas comme moi : il saura de quoi il parle de manière argumentées et documentées pour parler philosophiquement d'un nouveau monde avec de nouvelles règles
Mais je comprends et partage en partie l'idée que c'est "politique". Mais je ne crois pas que les gens n'aimeraient pas ne pas avoir des éléments de compréhension, si celà relève d'un domaine plus large (perso j'aime bien apprendre des nouveaux trucs. D'ailleurs ton article y contribue non ? Et c'est peu méga proche proche du jeu video puisque finallement ça parle économie...). En fait je pensais pas à la politique forcément, mais à des éléments de compréhension plus philosophique... ça peut rester en dehors d'opinion personnelle ou polémique... D'ailleurs comme le laisse entendre à demi cet auteur, le savoir n'a pas de limite... car il ne se compartimente pas, si l'on veut saisir le monde quotidien de manière organique... un sujet ou thème débordant toujours sur un autre...
Bonne continuation et merci pour cet article qui m'a fait cliquer partout sur wikipédia ou le plan interactif de la RATP, jsais pu... Trafalgare ... Austerlitz, ah ça je connais ligne 10... SNCF... WTF... Mais c'est où bordel de m...
22/08/2011, 07:26
Le coût du travail n'a rien à voir dans le fait qu'on puisse trouver des jeux moitiés moins chers qu'en France. La seule explication valable est le fait que les sièges sociaux de tous ces sites sont installés à Jersey et Guernesey, donc des paradis fiscaux à quelques kilomètres des côtes de la Normandie, qui ne propose pas de TVA (ce qui explique aussi pourquoi tu payes une taxe si ton produit est intercepté par les douanes françaises). Une autre preuve de ce que j'avance : le seul site en France capable d'affronter la concurrence outre manche est Amazon.fr, qui propose des tarifs défiant toute concurrence. Pourquoi? Parce que le siège social de la marque est installé au Luxembourg, alors que les entrepôts sont en France (ce qui annihile totalement ton argument du coût du travail)
Il y a une autre explication, c'est que ces sites ont une concurrence beaucoup plus ouverte qu'en France, ce qui fait qu'ils cassent plus facilement les prix, et plus vite. C'est aussi une politique de flux tendu. En gros, on essaye d'avoir le moins de stock possible dans les entrepôts. Donc dès qu'un jeu ne se vend pas, même au bout de quelques semaines, on casse les prix.En France, il y a une sorte de consensus (voire de cartel) entre les boutiques.
Donc, même si je suis assez d'accord avec ta conclusion (les boutiques ne sont pas forcément malhonnêtes), je suis assez en désaccord avec ton argumentation pour y parvenir. Cela dit, beau travail quand même
22/08/2011, 10:18
Merci.
A noter que tous les arguments que tu avances sont déjà présents dans l'article, et que je ne considéré aucun des arguments avancés dans l'article comme étant indispensable ou suffisant à lui tout seul - si ce n'est la localisation de certaines enseignes dans les paradis fiscaux.
Pour le prix des jeux en magasin UK, plusieurs personnes m'ont assurées qu'ils étaient aussi faibles que sur le net UK. Je ne peux malheureusement pas vérifier cela par moi même, et toi, tu affirmes le contraire... il y a l'air d'avoir débat sur la question.
N.B : effectivement, un colis intercepté des iles Anglo Normandes peut se voir appliquer des droits de douanes. Cela tient au fait que ces territoires, bien que dépendant de la couronne britanniques, sont juridiquement autonomes, et ne font pas partie de l'Union Européenne. Donc, pour ceux qui voudraient acheter des produits d'un montant supérieur a 22 euros... attention quand même. Même si personnellement, je n'ai jamais eu a payer quoi que ce soit. Notamment parce que les magasins on tendance a diviser les commandes en plusieurs colis d'un faible montant afin de tromper la vigilance de la douane.
22/08/2011, 10:38
De plus, la CSG est une goutte d'eau dans le coût du travail.
Tu as affirmé dès le début de ton article que "objectivement, le jeu vidéo coûte la peau du cul". J'ai du mal à imaginer plus péremptoire.
Mon dernier paragraphe était polémique (euphémisme pour ne pas dire trollesque), c'est évident. Néanmoins, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi il faudrait que tous les jeux, films, livres ou CD sans exception soit taxés comme des oeuvres culturelles.
Il faudrait aussi se poser la question du fondement des produits culturels taxés à 5,5%. Il me semble que le jeu vidéo, le cinéma, la musique ou les livres sont avant tout des loisirs qui en tant que tels ne sont pas de première nécessité. Le PQ l'est par contre, mais il est aussi taxé à 19,6%...
22/08/2011, 11:11
La CSG, n'est pas une "goutte d'eau". C'est même le premier impôt français en fait, que ce soit pas son assiette, ou les revenus qu'il génère pour l'état. La CSG pèse plus que tout autre imposition, taxe ou cotisation sociale sur le cout du travail.
Pour le système de retraite anglais, ce n'est pas un pur système par capitalisation - et heureusement d'ailleurs. Une partie fonctionne par répartition, et le tout est bien retenu a la source - même la partie capitalisation, pour les salariés qui le veulent. D'ailleurs, répartition ou capitalisation, système public ou privé... les britanniques sont obligés de cotiser. Une grosse différence par rapport au système américain...
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<<< Tu as affirmé dès le début de ton article que "objectivement, le jeu vidéo coûte la peau du cul". J'ai du mal à imaginer plus péremptoire. >>>
Ah oui... c'est vrai. :;D
Faut dire quand même que ton argument relativiste ("le JV coûte moins cher que le cinéma") ne porte pas vraiment. Car si je te dis que le jeu vidéo est trop cher, tu auras toujours l'exemple d'un loisir plus cher a mettre en avant. Et si je te dis que le JV n'est pas cher, tu auras toujours l'exemple d'un loisir moins onéreux a mettre en avant. Pour définir si le JV est cher ou cher, la première chose a faire, est de ne pas la comparer a quelque autre loisir que ce soit, parce que en abusant des arguments relatifs, tu peux démontrer tout et son contraire.
Si j'affirme que le JV est objectivement cher, c'est avant tout parce que beaucoup d'études de marché internes aux éditeurs concluent que les CSP+ sont sureprésentés dans la consommation de produits liés au jeu vidéo. Nintendo l'a d'ailleurs très bien compris, t'as qu'a voir la gueule de leurs pub - de même pour Microsoft, et ses pubs Kinect tournées dans des salons de plus de 400m².
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Quant a savoir si le jeu vidéo est avant tout un loisir, ou un produit/oeuvre culturelle, je laisse a chacun le loisir de trancher le débat. J'espère simplement que les joueurs finiront par comprendre que l'un n'empêche pas l'autre, que le JV vidéo a de multiples natures mais... c'est pas encore gagné. Ouais, cette foutue manie des gens de vouloir tout cataloguer dans des cases hermétiques...
22/08/2011, 15:21
Je m'explique. Les prix sont calculés sur le coût de la vie, et non pas sur le taux de conversion. Un Américain qui paye 60 dollars son jeu, selon son salaire, le coût de la vie son pays, etc., ça lui revient approximativement aussi cher qu'un Français qui paye 60 euros. Ça ne lui revient pas moins cher parce que Robert qui habite à Lyon a calculé qu'en fait ça lui coûtait seulement 45 euros avec le taux de change. Ça marche pas comme ça. L'Américain paye en dollar, pas en euro. Il payera pas son journal 2,5 dollars pour que ce soit "équitable" pour l'Européen qui paye le sien 1 euro.
C'est comme si un poids lourd de la boxe disait à un poids moyen :"Ton adversaire est moins lourd que le mien, c'est pas juste !". Si c'est juste.
22/08/2011, 17:33
Pour info, si le dollar vaut environ 30 % de moins que l'euro, les prix a la consommation sont environ 15% plus élevés a New York qu'a Paris. Autrement dit, un Parisien qui va a New York en se disant qu'il va profiter d'une vie peu chère en profitant des taux de change risque d'être un peu déçu...
22/08/2011, 18:10
(j'en profite donc pour te faire un coucou). Article très intéressant, ma foi. J'avais déjà remarqué qu'Amazon.fr offrait parfois des prix quasiment aussi avantageux que les sites anglais.
22/08/2011, 19:56
Merci.