On a tous des moments, dans un jeu, qui nous font vibrer et ressentir des choses que l'on aurait pas soupçonnés, par l'image, le son, ou une idée de gameplay toute simple...et par bien d'autres moyens encore. Ici, aujourd'hui, dix éléments qui font du jeu vidéo un média pas comme les autres...
10 - The Ecstasy of Gold
Combien
de fois, dans votre vie de gamer, avez-vous ressenti ce sentiment de
liberté? Je ne parle pas de la liberté très urbaine d'un Gta par
exemple, je ne parle pas de la liberté "d'action" je parle de se
retrouver face à un paysage immense, et de s'y jeter pleinement. Je
parle des nombreuses traversées sur les flots d'Hyrule dans Wind Waker, je parle de l'immensité du désert de Red Dead Redemption, je parle des Elder Scrolls,
. Je parle simplement de cette sensation de liberté, à la fois épique
et enivrante, qui nous laisse seul devant une étendue qui nous fait nous
sentir tout petit dans le décor, qu'il s'agisse d'eau, de sable, de
forêt ou de montagne, seul dans un univers entier à explorer et qui, on
le sait, recèle des centaines de secrets, d'endroits à visiter et de
choses à voir. Ce sentiment, la plupart d'entre nous l'ont connu, un
jour ou l'autre au détour d'un RPG, d'un open-world ou d'un jeu
d'aventure...et c'est un grand kiff.
09 - I Need more power!
On
aime tous jouer des héros, c'est un fait. Sauver les princesses dans des
châteaux à perpète, emprisonnées par de gros roux qui se changent en
sanglier, tout ça. C'est génial. Mais ce qu'il y a peut être de mieux
encore que de jouer un héros, c'est peut être de jouer un salaud. Les
exemples de jeux où l'on nous offre la possibilité de jouer un méchant
ne manquent pas, surtout ces derniers temps. On pourrait citer Overlord, ou Destroy All Humans,
on peut également parler de la plupart des jeux Rockstar, ou de
globalement les quelques jeux qui proposent des alignements de
Karma...Ici, je prendrais l'exemple d'inFamous, un parmi d'autre,
qui nous offre le choix de sauver un monde ou bien de le condamner...et
autant l'avouer, jouer les enfoirés et les maîtres de la destruction,
ça a un côté foutrement jouissif et libérateur, c'est un sentiment de
puissance où l'on prend réellement notre pied...Et si je cite ce jeu, ce
n'est pas anodin, c'est surtout parce qu'il sortit en même temps, à peu
près, qu'un certain Prototype, autre jeu qui nous proposait des
pouvoirs devastateurs dans un univers ouvert. Certains préfèreront la
narration "comics book" totalement référencieuse et assumée d'inFamous,
d'autres apprécieront la brutalité et le côté défouloir morbide, sombre
de Prototype...et d'un côté comme de l'autre, avoir la puissance de
ravager une rue toute entière dans une rafale electrique, ou en
utilisant le symbiote qui nous habite...c'est un plaisir de tout
instant.. A tous les Vergil refoulés parcourant ce site : vous n'êtes
pas les seuls à aimer avoir le pouvoir!
08 - Rencontre avec la troisième dimension
Un
choc que beaucoup d'entre nous ont ressentis avec plus ou moins de
force, une révolution incomparable dans le monde du jeu vidéo : le
passage de la 2D à la 3D. Les quelques années charnières qui ont vues
naître Tobal, Pandemonium et tant d'autres softs
cubiques, moches, loin de la perfection (et dont les défauts
n'apparaîssent que mieux avec le recul) mais qui nous ont éblouis car
ils étaient bels et bien en trois dimensions, que c'était nouveau et que
ça déchirait sa race. Un effet Whaou? pas seulement, puisqu'au-delà de
la simple frontière visuelle, c'est une véritable révolution de gameplay
qui s'est opérée, nous déroutant totalement en jouant sur des
environnement explorables à volonté dans toutes les directions. Faire un
jeu 2D à ce moment là aurait été du pur suicide, et pourtant certains
s'y risquèrent (on se souvient par exemple de Tombi!, ou encore de Legacy of Kain : Blood Omen)
avec plus ou moins de brio. Comble de l'ironie, cela ne fait que
quelques années qu'une partie du grand public (et des éditeurs) s'est
aperçu que la puissance des consoles actuelles pouvaient permettre des
jeux en 2D absolument incroyables, tout en les faisant cohabiter avec la
3D. (et même la 3D stéréoscopique maintenant). Comme quoi, l'harmonie
vient avec le temps...et pour illustrer ceci, quoi de mieux qu'une video
de la plus emblématique des aventurières de cette époque?
Note :
sur cette video, mes yeux n'ont arrêté de saigner qu'après trois ou
quatre minutes. Lorsque la réalité rattrape nos souvenirs idéalisés, le
réveil est parfois brutal...
07 - Harmony of the Symphonies
Simple.
Efficace. Une page de jeu qui se termine, et une musique pour
l'accompagner qui, on le sait, nous restera dans la tête durant des
mois, voir des années. Ces musiques, ce sont autant de souvenirs qui
nous marquent. et là, toutes les folies sont permies, lâchez-vous (dans
les coms si possible) amis gamers, et faîtes nous connaîtres vos plus
grands souvenirs musico-ludiques! De Zelda à Castlevania, de Portal à Metal Gear, de Rygar à Shadow of the Colossus, de Uematsu à H.G.Williams, ou des Elder Scrolls à Killzone,
bref...eclatez nous les oreilles, parce que si ces musiques sont si
belles, ce ne sont pas seulement parce qu'elles sont bien composées,
mais c'est aussi pour tout ce qu'elles nous rappellent, directement ou
pas.
06 - "la boucle est bouclée."
Certes, l'exemple date un peu, j'imagine que si on actualisait, je citerais un jeu comme Alone in the Dark Inferno, Alan Wake ou encore Assassin's Creed...Il
s'agit d'un moment, pas forcément bien défini au sein du jeu, puisqu'il
appartient plus à l'expérience de chaque joueur : celui où l'on va
réaliser que l'histoire qu'on est en train de vivre est d'une très
grande richesse, basée sur un univers complexe et cohérent, et sur des
personnages solides. Cette petite idée scénaristique qui fait que l'on
repensera, des jours après, au jeu pour tenter d'en comprendre certaines
zones d'ombres, pour déchiffrer certains passages peu clairs, ou tout
simplement pour théoriser entre potes sur des forums ou chez soi au sein
de discutions endiablées.Et pour ma part, l'un des jeux qui m'aura le
plus apporté cette sensation d'être paumé au milieu d'une histoire qui
nous dépasse, c'est bien la saga des Legacy of Kain.
05 - Une histoire de mise en abime
Un
ressenti pas si éloigné du précédent, mais dont la nuance se fait tout
de même. Le jeu video permet de véhiculer bien des choses, et peut être
même depuis des années maintenant sujet à analyse et à interprêtation. A
ce titre, quel meilleur exemple que celui de Metal Gear Solid 2
pour illustrer la mise en abime? Un abime à plusieurs niveaux
d'ailleurs, Hideo Kojima aimant jouer avec les symboliques et les
personnages, nous retrouvons donc dans Mgs2 une mise en abime par
la répétition, le schéma de la mission de Raiden étant le même que
celui de Shadow Moses, mais aussi une mise en abime du personnage même
de Raiden, pantin total supposé représenter Snake dans cette joyeuse
simulation orchestrée...Mais aussi image totale du joueur, tout autant
mené en bateau d'un bout à l'autre, soldat inexpérimenté contrôlant son
avatar (Raiden) dans une simulation d'un jeu sorti 4 ans auparavant.
Enfin, coup de poing final, lorsque l'on s'aperçoit que la dog tag de
Raiden porte notre propre nom. La mise en abime dans le jeu video, si
elle reste, en terme de ressenti pour le joueur, proche d'autres
sentiments, peut être tout de même sacrément unique lorsqu'elle est
maîtrisée. Sûrement l'une des séquences les plus inoubliables dans un
parcours de joueur.
04 - Mais vous allez la sortir, cette fin!
Pas
vraiment une impression "ingame" ici, mais plutôt un sentiment lié à
toute personne dont le jeu vidéo est une passion : le syndrome du jeu
qui ne vient jamais.Pour certains c'est Shenmue 3 ou Zone of the Enders 3,
pour d'autres encore ce sera Duke Nuk...Ah non, désolé, il est sorti.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un sentiment qui parle à 95% des
joueurs : celui où l'ont attend LE titre sacré, supposé enterrer à nos
yeux toutes les productions actuelles, nous apporter la suite à une
histoire laissée en suspend, ou tout simplement nous offrir une dose de
son univers qui nous a tellement accroché avant de nous abandonner
durant des années. Et si ce point porte ce titre, c'est bien parce que Shenmue
représente la plus belle "non-fin" actuelle, le second opus nous ayant
laissé en plan, au fond de cette foutue grotte, depuis maintenant
bientôt dix ans. Autant, comme je le disais dans un post précédent, la
conjoncture actuelle des licences à suites me fait porter un regard
pessimiste quant à la qualité de cet éventuel Shenmue 3,autant il
ne fait aucun doute que retrouver Ryo pour la suite (et fin?) de son
périple sera un plaisir savoureux...et que l'on aura, de par notre
patience, amplement mérité.
03 - "Que la guerre est belle...en jeu-vidéo" AHL
Un point ici bien d'actualité, et relaté même à de nombreux endroits sur Gameblog
: notre rapport aux jeux de guerre. Toujours plus beau, toujours plus
réalistes, toujours plus "on vous en met plein la gueule en solo pour se
concentrer sur le online"...mais surtout toujours plus immersif. Le
trailer "E3" de Battlefield l'a bien montré, nous sommes
désormais face à deux cas de personnes : ceux que l'ultra réalisme
enchante, car ils veulent s'impregner à fond et se croire vraiment au
milieu d'une guerre (ou en tout cas de leur façon de voir la guerre à
travers un écran) et ceux que cette course aux armes virtuelles effraie,
soit parce qu'ils ont connu le terrain et savent à quoi ressemble un
champ de bataille, digérant mal qu'on leur présente sous forme de "jeu"
avec une telle méticulosité, soit tout simplement par malaise, parce
qu'un jeu doit rester un jeu, et que certains cas se rapprocheraient
presque - dans la technique en tout cas - d'une simulation.D'un côté
comme de l'autre, jouer à un FPS de guerre bien foutu et immersif, ça
reste toujours en mémoire, et ça peut parfois prendre aux tripes. (cet
effet étant tout de même moins marquant maintenant qu'on se prend 10
jeux du genre par an en pleine poire.)
02 - L'expérience vient dans la souffrance.
Avant-dernier point abordé, il s'agit du sentiment de fierté qui nous
prend tous, durant une poignée de secondes plus ou moins longues,
lorsque l'on franchit un obstacle à priori difficile. un boss de Ninja Gaiden en Hard, la victoire sur un pote dans un Fifa, sur un inconnu dans une salle d'arcade, la fin de God Hand, une énigme résolue dans un point n'click ou un Zelda,
voir même un trophée platine sur lequel nous avons sué : autant de
moments gratifiants pour le gamer, qu'il s'agisse de fierté personnelle
ou d'orgueil vis a vis de ses pairs. Nous en avons tous connu, nous en
connaîtrons tous encore beaucoup (malgré la simplification affligeante
des jeux actuels) et c'est aussi parce qu'on aime se dépasser - et
dépasser les autres - dans des challenges divers et variés que l'on aime
le jeu vidéo. Parce que le jeu vidéo, c'est aussi (et j'ai envie de
dire : c'est surtout) le scoring et l'arcade, et parce que la base
elle-même du média était de battre ses adversaires, via un hi-scores ou
un bon versus, en famille ou entre potes.
01 - Le Dixième Art?
Enfin,
nous touchons finalement à quelque chose de difficilement exprimable,
presque opposé au point précédent dans son idée. Ce que j'aime à appeler
"l'étincelle" qui habite certains jeux. Pour illustrer ceci simplement,
je paraphraserais un ami : "Enlève la musique, le level design, les
graphismes, l'histoire : que retiens-tu du jeu?" et la réponse...elle se
trouve dans Ico, dans Mgs2 ou encore dans Flower.
Elle ne repose pas sur des critères qualitatifs, techniques ou
critiques, mais sur le ressenti pur, LA claque vidéoludique,
l'expérience inoubliable qui nous marque au fer blanc et ne nous quitte
pas. Il peut s'agir d'un survival horror traumatisant (Silent Hill 2) ou d'un RPG de plusieurs dizaines d'heures (Chrono Trigger) en passant par un jeu basé sur un concept et un univers simple ne durant que trois heures (Portal, Limbo)
et qui pourtant, nous marquera plus durant ce court laps de temps que
tout autre soft de l'année. Cette étincelle, c'est tout simplement ce
qui peut porter le jeu video au rang d'art : c'est le lien tangible qui
se fait entre un joueur et le jeu. et qui, une fois celui-ci fini, va
nous laisser avec un sentiment, une impression, une idée parfois, qui
nous hantera durant encore très longtemps. Si on voulat expliciter, on
pourrait dire que cette étincelle, c'est ce que Suda 51 a injecté dans
un Killer 7, là où un David Cage tente désespérement de la
trouver, mais n'arrive qu'à faire de "très bons" jeux. (je schématise
hein, rangez vos pierres et vos pauls.) C'est sur ce dernier point que
je boucle cet article, avec une video qui, je l'espère, vous plaira.
Note :
la vidéo ci-dessous est le dernier niveau de Flower. Non pas qu'il
s'agisse de "spoil" à proprement parler, simplement si vous souhaitez y
jouer, peut être est-il préférable que vous découvriez l'expérience par
vous-même. Vous voilà prévenus...
Le jeux vidéo est pour moi un art bien avant les limbo, braid et compagnie...
Que de Hype à propos de ses petits jeux qui ne sont clairement pas autant des chef-d'oeuvres qu'on ne pourrait nous le faire croire.
Vivre une aventure, incarner un héros dans un univers! Le jeux vidéo est un art depuis longtemps!
Article intéressant, je suis contre raiden dans MGS 2 et ce personnage qui fait au combien polémique dans le jeu vidéo.
Je trouve par contre que le jeu vidéo est en train de perdre sa notion d'art justement, les shenmue, soul reaver, shadow of the colossus commencent à ne plus trouver de successeurs je m'iqnuiète.
Et les suites dans le jeu vidéo m'inquiètent au plus haut point (mario, zelda, AC...) même si je suis friand de quelques séries MGS, FF et RE je l'avoue.
Du coup, je me rabats sur le retrogaming pour la première fois en 20 ans de gaming:(
07/07/2011, 22:32
08/07/2011, 15:58
08/07/2011, 16:52
08/07/2011, 17:21
Le 8ème d'art est déchiré entre la photographie, la radio et la télévision. Le 9ème art, c'est la BD.
10/07/2011, 19:43
Que de Hype à propos de ses petits jeux qui ne sont clairement pas autant des chef-d'oeuvres qu'on ne pourrait nous le faire croire.
Vivre une aventure, incarner un héros dans un univers! Le jeux vidéo est un art depuis longtemps!
11/07/2011, 11:06
Je trouve par contre que le jeu vidéo est en train de perdre sa notion d'art justement, les shenmue, soul reaver, shadow of the colossus commencent à ne plus trouver de successeurs je m'iqnuiète.
Et les suites dans le jeu vidéo m'inquiètent au plus haut point (mario, zelda, AC...) même si je suis friand de quelques séries MGS, FF et RE je l'avoue.
Du coup, je me rabats sur le retrogaming pour la première fois en 20 ans de gaming:(